écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


L'énergie de demain ; énergies renouvelables, énergies fossiles dont le charbon, nucléaire ?

 

La demande et la consommation mondiale d'énergie augmentent, dopées par l'augmentation des populations et leur pouvoir d'achat.

Quelle énergie demain pour répondre à cette demande croissante ?

 

 

Ce chapitre résume les résultats qui ont été analysés précédemment.

Les nouvelles énergies renouvelables

gaz de schiste, Consommation énergétique mondiale, fossiles, renouvelables

Source : D'après bp Statistical Review of World Energy 2021.

 

- La demande mondiale d'énergie croît – parce que la population mondiale croît ainsi que son pouvoir d'achat.

- Les énergies renouvelables et les énergies fossiles croissent pour répondre à cette demande.

Et ce sont les énergies fossiles qui gagnent ! Ce sont elles qui croissent le plus en valeur absolue, plus que les énergies renouvelables.

La part des énergies renouvelables dans le mix mondial est d'environ 2 % (2019 - Key World Energy Statistics 2020).

Il reste encore 80 marches à gravir pour qu'elles remplacent les énergies fossiles dont la part dans le mix mondial est d'environ 80 %. (2019).

Combien de temps faudrait-il ? (Voir sur ce site Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?)

Les énergies fossiles

Ce sont principalement les énergies fossiles qui répondent "présent" à l'accroissement de la demande d'énergie. 80 % environ de l'énergie consommée sur la planète est d'origine fossile, une proportion qui reste à peu près constante depuis des années. Cette proportion constante d'une consommation globale qui augmente signifie que la consommation d'énergies fossiles augmente en valeur absolue.

La plus abondante des énergies fossiles est le charbon – une "qualité" lourde de menaces à terme.

 

Estimation des réserves mondiales conventionnelles d’énergie :

Pétrole 47 ans
Gaz naturel    64 ans
Charbon 156 ans
Uranium 50 – 80 ans

 

 

- Estimation selon le rythme actuel des consommations (alors que cette consommation augmente) ;

- à un coût comparable à ce que nous payons aujourd’hui ;

- en ne considérant que des réacteurs de deuxième génération dans le cas de l'uranium, c'est-à-dire sans envisager le cas des surgénérateurs.

Le gaz de schiste

Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de gaz en exploitant le gaz de schiste. Il est difficile aujourd'hui de se faire un avis complet sur le gaz de schiste et son futur. Une incertitude vient de l'ampleur des fuites de gaz de schiste lors de son extraction et de sa distribution. Ces fuites pourraient avoir un effet important, le gaz ayant un potentiel de réchauffement 50 fois plus élevé que le CO2.

Le gaz de schiste remplace aujourd'hui une partie du charbon dans les centrales électriques aux États-Unis, avec comme résultat une réduction des émissions de CO2, ce qui est exactement la priorité écologique No1 de ce siècle. De 2010 à 2015 aux États-Unis :

• La production de gaz a crû.

• La production de charbon a décru.

• Les émission de CO2 dues à la combustion de charbon ont décru.

• Les émission de CO2 dues à la combustion d'énergie ont décru.

gaz de schiste, émissions CO2, réchauffement climatique

Source : D'après iea - CO2 emissions from fuel combustion - Highlights - 2019

 

Moins de CO2 aux États-Unis – bravo ! Pourtant les Verts protestent ! Le gaz de schiste en effet fait partie de la grande galerie verte des Satan rouges, en compagnie du Satan nucléaire, du Satan OGM, du Satan pesticide, du satan Monsanto...

Le Satan gaz de schiste a en effet ses travers, ses nuisances environnementales : il nécessite de nombreux forages locaux dans les zones de production. Les Satan ne sont pas sans reproches – comme tout un chacun. Mais ces nuisances locales n'effacent pas les bénéfices planétaires du remplacement du charbon par le gaz, de schiste ou non... même les Satan ont leurs bons côtés – comme tout un chacun.

On se lamente des émissions de CO2 et des dégâts déjà observés du réchauffement climatique.

Puis on manifeste contre l'utilisation du gaz de schiste...

... qui justement permet d'émettre moins de CO2.

Trouvez l'erreur.

Il faut choisir le moindre mal, entre les champs locaux d'exploitation de gaz de schiste et les effets globaux du réchauffement climatique, les incendies gigantesques en Amazonie, en Sibérie, en Australie, les inondations et sécheresses ailleurs.

En France les Verts ont choisi ; "ignorez ce gaz de schiste que je ne saurais voir".

La France regarde le train qui passe... les Américains sont dans le train qui passe. Les États-Unis réduisent leurs émissions de CO2. Ils sont devenus exportateurs de gaz, ils ont construit et construisent des terminaux de liquéfaction en Louisiane, au Texas... Et la France construit à Dunkerque un terminal méthanier de re-gazéification du gaz naturel liquide transporté par bateaux. Honni soit qui mal penserait que ce pourrait être du gaz de schiste américain ! Croix de bois croix de fer, il n'arrivera pas de gaz de schiste à Dunkerque.

