Retour à la page d'accueil : écologie, réchauffement climatique, urgence alimentaire, urgence énergétique   

 

 

 

 

 

 

 

 

Écologie
Réchauffement climatique


C'est urgent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ligne bleue

Pesticides, quels dangers ? Pesticides et cancers - Cancers des agriculteurs et des simples consommateurs.

 

 

En bref...

 

Les pesticides sont-ils dangereux ?

Certainement oui.

Tout comme le soleil est dangereux, les abeilles sont dangereuses, les voitures sont dangereuses… même les médicaments sont dangereux, il suffit de lire la liste des effets indésirables éventuels… Que celui qui n’a jamais pris de médicament jette la première pierre !

Pour l'immense majorité des produits que nous utilisons, la question n'est pas de savoir s’ils présentent des dangers – ils sont tous dangereux – mais de savoir si ces dangers excèdent leurs avantages et bénéfices.

 

Les avantage des pesticides ? Ils sont nécessaires pour nourrir les sept milliards de terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt. Même l'agriculture biologique ne peut s'en passer.

Les famines étaient courantes autrefois, lorsque les pesticides étaient inconnus et que tout le monde mangeait bio.

 

Les dangers des pesticides ? Toutes les études concordent : ceux qui sont le plus exposés – les agriculteurs qui manipulent des pesticides à longueur de jour – ont une plus grande espérance de vie et moins de cancer que la population générale. 

 

Pesticides, inutiles et dangereux, ou nécessaires ?

Donnez-nous notre pain quotidien

« Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! Pour beaucoup de pauvres diables, c’est une prière qui vient du cœur car le pain n’est pas très assuré. Il y a encore des maisonnées d’enfants qui se disputent les tranches et les quignons. Ils sont sept, neuf, douze et même plus, avec des faims de loups. Et la farine cuite est la base de la nourriture avec peu de chose autour. » (Pierre-Jakez Hélias, Le cheval d’orgueil – mémoires d’un breton en pays bigouden – Plon) (On parle ici de la Bretagne d’après la première guerre mondiale, c’était hier.)

Pendant des siècles on a imploré le pain quotidien, par des prières, des processions, des rogations « A fame, bello et peste, libera nos domine ! » (De la famine, la guerre et la maladie, délivre-nous, Seigneur !) Mais pendant des siècles ce fut sans résultats ; le pain quotidien restait rare, même trempé de la sueur du front ; l'humanité flirtait en permanence avec la disette et la famine.

Pourtant, mère nature savait multiplier les grains, comme dans un tour de magie. On mettait UN grain de blé en terre, et elle nous régalait ensuite de… Abracadabra !… DEUX grains de blés ! Olé ! La multiplication des grains ! Un rendement de deux grains pour un en un seul printemps, c’est ce que pouvait espérer un paysan au temps de Charlemagne. Hélas, cette performance, 200 %, qui comblerait d’aise n’importe quel usurier, était bien insuffisante pour rassasier la multitude des hommes et de leur progéniture, il fallait faire beaucoup mieux.

On a fait mieux. Dix quintaux de grain à l’hectare en 1800, jusqu’à 100 quintaux aujourd’hui. Ce fut peut-être une juste rétribution céleste des processions… mais ce fut certainement aussi le fruit de l’amélioration des techniques agricoles.

Le voleur est dans le pré

« Un agriculteur n'utilisant aucun désherbant chimique comme cela peut encore se faire en Inde par exemple, passe les 2/3 de son temps à désherber. On dit aussi qu'en Afrique un agriculteur travaille un jour pour nourrir sa famille et un autre jour pour nourrir les ravageurs. »

Il a fallu beaucoup de temps, d’efforts et d’astuces pour augmenter les rendements. Il fallait entre autres apprendre à se défendre de la concurrence déloyale d'une multitude de pickpockets. Car nos cultures excitaient les convoitises, faisant saliver des milliards de gangsters de la nature, des insectes qui voulaient profiter de la bonne aubaine pour faire bombance et pulluler, qui applaudissaient à deux mains, je veux dire à six pattes, en regardant les hommes s’échiner à produire du grain… Il leur suffisait d'attendre nonchalamment étendus dans les herbes du talus, tandis que les hommes, ces bonnes poires, s’éreintaient sur le sol ingrat…
Les herbes indésirables aussi savaient profiter de la situation ; elles s’installaient sans vergogne sur la terre si durement travaillée, pour y établir leur squat et croître et prospérer, quitte à étouffer nos épis de leur envahissante compagnie.
Les dégâts étaient considérables, ils le sont encore :

pertes ravageurs, pesticides et rendements

 

Sources : d’après Safeguarding production—losses in major crops and the role of crop protection - Crop Protection 23 (2004) -E.-C. Oerke - H.-W. Dehne - Institute for Plant Diseases, University of Bonn, Valeurs pour 1996-1998

 

• Il s'agit ici des pertes globales, tous types d’attaques confondus, insectes, adventices, etc : 68 % de pertes si on ne fait rien.

Les Écritures Saintes nous avaient prévenus « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. »
Mais la réalité dépasse la fiction. Il fallait écrire : "Tu gagneras le pain des larves, chenilles et asticots, à la sueur de ton front, et tu mangeras ce qu’ils te laisseront…"

Nous sommes en guerre !

Nous sommes en guerre !

Nous sommes en guerre ! Entendez-vous dans nos campagnes dévorer ces féroces pillards ? Ils viennent jusque dans nos champs, enlever le pain de la bouche de nos fils et de nos compagnes. Aux armes citoyens !

