Pour une écologie réaliste

Une analyse réaliste des défis climatiques et alimentaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ligne bleue

Les dangers des pesticides... et leurs bénéfices. Cancers des agriculteurs

 

 

Les pesticides peuvent présenter des dangers, comme tout ce que nous utilisons, voiture ou couteau de cuisine... Dans tous les cas il faut faire la balance des dangers, risques, et bénéfices.

Les pesticides peuvent présenter des dangers. Des agriculteurs en payent le prix. Toutefois, les agriculteurs, lesquels sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides ont aussi des bénéfices : ils ont fait disparaître les famines en permettent de nourrir les hommes plutôt que les charançons et autres chapardeurs ; et ils aident à combattre de nombreuses maladies transmissibles par les insectes.

 

 

Pourquoi les pesticides ?

Parce que les pestes nous enlèvent le pain de la bouche.

« On dit qu'en Afrique un agriculteur travaille un jour pour nourrir sa famille et un autre jour pour nourrir les ravageurs. »

Nous sommes en guerre ! Contre les pestes

« Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! Pour beaucoup de pauvres diables, c’est une prière qui vient du cœur car le pain n’est pas très assuré. Il y a encore des maisonnées d’enfants qui se disputent les tranches et les quignons. Ils sont sept, neuf, douze et même plus, avec des faims de loups. Et la farine cuite est la base de la nourriture avec peu de chose autour. » (Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d’orgueil – mémoires d’un breton en pays bigouden – Plon) (On parle ici de la Bretagne d’après la première guerre mondiale, c’était hier.)

Pendant des siècles on a imploré le pain quotidien, par des prières, des processions, des rogations « A fame, bello et peste, libera nos domine ! » (De la famine, la guerre et la maladie, délivre-nous, Seigneur !) Mais pendant des siècles ce fut sans résultats ; le pain quotidien restait rare, même trempé de la sueur du front ; l'humanité flirtait en permanence avec la disette et la famine.

Il a fallu beaucoup de temps, d’efforts et d’astuces pour produire plus. Il a fallut apprendre à se défendre de la concurrence déloyale d'une multitude de pickpockets. Car nos cultures excitaient les convoitises, faisant saliver des milliards de gangsters de la nature, des insectes qui voulaient profiter de la bonne aubaine pour faire bombance et pulluler, qui applaudissaient à deux mains, je veux dire à six pattes, en regardant les hommes s’échiner à produire du grain… Il leur suffisait d'attendre nonchalamment étendus dans les herbes du talus, tandis que les hommes, ces bonnes poires, s’éreintaient sur le sol ingrat…
Les herbes indésirables aussi savaient profiter de la situation ; elles s’installaient sans vergogne sur la terre si durement travaillée, pour y établir leur squat et croître et prospérer, quitte à étouffer nos épis de leur envahissante compagnie.
Les dégâts étaient considérables, ils le sont encore :

pertes ravageurs, pesticides et rendements

 

Sources : d’après Safeguarding production—losses in major crops and the role of crop protection - Crop Protection 23 (2004) -E.-C. Oerke - H.-W. Dehne - Institute for Plant Diseases, University of Bonn, Valeurs pour 1996-1998

 

• 68 % de pertes (maladies, insectes, adventices...) si on ne fait rien.

Les Écritures Saintes nous avaient prévenus « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. »
Mais la réalité dépasse la fiction. Il fallait écrire : "Tu gagneras le pain des larves, chenilles et asticots, à la sueur de ton front, et tu mangeras ce qu’ils te laisseront…"

Nous sommes en guerre !

Nous sommes en guerre ! Entendez-vous dans nos campagnes dévorer ces féroces pillards ? Ils viennent jusque dans nos champs, enlever le pain de la bouche de nos fils et de nos compagnes. Aux armes citoyens !

