écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


Pesticides, vrais dangers, faux risques, fausses peurs, vrais bénéfices

 

 

Les pesticides dangereux ?

Oui.

Présentent-ils des risques ?

Oui, peu, essentiellement pour les professionnels fortement exposés.

Toutefois, les agriculteurs, bien qu'ils soient mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides rendent-ils des services ?

Oui.

Le service vital de nourrir le monde, et de limiter la déforestation.

 

 

Les pesticides sont dangereux comme tout ce que nous utilisons, voitures, couteaux de cuisine, ou même médicaments... voyez par exemple les effets indésirables éventuels listés sur la notice d'un médicament courant :

« Réaction allergique (boutons, gonflement du cou pouvant entraîner une difficulté à respirer (oedème de Quincke), etc.) Diminution du nombre de certaines cellules du sang, saignements du nez... Trouble du fonctionnement du foie, destruction des globules rouges, douleur dans la poitrine, difficulté à respirer... »

Il s'agit du doliprane.

Le Doliprane et équivalent sont en vente libre. Il s'en vend près de 14 boîtes par seconde en France. Le doliprane, les antibiotiques, etc., ne sont pas des produits anodins que l’on peut utiliser à la légère. Ce sont des produits actifs, ils ne doivent être utilisés qu'à bon escient.

Les pesticides aussi.

Les antibiotiques c'est pas automatique ; les pesticides non plus.

Nous ne sommes pas des pestes...

Les pesticides sont destinés à tuer, par définition. Il est naturel qu'ils nous inquiètent. D'autant que les militants en rajoutent une couche. Ils annoncent notre fin prochaine par empoisonnement généralisé aux pesticides...

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Notons que cela vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique. Eux aussi, sont "destinés à tuer !" (Voir sur ce site "L'agriculture bio utilise des pesticides")

Mais non, ce n'est pas "assez logique". Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque les mammifères que nous sommes ne sont pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là.

De la même façon les antibiotiques sont "destinés à tuer" les bactéries, ce sont des bactéricides... pourtant nous ne craignons pas d'avaler ces bactéricides, ils ne sont pas "nocifs pour notre santé", ils nous sauvent.

Monsieur Qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur Qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur Qui-sait-tout avait oublié la formidable diversité du vivant. Les pesticides tuent les pestes, pas les mammifères ; le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons. Monsieur Qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, le chocolat. Si vous aimez le chocolat, ne cherchez surtout pas à faire partager votre plaisir à votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Néanmoins, les pesticides continuent à effrayer. La preuve qu'ils sont dangereux disent quelques esprits malins, c'est qu'on ne peut pas boire un verre de pesticide chaque matin. C'est vrai, ils ont raison ces petits esprits malins, un pesticide n'est pas un drink.

Ces esprits malins croient-ils qu'on peut boire un verre de produit à vaisselle chaque matin ! La plupart des produits ménagers que nous manipulons quotidiennement – eau de Javel, lessive, détartrant, produit à vaisselle, etc., sont dangereux... et pourtant nous les utilisons sans crainte ; parce que nous savons qu'ils sont dangereux, mais nous savons aussi que dans l'utilisation que nous en faisons, ils présentent peu de risques.
Nous ne buvons pas de produit à vaisselle, nous l'utilisons pour laver la vaisselle, que nous rinçons ensuite avant d'y mettre notre soupe. Tout comme nous ne buvons pas de pesticides ; les pesticides sont utilisés dans les champs pour protéger les fruits et légumes, que nous rinçons ensuite avant de les mettre dans l'assiette ; dans cette même assiette que nous venons de laver avec le produit à vaisselle, et que nous avons rincée ensuite.

Des produits réglementés

Personne ne s'interroge sur les résidus de produit à vaisselle qui peuvent rester sur notre assiette. Mais on surveille avec anxiété les résidus éventuels de pesticides sur les légumes que nous mettons dans notre assiette.
Pourquoi cette différence ?

Une LMR – Limite Maximale de Résidus (de pesticides) – est définie et contrôlée pour les légumes.

Il n'y a pas de LMR pour les assiettes mal rincées.

 

... [...] ...

 

Bénéfices / risques des pesticides

Les risques pour les professionnels

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs, fortement exposés, tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide. Ce n'est pas du tout ce que constatent les chercheurs. Ils constatent que chez les agriculteurs :

- Quelques cancers rares ont une fréquence plus élevée, ce qui indique qu'une forte exposition aux pesticides comporte quelques risques.

