Énergie, climat, alimentation. Adaptation des espèces.

 

 


Pesticides, vrais dangers, faux risques, fausses peurs, vrais bénéfices

 

 

Les pesticides sont-ils dangereux ?

Oui.

Présentent-ils des risques ?

Non pour les simples consommateurs.
Mais Oui en cas de fortes expositions, comme peuvent en subir quelques agriculteurs.

Toutefois, les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides rendent-ils des services ?

Oui.

Le service vital de nourrir le monde, et de limiter la déforestation.

 

 

Les pesticides sont dangereux comme la plupart des produits que nous utilisons : la voiture est dangereuse, les produits ménagers aussi, même les médicaments. Nous utilisons quand même tous ces produits et services, nous acceptons leurs dangers éventuels en tant que prix des services quotidiens qu'ils nous rendent.

Les services de la voiture sont reconnus, et on en connaît le prix : 4 000 morts par an sur les routes de France. On accepte, on paye et on roule en voiture.

Les services des médicaments sont reconnus, et on en connaît le prix : 130 000 hospitalisations par an en France, pour maladie ou effet indésirable résultant d'une prise de médicament (iatrogenèse). On accepte, on paye et on se soigne avec des médicaments.

Le service des pesticides n'est pas reconnu ; le service de nourrir le monde n'est pas reconnu ! Comme si on avait oublié les famines qui ont jalonné l'histoire avant les pesticides.

Comment en sommes-nous arrivés là ? À refuser de payer le moindre prix pour un service aussi vital que nourrir le monde ?

Un danger n'est pas un risque

Les pesticides présentent des risques, on en demande l'interdiction. Faut-il aussi interdire les voitures, les médicaments... ? Un couteau de cuisine aussi est dangereux, on ne laisse pas un enfant jouer avec un couteau. Quand aux médicaments, voyez les effets indésirables éventuels listés sur la notice d'un médicament courant :

« Réaction allergique (boutons, gonflement du cou pouvant entraîner une difficulté à respirer (oedème de Quincke), etc.) Diminution du nombre de certaines cellules du sang, saignements du nez... Trouble du fonctionnement du foie, destruction des globules rouges, douleur dans la poitrine, difficulté à respirer... »

Il s'agit du doliprane.
Il est en vente libre.
On en consomme 14 boîtes par seconde en France.

Nous acceptons les risques du Doliprane, des antibiotiques, des produits ménagers, en faisant inconsciemment le calcul des bénéfices et des risques.

Mais nous n'acceptons pas les risques des pesticides.

La preuve que les pesticides sont dangereux pérorent quelques esprits malins, c'est qu'on ne peut pas boire un verre de pesticide chaque matin. C'est vrai, ils ont raison ces petits esprits malins, un pesticide n'est pas un drink.

Ces esprits malins croient-ils qu'on peut boire un verre de produit à vaisselle chaque matin ! La plupart des produits ménagers que nous manipulons quotidiennement – eau de Javel, lessive, détartrant, produit à vaisselle, etc., sont dangereux, c'est signalé sur les étiquettes... et pourtant nous les utilisons sans crainte ; parce que nous savons qu'ils sont dangereux, mais nous savons aussi que dans l'utilisation que nous en faisons, ils présentent peu de risques.

Nous ne buvons pas de produit à vaisselle, nous l'utilisons pour laver notre assiette, que nous rinçons ensuite avant d'y mettre notre soupe.

Nous ne buvons pas de pesticides ; nous les utilisons pour protéger les fruits et légumes, que nous rinçons ensuite avant de les mettre dans notre assiette.

... Dans cette même assiette que nous venons de laver avec le produit à vaisselle.

Personne ne s'interroge sur les résidus de produit à vaisselle qui peuvent rester sur notre assiette. Mais on surveille avec anxiété les résidus éventuels de pesticides sur les légumes que nous mettons dans notre assiette :

Une LMR – Limite Maximale de Résidus (de pesticides) – est définie et contrôlée pour les légumes.