Une guerre meurtrière ; les famines furent terribles et nos pertes énormes lors des offensives ennemies. Lors de l’épidémie de mildiou de 1845 en Irlande, un million de personnes moururent de faim, un million durent émigrer vers les États-Unis. C'est un exemple des ravages des pestes autrefois, avant qu'existent les pesticides de synthèse. Il est prudent de s'en souvenir avant de cracher dans la soupe de l'agriculture conventionnelle qui a les moyens de se défendre des pestes.
Nous rêvons d'une nature vierge qui n'aurait pas encore connu l'homme ni les pesticides nouveaux... Mais sommes-nous vraiment prêts à affronter la faim, à mourir d’amour et d’eau fraîche pour les beaux yeux Verts d'une nature vierge ? Sinon il faut prendre les armes contre les pestes. Aux armes citoyens !

Des pesticides sur-naturels 100 % non-chimiques

Jusqu’au XXe siècle, les armes des citoyens n'étaient pas très affûtées.
On avait tout essayé, même la chicane et le procès. Par exemple, en 1545, le procès demandé par les habitants du village de Saint-Julien auprès du juge épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, contre des charançons ravageant leurs vignobles. Les charançons étaient défendus par un avocat désigné par le juge épiscopal. Ils furent vainqueurs, le juge, « arguant du fait que les animaux, créés par Dieu, possédaient le même droit que les hommes à se nourrir de végétaux, avait refusé d’excommunier les [charançons], se bornant, par une ordonnance en date du 8 mai 1546, à prescrire force prières publiques aux malheureux habitants sommés de se repentir sincèrement de leurs péchés et d’invoquer la miséricorde divine. Au passage, il les invitait à payer la dîme sans tarder – c’était l’occasion rêvée –, ainsi qu’à faire "pendant trois jours consécutifs, trois processions autour des vignobles envahis". Suivaient encore d'autres dévotions et pénitences du même ordre. » (Le nouvel ordre écologique – L’arbre, l’animal et l’homme, Luc Ferry, Plon, page 9 – Pour le divertissement je recommande aussi Une histoire du monde en 10 chapitres ½ – Julian Barnes – Stock) )

L’histoire ne dit pas quelle fut l’efficacité de ce genre de pesticides, dont on peut dire qu’ils étaient garantis 100 % non-chimiques, 100 % bio... Mais on ne peut pas dire qu’ils étaient naturels – ils étaient plutôt sur-naturels.

Il faut brûler la sorcière chimie !

Depuis le Moyen Âge, d’autres moyens de lutte ont été développés ; on dispose aujourd’hui d’engrais et de pesticides ; et ça marche !

 

► Sans pesticides, combien faudrait-il de planèteS Terre pour nourrir sept milliards de Terriens ?

 

On peut maintenant nourrir sept milliards de Terriens sur une seule planète. Tout le monde devrait être satisfait.
Et pourtant non !

La crainte des famines est maintenant oubliée, mais elle a tout de suite été troquée contre la crainte… des engrais et pesticides de synthèse – nos sauveteurs ! Nous sommes des rescapés de la famine, des survivants… Et nous faisons procès aux pesticides, les accusant de ne nous avoir sauvés que pour mieux nous empoisonner. Comme des rescapés qui font procès aux pompiers qui leur ont sauvé la vie, les accusant d'être entrés sans frapper en passant par la fenêtre.

Pendant des millénaires nous avons eu peur de ne pas avoir à manger. Maintenant les pays développés ont à manger... mais ils ont peur de manger !

Il semble bien que nous ayons besoin de toujours avoir peur de quelque chose. Autrefois la peur et les superstitions étaient omniprésentes – des puissances maléfiques invisibles décidaient des destins, certains lieux étaient hantés, certains gestes portaient malheur, certains moments étaient défavorables. Les superstitions d'autrefois ont été remplacées par les superstitions d'aujourd'hui, par la crainte des diableries que la technique invente, mystérieuses, sournoises, invisibles [0] : les résidus invisibles de pesticides, les modifications invisibles de l'ADN au coeur des OGM, les ondes électromagnétiques, les rayonnements nucléaires, le paradoxe des vaccins qui soigneraient en inoculant la maladie, etc.

La superstition bouge encore.

Autrefois nous avions peur des sorcières. Lorsque l'on croyait en avoir trouvé une, on en faisait un feu de joie ; les derniers bûchers ont éclairé les nuits du siècle des lumières [1]. Les temps ont changé, on ne peut plus brûler les sorcières, c'est maintenant interdit par la loi. Il fallait un nouveau croque-mitaine pour nous faire peur encore, nous l'avons trouvé, c’est la chimie ; la chimie des pesticides est maintenant notre sorcière préférée.