- Mais d'autres types de cancer sont moins fréquents.

- Le résultat global est que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale.

 

Les agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides,
ont globalement moins de cancers
et une meilleure espérance de vie
que la population générale.

Ces résultats s'appuient sur des très vastes études. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study (AHS) - 89 655 sujets.

« Overall AHS cancer incidence was lower than the general population » (Cancer incidence in the Agricultural Health Study after twenty years of follow-up – 2020)

En France, les résultats viennent de l’étude Agrican (AGRIculture et CANcer - 180 000 participants.

Les cancers qui sont moins nombreux parmi les agriculteurs sont des cancers fortement liés au tabagisme. La meilleure santé des agriculteurs s'explique ainsi, entre autres, par un moindre tabagisme et aussi une vie plus active.

Ces résultats signifient que les risques des pesticides, même dans le cas de professionnels très exposés, sont moindres que ceux du tabagisme et de la sédentarité, des risques que nous prenons pourtant couramment sans crainte.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que pantouflage et canapé !

 

 

Pourtant, on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé.
... mais on a vu des fabricants de pesticides poursuivis en justice.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que le tabac !

 

 

Pourtant on a vu des consommateurs de bio traumatisés par la crainte des pesticides... et qui fument ! Pourtant on a même vu un haut gradé dans la hiérarchie verte, farouche opposant aux pesticides, s'exhibant la pipe au bec.

On a même vu un ministre de l'écologie se battre pour défendre... le tabac ! Monsieur Philippe Martin, ministre de l’Écologie, posait fièrement sur sa page Internet, alors qu'il manifestait sa « solidarité avec les producteurs de tabac français ». [3]

► Rappel à Monsieur le ministre Martin : 75 000 décès dus au tabac en France chaque année... Le tabac est un vieux camarade de cimetière.

Les risques pour les simples consommateurs

Les études sur la santé des agriculteurs ont montré qu'une forte exposition aux pesticides comportait des risques (le résultat global restant quand même que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale).

Mais en ce qui concerne la population générale, les simples consommateurs, les chercheurs ne détectent pas de risques venant des pesticides.

« Si les études épidémiologiques menées chez des travailleurs exposés à des doses plus élevées, de façon plus fréquente, attestent du danger, l’estimation du risque pour la population générale ne peut pas être directement transposée de ces études. » (Effets sur la santé d’une exposition à des pesticides - Ministère des Solidarités et de la Santé 2019)

« Par rapport aux agriculteurs et aux horticulteurs, le consommateur ordinaire risque beaucoup moins de développer un cancer sous l’effet des pesticides. Les résidus de pesticides que nous absorbons en consommant des légumes et des fruits restent en effet loin en dessous du seuil de toxicité. » (Les pesticides et notre santé - Fondation contre le Cancer – 2019)

« il n’a pas été démontré, pour le moment, que les traces de pesticides retrouvées dans notre alimentation avaient un effet délétère pouvant entraîner des maladies. » (Pesticides et risques de cancers – Institut National du Cancer – 2014)

► le risque réel des pesticides pour les simples consommateurs est trop faible pour pouvoir être détecté.

Ce qui n'empêche pas que le risque perçu est très élevé.
On en reparlera.

Les bénéfices des pesticides : ils nourrissent le monde

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait – mal – quelques hommes – maigres. Maintenant les hommes sont mieux nourris, moins maigres, grâce entre autres aux pesticides. (Voir sur ce site Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles

Le service principal des pesticides est vital : nourrir le monde.

Les bénéfices des pesticides : ils sauvent la forêt

Les pesticides protègent les cultures, ce qui permet d'obtenir de meilleurs rendements, de produire plus sur la même surface de terre (Voir sur ce site L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?). Des organisations demandent l'interdiction des pesticides (des pesticides dits "chimiques"). Si cela se faisait il faudrait alors plus de terre pour nourrir le monde. Où trouver ces terres ? Il n'y aurait pas d'autre possibilités que d'abattre les dernières forêts encore debout.

Moins de pesticides = moins de rendement
= déforestation.

Malaria, dengue, chikungunya, zika...

Les insecticides permettent également de lutter contre les insectes qui transmettent de redoutables maladies, malaria, dengue, chikungunya, zika...

Le paludisme est un fléau : 400 000 victimes en 2019, dont 274 000 enfants (OMS - 2020). Pourtant, le dogmatisme anti-pesticides avait suscité un intense lobbying des grosses multinationales écologistes – Greenpeace, WWF, etc. – pour interdire l'utilisation des pesticides même dans la lutte contre la malaria !

