écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


Pesticides, vrais dangers, faux risques, fausses peurs, vrais bénéfices

 

 

Les pesticides dangereux ?

Oui.

Présentent-ils des risques ?

Oui, peu, essentiellement pour les professionnels fortement exposés.

Toutefois, les agriculteurs, bien qu'ils soient mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides rendent-ils des services ?

Oui.

Le service vital de nourrir le monde, et de limiter la déforestation.

 

 

Les pesticides sont dangereux ; des professionnels, des agriculteurs, en sont victimes ; on le précisera. La plupart des produits ou services que nous utilisons présentent des dangers. C'est le prix des services qu'ils nous rendent. La voiture est dangereuse, ou les produits ménagers, ou même les médicaments.

Les services de la voiture ont un prix ; on accepte de le payer : 4 000 morts par an sur les routes de France.

Les services des médicaments se payent ; la facture est de 130 000 hospitalisations par an en France, pour maladie ou effet indésirable résultant d'une prise de médicament (iatrogenèse).

Le service de pesticides est vital : ils permettent de nourrir le monde. Ce service est mal reconnu, comme si avoir la nourriture assurée était naturel, sans contrepartie. Les famines qui jalonnent l'histoire disent le contraire.
Ce service-là, on refuse d'en payer le moindre prix.

Un danger n'est pas un risque

Peu importent les services des pesticides, les militants demandent leur interdiction. Faut-il aussi interdire les voitures, les couteaux de cuisine, les médicaments... ? Un couteau aussi est dangereux, on ne laisse pas un enfant jouer avec un couteau. Quand aux médicaments, voyez les effets indésirables éventuels listés sur la notice d'un médicament courant :

« Réaction allergique (boutons, gonflement du cou pouvant entraîner une difficulté à respirer (oedème de Quincke), etc.) Diminution du nombre de certaines cellules du sang, saignements du nez... Trouble du fonctionnement du foie, destruction des globules rouges, douleur dans la poitrine, difficulté à respirer... »

Il s'agit du doliprane.
Il est en vente libre.
On en consomme 14 boîtes par seconde en France.

Nous acceptons les risques du Doliprane, des antibiotiques, des produits ménagers, en faisant inconsciemment le calcul des bénéfices et des risques.

Mais les risques des pesticides, ceux-là nous ne les calculons pas, nous ne les acceptons pas, tant nous craignons les pesticides.

La preuve que les pesticides sont dangereux expliquent quelques esprits malins, c'est qu'on ne peut pas boire un verre de pesticide chaque matin. C'est vrai, ils ont raison ces petits esprits malins, un pesticide n'est pas un drink.

Ces esprits malins croient-ils qu'on peut boire un verre de produit à vaisselle chaque matin ! La plupart des produits ménagers que nous manipulons quotidiennement – eau de Javel, lessive, détartrant, produit à vaisselle, etc., sont dangereux, c'est signalé sur les étiquettes... et pourtant nous les utilisons sans crainte ; parce que nous savons qu'ils sont dangereux, mais nous savons aussi que dans l'utilisation que nous en faisons, ils présentent peu de risques.
Nous ne buvons pas de produit à vaisselle, nous l'utilisons pour laver la vaisselle, que nous rinçons ensuite avant d'y mettre notre soupe. Tout comme nous ne buvons pas de pesticides ; les pesticides sont utilisés dans les champs pour protéger les fruits et légumes, que nous rinçons ensuite avant de les mettre dans l'assiette ; dans cette même assiette que nous venons de laver avec le produit à vaisselle, et que nous avons rincée ensuite.

Personne ne s'interroge sur les résidus de produit à vaisselle qui peuvent rester sur notre assiette. Mais on surveille avec anxiété les résidus éventuels de pesticides sur les légumes que nous mettons dans notre assiette :

Une LMR – Limite Maximale de Résidus (de pesticides) – est définie et contrôlée pour les légumes.

Il n'y a pas de LMR pour contrôler les assiettes mal rincées.

Nous ne sommes pas des pestes...

Les pesticides sont destinés à tuer, par définition. Il est naturel que cela les rende suspects à première vue. D'autant que les militants en rajoutent une couche.

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Notons que cette remarque naïve vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique. Eux aussi, sont "destinés à tuer !" (Voir sur ce site "L'agriculture bio utilise des pesticides")

Mais non, ce n'est pas "assez logique". Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque les mammifères que nous sommes ne sont pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là.