Il n'y a pas de LMR pour contrôler les assiettes mal rincées.

Nous ne sommes pas des pestes...

Les pesticides sont destinés à tuer, par définition. Il est naturel que cela les rende suspects à première vue. D'autant que les militants en rajoutent une couche.

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Notons que cette remarque naïve vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique. Eux aussi, sont "destinés à tuer" !

Mais non, ce n'est pas "assez logique". Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque nous ne sommes pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là.

Les antibiotiques aussi sont "destinés à tuer", à tuer les bactéries ; ce sont des bactéricides... pourtant nous ne craignons pas d'avaler ces bactéricides, ils ne sont pas "nocifs pour notre santé", ils nous sauvent.

Monsieur Qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur Qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur Qui-sait-tout avait oublié la formidable diversité du vivant. Les pesticides tuent les pestes, pas les mammifères ; le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons. Monsieur Qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, si vous aimez le chocolat, ne cherchez pas à partager votre plaisir avec votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Bénéfices / risques des pesticides

Les risques pour les professionnels

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs, fortement exposés, tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide. Ce n'est pas du tout ce que vérifient les chercheurs. Leurs études montrent que chez les agriculteurs :

- Quelques cancers rares ont une fréquence plus élevée, ce qui indique qu'une forte exposition aux pesticides comporte des risques.

- Mais d'autres types de cancer sont moins fréquents.

- Le résultat global est que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale.

 

Les agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides,
ont globalement moins de cancers
et une meilleure espérance de vie
que la population générale.

C'est rassurant.
Cela montre que la vague de pestophobie qui déferle sur quelques pays développés est sans fondement.

La pestophobie n'est pas la peur des pestes
comme on pourrait le comprendre,
c'est la peur des pesticides qui nous protègent des pestes !

Ces résultats s'appuient sur de très vastes études, dont les résultats sont remarquablement concordants :

. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study (AHS) - 89 655 sujets.

. En France, Agrican (AGRIculture et CANcer - 180 000 participants.

Les cancers qui sont moins fréquents parmi les agriculteurs sont des cancers liés au tabagisme. La meilleure santé des agriculteurs s'explique ainsi par un moindre tabagisme et aussi par une vie plus active.

Ces résultats signifient que les risques des pesticides, même dans le cas de professionnels très exposés, n'effacent pas les effets d'une bonne hygiène de vie. Les risques des pesticides sont moindres que ceux du tabagisme et de la sédentarité.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que pantouflage et canapé !

 

 

On a vu des fabricants de pesticides poursuivis en justice pour n'avoir pas assez signalé les risques d'utilisation.

... Mais on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé pour ne pas avoir été informé des risques que faisait courir une utilisation intensive du produit.

 

 

► Les pesticides présentent des risques...
mais moins que le tabac !

 

 

Pourtant on a vu des consommateurs bio-addicts... qui fument ! Pourtant on a même vu un haut gradé dans la hiérarchie verte, faucheur volontaire d'OGM à ses heures, s'exhibant la pipe au bec.

On a même vu un ministre de l'écologie se battre pour défendre... le tabac ! Monsieur Philippe Martin, ministre de l’Écologie, posait fièrement sur sa page Internet, alors qu'il manifestait sa « solidarité avec les producteurs de tabac français ». [3]

► Rappel à Monsieur le ministre Martin : 70 000 décès dus au tabac en France chaque année... Le tabac est un vieux camarade de cimetière.

Les risques pour les simples consommateurs

En ce qui concerne la population générale, les simples consommateurs, les chercheurs ne détectent pas de risques venant des pesticides.

