Pour une écologie réaliste

Une analyse réaliste des défis climatiques et alimentaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les dangers des pesticides... et leur nécessité. Cancers des agriculteurs

 

 

La population augmente, il faut produire plus de nourriture.

Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.

Il faut produire plus... avec moins de terre !

Les pesticides – bio et non-bio – sont des éléments nécessaires de la solution.

Les pesticides – bio ou non-bio – sont dangereux ? Oui, comme tout ce que nous utilisons, voiture ou couteau de cuisine... Dans tous les cas il faut peser les dangers et les risques face aux services rendus.

Combien faudrait-il de planètes Terre pour nourrir sept milliards de Terriens sans pesticides, bio ou non-bio ?

Les pesticides – bio ou non-bio – sont dangereux ? Oui ; toutefois, les agriculteurs, lesquels sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

C'est rassurant pour ceux qui sont mille fois moins exposés, les simples consommateurs.

Les pesticides sont également nécessaires pour combattre de nombreuses maladies transmissibles par des insectes.

 

 

Pourquoi les pesticides ?

Parce que les pestes nous enlèvent le pain de la bouche.

« On dit qu'en Afrique un agriculteur travaille un jour pour nourrir sa famille et un autre jour pour nourrir les ravageurs. »

Nous sommes en guerre ! Contre les pestes

« Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! Pour beaucoup de pauvres diables, c’est une prière qui vient du cœur car le pain n’est pas très assuré. Il y a encore des maisonnées d’enfants qui se disputent les tranches et les quignons. Ils sont sept, neuf, douze et même plus, avec des faims de loups. Et la farine cuite est la base de la nourriture avec peu de chose autour. » (Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d’orgueil – mémoires d’un breton en pays bigouden – Plon) (On parle ici de la Bretagne d’après la première guerre mondiale, c’était hier.)

Pendant des siècles on a imploré le pain quotidien, par des prières, des processions, des rogations « A fame, bello et peste, libera nos domine ! » (De la famine, la guerre et la maladie, délivre-nous, Seigneur !) Mais pendant des siècles ce fut sans résultats ; le pain quotidien restait rare, même trempé de la sueur du front ; l'humanité flirtait en permanence avec la disette et la famine.

Il a fallu beaucoup de temps, d’efforts et d’astuces pour produire plus. Il a fallut apprendre à se défendre de la concurrence déloyale d'une multitude de pickpockets. Car nos cultures excitaient les convoitises, faisant saliver des milliards de gangsters de la nature, des insectes qui voulaient profiter de la bonne aubaine pour faire bombance et pulluler ; ils applaudissaient à deux mains, je veux dire à six pattes, en regardant les hommes s’échiner à produire du grain… Il leur suffisait d'attendre nonchalamment étendus dans les herbes du talus, tandis que les hommes, ces bonnes poires, s’éreintaient sur le sol ingrat…
Les herbes indésirables aussi savaient profiter de la situation ; elles s’installaient sans vergogne sur la terre si durement travaillée, pour y établir leur squat et croître et prospérer, quitte à étouffer nos épis de leur envahissante compagnie.
Les dégâts étaient considérables, ils le sont encore :

pertes ravageurs, pesticides et rendements

 

Sources : d’après Safeguarding production—losses in major crops and the role of crop protection - Crop Protection 23 (2004) -E.-C. Oerke - H.-W. Dehne - Institute for Plant Diseases, University of Bonn, Valeurs pour 1996-1998

 

• 68 % de pertes (maladies, insectes, adventices...) si on ne fait rien.

Les Écritures Saintes nous avaient prévenus « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. »
Mais la réalité dépasse la fiction. Il fallait écrire : "Tu gagneras le pain des larves, chenilles et asticots, à la sueur de ton front, et tu mangeras ce qu’ils te laisseront…"

Nous sommes en guerre !

Nous sommes en guerre ! Entendez-vous dans nos campagnes dévorer ces féroces pillards ? Ils viennent jusque dans nos champs, enlever le pain de la bouche de nos fils et de nos compagnes. Aux armes citoyens !