« Je ne dirai jamais que j’ai un droit de vivre supérieur à celui d’un moustique » (Arne Naess, père de l'expression deep ecology. Il fut le premier secrétaire de la branche norvégienne de Greenpeace lors de sa fondation en 1988)

L'OMS s'est sentie obligée de rappeler aux défenseurs de l'environnement qu'il était important de défendre – aussi – les hommes et les enfants – même africains ; et que les pesticides étaient un outil indispensable pour lutter contre la malaria, tant pis pour les moustiques.

« Aujourd'hui, je vous demande, s'il vous plait : aidez à sauver les bébés africains autant que vous aidez à sauver l'environnement. Les bébés africains n'ont pas une puissante association telle que les associations de défense de l'environnement pour défendre leur bien-être. Ils ont besoin de votre aide […]
Nous recommandons fortement l'utilisation de l'insecticide DDT. »
(Docteur Arata Kochi directeur du département de l'OMS en charge du paludisme dans le monde - OMS - 2009).

Les pesticides sauvent des vies.

Risque perçu – risque réel

Les pesticides, bio ou non bio, comportent des risques, comme les voitures en comportent, ou même les médicaments et les vaccins.

Les services de la voiture se payent : le prix est de 4 000 morts par an sur les routes en France. On marchande, on tente de faire baisser le prix en imposant la ceinture de sécurité et des limitations de vitesse, mais finalement on paye, on ne réclame pas l'interdiction des voitures.

Les services des médicaments se payent : le prix est de 130 000 hospitalisations par an en France, pour maladie ou effet indésirable résultant d'une prise de médicament (iatrogenèse). On Paye.

Le service des pesticides lui aussi a un prix. Des agriculteurs le payent. Étrangement, autant nous acceptons le prix des services des voitures ou des médicaments, autant nous refusons de payer le moindre prix pour le service vital des pesticides.

 

Les médicaments sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

La peur des pesticides vient en grande partie de ce que l'on ne sait pas précisément quels sont les risques ; et donc on imagine le pire. L'inconnu est terrifiant.

« La peur [...] n'a lieu, quand on est brave, ni devant une attaque, ni devant la mort inévitable, ni devant toutes les formes connues du péril : cela a lieu [...] en face de risques vagues. » (Guy de Maupassant, La peur)

Les vieilles peurs des dinosaures

La peur instinctive de l’inconnu était un facteur essentiel de survie pour un dinosaure. Son cerveau reptilien lui dictait : "Méfie-toi de l’inconnu, tout de suite, sans raisonner.

Nous avons hérité de cette peur de l'inconnu.

Les éclipses de soleil, les orages, effrayaient nos ancêtres, parce que les causes et les effets en étaient inconnus. Maintenant nous savons, c'est pour cela qu'ils ne font plus peur ; la peur venait de l'ignorance.

Le risque réel des pesticides pour les consommateurs est maintenant connu ; on a vu les résultats des chercheurs : « il n’a pas été démontré, pour le moment, que les traces de pesticides retrouvées dans notre alimentation avaient un effet délétère pouvant entraîner des maladies ». Ce qui signifie que si un risque existe, il est très faible, en dessous de nos moyens de détection.

Nous devrions être rassurés, ne plus avoir peur des résidus de pesticides, de la même façon que nous n'avons plus peur des éclipses de soleil. Pourtant, nous ne le sommes pas. La voix des chercheurs est étouffée par le lobbying bio qui martèle que nos aliments sont "contaminés" par des traces de pesticides. Nous sommes terrorisés par ces traces de résidus, invisibles, dont on ne sait même pas s'il y en a, où il y en a, quand il y en a, combien il y en a, quel en sont les effets.

Le discours alarmant du lobbying bio déclenche les réactions automatiques de notre vieux cerveau reptilien, le cerveau des émotions primaires, le plaisir, la douleur, la peur. C'est lui qui est chargé de notre survie, de nous faire réagir immédiatement quand nous percevons un danger – sans réfléchir, le cerveau reptilien ne sait pas réfléchir, sans attendre d'avoir vérifié si le danger est réel ou non.

Le cerveau reptilien réagit instantanément au risque concret, visible, immédiat, du tigre qui s'avance face à nous – c'était très utile dans la savane.
Ça ne sert plus très souvent.

Il réagit au bruit derrière le fourré, peut-être un tigre qui approche – sans réfléchir, sans même être certain qu'il s'agisse d'un tigre. On détale.
Il réagit à l'annonce de la présence de résidus de pesticides – sans réfléchir, sans même être certain que ce soit un danger. On demande l'interdiction des pesticides.

