Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les dangers et risques des pesticides, bio ou non... et leur nécessité. Cancers des agriculteurs

 

 

Les pesticides – bio ou non-bio – sont-ils dangereux ?

Oui.

Comme tout ce que nous utilisons, voiture, couteau de cuisine, ou médicaments...

Présentent-ils des risques ?

Oui.

Toutefois, les agriculteurs, lesquels sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides rendent-ils des services ?

Oui.

Ils permettent de nourrir le monde.

Pour estimer l'intérêt de quoi que ce soit, il faut peser les risques face aux services rendus.

 

 

Les dangers et risques des pesticides, bio ou non... et leur nécessité

Les dangers ne sont pas des risques

Des pesticides sont dangereux comme tout ce que nous utilisons, médicaments, voitures, couteaux de cuisine, etc.

Mais il faut savoir ensuite quels sont les risques que ces dangers nous font courir. Car ce n'est pas la même chose. Le risque est une fonction du danger et de l'exposition à ce danger. La voiture est dangereuse, mais sur une certaine petite île où il n'y a pas de voiture l'exposition au danger est nulle, et la voiture n'y présente aucun risque. Cela vaut de la même façon pour les pesticides ; certains sont dangereux, mais pour le public les expositions sont généralement très faibles, et les risques sont extrêmement faibles.

"Les pesticides présentent peu de risques". Des esprits sceptiques croient faire de l'esprit en répondant "donc je peux boire un verre de pesticide tous les matins, ce n'est pas un problème". Ces sceptiques démontrent par là, non pas qu'ils ont de l'esprit, mais qu'ils n'ont pas compris la différence entre danger et risque.

Il faut enfin peser les risques face aux services rendus. Tout le monde a conscience des services des voitures, des couteaux de cuisine, des médicaments, de la vaccination, et en accepte le prix et les risques.

On est moins conscient du service des pesticides ; il est essentiel pourtant : ils permettent de nourrir le monde.

On va voir que :

Les pesticides sont dangereux.

Mais les risques des pesticides pour la population générale sont extrêmement faibles.

Les services des pesticides sont vitaux : ils permettent de nourrir le monde.

Nous ne sommes pas des pestes...

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Remarquons que cette supposée "logique" vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique. Eux aussi, sont "destinés à tuer !"

Cette "logique" a l'apparence d'une logique implacable, l'odeur d'une logique implacable... Mais ce n'est qu'une contrefaçon de logique, qui ne tient pas compte de la formidable diversité du vivant. Les mammifères ne sont pas des vers ni des champignons, et le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons.

Monsieur Qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur Qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur Qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, le chocolat. Si vous aimez le chocolat, ne cherchez surtout pas à faire partager votre plaisir à votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Il y a toujours eu des Monsieur Qui-sait-tout qui ne savent pas. Il y a aujourd'hui quantité de ces Monsieur Qui-sait-tout qui croient tout savoir sur les pesticides...

Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque les mammifères que nous sommes ne sont pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là. Nous pouvons être d’autant plus rassurés que les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

Des produits réglementés

Les pesticides – de synthèse ou naturels – ne sont pas des produits anodins qu’on peut répandre sans compter. Ce sont des produits actifs, comme sont les antibiotiques par exemple, ils ne doivent être utilisés qu'à bon escient. Les antibiotiques c'est pas automatique ; les pesticides non plus.

C'est pourquoi les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

 

... [...] ...

 

Les risques des pesticides : les chercheurs contredisent les croyances

Les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! 

Comme sont les médicaments, les pesticides sont contrôlés, mais comme dans le cas des médicaments, des risques peuvent subsister. Des agriculteurs en sont victimes.

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont en effet particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs. On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide.

Mais les chercheurs constatent exactement le contraire. La nouvelle extraordinaire est que globalement les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! Toutes les études concordent. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study, en France, l’étude Agrican (AGRIculture et CANcer) lancée par la Mutuelle Sociale Agricole en 2005 parviennent à ces mêmes conclusions. Il s'agit de très vastes études : l’Agricultural Health Study porte sur 89 655 sujets, l'étude Agrican sur 180 000.

