Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Surpopulation et surconsommation épuisent les ressources
La terre manque, la forêt disparaît...

 

Il y a toujours eu surpopulation, c'est-à-dire déséquilibre entre la population et les ressources que les techniques du moment permettent de produire durablement.

La population mondiale augmente encore, mais devrait plafonner.

Parce que les hommes ont inventé des mécanismes pour enrayer le lapinisme.

En attendant, il faut faire vivre cette énorme population mondiale.

 

Autrefois il n'y avait sur terre que quelques rares tribus, survivant chichement de chasse et de cueillette, chacune dans son petit vallon.

Nous sommes maintenant sept milliards, il n'y a pas assez de petits vallons.

Autrefois le bon sauvage vivait naturellement, sobrement ; quelques baies cueillies dans la forêt, l'eau du ruisseau, une peau de bête, un feu de bois... Bref, il vivait naturellement (mal), mourait naturellement (mal) à quarante ans… après avoir procréé naturellement comme une bête.

C’est ainsi que le nombre des hommes a augmenté.

Les enfants du bon sauvage ont voulu améliorer leur sort. Ils ont voulu manger moins frugalement, avec un peu plus de diversité ; ils ont inventé l'agriculture. Ils ont voulu avoir chaud ; ils ont inventé la maison. Ils ont voulu changer de vêtement, se laver, se divertir, ils ont voulu voir Vesoul… ils ont même voulu savoir, s’instruire ; ils ont inventé la ville et la civilisation.

C’est ainsi que le drame a commencé.

surpopulation et ressources

surpopulation et ressources

Parce qu'il fallait nourrir tout ce monde. Il n’est pas exclu que lorsque César séduisait Cléopâtre – ou se laissait séduire – il ne joignait pas l’agréable à l’utile. L'utile, l'indispensable, était de conquérir le blé d’Égypte pour nourrir Rome [a] - [b]

Aujourd'hui, la combinaison du nombre des Terriens et de leur pouvoir d'achat constitue un mélange détonnant ; et la mèche est allumée. Les ressources s'épuisent, la terre, l'eau, les océans, et l'environnement se dégrade.

 

Surpopulation, épuisement des ressources, innovations techniques

Amazonie, massacre à la tronçonneuse

Les solutions plaisantes "à la César" sont limitées, il n'y a pas assez de riches héritières.

Il a fallu trouver d'autres solutions : on a défriché pour gagner de nouvelles terres. Autrefois, la Gaule n'était que bois et forêts, et il ne faisait pas bon se promener dans les bois, parce que le loup y était, demandez au petit chaperon rouge. La Gaule était une mer d'arbres – avec avec quelques rares îlots, les petits villages gaulois battus par le flot des arbres. Une mer d'arbres peuplée de sangliers, pour le plus grand plaisir d'Obélix qui ne craignait pas le loup – c'est le loup qui craignait Obélix.

Mais cette mer d'arbres ne suffisait pas à nourrir tous les Gaulois avec les techniques de l'époque ; bien que quasi vide d'hommes la Gaule était déjà surpeuplée... et les Gaulois ont rasé la forêt d'Obélix. Ils ont abattu la forêt, créant ainsi les paysages de la doulce France, avec des champs, des étendues de blé ondulant au vent du printemps, des plaines de carottes et petits pois. Des champs sans sanglier. Obélix en pleure encore, on entend sa complainte : "Auprès de mon arbre, je vivais heureux", où sont mes sangliers d’antan ?

Aujourd'hui il faut nourrir sept milliards d'hommes, bientôt neuf ; la tentation est grande de tailler encore la forêt.

En France ce n'est plus possible, c'est déjà fait.

Alors des yeux gourmands se tournent vers les dernières forêts ; Amazonie, Congo, Indonésie...

Le vrai massacre à la tronçonneuse est commencé.

La forêt équatoriales disparaît. Les descendants des Gaulois défricheurs regardent d'un air réprobateur les Brésiliens qui osent tailler la forêt d’Amazonie… comme s’il existait un droit du premier à défricher.

Pour diminuer la pression sur la forêt brésilienne, les Gaulois ont la possibilité de produire plus chez eux en augmentant les rendements sur leurs terres déjà défrichées. Mais les Gaulois refusent les moyens d'augmenter leurs rendements, ils préfèrent critiquer les Brésiliens. Les boucs émissaires servent à çà. (Voir sur ce site Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut accroître les rendements agricoles)

La terre est surpeuplée... depuis des millénaires !