Mais il est insensible à ce qui est abstrait ; les résultats des chercheurs par exemple, les statistiques. Ce sont des chiffres, le cerveau reptilien ne sait pas compter.

"L'homme est un animal raisonnable". Mais la raison est une invention toute récente, encore mal maîtrisée, en conflit avec les comportements millénaires, si instinctivement simples, du cerveau reptilien. D'ailleurs, la raison, qui nécessite de garder la tête froide, est perçue comme un signe de "technocratie", d'insensibilité, de froideur, un signe de non-humanité. Ce sont les comportements les plus instinctifs, ceux qui ne sont pas canalisés par la raison, ce sont ceux-là qui sont qualifiés de "naturels" ou "d'humains" ; il est "humain" de s'emporter contre l'âne qui ne veut pas avancer, ou contre la voiture qui ne démarre pas ; il est "humain" d'avoir peur la nuit dans la forêt – alors même qu'il n'y a plus ni loups ni brigands ; il est humain d'avoir peur d'un vaccin, dont pourtant les bénéfices sont vérifiés sur des millions de cas ; il est humain d'avoir instinctivement peur du vide même lorsque l'on est solidement assuré.

« Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer. » (Pensée - Pascal)

Le cerveau reptilien réagit aux sirènes d'alarme du lobbying bio, il commande instinctivement de fuir les pesticides ; c'est humain. Mais Monsieur Spock aux oreilles pointues (bien connu des amateurs de la série Star Trek), qui vient d'une autre planète, reste impassible, zen, il n'a pas peur. Parce que sur sa planète le cerveau raisonnable est maître du cerveau reptilien et de la peur. Monsieur Spock connaît les résultats des chercheurs, il sait que les simples consommateurs n'ont pas à craindre les pesticides, et sa raison calme la peur instinctive. C'est à cela qu'on reconnaît que Monsieur Spock n'est pas humain.

Les créateurs de Star Trek avaient besoin d'inventer un personnage d'extraterrestre : ils savaient qu'un humain se comportant raisonnablement, surmontant sa peur et ses émotions, n'aurait pas été crédible.

Pesticides des villes et pesticides des champs

Le risque perçu des pesticides est élevé.

Mais pas pour tous les pesticides !

Les pesticides bio par exemple... Même pas peur ! Pourtant eux aussi sont des poisons qui tuent... (voir sur ce site L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio).

Ou encore, comme notre odorat qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux que les agriculteurs utilisent pour répondre à la nécessité vitale de nourrir le monde.

pesticides moustiqueMais nous aussi nous utilisons des pesticides, nous les jardiniers du dimanche ! Et ceux-là ne nous inquiètent pas. Nous ne les utilisons pas pour une nécessité, pour nourrir le monde, mais pour des raisons aussi futiles que sauver une fleur en pot, nous débarrasser de moustiques, etc. Ces pesticides-là, les nôtres, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à rechercher la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse à coups de chausson ne suffit plus pour contenir les grandes invasions moustiquiennes. Pourtant, ces pesticides-là sont réellement problématiques, parce qu'ils sont directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, nous les respirons à pleins poumons pendant des jours et des nuits.

... Et pourtant, ce sont les pesticides des champs, au loin, que nous craignons, ceux qui nourrissent le monde, ceux que nous voulons interdire.

 

Nous nous trompons de cible

La focalisation des risques mal perçus des pesticides détourne notre attention de problèmes de santé publique qui sont bien plus importants, et qui touchent la population générale, pas seulement les agriculteurs.

« Au moins 40% [des cancers] sont liés à des comportements que nous pouvons modifier (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation déséquilibrée, activité physique insuffisante, exposition aux UV…) » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - Institut national du cancer - 2015) (voir aussi Cancer - OMS - 2021).

« L'épidémie de tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année. » (Tabagisme - Aide-mémoire N°339 - Organisation Mondiale de la Santé - 2015)

« Près de 3,2 millions de personnes meurent chaque année en raison du manque d’activité physique. » (Activité physique - Aide- mémoire N°384 - Organisation Mondiale de la Santé - 2014)

Ces avertissements sur les risques de la sédentarité sont d'autant plus importants aujourd'hui que la multiplication des écrans et l'attraction des réseaux sociaux fabriquent des générations de jeunes ultra sédentaires, avec un impact prévisible sur la santé et la qualité de vie à l’âge adulte. (ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail - 2020)

On voit encore des joggeurs sur la promenade des Anglais à Nice, la plupart adultes. Mais ils sont dépassés en nombre et en vitesse par une foule d'enfants droits comme des i sur leur trottinette électrique, qui semblent avoir fait vœu de ne jamais faire plus de trois pas consécutifs. Dans quelques années nous nous lamenterons peut-être, "où sont les joggers d'antan ?"