« Les résidus de pesticides que nous absorbons en consommant des légumes et des fruits restent en effet loin en dessous du seuil de toxicité. » (Les pesticides et notre santé - Fondation contre le Cancer – 2019)

« il n’a pas été démontré, pour le moment, que les traces de pesticides retrouvées dans notre alimentation avaient un effet délétère pouvant entraîner des maladies. » (Pesticides et risques de cancers – Institut National du Cancer – 2014)

► Ce qui signifie que si un risque réel existe, il est si faible qu'il est en dessous des moyens modernes de détection les plus performants. On ne connaît pas de cas de consommateurs victimes de problèmes attribuables aux pesticides.

Ce qui n'empêche pas que le risque perçu est très élevé.
On en reparlera.

Les vrais bénéfices des pesticides : ils nourrissent le monde

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait – mal – quelques hommes – maigres. Maintenant, grâce aux pesticides, il y a davantage de restes, et les hommes sont mieux nourris, moins maigres. (Voir sur ce site Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles)

Le service principal des pesticides est vital : nourrir le monde.

 

Les pesticides permettent également de limiter la déforestation.

Moins de pesticides = moins de rendement
= il faut plus de terre = déforestation. (Voir sur ce site L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?).

 

Les insecticides permettent également de lutter contre les insectes vecteurs de redoutables maladies, malaria, dengue, chikungunya, zika...

Le paludisme est un fléau : 400 000 victimes en 2019, dont 274 000 enfants, la plupart en Afrique (OMS - 2020). Pourtant, la pestophobie des défenseurs de l'environnement – qui vivent généralement dans les pays du Nord loin de la malaria – a suscité un intense lobbying pour interdire l'utilisation des pesticides dans les pays du Sud même dans la lutte contre la malaria !.

L'OMS a rappelé aux défenseurs de l'environnement qu'il était important de défendre – aussi – les hommes et les enfants – même africains ; tant pis pour les moustiques.

« Aujourd'hui, je vous demande, s'il vous plait : aidez à sauver les bébés africains autant que vous aidez à sauver l'environnement. Les bébés africains n'ont pas une puissante association telle que les associations de défense de l'environnement pour défendre leur bien-être. Ils ont besoin de votre aide […]
Dans la bataille pour sauver un million d'enfants chaque année, la plupart en Afrique, le monde était réticent à pulvériser l'intérieur des maisons et des huttes avec des insecticides. »
(Aidez à sauver les bébés africains comme vous aidez à sauver l'environnement - Docteur Arata Kochi, directeur en charge du paludisme - OMS - 2009).

 

 

Les pesticides présentent des risques dans quelques cas.
Et ils sauvent des millions d'enfants.

Psychanalyse du petit homme vert

Voulez-vous plus d'agriculture bio, sans engrais ni pesticides ? Alors il faudra plus de terres cultivées.

Voulez-vous plus de biocarburants ? Alors il faudra plus de terres cultivées.

Le pire serait évidemment de vouloir, et plus de bio, et plus de biocarburant... il faudrait alors trouver de nouvelles terres, en déforestant (Voir sur ce site Il n’y a plus assez de terre).

Le pire n’est pas impossible. L'Amazonie le sait.

Les psychanalystes aimeraient étudier les fameux petits hommes verts de la planète Mars. Combien de nouveautés ils pourraient découvrir ! Hélas, c'est pour l'instant impossible.

Mais il reste une possibilité aux psys de faire d'extraordinaires découvertes : étudier les petits hommes Verts de la planète terre. Eux aussi sont vraiment étonnants.

 

- Bonjour Monsieur Vert, étendez-vous, détendez-vous, et racontez-moi tout.

- Docteur, je voudrais que l'on supprime tous les pesticides.

- J'entends bien ; continuez Monsieur Vert.

- Oui, mais docteur, les chercheurs disent que sans pesticides, à cause de rendements plus faibles, il faudra tout cultiver, les terres sauvages, les parcs naturels, et même la forêt d'Amazonie.

- Ce serait en effet dramatique Monsieur Vert. Et alors, que comptez-vous faire ?