Une guerre meurtrière ; les famines furent terribles et nos pertes énormes lors des offensives ennemies. Lors de l’épidémie de mildiou de 1845 en Irlande, un million de personnes moururent de faim, un million durent émigrer vers les États-Unis. C'est un exemple des ravages des pestes autrefois, avant qu'existent les pesticides de synthèse. Il est prudent de s'en souvenir avant de cracher dans la soupe de l'agriculture conventionnelle qui a les moyens de se défendre des pestes.
Nous rêvons d'une nature vierge qui n'aurait pas encore connu l'homme – ni les pesticides... Mais sommes-nous vraiment prêts à affronter la faim, à mourir d’amour et d’eau fraîche pour les beaux yeux Verts d'une nature vierge ? Sinon il faut prendre les armes contre les pestes. Aux armes citoyens !

Des pesticides sur-naturels 100 % non-chimiques

Jusqu’au XXe siècle, les armes des citoyens n'étaient pas très affûtées.
On avait tout essayé, même la chicane et le procès. Par exemple, en 1545, le procès demandé par les habitants du village de Saint-Julien auprès du juge épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, contre des charançons ravageant leurs vignobles. Les charançons étaient défendus par un avocat désigné par le juge épiscopal. Ils furent vainqueurs, le juge, « arguant du fait que les animaux, créés par Dieu, possédaient le même droit que les hommes à se nourrir de végétaux, avait refusé d’excommunier les [charançons], se bornant, par une ordonnance en date du 8 mai 1546, à prescrire force prières publiques aux malheureux habitants sommés de se repentir sincèrement de leurs péchés et d’invoquer la miséricorde divine. Au passage, il les invitait à payer la dîme sans tarder – c’était l’occasion rêvée –, ainsi qu’à faire "pendant trois jours consécutifs, trois processions autour des vignobles envahis". Suivaient encore d'autres dévotions et pénitences du même ordre. » (Le nouvel ordre écologique – L’arbre, l’animal et l’homme, Luc Ferry, Plon, page 9 – Pour le divertissement je recommande aussi Une histoire du monde en 10 chapitres ½ – Julian Barnes – Stock) )

L’histoire ne dit pas quelle fut l’efficacité de ce genre de pesticides, dont on peut dire qu’ils étaient garantis 100 % non-chimiques, 100 % bio... Mais on ne peut pas dire qu’ils étaient naturels – ils étaient plutôt sur-naturels.

Il faut brûler la sorcière chimie !

Depuis le Moyen Âge, d’autres moyens de lutte ont été développés ; on dispose aujourd’hui d’engrais et de pesticides ; et ça marche !

 

► Sans pesticides, combien faudrait-il de planètes Terre pour nourrir sept milliards de Terriens ?

 

On peut maintenant nourrir sept milliards de Terriens sur une seule planète. Tout le monde devrait être satisfait.
Et pourtant non !

La crainte des famines est maintenant oubliée, mais elle a tout de suite été troquée contre la crainte… des engrais et pesticides de synthèse – nos sauveteurs ! Nous sommes des rescapés de la famine, des survivants… Et nous faisons procès aux pesticides, les accusant de ne nous avoir sauvés que pour mieux nous empoisonner. Comme des rescapés qui font procès aux pompiers qui leur ont sauvé la vie, les accusant d'être entrés sans frapper en passant par la fenêtre.

Pendant des millénaires nous avons eu peur de ne pas avoir à manger. Maintenant les pays développés ont à manger... mais ils ont peur de manger !

Il semble bien que nous ayons besoin de toujours avoir peur de quelque chose. Autrefois la peur et les superstitions étaient omniprésentes – des puissances maléfiques invisibles décidaient des destins, certains lieux étaient hantés, certains gestes portaient malheur, certains moments étaient défavorables. Les superstitions d'autrefois ont été remplacées par les superstitions d'aujourd'hui, par la crainte des diableries que la technique invente, mystérieuses, sournoises, invisibles [0] : les résidus invisibles de pesticides, les modifications invisibles de l'ADN au coeur des OGM, les ondes électromagnétiques, les rayonnements nucléaires, etc.