Selon l'étude Agrican, les hommes et les femmes de la cohorte suivie ont respectivement 27 % et 19 % moins de risque de mourir d’un cancer que la population générale du même département et du même âge, et auraient deux ans d’espérance de vie en plus que la population du même âge.

Les agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides,
ont globalement moins de cancers
et une meilleure espérance de vie
que la population générale.

Ce que mesurent ainsi les chercheurs est le résultat de deux facteurs contradictoires.

- D'un côté, les agriculteurs sont plus exposés que la population générale aux dangers éventuels des pesticides.

- Mais d'un autre côté les agriculteurs ont une meilleure hygiène de vie que la population générale, particulièrement par une vie active et moins de tabac.

Le résultat global est que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! Les pesticides présentent moins de risques que le tabac et la sédentarité.

 

 

► Les pesticides présentent des risques... mais moins que le tabac !

Pourtant on a vu des fumeurs demander l'interdiction des pesticides !!

Pourtant les médias se répandent tous les jours en diatribes contre les pesticides... et ignorent généralement le tabac.

Et même ceux qui se prétendent les meilleurs montrent le mauvais exemple.

On a vu un haut gradé dans la hiérarchie verte, opposant aux pesticides, s'exhibant la pipe au bec.

On a même vu un ministre de l'écologie se battre pour défendre... le tabac ! Monsieur Philippe Martin, ministre de l’Écologie, posait fièrement sur sa page Internet, alors qu'il manifestait sa « solidarité avec les producteurs de tabac français ».

► Rappel : 75 000 décès dus au tabac en France chaque année...

 

 

► Les pesticides présentent des risques... mais moins que pantouflage et canapé !

Pourtant, contrairement au cas des pesticides, on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé.

Les agriculteurs fument moins que la population générale, ce qui explique leur meilleure santé. Les chercheurs ont affiné ces résultats, et ont constaté que « L’écart entre le nombre de fumeurs et la qualité de vie d’un agriculteur par rapport à un non agriculteur est si important que le risque de maladie devrait être encore plus faible chez l’agriculteur. Il ne l’est pas, car les produits phytosanitaires ont un impact », (Pierre Lebailly. coordinateur de l'étude Agrican).

C'est-à-dire que les pesticides présentent des risques ; tout le monde le savait déjà, mais presque personne ne savait évaluer ces risques, les comparer aux autres risques que nous courons tous les jours. Ils sont maintenant mesurés, ils apparaissent dans les statistiques ; on sait maintenant qu'ils sont faibles, inférieurs à ceux du tabac et du pantouflage.
Les bénéfices d'une bonne hygiène de vie sont plus importants que les risques éventuels des pesticides, même chez les personnes les plus exposées, les agriculteurs.

Qui prend nos pommes pour des poires ?

pesticides chimie

En dépit des résultats rassurants que l'on vient de voir, une vague de pestophobie submerge les vieux pays d'Europe. Le tabac ? Même pas peur ! Les pesticides ? Sauve qui peut ! Les pestophobes traquent avec angoisse la moindre trace de pesticides dans les aliments. À force de traque ils trouvent inévitablement quelques traces, infimes, dont ils s'empressent de faire d'énormes titres angoissants en première page. Nos aliments seraient ainsi des concentrés de "résidus chimiques", nos menus seraient des "Menus toxiques", nos repas seraient "Notre poison quotidien". Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides. Le Vert est dans le fruit

De bonnes âmes Vertes nous alarment :

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

(Les 53 morts, victimes de graines germées bio lors de l'épidémie faussement dite du cocombre espagnol font partie de ceux qui n'ont pas eu de "bonne chance").

 

 

Manger, bio ou non, nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme [4] !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme [5] !

 

 

Tout cela est effrayant... mais les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de manger 5 fruits et légumes par jour. "Croquez la pomme", sifflent sur nos têtes ces serpents ensorceleurs.