- Je voudrais produire du pétrole vert, docteur ; que l’on sème d’immenses champs pour faire du biocarburant.

- Mais, cher Monsieur Vert… sur quelles terres ? Il faudra encore déforester davantage.

Je comprends Monsieur Vert. Les symptômes sont clairs, vous avez la maladie du rêveur, de celui qui croit que ses rêves peuvent devenir réalité. C'est assez courant. C'est difficilement curable.

Ne rêvons pas qu'il serait possible d’avoir à la fois du pain, des étendues sauvages, du pétrole vert, pas de pesticide, et toujours le même confort. Le beurre, l’argent du beurre, la crémière, la dot de la crémière, et aucune récrimination de la belle-mère...

Risque perçu – risque réel

Les vieilles peurs des dinosaures.

On a vu que les chercheurs n'ont pas constaté de cas de consommateurs victimes des pesticides.

Pourtant les pesticides font peur.

Ici, comme pour la peur du nucléaire, il s'agit de la vieille peur des dinosaures, "méfie-toi de l’inconnu, tout de suite, sans raisonner" (Voir sur ce site Dangers des énergies - renouvelable, nucléaire, charbon). C'est le cerveau reptilien qui est à la manoeuvre. Parce qu'une grande part du public ne sait pas précisément quels sont les risques, et donc imagine le pire. Nous sommes affolés par ces traces, invisibles, dont on ne sait même pas s'il y en a, où il y en a, combien il y en a... c'est terrifiant.

Pesticides des villes et pesticides des champs

Nous craignons les pesticides.
Mais pas tous !

Les pesticides bio par exemple... Même pas peur ! Pourtant eux aussi sont des poisons qui tuent... (voir sur ce site L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio).

Ou encore, comme notre odorat qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux que les agriculteurs utilisent pour répondre à la nécessité vitale de nourrir le monde.

pesticides moustiqueMais nous aussi nous utilisons des pesticides, nous les jardiniers du dimanche ! Nous ne les utilisons pas par nécessité, pour nourrir le monde, mais seulement pour sauver quelques fleurs. Nous les épandons nous-mêmes, avec plus ou moins de précautions – avec généralement moins de précautions qu'en prennent les agriculteurs.
... Et pourtant, ce sont les pesticides des agriculteurs, les pesticides des champs, au loin, qui nous inquiètent, pas ceux que nous avons sous le nez.

Nous utilisons aussi des pesticides pour shampouiner nos chères têtes blondes envahies de poux, ou pour nous débarrasser des moustiques. Ces pesticides-là, les nôtres, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à nous réapprovisionner à la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse au moustique à coups de chausson ne suffit plus. Ce sont ces pesticides-là, directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, qui sont réellement problématiques ; nous les respirons à pleins poumons jour et nuit.

... Et pourtant, ce sont les pesticides des champs, au loin, que nous craignons !

 

... [...] ...

Fausses alertes et vrais problèmes

Les médias nous submergent d'alertes sur les risques des pesticides, sans jamais rappeler que les chercheurs ne détectent pas de risques pour les simples consommateurs. Notre attention est ainsi détournée de vrais problèmes de santé publique, bien plus importants que ceux des pesticides.

« Au moins 40% [des cancers] sont liés à des comportements que nous pouvons modifier (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation déséquilibrée, activité physique insuffisante, exposition aux UV…) » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - Institut national du cancer - 2015) (voir aussi Cancer - OMS - 2021).

« L'épidémie de tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année. » (Tabagisme - Aide-mémoire N°339 - Organisation Mondiale de la Santé - 2015)

- Le tabac tue 70 000 personnes en France chaque année.

- Les agriculteurs, manipulateurs de pesticides, ont une meilleure espérance de vie que la population générale...

... Et ce sont les pesticides qui nous épouvantent !

Il nous faudrait une fine équipe, messieurs Spock et Freud réunis, pour nous aider à comprendre de telles contradictions.