La superstition bouge encore.

Autrefois nous avions peur des sorcières. Lorsque l'on croyait en avoir trouvé une, on en faisait un feu de joie ; les derniers bûchers ont éclairé les nuits du siècle des lumières [1]. Les temps ont changé, on ne peut plus brûler les sorcières, c'est maintenant interdit par la loi. Il fallait un nouveau croque-mitaine pour nous faire peur encore, nous l'avons trouvé, c’est la chimie ; la chimie des pesticides est maintenant notre sorcière préférée.

Il faut brûler la sorcière chimie !

Mais on ne peut quand même pas brûler les chimistes, cela aussi est interdit par la loi [2]. ... Mais quand même, on voit encore ces regards obliques vers les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme on regardait les supposées sorcières autrefois... D'où vient cette pestophobie ? Faut-il avoir peur des pesticides ?

Les dangers des pesticides... et leur nécessité

Nous ne sommes pas des pestes...

« Les pesticides sont des produits chimiques destinés à tuer, il est donc assez logique qu'ils soient nocifs pour notre santé... » (site notre-planete.info)

Remarquons que cette supposée "logique" vaut pour tous les pesticides, y compris pour les pesticides bio utilisés en agriculture biologique. Eux aussi, sont "destinés à tuer !"

Cette "logique" a l'apparence d'une logique implacable, l'odeur d'une logique implacable... Mais ce n'est qu'une contrefaçon de logique, qui ne tient pas compte de la formidable diversité du vivant. Les mammifères ne sont pas des vers ni des champignons, et le métabolisme des mammifères n'est pas celui des vers ou des champignons.

Monsieur-qui-sait-tout se vantait : "Je sais comment reconnaître un champignon comestible ; si un champignon est attaqué par des vers, alors il est évidemment comestible, puisque des vers s’en régalent".

Monsieur-qui-sait-tout a goûté le champignon… Paix à son âme !

Monsieur-qui-sait-tout ne savait pas que ce qui est une délicatesse pour un ver, peut être poison pour un mammifère. Il existe quantité d’autres exemples. Par exemple, le chocolat. Si vous aimez le chocolat, ne cherchez surtout pas à faire partager votre plaisir à votre fidèle toutou en lui offrant quelques carrés : le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde toxique pour le chien.

Il y a toujours eu des Monsieur-qui-sait-tout qui ne savent pas. Il y a aujourd'hui quantité de ces Monsieur-qui-sait-tout qui savent tout sur les pesticides...

Les pesticides sont effectivement "destinés à tuer"… mais à tuer les pestes ! Soyons donc rassurés, puisque les mammifères que nous sommes ne sont pas des pestes – du moins pas dans ce sens-là. Nous pouvons être d’autant plus rassurés que les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

Des produits réglementés

Les pesticides – de synthèse ou naturels – ne sont pas des produits anodins qu’on peut répandre sans compter. Ce sont des produits actifs, comme sont les antibiotiques par exemple, ils ne doivent être utilisés qu'à bon escient. Les antibiotiques c'est pas automatique ; les pesticides non plus.

C'est pourquoi les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires sont réglementées.

 

... [...] ...

 

Les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! 

Comme sont les médicaments, les pesticides sont contrôlés, mais comme dans le cas des médicaments, des dangers peuvent subsister. Des agriculteurs en sont victimes.

pesticides et cancer des agriculteurs

Les agriculteurs sont en effet particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide.

Mais les chercheurs constatent exactement le contraire. La nouvelle extraordinaire est que globalement les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! Toutes les études concordent. Aux États-Unis, l’Agricultural Health Study, en France, l’étude Agrican (AGRIculture et CANcer) lancée par la Mutuelle Sociale Agricole en 2005 parviennent à ces mêmes conclusions. Il s'agit de très vastes études : l’Agricultural Health Study porte sur 89 655 sujets, l'étude Agrican sur 180 000.