L'exemple de la Gaule montre que la surpopulation n'est pas un phénomène nouveau, ni la déforestation. Surpopulation et déforestation existent depuis des millénaires.

Vers l’an 200 – déjà ! – Tertullien de Carthage s'alarmait :

« Assurément il suffit de jeter les yeux sur l'univers pour reconnaître qu'il devient de jour en jour plus riche et plus peuplé qu'autrefois. Tout est frayé ; tout est connu ; tout s'ouvre au commerce. De riantes métairies ont effacé les déserts les plus fameux ; les champs ont dompté les forêts ; les troupeaux ont mis en fuite les animaux sauvages ; les sables sont ensemencés ; l'arbre croît sur les pierres ; les marais sont desséchés ; il s'élève plus de villes aujourd'hui qu'autrefois de masures. Les îles ont cessé d'être un lieu d'horreur ; les rochers n'ont plus rien qui épouvante ; partout des maisons, partout un peuple, partout une république, partout la vie.

Comme témoignage décisif de l'accroissement du genre humain, nous sommes un fardeau pour le monde ; à peine si les éléments nous suffisent ; les nécessités deviennent plus pressantes ; cette plainte est dans toutes les bouches : la nature va nous manquer. » (De l’âme – XXX)

La surpopulation fut même, en 1095, l’un des prétextes invoqués par le pape Urbain II pour lancer les francs sur les chemins des croisades :

« Qu'aucun de vos biens ne vous retienne en arrière, ni le souci de vos affaires de famille ! Car le pays que vous habitez, fermé de tous côtés par la mer et de hautes montagnes, est maintenant trop étroit pour votre nombreuse population : il fournit à peine de quoi nourrir vos cultivateurs. De là vient que vous vous tuez et dévorez les uns les autres. »

Les rues de la Rome antique étaient déjà surpeuplées [00], et Boileau décrivait déjà les embarras de Paris... en 1666 [0] !

Surpopulation, consommation et techniques

Lorsque l'on entend "surpopulation", on pense grouillement des hommes, béton, manque d'espace, d'espaces verts.

On pense moins immédiatement que la surpopulation c'est aussi la surexploitation des ressources renouvelables. Cette surexploitation ne résulte pas seulement d'un trop grand nombre d'hommes, elle résulte du nombre des hommes, plus ou moins important, multiplié par leur consommation, plus ou moins importante. C'est pourquoi même un désert peut être surpeuplé par une population peu dense, mais consommant beaucoup. C'est le cas du désert des Mojaves, où la population de Las Vegas épuise l'eau du Colorado.

La surexploitation des ressources résulte d'un déséquilibre entre le nombre des hommes et les ressources renouvelables qu'ils consomment d'une part, et ce que les techniques du moment peuvent produire durablement d'autre part.

Cet équilibre se déplace au fil des siècles. En considérant les ressources en nourriture, la terre était déjà surpeuplée avec 100 millions d'hommes autrefois ; aujourd'hui les techniques agricoles permettent de nourrir sept milliards de Terriens.

Avant les révolutions techniques et médicales, le déséquilibre revenait cycliquement, mécaniquement, inexorable ; la population était "régulée" par la famine :

« La croissance économique entraîne la croissance démographique : la richesse augmente la natalité et réduit la mortalité, celle des enfants et des adultes. Mais la hausse de la population fait baisser progressivement le revenu par tête. Vient fatalement le moment où la population bute sur l’insuffisance des terres disponibles pour se nourrir. Trop nombreux, les hommes doivent mourir, par la faim ou la maladie. Famines et épidémies viennent invariablement briser l’essor des sociétés en croissance. » (Daniel Cohen - La prospérité du vice)

Au XIXe siècle on nourrissait – mal – un milliard d’hommes. Malthus en avait conclu que l'Angleterre était surpeuplée et qu'il fallait prêcher l'abstinence aux hommes (il était pasteur anglican...), pour qu'ils ne se multiplient pas "comme des souris dans une grange". L'avenir a donné tort à Malthus. De nouvelles techniques ont permis de produire plus de grains pour remplir la grange aux souris.

Mais, si la production a changé, la consommation aussi. Un seul agriculteur sur son tracteur produit aujourd'hui plus qu’une bonne douzaine de paysans avec leurs binettes et leurs sarclettes ; mais un seul bobo des villes en 4X4 consomme plus qu’une bonne douzaine de frères franciscains en sandales. Le problème est qu'il y a de plus en plus de 4X4 et de moins en moins de frères franciscains. C'est pourquoi il y a encore des raisons de s'alarmer : les océans se vident de poissons, les mines s'épuisent, la forêt disparaît...