La sédentarité également est un problème de santé publique masqué, négligé.

« Près de 3,2 millions de personnes meurent chaque année en raison du manque d’activité physique. » (Activité physique - Aide- mémoire N°384 - Organisation Mondiale de la Santé - 2014)

On voit encore quelques joggeurs sur la promenade des Anglais à Nice, la plupart adultes. Mais ils sont dépassés en nombre et en vitesse par une foule d'enfants droits comme des i sur leur trottinette électrique, qui semblent avoir fait vœu de ne jamais faire plus de trois pas consécutifs entre deux consultations de leur smartphone.
"Où sont les joggers d'antan ?"

Le manque d'activité physique des jeunes générations,
une bombe à retardement.

(Inactivité physique et sédentarité chez les jeunes : l’Anses alerte les pouvoirs publics - ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail - 2020)

Quelle devrait être la priorité ? Pester contre les pesticides, ou promouvoir le bon sens et une bonne hygiène de vie ?

- Le bon sens est de s’attaquer aux risques qui n’ont pas de contrepartie utile. Tabac et bronzage par exemple.

- Le bon sens est de peser le pour et le contre lorsque quelques risques sont le revers de bénéfices importants par ailleurs.

Les quelques effets indésirables d’un vaccin sont le revers d’un bénéfice considérable : la maîtrise des épidémies.

Les risques des pesticides (pour les professionnels) sont le revers d'un bénéfice vital : la capacité à nourrir toute l'humanité, sans déforester.

- Le bon sens serait de se lever du canapé d'où l'on regarde, épouvanté, un énième reportage honteusement à charge contre les pesticides (il y en a), et aller faire un footing.

Manger nuirait gravement à la santé

Les risques des pesticides existent, pour des expositions élevées comme peuvent en subir les professionnels. Mais où est la limite ? À partir de quelle exposition sont-ils dangereux, ou non ? Nous n'avons pas la réponse. Alors, dans le doute, nous poursuivons le mythique risque zéro, la moindre trace suffit à nous effrayer.

Or, nos appareils ultra sensibles sont justement capables de détecter des traces, infimes. Les militants se saisissent de ces traces, décrètent que nos aliments sont des concentrés de "résidus chimiques", nos menus des "Menus toxiques", nos repas "Notre poison quotidien" :

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

pesticides chimie

Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides. Le Vert est dans le fruit.

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme !

 

Serait-il risqué de manger 5 fruits et légumes par jour ?

Les bonnes âmes militantes nous alarment : "Ne croquez pas la pomme, les pesticides nous empoisonnent !"
Mais les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de manger 5 fruits et légumes par jour... même s'ils ne sont pas bio !

Qui prend nos pommes pour des poires ?

« Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. Jusqu’à présent, dans les études publiées, la consommation de fruits et légumes n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers. » (Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations – Institut national du Cancer – 2009)

« Les preuves actuelles indiquent que le bénéfice de la consommation de fruits et légumes conventionnels dépasse les risques éventuels dus à l’exposition aux pesticides. Les inquiétudes quant aux risques des pesticides ne doivent pas décourager la prise de fruits et légumes conventionnels, les produits biologiques étant souvent plus chers et inaccessibles pour certaines populations ». ((Organic Foods for Cancer Prevention—Worth the Investment? - Journal of the American Medical Association - 2018)

L'American Medical Association met ainsi en garde contre une conséquence sanitaire de la pestophobie : le risque que les consommateurs se détournent des fruits et légumes non bio, par crainte, et consomment ainsi globalement moins de fruits et légumes, par manque de moyens. Il en résulte un risque accru de cancers pour les personnes crédules ayant des revenus modestes. (Voir aussi Pesticides dans les fruits et légumes : attention aux effets d'annonce!)

On Risque plus à ne pas manger de fruits et légumes qu'à mangers fruits et légumes avec éventuels résidus de pesticides.