Il faut brûler la sorcière chimie !

Mais on ne peut quand même pas brûler les chimistes, cela aussi est interdit par la loi [2]. ... Mais quand même, on voit encore ces regards obliques vers les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme on regardait les supposées sorcières autrefois... D'où vient cette pestophobie ? Faut-il avoir peur des pesticides ?

Les dangers des pesticides... et leurs bénéfices

Nous ne sommes pas des pestes...

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Bien entendu, cela vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique.

Cela a l'apparence d'une logique implacable, l'odeur d'une logique implacable... Mais ce n'est qu'une contrefaçon de logique, qui ne tient pas compte de la formidable diversité du vivant. Les mammifères ne sont pas des vers ni des champignons, et le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons.

Monsieur-qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur-qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur-qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, le chocolat. Si vous aimez le chocolat, ne cherchez surtout pas à faire partager votre plaisir à votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Il y a toujours eu des Monsieur-qui-sait-tout qui ne savent pas. Il y a des Monsieur-qui-sait-tout, tout sur les pesticides... et qui n'en savent rien.

Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque les mammifères que nous sommes ne sont pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là. Nous pouvons être d’autant plus rassurés que les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

Des produits réglementés

Les pesticides – de synthèse ou naturels – ne sont pas des produits anodins qu’on peut répandre sans compter. Ce sont des produits actifs, comme sont les antibiotiques par exemple, ils ne doivent être utilisés qu'à bon escient. Les antibiotiques c'est pas automatique ; les pesticides non plus.

C'est pourquoi les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

 

... [...] ...

 

Les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! 

Comme sont les médicaments, les pesticides sont contrôlés, mais comme dans le cas des médicaments, des dangers peuvent subsister. Des agriculteurs en sont victimes.

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont en effet particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide.

Mais les chercheurs constatent exactement le contraire. Ils mesurent effectivement un excès de certains types de cancers chez les agriculteurs, mais la nouvelle extraordinaire est que globalement les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale !

Toutes les études concordent. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study, en France, l’étude Agrican (AGRIculture et CANcer) lancée par la Mutuelle Sociale Agricole en 2005 parviennent à ces mêmes conclusions. Il s'agit de très vastes études : l’Agricultural Health Study porte sur 89 655 sujets, l'étude Agrican sur 180 000.

Un extrait des résultats de l'étude Agrican :

Agrican pesticides cancer

 

 

D’après ENQUÊTE AGRICAN AGRICULTURE & CANCER - novembre 2014

 

• Pas de différence significative pour les types non listés, ou mesures à confirmer (cas du cancer des lèvres lié à l'exposition au soleil).

• Globalement, toutes localisations confondues, la mortalité par cancer des hommes suivis est de 30 % inférieure à celle de la population générale.

 

Les pesticides peuvent présenter des dangers.
Toutefois, les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs,
ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général

 

Les risques des pesticides pour les professionnels sont réels, et chaque cas est douloureux. Mais le mode de vie des agriculteurs – exposition aux pesticides d'un côté, vie active et peu de tabac d'un autre côté – se traduit par moins de risques que dans la population générale. C'est-à-dire que sédentarité et tabac sont des risques plus importants que ceux des pesticides ; c'est là que devraient être portés les efforts en priorité.

 

► Les pesticides sont dangereux... mais moins que pantouflage et canapé !

Pourtant, contrairement au cas des pesticides, on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé.

pesticides chimie

En dépit des résultats rassurants que l'on vient de voir, une vague de pestophobie submerge les vieux pays d'Europe. Les pestophobes traquent avec angoisse la moindre trace de pesticides dans les aliments. À force de traque ils en trouvent inévitablement quelques traces, infimes, dont ils s'empressent de faire d'énormes titres angoissants en première page. Nos aliments seraient ainsi des concentrés de "résidus chimiques", nos menus seraient des "Menus toxiques", nos repas seraient "Notre poison quotidien", parce que les agriculteurs seraient "à la solde de l’industrie chimique". Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides.