Des révolutions techniques ont donné tort à Malthus.

De nouvelles techniques pourraient-elles donner tort aux alarmes actuelles ?

C'est peut-être possible, de nouvelles techniques existent. Nous savons créer des variétés plus performantes, des OGM nécessitant moins de terre... mais quelques vieux pays développés rejettent la science et les techniques, et refusent d'utiliser les OGM !

Au temps de Malthus, au contraire, l'Occident vivait une belle histoire d’amour ; les hommes aimaient la science et les techniques, qui les payaient de retour en leur offrant de fantastiques inventions : la force des moteurs, l'électricité, les chemins de fer, etc. [001]. C'est cela qui a donné tort aux craintes de Malthus.

Mais les histoires d'amour finissent mal, parfois. Aujourd'hui, à la différence de l'époque de Malthus, une partie des populations refuse les nouvelles techniques. La science est toujours aussi inventive – elle a inventé les antibiotiques, la révolution verte, les OGM, etc. – mais la vieille Europe et la technique sont en instance de divorce, le poison de la méfiance s'est glissé dans le couple, maintenant la technique fait peur [01]. Comme en tant de divorces, on a oublié les qualités et les charmes qui nous avaient fait craquer au début.

La science et les techniques sont maintenant accusées d'être responsables de tous les problèmes de la planète.

La science est en effet responsable d'avoir permis que le nombre des hommes croisse, et de leur avoir donné de la puissance, la puissance de creuser des mines, de pêcher, etc.

Mais ce sont les hommes qui sont responsables de ne pas savoir se contrôler, de ne pas savoir utiliser cette puissance nouvelle avec mesure, sans piller les ressources de la terre.

En attendant que les hommes deviennent raisonnables, plus sobres, c'est encore les techniques qui peuvent nous sortir de ce mauvais pas. Nous ne pouvons pas nous permettre, moins que jamais, le luxe de faire la fine bouche et de refuser pesticides, engrais, OGM, contraception, etc. Le danger n'est pas dans les nouvelles techniques, mais dans leur rejet, parce qu'il y a plus de sept milliards de bouches à nourrir.

Nous sommes tous Malthus

Plutôt qu'inventer de nouvelles techniques, Malthus proposait, du haut de sa charge de pasteur, de couper les vivres à ceux qui n'étaient pas ses ouailles, les autres, les "intrus", ceux qui "sont de trop" :

« Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s'il ne peut obtenir de ses parents la subsistance qu'il peut justement leur demander, et si la société n'a pas besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la plus petite portion de nourriture et, en fait, il est de trop. Au grand banquet de la nature, il n'y a pas de couvert vacant pour lui. [...] Si ces convives se serrent et lui font place, d'autres intrus se présentent immédiatement, demandant la même faveur. Le bruit qu'il existe des aliments pour tous ceux qui arrivent remplit la salle de nombreux réclamants. L'ordre et l'harmonie des festins sont troublés… »

C’est pour cette thèse que Malthus sent le soufre, le charbon du diable, ce qui n’est pas très catholique, même pour un pasteur anglican comme Malthus.

 

Il s’agissait, à cette époque, d’écarter les ouvriers anglais du "grand banquet" des bourgeois anglais.

Aujourd'hui, on cite le discours de Malthus sur l'air de la vertu indignée, avec raison. Mais soyons lucides, ce sont exactement les mêmes arguments que les pays développés opposent aux demandeurs du Sud, pour les écarter du "grand banquet" des pays riches. Il ne faudrait pas leur accorder un seul couvert (un seul droit de séjour), parce que "le bruit qu'il existe des aliments pour tous ceux qui arrivent remplit la salle de nombreux réclamants" (cela crée un appel d'air).

 

Malthus n'est pas mort, il bouge encore.

Nous sommes horrifiés du drame de tant de désespérés qui périssent en Méditerranée.

Mais pour une partie de ceux qui ont eu la chance de naître du "bon" côté, ceux qui sont déjà à la table du "grand banquet", le problème, c'est les survivants.

Surpopulation, religions, cultures, et sociétés

surpopulation

Les pressions sur l'environnement augmentent ; d'autant plus que nous ne sommes pas de bois… nous serons bientôt neuf milliards…

« Tout ça parc' qu'au bois de Chaville y'avait du muguet »...