« La consommation de fruits et légumes diminue le risque de cancers aérodigestifs dans leur ensemble (bouche, pharynx, larynx, nasopharynx, oesophage, poumon, estomac et colorectum). [...]
Les fruits et légumes peuvent être consommés frais mais également surgelés, en conserve, crus et cuits. La recommandation bien connue de « 5 fruits et légumes par jour » inclut tous les fruits et légumes [...]
La présence de pesticides sur certains fruits et légumes soulève fréquemment des questions sur les conséquences possibles en termes de risque de cancers. Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. Par précaution, il suffit de laver les fruits et les légumes et de peler ceux qui s’y prêtent. C’est dans un contexte d’exposition intense aux pesticides (exposition professionnelle notamment) que le risque a été identifié. » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - institut National du Cancer - 2015, mise à jour 2019)

 

« Une trop faible consommation de fruits et légume est responsable de 1,7 million de décès par an. » (Global status report on noncommunicable diseases - Organisation Mondiale de la Santé - 2010)

 

Ève a eu raison de croquer la pomme.

D'un côté de bonnes âmes et le lobby bio font croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

Mais d'un autre côté les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour.

Faut-il croire les communicants du lobby bio, ou les chercheurs ?

Qui prend nos pommes pour des poires ?

Les chercheurs ne sont pas des experts en communication... ce sont des chercheurs ; c'est pourquoi ce sont les communicants professionnels qui gagnent. Le public ne connaît pas les résultats des chercheurs, mais seulement les messages trompeurs des communicants du lobby bio : "les pesticides vous tuent, achetez mes produits bio" (en mettant sous le tapis le cas des pesticides bio, dont on reparlera - voir L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio !) .

 

En résumé :

 

• Les pesticides, bio ou non bio, présentent des risques.

• Toutefois le risque n'a été identifié que dans un contexte d’exposition intense, chez des professionnels, essentiellement des agriculteurs.
Il n'y a pas de risque mesuré pour les simples consommateurs.

• En dépit de leur forte exposition aux pesticides, les agriculteurs vivent globalement plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale.
Des cas particuliers largement médiatisés montés en épingle, ne font pas une vérité générale.

• Une bonne hygiène de vie compense et au-delà les risques des pesticides.

• Nos aliments ne sont pas des concentrés de "résidus chimiques" ; au contraire les chercheurs recommandent la consommation de fruits et légumes, même issus de l'agriculture conventionnelle.

 

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer le premier point en zappant les autres points. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "l’aspirine provoque des ulcères de l'estomac" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

Et rappelons qu'en dépit de toutes les accusations du lobby bio contre les pesticides, l'espérance de vie ne cesse d'augmenter. Un bloggeur faisait remarquer avec humour que "l'espérance de vie ne cesse de se réduire ; elle était de cinquante ans il y a un siècle, elle est tombée maintenant à quatre-vingts ans, il y a de vraiment de quoi s'inquiéter".

 

Moins de pesticides, ce serait plus de cancer ?

La consommation de fruits et légumes diminue le risque de cancer. Il en résulte ce paradoxe surprenant :

► Moins de pesticides = plus de cancers pour certaines populations.

 

- En effet, moins de pesticides – qu'ils soient bio ou non bio – c’est moins de rendement (sinon, pourquoi les utiliserait-on, qu'ils soient bio ou non bio ?).

- C’est donc des fruits et légumes plus rares et donc plus coûteux.

- C’est donc une moindre consommation de fruits et légumes par les familles aux revenus limités.

- C’est donc plus de risques de cancer pour ces familles.