De la même façon les antibiotiques sont "destinés à tuer" les bactéries, ce sont des bactéricides... pourtant nous ne craignons pas d'avaler ces bactéricides, ils ne sont pas "nocifs pour notre santé", ils nous sauvent.

Monsieur Qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur Qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur Qui-sait-tout avait oublié la formidable diversité du vivant. Les pesticides tuent les pestes, pas les mammifères ; le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons. Monsieur Qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, le chocolat. Si vous aimez le chocolat, ne cherchez surtout pas à faire partager votre plaisir à votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Bénéfices / risques des pesticides

Les risques pour les professionnels

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs, fortement exposés, tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide. Ce n'est pas du tout ce que vérifient les chercheurs. Les études montrent que chez les agriculteurs :

- Quelques cancers rares ont une fréquence plus élevée, ce qui indique qu'une forte exposition aux pesticides comporte des risques.

- Mais d'autres types de cancer sont moins fréquents.

- Le résultat global est que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale.

 

Les agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides,
ont globalement moins de cancers
et une meilleure espérance de vie
que la population générale.

Ces résultats rassurants montrent que la pestophobie généralisée qui règne dans les pays développés est sans fondement.
La pestophobie n'est pas la peur des pestes comme on pourrait le comprendre, c'est la peur des pesticides qui nous protègent des pestes !

Ces résultats s'appuient sur de très vastes études, dont les résultats sont remarquablement concordants :

. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study (AHS) - 89 655 sujets.

. En France, Agrican (AGRIculture et CANcer - 180 000 participants.

Les cancers qui sont moins fréquents parmi les agriculteurs sont des cancers liés au tabagisme. La meilleure santé des agriculteurs s'explique ainsi, entre autres, par un moindre tabagisme et une vie plus active.

Ces résultats signifient que les risques des pesticides, même dans le cas de professionnels très exposés, n'effacent pas les effets d'une bonne hygiène de vie. Les risques des pesticides sont moindres que ceux du tabagisme et de la sédentarité.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que pantouflage et canapé !

 

 

Pourtant, on n'a encore jamais vu d'avertissement de danger sur l'étiquette d'un canapé.
Pourtant, on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé pour ne pas avoir été informé des risques que faisait courir une utilisation intensive du produit.
... mais on a vu des fabricants de pesticides poursuivis en justice.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que le tabac !

 

 

Pourtant on a vu des consommateurs bio-addicts... qui fument ! Pourtant on a même vu un haut gradé dans la hiérarchie verte, farouche opposant aux pesticides, faucheur volontaire d'OGM à ses heures, s'exhibant la pipe au bec.

On a même vu un ministre de l'écologie se battre pour défendre... le tabac ! Monsieur Philippe Martin, ministre de l’Écologie, posait fièrement sur sa page Internet, alors qu'il manifestait sa « solidarité avec les producteurs de tabac français ». [3]

► Rappel à Monsieur le ministre Martin : 70 000 décès dus au tabac en France chaque année... Le tabac est un vieux camarade de cimetière.

Les risques pour les simples consommateurs

En ce qui concerne la population générale, les simples consommateurs, les chercheurs ne détectent pas de risques venant des pesticides.

« Par rapport aux agriculteurs et aux horticulteurs, le consommateur ordinaire risque beaucoup moins de développer un cancer sous l’effet des pesticides. Les résidus de pesticides que nous absorbons en consommant des légumes et des fruits restent en effet loin en dessous du seuil de toxicité. » (Les pesticides et notre santé - Fondation contre le Cancer – 2019)

« il n’a pas été démontré, pour le moment, que les traces de pesticides retrouvées dans notre alimentation avaient un effet délétère pouvant entraîner des maladies. » (Pesticides et risques de cancers – Institut National du Cancer – 2014)

► le risque réel des pesticides pour les simples consommateurs est trop faible pour pouvoir être détecté.

Ce qui n'empêche pas que le risque perçu est très élevé.
On en reparlera.

Les vrais bénéfices des pesticides : ils nourrissent le monde

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait – mal – quelques hommes – maigres. Maintenant les hommes sont mieux nourris, moins maigres, grâce entre autres aux pesticides. (Voir sur ce site Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles

Le service principal des pesticides est vital : nourrir le monde.

Les bénéfices des pesticides : ils sauvent la forêt

Moins de pesticides = moins de rendement
= il faut plus de terre = déforestation.