Ève a eu raison de croquer la pomme.

D'un côté le lobby bio fait croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

D'un autre côté les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour... qu'ils soient bio ou non.

... Et c'est le lobby bio qui gagne. !

 

 

En résumé :

 

• Les pesticides, bio ou non bio, présentent des risques.

• Toutefois le risque n'a été identifié que dans un contexte d’exposition intense, chez des professionnels qui manipulent les pesticide, essentiellement des agriculteurs.
La consommation de fruits et légumes par les simples consommateurs n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers.

• En dépit de leur forte exposition aux pesticides, les agriculteurs vivent globalement plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale.
C'est rassurant pour ceux qui sont moins exposés, les simples consommateurs.

• La meilleure hygiène de vie des agriculteurs compense, et au-delà, les risques des pesticides.

• Nos aliments ne sont pas des concentrés de "résidus chimiques" ; au contraire les chercheurs recommandent la consommation de fruits et légumes, même issus de l'agriculture conventionnelle.

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer le premier point en zappant les autres points. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "Le Doliprane provoque des réactions allergiques" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

Pesticides et désinformation

Un lapin a tué un chasseur

Les consommateurs devraient être rassurés par les résultats des chercheurs. Pourtant ils ne le sont pas. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les militants et les médias, dont voici quelques exemples.

 

... [...] ...

 

Pesticides et environnement

Il n'y a plus de chants d'oiseaux.
Les pesticides en seraient responsables.

Toutefois, en remontant dans l'enchaînement des causes, ce qui apparaît c'est que le vrai responsable c'est l'agriculture, et en fin de compte, la nécessité de nourrir 8 milliards de Terriens.

Déjà le premier agriculteur des cavernes qui défrichait un lopin de forêt portait atteinte à l'environnement.

« Même une agriculture respectueuse de la faune sauvage nuit à la majeure partie de la biodiversité. » (Concentrate farming to leave room for species and carbon, better than ‘eco-friendly’ agriculture - UNIVERSITY OF CAMBRIDGE - Journal of Zoology - 2021)

Et aujourd'hui, l'agrandissement des parcelles, la disparition des haies et des boisements, affectent toutes les espèces, toutes confrontées à une crise du logement : elles ne trouvent plus à nicher.

« La pollution chimique - à laquelle les produits phytopharmaceutiques contribuent – apparaît comme le troisième ou quatrième facteur de destruction de la biodiversité à l’échelle mondiale derrière le changement ou la destruction des habitats naturels, l’exploitation des ressources et le changement climatique. » (Biodiversité" et services rendus par la nature : que sait-on de l’impact des pesticides ? - expertise scientifique collective INRAE-Ifremer – 2022)

Il faut des espaces sauvages non cultivés pour que les oiseaux puissent nidifier. Mais il faut aussi des terres cultivées pour nourrir le monde. Selon un article de l'université de Cambridge, un compromis entre ces deux impératifs serait d'obtenir les meilleurs rendements possibles sur les terres en culture – même en utilisant des pesticides, bio ou non – pour pouvoir conserver des espaces sauvages dans lesquels les oiseaux trouveront des insectes pour se nourrir et des branches pour se loger.

« L'agriculture doit être aussi productive que possible afin d'être limitée en surface, laissant ainsi plus de terres comme habitats naturels tout en permettant quand même de nourrir le monde aujourd'hui et demain. » (Concentrate farming to leave room for species and carbon, better than ‘eco-friendly’ agriculture - UNIVERSITY OF CAMBRIDGE - Journal of Zoology - 2021)

 

 

[3] Curieusement, la page de Monsieur le Ministre Martin a disparu. Il en reste des traces dans les archives du web : SOLIDARITÉ AVEC LES PRODUCTEURS DE TABAC FRANCAIS – ainsi que des commentaires : Le député Philippe Martin et la santé des Français

 

 

 
 
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Mise à jour : 24 novembre 2022