Selon l'étude Agrican, les hommes et les femmes de la cohorte suivie ont respectivement 27 % et 19 % moins de risque de mourir d’un cancer que la population générale du même département et du même âge, et auraient deux ans d’espérance de vie en plus que la population du même âge.

Les agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides, ont globalement moins de cancers et une meilleure espérance de vie que la population générale.

Ces résultats s'expliquent par l'hygiène de vie des agriculteurs, particulièrement vie active et moins de tabac.

- D'un côté, les agriculteurs sont plus exposés que la population générale aux dangers éventuels des pesticides.

- Mais d'un autre côté ils sont moins exposés aux dangers de la sédentarité et du tabac.

Le résultat global est que les agriculteurs ont moins de cancers et une meilleure santé que la population générale ! Les pesticides sont moins dangereux que la sédentarité et le tabac.

 

 

► Les pesticides sont dangereux... mais moins que le tabac !

Pourtant on a vu des fumeurs demander l'interdiction des pesticides !!

Pourtant, on a vu un haut gradé dans la hiérarchie verte, opposant aux pesticides, s'exhibant la pipe au bec. Quel mauvais exemple pour les jeunes générations !!

On a même vu un ministre de l'écologie se battre pour défendre... le tabac ! Quel mauvais exemple pour les jeunes générations ! Monsieur Philippe Martin, ministre de l’Écologie, posait fièrement sur sa page Internet, alors qu'il manifestait sa « solidarité avec les producteurs de tabac français ».

75 000 décès dus au tabac en France chaque année...

 

 

► Les pesticides sont dangereux... mais moins que pantouflage et canapé !

Pourtant, contrairement au cas des pesticides, on n'a encore jamais vu un malade faire procès à un fabricant de canapé.

Les résultats précédents ont été analysés et précisés.

Les agriculteurs fument moins que la population générale, ce qui explique leur meilleure santé. Toutefois, en analysant plus précisément les données, les chercheurs ont mesuré que « L’écart entre le nombre de fumeurs et la qualité de vie d’un agriculteur par rapport à un non agriculteur est si important que le risque de maladie devrait être encore plus faible chez l’agriculteur. Il ne l’est pas, car les produits phytosanitaires ont un impact », (Pierre Lebailly. coordinateur de l'étude Agrican).

C'est-à-dire que les pesticides ont des effets négatifs ; en effet, quelques localisations de cancer sont plus fréquentes en milieu agricole, les pesticides en étant responsables.
Mais le bilan global est que les bénéfices d'une bonne hygiène de vie sont plus importants que les risques éventuels des pesticides, même chez les personnes les plus exposées, les agriculteurs.

Qui prend nos pommes pour des poires ?

pesticides chimie

En dépit des résultats rassurants que l'on vient de voir, une vague de pestophobie submerge les vieux pays d'Europe. Le tabac ? Même pas peur ! Les pesticides ? Sauve qui peut ! Les pestophobes traquent avec angoisse la moindre trace de pesticides dans les aliments. À force de traque ils trouvent inévitablement quelques traces, infimes, dont ils s'empressent de faire d'énormes titres angoissants en première page. Nos aliments seraient ainsi des concentrés de "résidus chimiques", nos menus seraient des "Menus toxiques", nos repas seraient "Notre poison quotidien", parce que les agriculteurs seraient "à la solde de l’industrie chimique". Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides.

De bonnes âmes Vertes nous alarment : le Vert est dans le fruit, manger des pommes, des poires, ou des scoubidous, serait un pari risqué.

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

 

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme [4] !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme [5] !

 

 

Tout cela est effrayant... mais les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de manger 5 fruits et légumes par jour. "Croquez la pomme", sifflent sur nos têtes ces serpents ensorceleurs.