(Voir L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?).

Les bénéfices des pesticides : Malaria, dengue, chikungunya, zika...

Les insecticides permettent également de lutter contre les insectes vecteurs de redoutables maladies, malaria, dengue, chikungunya, zika...

Le paludisme est un fléau : 400 000 victimes en 2019, dont 274 000 enfants, la plupart en Afrique (OMS - 2020). Pourtant, la pestophobie des défenseurs de l'environnement – qui vivent généralement dans les pays du Nord – avait suscité un intense lobbying pour interdire l'utilisation des pesticides même dans la lutte contre la malaria ! dans les pays du Sud.

« Je ne dirai jamais que j’ai un droit de vivre supérieur à celui d’un moustique » (Arne Naess, père de l'expression deep ecology. Il fut le premier secrétaire de la branche norvégienne de Greenpeace lors de sa fondation en 1988)

L'OMS a rappelé aux défenseurs de l'environnement qu'il était important de défendre – aussi – les hommes et les enfants – même africains ; tant pis pour les moustiques.

« Aujourd'hui, je vous demande, s'il vous plait : aidez à sauver les bébés africains autant que vous aidez à sauver l'environnement. Les bébés africains n'ont pas une puissante association telle que les associations de défense de l'environnement pour défendre leur bien-être. Ils ont besoin de votre aide […]
Dans la bataille pour sauver un million d'enfants chaque année, la plupart en Afrique, le monde était réticent à pulvériser l'intérieur des maisons et des huttes avec des insecticides. »
(Docteur Arata Kochi - Le directeur du département de l'OMS en charge du paludisme aux écologistes : "Aidez à sauver les bébés africains comme vous aidez à sauver l'environnement" - OMS - 2009).

 

 

Les pesticides présentent des risques.
Ils sont aussi des solutions.

Pour sauver des millions d'enfants.

Risque perçu – risque réel

Les vieilles peurs des dinosaures.

La peur des pesticides vient en grande partie de ce que l'on ne sait pas précisément quels sont les risques ; et donc on imagine le pire. L'inconnu est terrifiant.

« La peur [...] n'a lieu, quand on est brave, ni devant une attaque, ni devant la mort inévitable, ni devant toutes les formes connues du péril : cela a lieu [...] en face de risques vagues. » (La peur - Guy de Maupassant)

La peur instinctive de l’inconnu était un facteur essentiel de survie pour un dinosaure. Son cerveau reptilien lui dictait : "Méfie-toi de l’inconnu, tout de suite, sans raisonner.

Nous avons hérité de cette peur de l'inconnu.

Les éclipses de soleil, les orages, effrayaient nos ancêtres, parce que les causes et les effets en étaient inconnus. Maintenant nous savons, c'est pour cela qu'ils ne font plus peur ; la peur venait de l'ignorance.

Le risque réel des pesticides pour les consommateurs est maintenant connu ; on a vu plus haut les résultats des chercheurs : « il n’a pas été démontré, pour le moment, que les traces de pesticides retrouvées dans notre alimentation avaient un effet délétère pouvant entraîner des maladies ». Ce qui signifie que si un risque existe, il est très faible, en dessous de nos moyens de détection.

Nous devrions être rassurés, ne plus avoir peur des résidus de pesticides, de la même façon que nous n'avons plus peur des éclipses de soleil. Pourtant, nous ne sommes pas rassurés. La voix des chercheurs est étouffée par le lobbying bio qui martèle que nos aliments sont "contaminés" par des traces de pesticides. Nous sommes terrorisés par ces traces, invisibles, dont on ne sait même pas s'il y en a, où il y en a, quand il y en a, combien il y en a, quel en sont les effets.

Le discours alarmant du lobbying bio fait réagir notre vieux cerveau reptilien, le cerveau des émotions primaires, particulièrement de la peur. C'est lui qui est chargé de notre survie, de nous faire réagir automatiquement en cas de soupçon de danger, réel ou non ; c'est un principe de précaution inné.

Il réagit instantanément au risque concret, visible, immédiat, du tigre qui s'avance face à nous – c'était très utile dans la savane.
Ça ne sert plus très souvent.

Il réagit instinctivement au bruit derrière le fourré – peut-être un tigre qui approche, ne pas attendre d'en être certain, il faut détaler.

Il réagit à l'annonce de la présence de résidus de pesticides : – sans réfléchir, sans se préoccuper de savoir si c'est un danger ou non, il demande l'interdiction des pesticides.