La nature avait inventé le désir sexuel, puissant, pour qu'un lapinisme forcené compense les ravages des catastrophes naturelles, famines, épidémies, et de la mort infantile. Mais elle avait oublié de réguler ce désir : il reste toujours aussi puissant même quand il n'est plus nécessaire, quand les enfants ne meurent plus, quand les épidémies sont maîtrisées, la nourriture assurée. Il fallait finaliser l'invention de la nature, trouver une façon de rompre le lien artificiel que le nature avait créé entre plaisir, et procréation.
Les chercheurs se sont attaqués au problème ; ils ont trouvé, ils ont inventé la contraception – ça marche.
Le pasteur Malthus, lui, prêchait l'abstinence – ça n'a pas marché.

On peut se moquer de l'ingénuité du pasteur Malthus qui manifestement ignorait tout de la nature humaine. Il croyait que l'on pouvait prêcher et convertir les hommes pour qu'ils se conduisent autrement que selon leur pente naturelle. Il ne savait pas que "la nature revient au galop". La continence ! ! "Timeo Continentiam" "Je crains la continence" disait le pape Pie II – « qui aimait bien boire et bien manger et dire aux jolies filles qu'elles étaient jolies ».

Mais on peut tirer leçon de l'ingénuité de Malthus, elle montre qu'il ne suffit pas de faire des vœux pieux, comme font aujourd'hui encore des donneurs de bons conseils pour sauver la planète : "consommez moins, mangez moins de viande, ne gaspillez pas", etc. Ces conseils ne sont pas plus efficaces que les conseils d'abstinence de Malthus.

Il est parfois plus efficace de s'appuyer sur des solutions techniques (la pilule), et non sur des solutions naturelles et sur la bonne volonté des hommes (l'abstinence).

 

surpopulation et scolarisation

La contraception ça marche... encore faut-il l'accepter. Il faut aussi vaincre de vieux préjugés religieux et culturels, ce qui demande du temps.

Autrefois, les enfants (ceux qui survivaient), étaient l'assurance vieillesse des parents. Il fallait beaucoup de grossesses pour être bien assuré. Aujourd'hui, le lapinisme n'est plus nécessaire en raison de la baisse de la mortalité infantile. En outre, de plus en plus les sociétés assument maintenant le rôle des enfants autrefois, en instituant des retraites et des assurances santé.

La conséquence paradoxale d'avancées sociales et d'une médecine plus accessible n'est pas une augmentation de la population, mais au contraire une diminution de population (avec en outre une augmentation de la durée de vie). Parce que maintenant les hommes – et les femmes aussi – peuvent se permettre de limiter volontairement leur procréation, même avec peu d'enfants ils sont assurés. Ils peuvent en limiter le nombre et s'investir affectivement et matériellement dans leur éducation coûteuse [02]. La procréation quantitative laisse place à une procréation qualitative, choisie. La "bombe P" (Paul Ehrlich), P comme Population, n’explosera sans doute pas. Elle a été désamorcée par des conditions et des mécanismes nouveaux et vertueux, dont l'alphabétisation des femmes. La corrélation entre alphabétisation et fécondité est très élevée.

 

 

Une transition démographique est en cours.
La population était régulée par la famine.
Elle est maintenant régulée par l'éducation, les systèmes sociaux, la pilule.

Mais ces mécanismes ont des inerties qui se comptent en générations, la population mondiale est encore en croissance. Mais la croissance ralentit et la population devrait plafonner à neuf ou dix milliards.

La population demain

Mais cela prendra du temps.

C'est pourquoi des voix s'inquiètent ; nous réussissons à peine à nourrir la planète aujourd’hui, même avec force engrais et pesticides, comment ferons-nous pour nourrir deux ou trois milliards d’hommes en plus ? La terre est rare ; les océans se vident de poissons ; en de vastes régions, en Chine, en Inde, des millions de pompes puisent sans retenue dans les nappes phréatiques, au-delà des capacités de rechargement, et le niveau des nappes baisse...

Il y aura donc, disent ces voix, pénuries, disettes, donc guerres, et il n’y aura jamais neuf milliards d’hommes sur la terre – vivants.

« Laissez faire Vénus, elle vous amènera Mars » prédisait Bergson.

Ce qui nous vaut quelques bons conseils pratiques : « Si on aime les enfants, il ne faut pas en faire. » ; « Faire des enfants tue » (Michel Tarrier et Daisy Tarrier). En réalité même si ces "conseils" étaient suivis, le cours des choses ne changerait pas beaucoup. Parce qu'une bonne part des consommateurs de 2050… est déjà née ; et les futurs parents de ceux qui naîtront en 2050 sont déjà là, seront opérationnels le moment venu : les futures naissances de 2050 sont déjà "dans le tube".