« La consommation de fruits et légumes diminue le risque de cancers aérodigestifs dans leur ensemble (bouche, pharynx, larynx, nasopharynx, oesophage, poumon, estomac et colorectum). [...]
Les fruits et légumes peuvent être consommés frais mais également surgelés, en conserve, crus et cuits. La recommandation bien connue de « 5 fruits et légumes par jour » inclut tous les fruits et légumes [...]
La présence de pesticides sur certains fruits et légumes soulève fréquemment des questions sur les conséquences possibles en termes de risque de cancers. Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. Par précaution, il suffit de laver les fruits et les légumes et de peler ceux qui s’y prêtent. C’est dans un contexte d’exposition intense aux pesticides (exposition professionnelle notamment) que le risque a été identifié. » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - institut National du Cancer - 2015, mise à jour 2019)

 

Ève a eu raison de croquer la pomme.

D'un côté de bonnes âmes et le puissant lobby lucratif du bio font croire que les fruits et légumes nous empoisonnent.

Mais d'un autre côté les chercheurs recommandent de manger cinq fruits et légumes par jour.

Faut-il croire les communicants des lobbys bio, ou les chercheurs ?

Qui prend nos pommes pour des poires ?

Les chercheurs ne sont pas des experts en communication... ce sont des chercheurs ; c'est pourquoi, dans cette bataille de communication, ils ne savent pas se faire entendre, et les communicants professionnels gagnent la bataille. Nous n'entendons que le message idéologique des communicants du lobby bio : "les pesticides vous tuent".

Les chercheurs dans leur labo savent que c'est faux, mais ne savent pas le faire savoir.

 

En résumé, en ce qui concerne les risques sanitaires éventuels des pesticides, bio ou non bio :

• Les pesticides présentent des risques.
Le risque n'a été identifié que dans un contexte d’exposition intense, chez les professionnels, essentiellement les agriculteurs.
Les simples consommateurs ne sont pas concernés.

• Toutefois, globalement, les agriculteurs vivent plus longtemps et ont moins de cancers, toutes localisations confondues, que la population générale.
► Les bénéfices d'une bonne hygiène de vie sont plus importants que les risques éventuels des pesticides.

• Nos aliments ne sont pas des concentrés de "résidus chimiques" ; au contraire la consommation de fruits et légumes, même issus de l'agriculture conventionnelle !, est fortement recommandée.

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer le premier point en zappant les autres points. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "l’aspirine provoque des ulcères de l'estomac" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

 

Moins de pesticides, ce serait plus de cancer ?

La consommation de fruits et légumes diminue le risque de cancers. Il en résulte ce paradoxe surprenant :

► Moins de pesticides = plus de cancers pour certaines populations.

 

- En effet, moins de pesticides – qu'ils soient bio ou non bio – c’est moins de rendement (sinon, pourquoi les utiliserait-on, qu'ils soient bio ou non bio ?).

- C’est donc des fruits et légumes plus rares et donc plus coûteux.

- C’est donc une moindre consommation de fruits et légumes par les familles aux revenus limités.

- C’est donc plus de risques de cancer pour ces familles.

 

« Les preuves actuelles indiquent que le bénéfice de la consommation de fruits et légumes conventionnels dépasse les risques éventuels dus à l’exposition aux pesticides. Les inquiétudes quant aux risques des pesticides ne doivent pas décourager la prise de fruits et légumes conventionnels, les produits biologiques étant souvent plus chers et inaccessibles pour certaines populations ». (Organic Foods for Cancer Prevention—Worth the Investment? - Journal of the American Medical Association - 2018)

Pesticides des villes et pesticides des champs

pesticides moustique Les pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Le lobby bio a réussi a nous faire oublier les pesticides bio ! Pourtant, eux aussi sont "destinés à tuer les pestes"... Le pytèthre bio par exemple, tire sur tout ce qui bouge (L'invention de l'agriculture biologique... et des pesticides bio). Ou le sulfate de cuivre dont l’utilisation "comporte certains risques pour les agriculteurs, les oiseaux, les mammifères et les organismes du sol, ainsi qu’un impact environnemental plus général." (La dangerosité des pesticides bio pointée du doigt par L’EFSA (Autorité européenne pour la sécurité alimentaire) et l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques)).