 

« Les preuves actuelles indiquent que le bénéfice de la consommation de fruits et légumes conventionnels dépasse les risques éventuels dus à l’exposition aux pesticides. Les inquiétudes quant aux risques des pesticides ne doivent pas décourager la prise de fruits et légumes conventionnels, les produits biologiques étant souvent plus chers et inaccessibles pour certaines populations ». (Organic Foods for Cancer Prevention—Worth the Investment? - Journal of the American Medical Association - 2018)

Pesticides des villes et pesticides des champs

pesticides moustique Les pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Le lobby bio a réussi a nous faire oublier les pesticides bio ! Eux aussi sont "destinés à tuer les pestes"... Le pytèthre bio par exemple, tire sur tout ce qui bouge (L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio). Ou encore le sulfate de cuivre, utilisé en bio, qui, selon L’EFSA (Autorité européenne pour la sécurité alimentaire) et l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) :

« comporte certains risques pour les agriculteurs, les oiseaux, les mammifères et les organismes du sol, ainsi qu’un impact environnemental plus général »(La dangerosité des pesticides bio pointée du doigt).

(Il aurait été plus rapide de dire pour qui ou quoi il ne comporte pas de risques...)

Les pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Comme notre odorat, qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux que les agriculteurs utilisent pour nourrir le monde.

Mais nous utilisons des pesticides nous aussi ! Nous ne les utilisons pas pour nourrir le monde, mais pour des raisons futiles – sauver une fleur en pot, nous débarrasser de moustiques, etc. Ces pesticides-là, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à rechercher la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse à coups de chausson ne suffit plus pour contenir les grandes invasions moustiquiennes. Pourtant, ce sont ces pesticides-là qui sont réellement problématiques, parce qu'ils sont directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, celui que nous respirons le plus longtemps, au minimum toutes les nuits. L'air l'intérieur est ainsi pollué par nos pesticides, par nos produits d'entretien, même par nos produits de beauté, etc. Au total il est 5 à 10 fois plus pollué que l'air extérieur. L'OMS estime que la pollution de l'air intérieur est responsable de 120 000 décès par an dans la zone Europe de l'OMS.

Pourtant, c'est l'air des champs que nous craignons.

 

Les services des pesticides

Les pesticides, bio ou non bio, peuvent présenter des risques. Les médicaments, les voitures et les couteaux de cuisine aussi. Dans tous les cas il faut peser les risques face aux services rendus.

Tout le monde a conscience des services des voitures, des couteaux de cuisine, des médicaments, des vaccins, et en accepte le prix et les risques [5-1].

On est moins conscient du service des pesticides ; il est essentiel pourtant : ils permettent de nourrir le monde.

Les services de la voiture se payent de 4 000 morts par an sur les routes en France. On le sait, on l'accepte.

Les services des médicaments, se payent de 130 000 hospitalisations par an en France, pour maladie ou effet indésirable résultant d'une prise de médicament (iatrogenèse).

Le service des pesticides lui aussi a un prix. Quelques agriculteurs le payent. Mais pour l'immense partie de la population, pour l'ensemble des consommateurs, et aussi pour la plupart des agriculteurs, les pesticides sont un bénéfice.

Les pesticides, comme les voitures, comme les médicaments, ont des effets collatéraux ; faut-il interdire voiture, médicaments, pesticides ?

On tente de réduire de moitié les pesticides ; faut-il réduire de moitié les voitures ?

 

Les médicaments sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

 

Les pesticides sont à l'agriculture ce que les médicaments sont à la médecine,
avec la même nécessité dans les deux cas d'évaluer bénéfices par rapport aux risques.

 

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait, mal, quelques hommes maigres. Maintenant les hommes sont moins maigres, plus grands, et vivent plus longtemps en bonne santé. Les grands-pères d'aujourd'hui sont plus petits que leurs grands petits-fils (les Européens ont gagné 11 cm en un siècle) [6]. Les journaux, les radios, annoncent notre fin prochaine par empoisonnement généralisé aux pesticides... mais l'espérance de vie en bonne santé augmente ! Les raisons de ces transformations sont évidemment multiples, médecine, eau potable, etc., et aussi les améliorations de la diversité, de la qualité et de la quantité de nourriture, améliorations obtenues en partie grâce aux pesticides.

 

Mais demain ? Comment ferons-nous pour nourrir les neuf milliards que nous serons bientôt ? Il faudra augmenter encore les rendements sur des terres de plus en plus rares ; les pesticides, bio ou non bio, seront un élément nécessaire de la solution.