 

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme [4] !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme [5] !

 

 

Tout cela est effrayant... mais les chercheurs ne détectent rien de tel.

« Aucune étude scientifique n’est en mesure aujourd’hui de faire, chez l’homme, un lien entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies.
En revanche la sécurité sanitaire des aliments est dans certains cas renforcée grâce à l’emploi des pesticides. C’est le cas en ce qui concerne les mycotoxines qui peuvent avoir des effets désastreux bien connus sur la santé humaine et animale. » (Rapport PESTICIDES ET SANTÉ, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - Sénat le 29 avril 2010)

« La consommation de fruits et légumes diminue le risque de développer plusieurs cancers. [...]
La présence de pesticides sur certains fruits et légumes soulève fréquemment des questions sur les conséquences possibles en termes de risque de cancers. Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. [...] C’est dans un contexte d’exposition intense aux pesticides (exposition professionnelle notamment) que le risque a été identifié. » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - institut National du Cancer - 2015)

Une précision importante :

pesticides chimie

Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. » (Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations - Institut National du Cancer - 2009)

Ève a eu raison de croquer la pomme ;
même avec la peau.

 

En résumé :

 

 

A] - Oui les pesticides sont responsables de cas de cancer parmi les professionnels, essentiellement les agriculteurs.
B] - En dépit de cela, globalement, les agriculteurs vivent plus longtemps et ont moins de cancers, toutes localisations confondues, que la population générale.
C] - Il n'a pas été détecté de risques pour les simples consommateurs.

 

 

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer A] en zappant B] et C]. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "l’aspirine provoque des ulcères de l'estomac" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

Qui prend nos pommes pour des poires ?

D'un côté, de bonnes âmes Vertes nous alarment : le Vert est dans le fruit, manger des pommes, des poires, ou des scoubidous, serait un pari risqué.

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

Ces conseils des bonnes âmes sont dangereux pour la santé ; des personnes sensibles peuvent s'en trouver traumatisées trois fois par jour à chaque repas ; ulcère de l'estomac en vue.

On peut énoncer ce paradoxe apparent :
         Moins de pesticides = plus de cancers.
- En effet, moins de pesticides, c’est moins de rendement.
- C’est donc des fruits et légumes plus coûteux.
- C’est donc une moindre consommation de fruits et légumes par les familles aux revenus limités. - C’est donc une moindre protection contre le cancer pour ces familles.
- C’est donc plus de risques de cancer pour ces familles.

Mais d'un autre côté, les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de "manger cinq fruits et légumes par jour". "Croquez la pomme", sifflent sur nos têtes ces serpents ensorceleurs.

« Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. » [...]

« La consommation de fruits et légumes diminue de manière probable le risque de plusieurs cancers ». ("Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - INCa 2015")

« Une trop faible consommation de fruits et légume est responsable de 1,7 million de décès par an. » (Organisation Mondiale de la Santé - Global status report on noncommunicable diseases - 2010)

 

 

Manger des fruits est bon pour la santé.
Ève a eu raison de croquer la pomme, même avec pesticides !

 

Des militants font croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

Les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour.

Qui prend nos pommes pour des poires ?

 

Pesticides des villes et pesticides des champs

pesticides moustiqueLes pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Comme notre odorat, qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux des agriculteurs, mais pas à nos propres pesticides, ceux que nous utilisons personnellement, largement, sans précautions, pour des raisons aussi futiles que sauver une fleur en pot, ou nous débarrasser de moustiques lancinants et obsédants. Ces pesticides-là, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à rechercher la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse à coups de chausson ne suffit plus pour contenir les grandes invasions moustiquiennes. Pourtant, ce sont ces pesticides-là qui sont réellement problématiques, parce qu'ils sont directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, nous les respirons jour et nuit.

L'air à l'intérieur de nos habitations est 5 à 10 fois plus pollué que l'air des champs. Pourtant, ce sont les pesticides des champs qui nous effraient. Cherchez l'erreur. On voudrait interdire l'usage des pesticides autour des habitations... Mais... On pourrait aussi demander que les habitations maintiennent leurs fenêtres fermées, afin de ne pas polluer la campagne environnante !