Pendant ce temps il faut faire vivre une population mondiale qui continue à croître, qui croît selon des rythmes différents d'une région à l'autre, ce qui crée des anticyclones démographiques pendant que des dépressions se creusent ; des vents de migration se lèvent entre des hautes pressions démographiques qui voisinent avec des régions relativement peu peuplées.

C'est le cas entre l'Europe et l'Afrique.

La bombe M, comme Migratoire :

Surpopulation, Europe, Afrique, migration, Méditerranée

 

Déjà aujourd'hui tant d'Africains lorgnent l'Europe promise et tentent de la rejoindre, à leurs risques et périls.

L'épuisement des ressources de la terre - Les commanditaires, c'est nous

Sous la pression de la démographie et du pouvoir d'achat, l'eau et la terre se font rares, la forêt disparaît, les océans se vident de poissons, les mines s'épuisent... Cette pression est approximativement illustrée par le "jour de dépassement", le jour de l'année où l'humanité commence à vivre à crédit parce qu'elle a déjà consommé toute les les ressources renouvelables que la terre peut produire en une année.

Personne évidemment ne se sent personnellement responsable ; les boucs émissaires sont faits pour ça. Les boucs aujourd'hui ce sont les "grosses entreprises multinationales". Il est rassurant de pouvoir se dire "il n’y a pas vraiment de problème, il y a seulement quelques salauds qui créent des problèmes" ; il suffit d'éliminer les salauds, il n'y aura plus de problème. C'est l'idée qui était derrière le fameux slogan "les pollueurs seront les payeurs", qui visait ces fameuses grosses entreprises multinationales.

En réalité il y a sept milliards d'entreprises polluantes sur la terre : chacun de nous en est une – sans que nous soyons tous des salauds pour autant. Il y a effectivement quelques salauds, mais il y a surtout sept milliards de problèmes, sept milliards de consommateurs ; sept milliards de nos demandes, nos appétits, nos désirs, nos envies. C'est pour les satisfaire que les les cargos traversent les océans, que les multinationales s'affairent. Elles pompent le pétrole de la terre parce que nos voitures ont soif de pétrole, elles taillent les forêts équatoriales pour répondre à nos demandes de maisons en bois, de parquets, de meubles de jardin, et aussi de nourriture [03].

Des activistes dénoncent des multinationales. Ils assignent même en justice des sociétés pétrolières... parce qu'elles exploitent des puits de pétrole ! (action contre Total, par exemple).

Une compagnie pétrolière serait-elle coupable d'avoir des clients ?
…des clients qui achètent des SUV, des 4X4...

Les multinationales sont les exécutants ; les commanditaires sont les demandeurs.
Les pollueurs sont les acheteurs.

 



[a]  Déjà à cette époque il n'était pas possible de seulement "consommer local" pour nourrir une grande ville comme était Rome. Il fallait aller chercher le blé au loin, transporté par les gros cargos du moment, les naves onerariae.
[b] Le dévouement – relatif – de César à la cause de Rome ne fut pas suffisant ; même avec le blé de Cléopâtre, Rome connut la disette à diverses reprises. La terre était déjà surpeuplée.
[00]  Moi, quand je me hâte, une foule grossière
M'arrête par devant, me presse par derrière :
L'un, pour me devancer, me coudoie en passant 
L'autre, du choc d'un ais, me laisse tout en sang ;
Ici l'on me renverse , ailleurs on m'éclabousse ;
(Juvenal - 55 ap. J. C.)
[0] « ... Quand un autre [carrosse] à l'instant s'efforçant de passer,
Dans le même embarras se vient embarrasser.
Vingt carrosses bientôt arrivant à la file
Y sont en moins de rien suivis de plus de mille ;
Et, pour surcroît de maux, un sort malencontreux
Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs ;
Chacun prétend passer ; l'un mugit, l'autre jure.
Des mulets en sonnant augmentent le murmure. »