 

Les pesticides permettent de nourrir les hommes plutôt que les charançons, et cela, sans tailler dans la forêt pour gagner de nouvelles terres à cultiver – ou en taillant moins.

« Les pesticides ont constitué un énorme progrès pour l’agriculture et ont permis d’assurer une production alimentaire de qualité. L’augmentation des rendements des terres agricoles a permis de limiter la déforestation, ainsi les experts estiment que leur utilisation, en 50 ans, a permis de préserver 50 % de la surface de la forêt actuelle. » (International Workshop on Crop Protection Chemistry, 2005 - cité par L'observatoire des résidus de pesticides du gouvernement français)

Même les écologistes le disent :

« La recherche et le développement continus en génétique, engrais et pesticides nous ont rendus capables d'augmenter très fortement à la fois la quantité et la qualité de la production alimentaire sans augmentation de la surface de terre nécessaire. Le résultat est une meilleure protection de la vie sauvage et une bio-diversité accrue. » (Comment les pesticides sauvent le monde, dans le journal canadien National Post du 20 avril 2006, par Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace, ayant ensuite rompu avec cette organisation)

Lors de nos promenades en forêt, ayons une pensée reconnaissante pour les engrais et pesticides qui retardent la disparition des forêts et des espaces sauvages.

 

Les pesticides sont également nécessaires pour lutter contre des maladies transmises par des insectes, malaria, dengue, chikungunya, zika...

Pesticides et environnement

Dans les années 1960 Rachel Carson dénonçait le DDT, soupçonné d'être responsable d'une prochaine disparition des oiseaux, ce qui rendrait les printemps silencieux, sans chants d'oiseaux. Cette prédiction commence à se réaliser, même si le DDT n'est pas le responsable.

On constate en effet, en certaines zones, une raréfaction des insectes, et donc des oiseaux chanteurs et autres espèces qui s'en nourrissent... les chants d'oiseaux disparaissent. Les médias assurent tous en choeur que les pesticides seuls en seraient responsables, avec une argumentation simple : les pesticides tuent les pestes dont les oiseaux se nourrissent, et donc si le chant des oiseaux disparaît les pesticides sont responsables, CQFD.

Les pesticides ont certainement leur part de responsabilité... précisons : tous les pesticides – même si le lobby bio a réussi ce tour de force de faire croire que les pesticides de synthèse, qui en effet tuent les pestes dont les oiseaux se nourrissent, sont responsables, mais pas les pesticides bio... lesquels pourtant tuent eux aussi les pestes dont les oiseaux se nourrissent. Trouvez l'erreur.

En réalité, les causes sont multiples : les pesticides sans doute, pesticides de synthèse et pesticides bio, mais aussi la disparition des haies, la disparition des "mauvaises herbes" trop bien éliminées, l'apparition de pathogènes importés accidentellement (virus, parasites...), la disparition des prairies et des jachères, etc.

Depuis des années nous craignons les pesticides, accusés de nuire à la santé des consommateurs – à tort. Notre attention a ainsi été détournée d'un vrai problème que nous commençons à découvrir maintenant : non pas de la santé des consommateurs mais de celle des insectes. C'est important aussi.

Nous voulons tous des coquelicots, des papillons, des colibris et tant d'autres petits oiseaux... mais nous voulons aussi que tout le monde puisse manger. Pour concilier ces deux exigences il reste diverses voies à explorer :

Rechercher des pesticides, bio ou non, plus sélectifs.

Développer la recherche de variétés résistant naturellement aux pestes, à l'exemple des OGM Bt qui déjà permettent d'utiliser moins d'insecticides.

Rechercher des moyens de lutte biologique.

Subventionner les haies et les prairies.

etc.