 

Les bénéfices des pesticides

Les pesticides peuvent présenter des dangers. Les antibiotiques, les voitures et les couteaux de cuisine aussi. Pour les uns et les autres il faut peser ces dangers face aux services rendus.

Tout le monde a conscience des services des voitures, des couteaux de cuisine, des médicaments, et en accepte les dangers [5-1].

Mais, étrangement, dans le cas des pesticides, on n'en voit que les dangers, sans avoir conscience de leurs immenses services et bénéfices : ils permettent de nourrir le monde, ils ont fait disparaître les famines et leurs millions de morts. Ces services ont un prix, quelques agriculteurs le payent ; mais pour l'immense partie de la population, l'ensemble des consommateurs et aussi la plupart des agriculteurs, les pesticides sont un bénéfice.

 

Les antibiotiques sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

 

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait, mal, quelques hommes maigres. Maintenant les hommes sont moins maigres, ils mangent plus et mieux, c'est pourquoi les grands-pères d'aujourd'hui sont plus petits que leurs grands petits-fils (les Européens ont gagné 11 cm en un siècle) [6]. L'espérance de vie augmente également. Les raisons en sont évidemment multiples, médecine, eau potable, etc., et aussi l'amélioration de la diversité, de la qualité et de la quantité de nourriture, amélioration obtenues en partie grâce aux pesticides.

 

Et demain ? Comment ferons-nous pour nourrir les neuf milliards que nous serons bientôt ? Il faudra augmenter encore les rendements sur des terres de plus en plus rares ; les pesticides seront un élément de la solution.

 

Non seulement les pesticides nourrissent le monde, mais ils permettent de le faire sans tailler dans la forêt pour gagner de nouvelles terres à cultiver – ou en taillant moins.

« Les pesticides ont constitué un énorme progrès pour l’agriculture et ont permis d’assurer une production alimentaire de qualité. L’augmentation des rendements des terres agricoles a permis de limiter la déforestation, ainsi les experts estiment que leur utilisation, en 50 ans, a permis de préserver 50 % de la surface de la forêt actuelle. » (International Workshop on Crop Protection Chemistry, 2005 - cité par L'observatoire des résidus de pesticides du gouvernement français)

Même les écologistes le disent :

« La recherche et le développement continus en génétique, engrais et pesticides nous ont rendus capables d'augmenter très fortement à la fois la quantité et la qualité de la production alimentaire sans augmentation de la surface de terre nécessaire. Le résultat est une meilleure protection de la vie sauvage et une bio-diversité accrue. » (Comment les pesticides sauvent le monde, dans le journal canadien National Post du 20 avril 2006, par Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace, ayant ensuite rompu avec cette organisation)

Lors de nos promenades en forêt, ayons une pensée reconnaissante pour les engrais et pesticides qui ont sauvé les forêts et les espaces sauvages qui subsistent aujourd’hui.

 

Ce sont également les pesticides qui aident à lutter contre des maladies parasitaires meurtrières, malaria, dengue, chikungunya, zika, typhus...

Pesticides et désinformation

Un lapin a tué un chasseur

Les études sur les effets indésirables éventuels des pesticides devraient rassurer les simples consommateurs puisqu'elles montrent qu'ils n'ont rien à craindre des pesticides. Pourtant ils ne sont pas rassurés. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les médias, et le problème est que nombre de médias ne les rapportent pas correctement. Parce que les médias ont besoin de drames pour faire pleurer Margot, et pour vendre. On ne fait pas un gros titre pour dire qu'un chasseur a tué un lapin ; seulement lorsqu'un lapin a tué un chasseur. C'est pourquoi beaucoup de médias ne rapportent que le côté dramatique des résultats, c'est vendeur : "les pesticides sont responsables de cas de cancer".

« L'exposition aux pesticides augmente le risque de tumeur cérébrale. » (Site du MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures.)