Mais il est insensible à ce qui est abstrait ; les résultats des chercheurs, les statistiques. Ce sont des chiffres, le cerveau reptilien ne sait pas compter.

"L'homme est un animal raisonnable". Mais la raison est une invention toute récente, encore mal maîtrisée, en conflit avec les comportements millénaires, si instinctivement simples, du cerveau reptilien. D'ailleurs, la raison, qui nécessite de garder la tête froide, est perçue comme un signe de "technocratie", d'insensibilité, de froideur, un signe de non-humanité. Ce sont les comportements les plus instinctifs, ceux qui ne sont pas canalisés par la raison, ce sont ceux-là qui sont qualifiés de "naturels" ou "d'humains" ; il est "humain" de s'emporter contre l'âne qui ne veut pas avancer, ou contre la voiture qui ne démarre pas ; il est "humain" d'avoir peur la nuit dans la forêt – alors même qu'il n'y a plus ni loups ni brigands ; il est humain d'avoir peur du vide même lorsque l'on est solidement assuré.

« Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer. » (Pensée - Pascal)

Le cerveau reptilien réagit aux sirènes d'alarme du lobbying bio, il commande instinctivement de fuir les pesticides ; c'est humain. Mais Monsieur Spock aux oreilles pointues (bien connu des amateurs de la série Star Trek), qui vient d'une autre planète, reste impassible, zen, il n'a pas peur. Parce que sur sa planète le cerveau raisonnable est maître du cerveau reptilien et de la peur. Monsieur Spock connaît les résultats des chercheurs, il sait que les simples consommateurs n'ont pas à craindre les pesticides, et sa raison calme la peur instinctive. C'est à cela qu'on reconnaît que Monsieur Spock n'est pas humain.

Les créateurs de Star Trek avaient besoin d'inventer un personnage d'extraterrestre : ils savaient qu'un humain se comportant raisonnablement, surmontant sa peur et ses émotions, n'aurait pas été crédible.

Pesticides des villes et pesticides des champs

Le risque perçu des pesticides est élevé.

Mais pas pour tous les pesticides !

Les pesticides bio par exemple... Même pas peur ! Pourtant eux aussi sont des poisons qui tuent... (voir sur ce site L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio).

Ou encore, comme notre odorat qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux que les agriculteurs utilisent pour répondre à la nécessité vitale de nourrir le monde.

pesticides moustiqueMais nous aussi nous utilisons des pesticides, nous les jardiniers du dimanche ! Nous ne les utilisons pas pour une nécessité, pour nourrir le monde, mais pour des raisons aussi futiles que sauver une fleur en pot, nous débarrasser de moustiques, ou encore pour shampouiner nos chères têtes blondes envahies de poux. Ces pesticides-là, les nôtres, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à rechercher la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse à coups de chausson ne suffit plus pour contenir les grandes invasions moustiquiennes.

On aime la nature... mais quand même, pas toute la nature...

Ce sont ces pesticides-là, directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, qui sont réellement problématiques ; nous les respirons à pleins poumons jour et nuit.

... Et pourtant, ce sont les pesticides des champs, au loin, que nous craignons, ceux qui nourrissent le monde, ceux que nous voulons interdire.

C'est un classique : on demande plus volontiers des efforts aux autres qu'à soi-même.

 

... [...] ...

On nous a désigné une mauvaise cible...

Les marchands de bio ont désigné une cible : les pesticides. La focalisation sur des risques mal perçus des pesticides détourne notre attention de vrais problèmes de santé publique, bien plus importants, et qui touchent la population générale, pas seulement les agriculteurs.

« Au moins 40% [des cancers] sont liés à des comportements que nous pouvons modifier (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation déséquilibrée, activité physique insuffisante, exposition aux UV…) » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - Institut national du cancer - 2015) (voir aussi Cancer - OMS - 2021).

« L'épidémie de tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année. » (Tabagisme - Aide-mémoire N°339 - Organisation Mondiale de la Santé - 2015)

- Le tabac tue 70 000 personnes en France chaque année.

- Les agriculteurs, manipulateurs de pesticides, ont une meilleure espérance de vie que la population générale...

... Et ce sont les pesticides qui nous épouvantent !

Au secours Monsieur Spock !