Les pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Comme notre odorat, qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux que les agriculteurs utilisent pour nourrir le monde.

Mais nous utilisons des pesticides nous aussi ! Nous ne les utilisons pas pour nourrir le monde, mais pour des raisons futiles – sauver une fleur en pot, nous débarrasser de moustiques, etc. Ces pesticides-là, ne nous inquiètent pas, nous sommes même prêts à rechercher la pharmacie de garde les chaudes soirées d'été, lorsque la chasse à coups de chausson ne suffit plus pour contenir les grandes invasions moustiquiennes. Pourtant, ce sont ces pesticides-là qui sont réellement problématiques, parce qu'ils sont directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations, nous les respirons jour et nuit. Pourtant, c'est l'air des champs que nous craignons. Cherchez l'erreur.

L'air à l'intérieur de nos habitations est pollué par nos pesticides, par nos produits d'entretien, même par nos produits de beauté, etc. L'OMS estime que la pollution de l'air intérieur est responsable de 120 000 décès par an dans la zone Europe de l'OMS.

À quoi sert de se protéger des pesticides des champs quand on sait que l'air intérieur des habitations est 5 à 10 fois plus pollué que l'air extérieur ?

 

Les pesticides, bio ou non bio, sont nécessaires

Les pesticides peuvent présenter des dangers. Les médicaments, les voitures et les couteaux de cuisine aussi. Dans tous les cas il faut peser les dangers et les risques face aux services rendus.

Tout le monde a conscience des services des voitures, des couteaux de cuisine, des médicaments, des vaccins, et en accepte le prix et les dangers [5-1].

Les services de la voiture se payent de 4 000 morts par an sur les routes en France. On le sait, on l'accepte.

On est moins conscient du service des pesticides ; il est essentiel pourtant : ils permettent de nourrir le monde.

Ce service lui aussi a un prix. Quelques agriculteurs le payent. Mais pour l'immense partie de la population, l'ensemble des consommateurs, et aussi la plupart des agriculteurs, les pesticides sont un bénéfice.

 

Les médicaments sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

 

Les médicaments, comme les pesticides, peuvent occasionner des problèmes. La iatrogénèse médicamenteuse (maladie ou effet indésirable résultant d'une prise de médicament) est responsable de 130 000 hospitalisations par an en France.

Mais les médicaments, comme les pesticides, sont nécessaires, pour guérir et nourrir.

Les pesticides sont à l'agriculture ce que les médicaments sont à la médecine.

 

Auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et avec les restes on nourrissait, mal, quelques hommes maigres. Maintenant les hommes sont moins maigres, parce que grâce aux pesticides ils peuvent manger plus et plus varié ; c'est pourquoi aussi les grands-pères d'aujourd'hui sont plus petits que leurs grands petits-fils (les Européens ont gagné 11 cm en un siècle) [6]. Pourtant, on ne peut lire un journal aujourd'hui, écouter une radio, sans entendre des alarmes annonçant notre fin prochaine par empoisonnement généralisé aux pesticides... et pendant ce temps-là l'espérance de vie en bonne santé augmente ! Les raisons de cette augmentation sont évidemment multiples, médecine, eau potable, etc., et aussi l'amélioration de la diversité, de la qualité et de la quantité de nourriture, améliorations obtenues en partie grâce aux pesticides.

 

Et demain ? Comment ferons-nous pour nourrir les neuf milliards que nous serons bientôt ? Il faudra augmenter encore les rendements sur des terres de plus en plus rares ; les pesticides, bio ou non bio, seront un élément nécessaire de la solution.

 

Les pesticides permettent de nourrir les hommes plutôt que les charançons, et cela, sans tailler dans la forêt pour gagner de nouvelles terres à cultiver – ou en taillant moins.