La France a importé 534 Twh de gaz en 2020.

La France a ou n'a pas de gaz de schiste, mais elle a des idées, l'idée d'importer du gaz.

Le gaz énergie verte ?

Le gaz, de schiste ou non, émet moins de CO2, d'oxydes d'azote, de soufre, microparticules et autres polluants, que le charbon et le pétrole. C'est pourquoi un certain nombre de pays, États-Unis, Chine, Allemagne, etc. ont entrepris de transformer leurs centrales au charbon pour qu’elles fonctionnent au gaz – de schiste ou non [0].

Le diagramme suivant montre les économies de CO2 que le basculement de charbon vers gaz a permis de réaliser depuis 2010 dans quelques pays.

Le gaz remplace le charbon et réduit les émissions de CO2

Source: The Role of Gas in Today’s Energy Transitions - iea - 2019

 

 

Le recours au gaz pour remplacer les centrales au charbon permet de moins polluer et d'émettre moins de CO2 [00]. C'est l'argument évoqué pour peindre le gaz en vert. L'Allemagne par exemple manoeuvre pour que le gaz soit reconnu comme étant bénéfique pour le climat et soit ainsi inclus dans la taxonomie verte de l'Union européenne, ce qui faciliterait les investissements vers le gaz.

Mais cette conversion du charbon vers le gaz n'est pas une solution durable.

... Parce que un jour le gaz viendra à manquer ; mais il restera encore du charbon... que se passera-t-il alors ?

Le scénario noir : le règne de KingCoal, le roi-charbon !

Le charbon est calamiteux. Mais attention ! sous son extérieur noir il a des charmes irrésistibles : son abondance, son petit prix par exemple. L'Allemagne n'y résiste pas, ni la Chine, ni l'Inde, ni Trump. Et en outre, c'est l'énergie fossile la plus abondante, et on en trouve presque partout.

Le pétrole est finissant "par essence". Mais la famine énergétique n'aura pas lieu, pas tout de suite. Quand nous aurons bu la dernière goutte de pétrole, respiré la dernière bouffée de gaz, il y aura encore du charbon.

Il est utile de rappeler que le roi charbon peut tout, y compris remplacer le pétrole. Il peut être transformé en gaz ou carburant liquide et faire rouler voitures et camions. L'Allemagne a fait avancer ses chars au pétrole de charbon pendant la dernière guerre mondiale, lorsqu'elle était privée de pétrole. L’Afrique du Sud a également utilisé le pétrole-charbon, en réponse au blocus qui lui était imposé du temps de l’apartheid.

Le problème est que cette filière du charbon liquéfié émet 2 à 3 fois plus de CO2 que l’utilisation directe du pétrole.

Que ferions-nous si la pénurie de pétrole se faisait sentir, si les camions n'approvisionnaient plus les magasins, si nous perdions notre confort et nos facilités, si la nourriture se faisait rare ? Le monde avide d'énergie laisserait-il dormir sous terre du charbon abondant et peu coûteux sans l'exploiter ? Quels règlements, quels interdits vertueux seraient assez puissants pour empêcher d'exploiter ce charbon encore sous le pied ?

Qui acceptera d'avoir froid plutôt que piocher dans le charbon ?

Il a encore une vie après le pétrole.

Le roi Pétrole se meurt, vive KingCoal, le roi Charbon.

Est-il trop pessimiste d'envisager un règne futur de KingCoal ?

Tout le monde souhaite l'arrêt du charbon plus globalement l'arrêt des énergies fossiles. Mais tout le monde n'a pas encore conscience des efforts que cela nécessite, ou n'est pas prêt à les accepter, ou n'a pas les moyens de les accepter comme c'est le cas dans les pays pauvres.

« L’appétit pour le charbon ne faiblira pas ces prochaines années en raison de la demande en Asie et en dépit de la crise climatique. » (Agence internationale de l’énergie - AIE - décembre 2019)

Le luxe français existe encore

En France pas question de polluer avec du charbon. Une demande d'ouverture de mine de charbon dans le département de la Nièvre avait plongé le gouvernement français dans une grande perplexité : organiser un Grenelle de l’environnement et en même temps autoriser l’ouverture d’une mine de charbon, ça ferait désordre. Les Français ne retourneront pas au charbon, pas tout de suite, la demande a été refusée en décembre 2009.

C'est ça le luxe français, on ne mange pas de ce pain-là.

... Mais la France a encore importé 11 millions de tonnes de charbon en 2019 [1-1].

L'Allemagne laborieuse et tâcheronne n'a pas les pudeurs françaises, elle choisit le solide, le sûr, plutôt que l’élégante légèreté du luxe français. Elle ne retournera pas au charbon... puisqu'elle n'en est jamais sortie. Au contraire, elle fait feu de tout bois, de tout gaz, de tout charbon, de tout lignite (le lignite est un charbon de très mauvaise qualité extrêmement polluant). Elle exploite tout ce qu’elle a sous la main, ou sous le pied, et qui brûle, même si ça ne brûle pas très bien : « Course à la houille en Allemagne – Le pays a décidé d’exploiter trois gisements de lignite jusqu’en 2045 et d’exproprier 42 000 personnes. » (site de Terra eco, « le bimédia francophone du développement durable » - 2008)
C'est ainsi que l'on peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, à Garzweiler par exemple, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages.