Pesticides et désinformation

Un lapin a tué un chasseur

Les études sur les effets sanitaires indésirables éventuels des pesticides devraient rassurer les simples consommateurs puisqu'elles montrent qu'ils n'ont rien à craindre des pesticides. Pourtant ils ne sont pas rassurés. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les médias, et le problème est que nombre de médias ne les rapportent pas correctement. Parce que les médias ont besoin de drames pour faire pleurer Margot, et pour vendre. On ne fait pas un gros titre pour dire qu'un chasseur a tué un lapin ; seulement lorsqu'un lapin a tué un chasseur. C'est pourquoi on lit tant de titres dramatiques, c'est vendeur :

« L'exposition aux pesticides augmente le risque de tumeur cérébrale. » (Site du MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures.)

« Les pesticides semblent provoquer des tumeurs du cerveau. » (Site reporterre.net)

« Pesticides : risques avérés de cancers, malformations... » (LE MONDE - 04.07.2014 - Par Stéphane Foucart)

Ignorance ou malhonnêteté, ces articles ne rapportent que la partie "croustillante" des résultats, la partie dramatique ; en zappant les résultats fondamentaux qui sont qu'il n'a pas été vérifié de risques pour les simples consommateurs, et que les agriculteurs – qui sont les plus exposés, en première ligne – vivent plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale ; ces informations-là sont trop rassurantes, trop peu dramatiques pour faire vendre, c'est pourquoi le public ne les connaîtra pas. C'est cette sélection d'information qui explique l'extraordinaire décalage entre la réalité relativement rassurante que les chercheurs mesurent, et la peur que les médias propagent : "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent". Margot est terrifiée. C'est ainsi que la vague de pestophobie grossit dans les esprits, plus précisément dans notre cerveau reptilien, le cerveau des émotions primaires, le plaisir, la douleur, la peur de l'inconnu.

Le "cerveau" reptilien est l'automate qui gouverne nos réactions instinctives. La peur et la fuite instinctive étaient sans doute des facteurs essentiels de survie pour un dinosaure. Mais ce ne sont plus de bons conseillers aujourd'hui dans un monde complexe aux multiples interactions, où en cas de difficulté il faut peser le pour et le contre des solutions, analyser les avantages et les risques ; l'instinct ne suffit plus. Le cerveau reptilien sait comptabiliser les risques, c'est codé dans son programme d'automate, mais dans sa version en cours, qui date du temps des dinosaures il y a des millions d'années, dont il n'a jamais été mis en ligne la moindre mise à jour à télécharger, il n'y a pas encore la colonne "bénéfices". Ce vieil automate ne compte pas les bénéfices.

C'est pourquoi nous ignorons généralement la nécessité des pesticides.

Des pesticides dans les aliments ?

 

... [...] ...

 

Lobbying bio et désinformation

 

... [...] ...

 

 



[4]  Ce qui lui a causé de gros problèmes ainsi qu'à son compagnon, et aussi à leurs descendants (c'est nous) qui n'y sont pour rien.
Mais – les textes ne sont pas clairs – sinon elle n'aurait alors peut-être pas eu de descendants.
[5]  Mais cette histoire-là se termine bien – pour Blanche-Neige, son prince charmant, et leurs nombreux enfants.
[5-1]  On observe toutefois un phénomène naissant, irrationnel et inquiétant, de refus des médicaments ou de la vaccination. De plus en plus de personnes ne retiennent rien des bénéfices d'un médicament, mais sont obnubilées par la liste, parfois longue, des effets indésirables éventuels décrits dans la notice.
[6]  Rare exception, la Corée du Nord ; 8cm de moins qu'en Corée du Sud.

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Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont

Agriculture bio et biocarburants
Peut-on vouloir plus de bio, plus de biocarburants, et "en même temps" plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir la planète, toute la planète ?
Au secours, Monsieur Freud !

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le bon vieux temps... des disettes et famines
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Le "bon" vieux temps était le temps des disettes et des famines.
Vive maintenant !

La nature et les hommes
La nature fait des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes font des merveilles... et des catastrophes aussi.
Le bon sauvage, autrefois, était-il plus respectueux de la nature ?
C'est un mythe...

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les ravageurs des cultures ; l'homme invente les pesticides.



 

 

 
 
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Mise à jour : 21 juin 2020