« Les pesticides ont constitué un énorme progrès pour l’agriculture et ont permis d’assurer une production alimentaire de qualité. L’augmentation des rendements des terres agricoles a permis de limiter la déforestation, ainsi les experts estiment que leur utilisation, en 50 ans, a permis de préserver 50 % de la surface de la forêt actuelle. » (International Workshop on Crop Protection Chemistry, 2005 - cité par L'observatoire des résidus de pesticides du gouvernement français)

Même les écologistes le disent :

« La recherche et le développement continus en génétique, engrais et pesticides nous ont rendus capables d'augmenter très fortement à la fois la quantité et la qualité de la production alimentaire sans augmentation de la surface de terre nécessaire. Le résultat est une meilleure protection de la vie sauvage et une bio-diversité accrue. » (Comment les pesticides sauvent le monde, dans le journal canadien National Post du 20 avril 2006, par Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace, ayant ensuite rompu avec cette organisation)

Lors de nos promenades en forêt, ayons une pensée reconnaissante pour les engrais et pesticides qui ont sauvé les forêts et les espaces sauvages qui subsistent aujourd’hui.

 

Les pesticides sont également nécessaires pour lutter contre des maladies transmises par des insectes, malaria, dengue, chikungunya, zika...

Pesticides et environnement

Dans les années 1960 Rachel Carson dénonçait le DDT, soupçonné d'être responsable d'une prochaine disparition des oiseaux, ce qui rendrait les printemps silencieux, sans chants d'oiseaux. Cette prédiction commence à se réaliser, même si le DDT n'est pas le responsable.

On constate en effet, en certaines zones, une raréfaction des insectes, et donc des oiseaux et autres espèces qui s'en nourrissent. Les chants d'oiseaux disparaissent. La phobie récente des pesticides fait que s'est imposée l'idée que les pesticides, les pesticides seuls, en seraient responsables.

Mais quels pesticides ? Seulement les pesticides de synthèse, alors que les pesticides bio n'auraient rien à se reprocher ?

Les pesticides seuls ? En réalité, les causes sont multiples : les pesticides sans doute, bio ou non bio, mais aussi la disparition des haies, la disparition des "mauvaises herbes" trop bien éliminées, l'apparition de pathogènes importés accidentellement (virus, parasites...), la disparition des prairies et des jachères, etc.

Depuis des années nous craignons les pesticides, accusés à tort de nuire à la santé des consommateurs, même si les chercheurs ne le vérifient pas. Notre attention a ainsi été détournée d'un vrai problème que nous commençons à découvrir seulement maintenant : non pas de la santé des consommateurs mais de celle des insectes. C'est important aussi.

Nous voulons tous des coquelicots, des papillons, des colibris et tant d'autres petits oiseaux... mais nous voulons aussi que tout le monde puisse manger. Pour concilier ces deux exigences il reste diverses voies à explorer :

Rechercher des pesticides, bio ou non, plus sélectifs.

Utiliser des OGM Bt qui, déjà, nécessitent moins d'insecticides.

Rechercher des moyens de lutte biologique.

Subventionner les haies et les prairies.

etc.

Les pesticides, bio ou non : synthèse

 

 

- Les pesticides – bio ou non bio – sont responsables de cas de cancer parmi les professionnels, essentiellement les agriculteurs.

- En dépit de cela, globalement, les agriculteurs vivent plus longtemps et ont moins de cancers, toutes localisations confondues, que la population générale.

- Il n'a pas été détecté de risques sanitaires pour les simples consommateurs.

- Les pesticides sont nécessaires pour nourrir l'humanité, sans déforester.

- Ils sont nécessaires pour combattre diverses épidémies.

- Les pesticides, de synthèse ou bio, sont l'une des causes, parmi d'autres, du problème de la raréfaction des insectes et des oiseaux.

- Pour quelles raisons les pesticides bio seraient-ils moins dangereux que les pesticides de synthèse ? Ils sont tous destinés à tuer les pestes...