« Les pesticides semblent provoquer des tumeurs du cerveau. » (Site reporterre.net)

« Pesticides : risques avérés de cancers, malformations... » [8] (LE MONDE - 04.07.2014 - Par Stéphane Foucart)

Ignorance ou malhonnêteté, aucun de ces titres trompeurs ne précise que "il n'a pas été détecté de risques pour les simples consommateurs", ni que "les agriculteurs, qui sont les plus exposés, vivent plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale". C'est ce qui explique l'extraordinaire décalage entre la réalité relativement rassurante que les chercheurs mesurent, et la peur que les médias propagent : "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent". Margot est terrifiée. C'est ainsi que la vague de pestophobie irrationnelle grossit dans les esprits, plus précisément dans notre cerveau reptilien, le cerveau des émotions primaires, le plaisir, la douleur, la peur de l'inconnu.

Le "cerveau" reptilien n'est en fait qu'un automate, programmé pour réagir instinctivement. La peur et la fuite instinctive étaient sans doute des facteurs essentiels de survie pour un dinosaure. Mais ce ne sont plus de bons conseillers aujourd'hui quand il faut peser le pour et le contre, analyser les avantages et les risques. Le cerveau reptilien sait comptabiliser les risques, c'est codé dans son programme, mais dans sa version en cours, qui date du temps des dinosaures, il y a des millions d'années, dont il n'a jamais été mis en ligne la moindre mise à jour à télécharger, il n'y a pas encore la colonne "bénéfices". C'est pourquoi il ignore les bénéfices considérables que nous devons aux pesticides.

Des pesticides dans les aliments ?

 

... [...] ...

 

 



[0]  La voiture, la cigarette, sont responsables de dizaines de milliers de morts ; mais elles sont visibles, elles ne font pas peur. Ce qui fait peur, ce sont des traces invisibles de pesticides, ou les modifications invisibles de l'ADN d'un OGM.
[1]  Toutefois, l'affaire n'est pas encore définitivement réglée. En mars 2016, on nous informe que : "Malawi : sept personnes soupçonnées de sorcellerie brûlées vives par la foule".
[2]  Lavoisier, le père de la chimie, fut guillotiné en 1794, mais ça n’a rien à voir : Lavoisier avait la double tare, pour ses accusateurs, d’être chimiste, et fermier général, c’est-à-dire collecteur d’impôt.
Le tribunal aurait déclaré à cette occasion : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes. »
Les anti-pesticides aujourd’hui semblent penser que "La Nature n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Ils regardent les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme le tribunal regardait Lavoisier, ou comme un réverbère regarde un chien qui s'approche.
[4]  Ce qui lui a causé de gros problèmes ainsi qu'à son compagnon, et aussi à leurs descendants (c'est nous) qui n'y sont pour rien.
Mais – les textes ne sont pas clairs – sinon elle n'aurait alors peut-être pas eu de descendants.
[5]  Mais contrairement à Eve, ça c'est bien terminé – pour elle, son prince charmant, et leurs descendants.
[5-1]  On observe toutefois un phénomène naissant, irrationnel et inquiétant, de refus des médicaments ou de la vaccination. De plus en plus de personnes ne retiennent rien des bénéfices d'un médicament, mais sont obnubilées par la liste, parfois longue, des effets indésirables éventuels décrits dans la notice.
[6]  Rare exception, la Corée du Nord ; 8cm de moins qu'en Corée du Sud.
[8]  Ce titre est une trahison des résultats de l'expertise collective de l'INSERM qu'il prétend rapporter.
- Il ne dit pas qu'il s'agit d'une analyse d'études portant sur des sujets exposés professionnellement. (Avant-propos du rapport, page XI). Le titre occulte que les simples consommateurs ne sont pas concernés.
- Quant à ceux qui sont concernés, les agriculteurs, ce titre laisse supposer le pire : les points de suspension à la fin sont une porte ouverte à l'imagination pour qu'elle élucubre qu'il y a plus et pire encore que ce qui est dit.
- Ce titre occulte que "un déficit de risque était observé dans l’Agricultural Health Study pour l’ensemble des cancers" (page 24 du rapport).
Un titre ne peut pas tout dire, mais il peut tout trahir.

accueil pour écologie réaliste, urgence alimentaire, urgence énergétique   facebook


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Pour une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.

Versions numériques :
Amazon Kindle
Epub

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique


contact



 

Feuilleter quelques autres pages écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm.