 

 

énergie fossile en Allemagne

On a aussi assisté en 2020 à l'inauguration de la nouvelle centrale au charbon de Datteln, de 1 100 MW.

Elle pourrait fumer encore dans quarante ans.

L'énergie nucléaire

Le nucléaire peut produire massivement une énergie non intermittente, bas carbone, qui émet très peu de CO2, et est l'énergie la moins dangereuse qui soit, accidents compris. (Voir sur ce site Pollution et dangers des énergies.)

Le nucléaire est donc un outil clef pour la résolution de "l'affaire du siècle", le réchauffement climatique. Mais, paradoxalement, la pétition "l'affaire du siècle", qui demande à lutter contre le réchauffement climatique... réclame l'abandon du nucléaire !

Greenpeace ne peut que reconnaître que le nucléaire est "certes bas-carbone" ; ce qui n'empêche pas que pour Greenpeace le nucléaire n'est quand même pas une solution contre le réchauffement climatique. Il serait "disqualifié de la course de la lutte climatique" parce que son développement est trop lent (Le nucléaire : un mal nécessaire face à l’urgence climatique ?)

... ... Combien de temps faudrait-il pour construire les centaines de milliers d'éoliennes nécessaires pour remplacer les énergies fossiles ? Pour que la part des nouvelles énergies renouvelables passe de 2 à 80 % ?

Il n'y aura pas de pétition "l'affaire du siècle" en Chine – les pétitions, ce n'est pas le genre de la maison.

Mais sans tambour ni pétition, la Chine agit vraiment contre le réchauffement climatique : elle prévoit la construction d'une centaine de réacteurs d'ici 2035, au rythme de six à huit par an (Le dragon nucléaire chinois prêt pour le grand bond en avant).

La filière "renouvelables - hydrogène"

Il est possible de produire de l'électricité (intermittente) au moyen des nouvelles énergies renouvelables ; de produire de l'hydrogène par électrolyse avec cette électricité ; de stocker l'hydrogène. Cet hydrogène peut être ensuite utilisé, sans intermittence, pour tous besoins énergétiques : électricité, chauffage, transports, industrie... On pourrait rêver de remplacer ainsi nucléaire, pétrole, gaz, charbon par cet hydrogène vert.

Ce système paraît séduisant à première vue. Il devient moins sexy quand on fait l'estimation du nombre d'éoliennes et de centrales photovoltaïques qui seraient nécessaires, compte tenu du rendement de chacune des étapes de la filière. Un ordre de grandeur :

Soit l'hypothèse d'école d'un système électrique entièrement assuré par une filière "électricité éolienne – production d'hydrogène par électrolyse - stockage de l'hydrogène - pile à combustible à hydrogène".

Dans cette hypothèse il faudrait couvrir la France de 300 000 éoliennes environ pour couvrir seulement les besoins électriques actuels de la France (transports non compris). (Pourrait-on alimenter la France en électricité uniquement avec de l’éolien ? - J-M Jancovici - 2014)

Il y avait 8 000 éoliennes en France en 2018.

Douce France, beau pays de mon enfance... défigurée !

Quand on aime les éoliennes on ne compte pas...

On peut aussi produire tout cet hydrogène à partir de l'électricité de quelques dizaines de centrales nucléaires...

L'énergie de demain

Ce qui précède permet d'ébaucher ce que sera l'énergie de demain.

• Il y aura les anciennes renouvelables (hydraulique, le bois, ses fumées, ses particules fines...).

Mais peu. L'hydraulique est limité par les possibilités qu'offre la géographie.

• Il y aura aussi de nouvelles énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque...).

Mais peu. Elles fournissent environ 2 % de notre énergie aujourd'hui et progressent moins que la demande d'énergie.

• Il faudra donc, nécessairement, d'autres sources d'énergie, et qu'elles soient massives, pilotables, sans intermittence :

Il en faudra beaucoup.

• Ce sera de l'énergie fossile.

• Ou de l'énergie nucléaire. Peut-être... sinon, il reste les énergies fossiles...

 

 

[0] La Chine est en passe de devenir le premier importateur mondial de GNL, Gaz Naturel Liquéfié, et le premier exploitant de gaz de schiste dont elle possède les plus importantes réserves au monde. Le tout pour remplacer une part du charbon. Les écologistes considèrent-ils que l'exploitation de ce gaz de schiste chinois est une bonne nouvelle ?

[00] Il existe aussi des incertitudes sur les fuites de gaz conventionnel lors de son extraction et de sa distribution, ce qui réduirait l'intérêt du gaz, même conventionnel, par rapport au charbon.

[1-1] C'est un tic français : se refuser de produire sur son sol, mais accepter d'importer : charbon, gaz de schiste, OGM...


 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

 

 
 
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Mise à jour : 23 juin 2022