Le manque d'activité physique des jeunes générations,
une bombe à retardement.

Quelle devrait être la priorité ? Pester contre les pesticides, ou promouvoir une bonne hygiène de vie ?

- Le bon sens est de s’attaquer aux risques qui n’ont pas de contrepartie utile. Tabac et bronzage par exemple.

- Le bon sens est de peser le pour et le contre lorsque quelques risques sont le revers de bénéfices importants par ailleurs.

Les quelques risques des pesticides (pour les professionnels) sont le revers d'un bénéfice vital : la disparition des famines et la capacité à nourrir toute l'humanité.

Le bon sens serait de se lever du canapé d'où l'on regarde, épouvanté, un énième reportage honteusement à charge contre les pesticides (il y en a), et aller faire un footing. Mais il est plus facile d'accabler le bouc émissaire, l'agriculture conventionnelle, vautré dans le canapé en grignotant quelque sucrerie.

Manger nuirait gravement à la santé

Les risques des pesticides existent, pour des expositions élevées comme peuvent en subir les professionnels. Mais où est la limite ? À partir de quelle exposition sont-ils dangereux, ou non ? Nous n'avons pas la réponse. Alors, dans le doute, nous poursuivons le mythique risque zéro, la moindre trace suffit à nous effrayer.

Or, nos appareils ultra sensibles sont justement capables de détecter des traces, infimes. Les militants se saisissent de ces traces, décrètent qu'il s'agit d'un péril imminent, et en font d'énormes titres angoissants. Le public est épouvanté.

C'est ainsi qu'une une vague de pestophobie submerge quelques vieux pays. La pestophobie ce n'est pas la peur des pestes comme on pourrait le comprendre, la pestophobie c'est la peur des pesticides qui nous protègent des pestes !

Trouvez l'erreur.

pesticides chimie

Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides. Le Vert est dans le fruit. Les militants en rajoutent une couche en faisant croire que nos aliments seraient des concentrés de "résidus chimiques", nos menus seraient des "Menus toxiques", nos repas seraient "Notre poison quotidien".

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme !

 

Manger 5 fruits et légumes par jour... même s'ils ne sont pas bio !

Les bonnes âmes militantes nous alarment : "les pesticides nous empoisonnent !"
Mais les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de manger 5 fruits et légumes par jour... même s'ils ne sont pas bio !

"Croquez la pomme", sifflent sur nos têtes ces serpents ensorceleurs.

Qui prend nos pommes pour des poires ?

« Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. Jusqu’à présent, dans les études publiées, la consommation de fruits et légumes n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers. » (Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations – Institut national du Cancer – 2009)

« Les preuves actuelles indiquent que le bénéfice de la consommation de fruits et légumes conventionnels dépasse les risques éventuels dus à l’exposition aux pesticides. Les inquiétudes quant aux risques des pesticides ne doivent pas décourager la prise de fruits et légumes conventionnels, les produits biologiques étant souvent plus chers et inaccessibles pour certaines populations ». ((Organic Foods for Cancer Prevention—Worth the Investment? - Journal of the American Medical Association - 2018)

L'American Medical Association met ainsi en garde contre les risques de la pestophobie entretenue par le lobby bio. Le risque que les consommateurs se détournent des fruits et légumes non bio, et consomment ainsi moins de fruits et légumes par manque de moyens ; la conséquence est un risque accru de cancers pour les personnes crédules ayant des revenus modestes. (Voir aussi Pesticides dans les fruits et légumes : attention aux effets d'annonce!)

Ève a eu raison de croquer la pomme.

D'un côté le lobby bio fait croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

Mais d'un autre côté les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour... qu'ils soient bio ou non.

Qui faut-il croire, les communicants du lobby bio, ou les chercheurs ?

Hélas, ce sont les communicants qui gagnent !

 

 

En résumé :

 

• Les pesticides, bio ou non bio, présentent des risques.

• Toutefois le risque n'a été identifié que dans un contexte d’exposition intense, chez des professionnels, essentiellement des agriculteurs.
La consommation de fruits et légumes par les simples consommateurs n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers.