 

Pesticides et désinformation

Un lapin a tué un chasseur

Les études sur les effets sanitaires indésirables éventuels des pesticides devraient rassurer les simples consommateurs puisqu'elles montrent qu'ils n'ont rien à craindre des pesticides. Pourtant ils ne sont pas rassurés. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, seulement ce qu'en rapportent les médias, et le problème est que nombre de médias ne les rapportent pas correctement. Parce que les médias ont besoin de drames pour faire pleurer Margot, et pour vendre. On ne fait pas un gros titre pour dire qu'un chasseur a tué un lapin ; seulement lorsqu'un lapin a tué un chasseur. C'est pourquoi beaucoup de médias ne rapportent que le côté dramatique des résultats, c'est vendeur : "les pesticides sont responsables de cas de cancer".

« L'exposition aux pesticides augmente le risque de tumeur cérébrale. » (Site du MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures.)

« Les pesticides semblent provoquer des tumeurs du cerveau. » (Site reporterre.net)

« Pesticides : risques avérés de cancers, malformations... » (LE MONDE - 04.07.2014 - Par Stéphane Foucart)

Ignorance ou malhonnêteté, ces articles ne rappellent pas qu'il n'a pas été vérifié de risques pour les simples consommateurs ni que les agriculteurs, qui sont les plus exposés, vivent plus longtemps et ont moins de cancers que la population générale. C'est ce qui explique l'extraordinaire décalage entre la réalité relativement rassurante que les chercheurs mesurent, et la peur que les médias propagent : "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent". Margot est terrifiée. C'est ainsi que la vague de pestophobie irrationnelle grossit dans les esprits, plus précisément dans notre cerveau reptilien, le cerveau des émotions primaires, le plaisir, la douleur, la peur de l'inconnu.

Le "cerveau" reptilien est l'automate qui gouverne nos réactions instinctives. La peur et la fuite instinctive étaient sans doute des facteurs essentiels de survie pour un dinosaure. Mais ce ne sont plus de bons conseillers aujourd'hui quand il faut peser le pour et le contre, analyser les avantages et les risques. Le cerveau reptilien sait comptabiliser les risques, c'est codé dans son programme d'automate, mais dans sa version en cours, qui date du temps des dinosaures il y a des millions d'années, dont il n'a jamais été mis en ligne la moindre mise à jour à télécharger, il n'y a pas encore la colonne "bénéfices". C'est pourquoi ce vieil automate ignore la nécessité des pesticides.

Des pesticides dans les aliments ?

 

... [...] ...

 

Lobbying bio et désinformation

 

... [...] ...

 

 



[0]  La voiture est responsable de milliers de morts par an en France. Mais c'est visible, rien de mystérieux, donc personne ne craint de monter dans une voiture.
[1]  Toutefois, l'affaire n'est pas encore définitivement réglée. En mars 2016, on nous informe que : "Malawi : sept personnes soupçonnées de sorcellerie brûlées vives par la foule".
[2]  Lavoisier, le père de la chimie, fut guillotiné en 1794, mais ça n’a rien à voir : Lavoisier avait la double tare, pour ses accusateurs, d’être chimiste, et fermier général, c’est-à-dire collecteur d’impôt.
Le tribunal aurait déclaré à cette occasion : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes. »
Les anti-pesticides aujourd’hui semblent penser que "La Nature n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Ils regardent les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme le tribunal regardait Lavoisier, ou comme un réverbère regarde un chien qui s'approche.
[4]  Ce qui lui a causé de gros problèmes ainsi qu'à son compagnon, et aussi à leurs descendants (c'est nous) qui n'y sont pour rien.
Mais – les textes ne sont pas clairs – sinon elle n'aurait alors peut-être pas eu de descendants.
[5]  Mais contrairement à Eve, ça c'est bien terminé – pour elle, son prince charmant, et leurs descendants.
[5-1]  On observe toutefois un phénomène naissant, irrationnel et inquiétant, de refus des médicaments ou de la vaccination. De plus en plus de personnes ne retiennent rien des bénéfices d'un médicament, mais sont obnubilées par la liste, parfois longue, des effets indésirables éventuels décrits dans la notice.
[6]  Rare exception, la Corée du Nord ; 8cm de moins qu'en Corée du Sud.

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Pour une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.

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Mise à jour : 14 janvier 2020