« Près de 3,2 millions de personnes meurent chaque année en raison du manque d’activité physique. » (Activité physique - Aide- mémoire N°384 - Organisation Mondiale de la Santé - 2014)

On voit encore quelques joggeurs sur la promenade des Anglais à Nice, la plupart adultes. Mais ils sont dépassés en nombre et en vitesse par une foule d'enfants droits comme des i sur leur trottinette électrique, qui semblent avoir fait vœu de ne jamais faire plus de trois pas consécutifs entre deux consultations de leur smartphone.
"Où sont les joggers d'antan ?"

Le manque d'activité physique des jeunes générations,
une bombe à retardement.

(Inactivité physique et sédentarité chez les jeunes : l’Anses alerte les pouvoirs publics - ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail - 2020)

Quelle devrait être la priorité ? Pester contre les pesticides, ou promouvoir le bon sens et une bonne hygiène de vie ?

- Le bon sens est de s’attaquer aux risques qui n’ont pas de contrepartie utile. Tabac et bronzage par exemple.

- Le bon sens est de peser le pour et le contre lorsque quelques risques sont le revers de bénéfices importants par ailleurs.

Les risques des pesticides (pour les professionnels) sont le revers d'un bénéfice vital : la capacité à nourrir toute l'humanité, sans déforester.

- Le bon sens serait de se lever du canapé d'où l'on regarde, épouvanté, un énième reportage honteusement à charge contre les pesticides (il y en a), et aller faire un footing.

Manger nuirait gravement à la santé

Les risques des pesticides existent, pour des expositions élevées comme peuvent en subir les professionnels. Mais où est la limite ? À partir de quelle exposition sont-ils dangereux, ou non ? Nous n'avons pas la réponse. Alors, dans le doute, nous poursuivons le mythique risque zéro, la moindre trace suffit à nous effrayer.

Or, nos appareils ultra sensibles sont justement capables de détecter des traces, infimes. Les militants se saisissent de ces traces, décrètent que nos aliments sont des concentrés de "résidus chimiques", nos menus des "Menus toxiques", nos repas "Notre poison quotidien"

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

Le public est épouvanté.

pesticides chimie

Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides. Le Vert est dans le fruit.

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme !

 

Est-il prudent de manger 5 fruits et légumes par jour ?

Les bonnes âmes militantes nous alarment : "Ne croquez pas la pomme, les pesticides nous empoisonnent !"
Mais les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de manger 5 fruits et légumes par jour... même s'ils ne sont pas bio !

Qui prend nos pommes pour des poires ?

« Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. Jusqu’à présent, dans les études publiées, la consommation de fruits et légumes n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers. » (Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations – Institut national du Cancer – 2009)

« Les preuves actuelles indiquent que le bénéfice de la consommation de fruits et légumes conventionnels dépasse les risques éventuels dus à l’exposition aux pesticides. Les inquiétudes quant aux risques des pesticides ne doivent pas décourager la prise de fruits et légumes conventionnels, les produits biologiques étant souvent plus chers et inaccessibles pour certaines populations ». ((Organic Foods for Cancer Prevention—Worth the Investment? - Journal of the American Medical Association - 2018)

L'American Medical Association met ainsi en garde contre les risques de la pestophobie entretenue par le lobby bio. Le risque que les consommateurs se détournent des fruits et légumes non bio, et consomment ainsi moins de fruits et légumes par manque de moyens ; la conséquence est un risque accru de cancers pour les personnes crédules ayant des revenus modestes. (Voir aussi Pesticides dans les fruits et légumes : attention aux effets d'annonce!)

On Risque plus à ne pas manger de fruits et légumes qu'à mangers fruits et légumes avec éventuels résidus de pesticides.

Ève a eu raison de croquer la pomme.

D'un côté le lobby bio fait croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

Mais d'un autre côté les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour... qu'ils soient bio ou non.

Qui faut-il croire, les communicants du lobby bio, ou les chercheurs ?

Hélas, ce sont les communicants qui gagnent !

 

 

En résumé :

 

• Les pesticides, bio ou non bio, présentent des risques.

• Toutefois le risque n'a été identifié que dans un contexte d’exposition intense, chez des professionnels qui manipulent les pesticide, essentiellement des agriculteurs.
La consommation de fruits et légumes par les simples consommateurs n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers.

• En dépit de leur forte exposition aux pesticides, les agriculteurs vivent globalement plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale.

• Une bonne hygiène de vie compense, et au-delà, les risques des pesticides.