• En dépit de leur forte exposition aux pesticides, les agriculteurs vivent globalement plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale.

• Une bonne hygiène de vie compense, et au-delà, les risques des pesticides.

• Nos aliments ne sont pas des concentrés de "résidus chimiques" ; au contraire les chercheurs recommandent la consommation de fruits et légumes, même issus de l'agriculture conventionnelle.

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer le premier point en zappant les autres points. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "Le Doliprane provoque des réactions allergiques" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

Pesticides, désinformation, lobbying bio

Un lapin a tué un chasseur

Les consommateurs devraient être rassurés par les résultats des chercheurs. Pourtant ils ne le sont pas. Parce que les activistes crient plus fort que les chercheurs.

Généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les militants et les médias, lesquels rapportent surtout ce qui est "croustillant", ce qui est dramatique, ou pourrait être dramatique, ou aurait pu être dramatique, bref ce qui est vendeur. On ne fait pas un gros titre pour dire qu'un chasseur a tué un lapin ; seulement lorsqu'un lapin a tué un chasseur.

 

... [...] ...

 

Pesticides et environnement

Dans les années 1960 Rachel Carson dénonçait le DDT, soupçonné d'être responsable d'une prochaine disparition des oiseaux, ce qui rendrait les printemps silencieux, sans chants d'oiseaux. Cette prédiction commence à se réaliser, même si le DDT n'est pas le responsable.

On constate en effet, en certaines zones, une raréfaction des insectes et des oiseaux... les chants d'oiseaux disparaissent, les printemps deviennent silencieux. Les pesticides sont accusés ; ils ont en effet une part de responsabilité, sans toutefois être les seuls responsables. Certains insecticides sont trop peu sélectifs, ils s'attaquent aux ravageurs, mais aussi aux insectes qui ne faisaient que passer par là, y compris les pollinisateurs ; c'est le cas du pyrèthre bio qui tue tout ce qui bouge y compris les abeilles.

On a maintenant inventé mieux : les OGM Bt. On gagnerait en biodiversité en utilisant les OGM Bt, le must du sélectif puisqu'ils ne nuisent qu'aux pestes qui se risquent à les grignoter. Les études montrent l'amélioration de la biodiversité dans les champs OGM Bt, et même dans les champs alentour (Voir sur ce site Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...).

Mais les grosses multinationales écologistes continuent, droites dans leurs bottes, à manoeuvrer pour faire interdire les OGM ; tant pis pour la biodiversité.

Les pesticides ne sont pas la seule cause du déclin des insectes et des oiseaux. Sont également en cause la destruction des habitats naturels, la disparition des haies, des prairies, des jachères, etc.
Ce facteur a été analysé dans une étude récente. L'étude montre que la plupart des espèces déclinent sur les terres cultivées, quel que soit le mode de culture ; même une agriculture respectueuse de l'environnement perturbe les espèces et nuit à la biodiversité. On obtient un meilleur compromis "production alimentaire" - "biodiversité" en augmentant les rendements sur les terres cultivées, ce qui permet, à production égale, de libérer des espaces naturels non perturbés sur lesquels la biodiversité explose. (Concentrate farming to leave room for species and carbon, better than ‘eco-friendly’ agriculture - UNIVERSITY OF CAMBRIDGE - Journal of Zoology - 2021)

Nous voulons tous des coquelicots, des papillons, des colibris et tant d'autres petits oiseaux... mais nous voulons aussi que tout le monde puisse manger à sa faim. Pour concilier ces exigences il reste diverses voies à développer :

Développer la recherche de variétés résistant naturellement aux pestes, à l'exemple des OGM Bt qui déjà permettent d'utiliser moins d'insecticides.

Rechercher des moyens de lutte biologique.

Rechercher des insecticides plus sélectifs, bio ou non.

Développer l'agriculture de conservation soutenue par la FAO, favorable à la biodiversité ; même si elle doit être aidée par des herbicides comme le glyphosate. (Voir Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut accroître les rendements agricoles)

Augmenter les rendements, pour libérer une portion des terres cultivées et les laisser en haies, en buissons, en fleurs, sans perte de production. Quitte à subventionner ce genre de pratique.

Etc.

 

 

[3] Curieusement, la page de Monsieur le Ministre Martin a disparu. Il en reste des traces dans les archives du web : SOLIDARITÉ AVEC LES PRODUCTEURS DE TABAC FRANCAIS – ainsi que des commentaires : Le député Philippe Martin et la santé des Français

 

 

 
 
facebook

 

Mise à jour : 21 mai 2022