En 1909 il n'y avait plus de carrosses ni troupeaux de boeufs, mais il y avait d'autres véhicules, dont beaucoup avec des "moteurs à crottin" :
« On ne sait si la lune est habitable, mais au XXe siècle de l’ère chrétienne, l’ancienne Lutèce, à force de civilisation, est certainement devenue inhabitable malgré les refuges offerts çà et là aux piétons, comme autrefois certains asiles aux condamnés à mort. » […]
« Des rues et boulevards bourrés de circulation et ne pouvant plus s’élargir, naquit l’idée géniale de percer des voies souterraines qui dégageraient le macadam. Le public, avide de circulation, se plongea avec impétuosité dans ces égouts éclairés jour et nuit [...] Par suite des couches innombrables de harengs qui aspirent à y être entassés, le métropolitain lui-même devient inhabitable, car, au lieu d’être écrasé sous les voitures, on est écrasé dedans. » (Le Mois littéraire et pittoresque - 1909)

 

[001] À cette époque, c'est la Chine, alors qu'elle était humiliée par l'Occident, qui rejetait les techniques de l'Occident. Les chemins de fer étaient accusés de déranger les dragons – lesquels dorment dans le sol comme chacun sait.
Aujourd'hui, la Chine ne craint plus les dragons, c'est elle le dragon. Mais c'est dans quelques vieux pays d'Europe que des techniques sont maintenant rejetées en raison de superstitions de la même eau, telles que : "Les OGM violent les lois de la nature" ou "Les vaccins ont été inventés par la CIA pour diminuer la population mondiale", etc.
[01] J'ai été témoin de cette peur lorsque la fée Électricité est arrivée dans une certaine ferme que j'ai connue, il y a très longtemps. Ma grand-mère a refusé jusqu'à la fin de sa vie de toucher à cet interrupteur qui donnait la lumière d'un doigt, il ne pouvait être que diabolique.
Les anti-OGM me rappellent ma grand-mère.

 

[02] Chaque enfant aujourd’hui est devenu précieux. On a vu que ce n’était pas le cas au temps de Montaigne, qui ne se souvenait plus exactement du nombre d’enfants qu’il avait eus, puis perdus en bas âge.

 

[021] Certains craignent qu'une nouvelle abondance de ressources ne conduise à une nouvelle surpopulation. C'est l'une des raisons pour lesquelles ils rejettent par exemple les techniques prometteuses des OGM. Ce sont des craintes d'un autre temps.

 

[03]  Au XVIe siècle, le poète Ronsard dénonçait lui aussi les coupeurs de bois :

« Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras ;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses ? » (Élégie XXIV, Contre les bûcherons de la forêt de Gastine)

... Mais la bise venue, Ronsard, qui n’était pas de bois, se chauffait lui aussi… au bois ! Pas de bûcheron, pas de bois, pas de feu dans la cheminée de Ronsard. Mais ne demandons pas aux poètes d’être plus cohérents que le commun des mortels que nous sommes ; nous aussi nous disons mal de ces bûcherons ou sociétés qui fabriquent les produits… que nous désirons et achetons – nous sommes les commanditaires.

Au XIXe siècle, les forêts disparaissaient, le bois de chauffage manquait. Le charbon a pris la relève et a sauvé la forêt plus sûrement que la poésie de Ronsard.

 

 

 

 
 
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Une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

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Il faudrait consommer moins, mais la sobriété n'est pas naturelle.
Il faudrait consommer moins, être sobres.
Mais la sobriété n'est pas naturelle.
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Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

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... mais l'électricité de vent et de soleil doit être subventionnée.

L'énergie de demain
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Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir ? ?
L'agriculture bio, de faible rendement, nécessite beaucoup de terre.
Mais la terre manque.
L'agriculture bio pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?
  Oui.
L'agriculture bio peut-elle nourrir toute l'humanité sans conditions et sans déforestation ?
  Non.

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles.
La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

L'agriculture biologique utilise des pesticides
Le pyrèthre, pesticide bio, est dangereux pour les utilisateurs, pour la faune aquatique, pour la faune terrestre, pour les abeilles...
... Qui dit pire ?

Les pesticides sont dangereux, mais présentent peu de risques.
Ils présentent moins de risque que la sédentarité.
Ils sont nécessaires pour nourrir le monde.
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graines et de peu de viande. Mais ces hommes-là n'existent pas.
Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont

Agriculture bio et biocarburants
Choisir plus de bio, plus de biocarburants,
qui consomment plus de terre,
c'est choisir moins d'espaces verts, moins de forêts, et plus de difficultés pour nourrir toute l'humanité.

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le mythe du "bon" vieux temps
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 
C'était le temps des disettes, famines, de la mort infantile, d'une espérance de vie courte.

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Avons-nous perdu au change ?

La nature et les hommes
Le mythe du bon sauvage respectueux de la nature.

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les ravageurs des cultures ; l'homme invente les pesticides.



 

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Mise à jour : 10 novembre 2020