 

Surpopulation - croissance / décroissance...

Surpopulation - Nourrir l'humanité - Malthus
La surpopulation est-elle la mère de tous les maux ?

La croissance durable… une grenouille plus grosse que la planète
Tout est dans le titre

Réchauffement climatique, énergies renouvelables, économies d'énergie...

Peut-on échapper au réchauffement climatique ?
Les émissions de CO2 croissent.
Les gouvernements peuvent-ils changer les choses, ou nous-mêmes ?
Le CO2 demain viendra surtout des pays émergents.

Énergie, réchauffement climatique et croissance
Peut-on réduire le réchauffement climatique, et demander de la croissance, et répondre aux besoins d'énergie et de développement des pays pauvres et émergents?

Les économies n'existent pas.
"Économiser" signifie "différer une dépense".
Mais la dépense se fera, tôt ou tard.

Les petits gestes pour sauver la planète ... Ont de petits effets !

La voiture électrique est-elle un bon cheval?
En France, grâce à son électricité nucléaire bas carbone, une voiture électrique moyenne économise du CO2. Pas en Allemagne.
On a raison de soutenir la voiture électrique en France. À condition d'être cohérent en soutenant aussi la production électrique nucléaire.

Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?
Quelle est la priorité ?
Peut-on sortir du nucléaire et en même temps sortir du réchauffement climatique ?
L'échec de la transition énergétique en Allemagne : les émissions de CO2 ne baissent pas.

Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?
Les énergies renouvelables croissent. Mais la demande d'énergie croît plus vite encore !
En dépit de leur croissance, les énergies renouvelables ne parviennent pas à répondre seules à l'augmentation de la demande d'énergie. Il faut en plus augmenter aussi l'exploitation des énergies fossiles.

Les énergies renouvelables pourraient-elles fournir 100 % de l'énergie électrique ?
Avec quelles contraintes pour l'environnement ?
Avec quelles contraintes pour les consommateurs ?

Le paradoxe des énergies renouvelables "gratuites" ruineuses
Le vent et le soleil sont gratuits.
Mais il est ruineux de les exploiter.

L'énergie de demain
Y a-t-il une vie après le pétrole ?
Oui, il restera encore du charbon.
Et le peu dont sont capables les énergies renouvelables.

Dangers des énergies, renouvelables, nucléaire, charbon...
Le nucléaire est dangereux... à peu près autant que les énergies renouvelables, accidents nucléaires inclus.
... et moins dangereux que le feu de bois !

Les déchets nucléaires ? ... Le vrai problème c'est le déchet CO2
Les pires déchets ne sont pas les déchets nucléaires, ce sont les milliards de tonnes de CO2 relâchées dans l'atmosphère, cause du réchauffement climatique.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir ? ?
L'agriculture bio, de faible rendement, gaspille le premier bien le plus précieux de tous, de plus en plus rare, la terre.  

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ? Les pesticides bio... sont des armes chimiques 100 % bio ! 

Les dangers des pesticides... et leurs bénéfices !
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…
Combien faudrait-il de planète terre pour nourrir sept milliards de Terriens sans pesticides ?

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graines et de peu de viande. Mais ces hommes-là n'existent pas.
Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont

Agriculture bio et biocarburants
Peut-on vouloir plus de bio, plus de biocarburants, et "en même temps" plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir la planète, toute la planète ?
Au secours, Monsieur Freud !

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le bon vieux temps, la nature...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le bon vieux temps... des disettes et famines
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?

La nature et les hommes
La nature fait des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes font des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes d'hier étaient insouciants de la nature... L'homme nouveau tente de la préserver.

La nature est imparfaite, les hommes font mieux que la nature!
La nature fait des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes font des merveilles... et des catastrophes aussi.
Mais les hommes réussissent à corriger les vices de la nature.

Comment consommer moins ? L'éducation est-elle une illusion ?
Nous sommes accros à la consommation. Peut-on cesser de consommer toujours plus et de gaspiller ? L'éducation est peu de chose face à la nature humaine.



 

 

 
 
facebook

 

comments powered by Disqus

 

Mise à jour : 10 septembre 2019