• Nos aliments ne sont pas des concentrés de "résidus chimiques" ; au contraire les chercheurs recommandent la consommation de fruits et légumes, même issus de l'agriculture conventionnelle.

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer le premier point en zappant les autres points. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "Le Doliprane provoque des réactions allergiques" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

Pesticides, désinformation, lobbying bio

Un lapin a tué un chasseur

Les consommateurs devraient être rassurés par les résultats des chercheurs. Pourtant ils ne le sont pas. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les militants et les médias, dont voici quelques exemples ;

 

... [...] ...

 

Pesticides et environnement

Dans les années 1960 Rachel Carson dénonçait l'utilisation des insecticides, annonçant qu'ils allaient provoquer disparition des oiseaux, ce qui rendrait les printemps silencieux, sans chants d'oiseaux. Cette prédiction commence à se réaliser, les populations d'oiseaux diminuent. Les mécanismes en cause ne sont pas ceux décrits par Rachel Carson, mais les pesticides y interviennent.

La solution semble être évidente : il faudrait développer des agricultures soucieuses de l'environnement ; l'agriculture bio par exemple. Mais ça ne marche pas. Il est vrai que l'on constate plus de biodiversité dans les zones cultivées en bio. Mais les rendements bio sont inférieurs aux rendements de l'agriculture conventionnelle. Or, il faut continuer à produire autant, et même plus puisque la population mondiale augmente ; il faut donc plus de surface cultivée, donc moins de zone sauvage non cultivée, ce qui annule les quelques bénéfices en biodiversité sur les champs de l'agriculture bio.

En réalité, le phénomène de la disparition des oiseaux traduit une modification de l'environnement qui va bien au-delà de l'utilisation des insecticides. Les insecticides raréfient les insectes, nourriture des oiseaux insectivores. Mais la disparition des fleurs sauvages dans les prairies fauchées prématurément, non laissées à grainer, la disparition des jachères et des chaumes hivernaux, tout cela prive aussi les granivores de nourriture.

« Sur la période 2002-2014, les espèces granivores ont baissé de 30 % en Limousin et les espèces insectivores de 11 %. » (JÉRÔME ROGER - responsable territorial LPO Limousin – cité dans L'hécatombe des oiseaux de nos campagnes s'accélère en Limousin – La Montagne)

Et surtout, l'agrandissement des parcelles, la disparition des haies et des boisements, affectent toutes les espèces, toutes confrontées à une crise du logement : elles trouvent plus à nicher.

Le principal problème des oiseaux est qu'ils sont privés de couvert et de gîte.

« La pollution chimique - à laquelle les produits phytopharmaceutiques contribuent – apparaît comme le troisième ou quatrième facteur de destruction de la biodiversité à l’échelle mondiale derrière le changement ou la destruction des habitats naturels, l’exploitation des ressources et le changement climatique. » (Biodiversité" et services rendus par la nature : que sait-on de l’impact des pesticides ? - expertise scientifique collective INRAE-Ifremer – 2022)

Il faut des espaces sauvages non cultivés pour que les oiseaux puissent nidifier. Mais il faut aussi des terres cultivées pour nourrir le monde. Il faut un compromis entre ces deux impératifs, qui est d'obtenir les meilleurs rendements possibles sur les terres en culture – même en utilisant des pesticides, bio ou non – pour pouvoir conserver des espaces sauvages dans lesquels les oiseaux trouveront des insectes pour se nourrir et des branches pour se loger.

Que peut trouver à manger un oiseau insectivore dans un champ de blé bio ?

« Même une agriculture respectueuse de la faune sauvage nuit à la majeure partie de la biodiversité. [...]
L'agriculture doit être aussi productive que possible afin d'être limitée en surface, laissant ainsi plus de terres comme habitats naturels tout en permettant quand même de nourrir le monde aujourd'hui et demain. » (Concentrate farming to leave room for species and carbon, better than ‘eco-friendly’ agriculture - UNIVERSITY OF CAMBRIDGE - Journal of Zoology - 2021)

L'agriculture bio va à l'encontre de la solution.

 

 

[3] Curieusement, la page de Monsieur le Ministre Martin a disparu. Il en reste des traces dans les archives du web : SOLIDARITÉ AVEC LES PRODUCTEURS DE TABAC FRANCAIS – ainsi que des commentaires : Le député Philippe Martin et la santé des Français

 

 

 
 
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Mise à jour : 1 août 2022