Une guerre meurtrière ; les famines furent terribles et nos pertes énormes lors des offensives ennemies. Lors de l’épidémie de mildiou de 1845 en Irlande, un million de personnes moururent de faim, un million durent émigrer vers les États-Unis. Ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres des ravages des pestes autrefois avant qu'existent les pesticides de synthèse. Il est prudent de s'en souvenir avant de cracher dans la soupe de l'agriculture moderne.
Nous rêvons d'une nature vierge qui n'aurait pas encore connu l'homme et ses pesticides... Mais sommes-nous vraiment prêts à mourir d’amour et d’eau fraîche pour les beaux yeux Verts d'une nature vierge ?
Sinon, sommes-nous prêts à nous défendre des pestes ? Aux armes citoyens !

Des pesticides sur-naturels 100 % non-chimiques

Jusqu’au XXe siècle, les armes des citoyens n'étaient pas très affûtées.
On avait tout essayé, même la chicane et le procès. Par exemple, en 1545, le procès demandé par les habitants du village de Saint-Julien auprès du juge épiscopal de Saint-Jean-de-Maurienne, contre des charançons ravageant leurs vignobles. Les charançons étaient défendus par un avocat désigné par le juge épiscopal. Ils furent vainqueurs, le juge, « arguant du fait que les animaux, créés par Dieu, possédaient le même droit que les hommes à se nourrir de végétaux, avait refusé d’excommunier les [charançons], se bornant, par une ordonnance en date du 8 mai 1546, à prescrire force prières publiques aux malheureux habitants sommés de se repentir sincèrement de leurs péchés et d’invoquer la miséricorde divine. Au passage, il les invitait à payer la dîme sans tarder – c’était l’occasion rêvée –, ainsi qu’à faire "pendant trois jours consécutifs, trois processions autour des vignobles envahis". Suivaient encore d'autres dévotions et pénitences du même ordre. » (Le nouvel ordre écologique – L’arbre, l’animal et l’homme, Luc Ferry, Plon, page 9 – Pour le divertissement je recommande aussi Une histoire du monde en 10 chapitres ½ – Julian Barnes – Stock) )

L’histoire ne dit pas quelle fut l’efficacité de ce genre de pesticides, dont on peut dire qu’ils étaient garantis 100 % non-chimiques, 100 % bio... Mais on ne peut pas dire qu’ils étaient naturels – ils étaient plutôt sur-naturels.

Depuis le Moyen Âge, d’autres moyens de lutte ont été développés ; on dispose aujourd’hui d’engrais et de pesticides de synthèse ; et ça marche ! On peut maintenant nourrir sept milliards de Terriens.

Les dangers des pesticides, mythes et réalité

La chasse aux sorcières est ouverte

Les pesticides et de nouvelles variétés créées par les hommes ont permis de vaincre la plupart des disettes et famines. Tout le monde devrait être satisfait.
Et pourtant non !

Aussitôt oubliée la crainte des famines, elle a tout de suite été troquée contre la crainte… des engrais et pesticides de synthèse – nos sauveteurs ! Nous sommes des rescapés de la famine, des survivants… Et nous faisons procès aux pesticides, les accusant de ne nous avoir sauvés que pour mieux nous empoisonner. Comme des rescapés qui font procès aux pompiers qui leur ont sauvé la vie, parce qu'ils sont entrés sans frapper en passant par la fenêtre.

Pendant des millénaires nous avons eu peur de ne pas avoir à manger. Maintenant nous avons à manger... mais nous avons peur de manger ! Autrefois nous avions peur des sorcières. Lorsqu'on croyait en avoir trouvé, on en faisait un feu de joie. Les temps ont changé, on ne peut plus brûler les sorcières, c'est maintenant interdit par la loi ; les derniers bûchers ont éclairé les nuits du siècle des lumières [01]. Mais il semble bien que nous ayons besoin de toujours avoir peur de quelque chose. Il fallait un nouveau croque-mitaine pour nous faire peur encore, nous l'avons trouvé, c’est la chimie ; la chimie des pesticides est maintenant notre sorcière préférée. Mais on ne peut quand même pas brûler les chimistes, cela aussi est interdit par la loi [03]). ... Mais quand même, on voit encore ces regards obliques vers les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme on regardait les supposées sorcières autrefois...

Quelle est la réalité, faut-il avoir peur des pesticides ? Pour la clarté, il est nécessaire de distinguer le cas des professionnels, les agriculteurs, du cas de la grande majorité de la population, les simples consommateurs.

Les dangers des pesticides pour les professionnels

Les agriculteurs sont particulièrement exposés aux pesticides, en première ligne lorsqu'ils les préparent, les transvasent, les répandent sur les cultures. C’est une "population sentinelle", qui serait jusqu’à 1 000 ou 10 000 fois plus exposée qu’un simple consommateur ; c'est pour cette raison que cette population est particulièrement surveillée et étudiée : si les pesticides posent problème, les agriculteurs en seront 1 000 ou 10 000 fois plus touchés que les simples consommateurs.

On a tant dit d’horreurs sur les pesticides que tout le monde imagine que les malheureux agriculteurs tombent comme des mouches surprises dans un pchitt d’insecticide.

Et pourtant, la nouvelle extraordinaire est que les agriculteurs sont en bonne santé, et même en meilleure santé que la population générale !

pesticides et cancer des agriculteurs Toutes les études concordent. Aux États-Unis, l’"Agricultural Health Study" : Les agriculteurs ont une espérance de vie supérieure et moins de cancers que la population générale. En France, l'Observatoire des Résidus de Pesticides parvient aux mêmes conclusions.

Le rapport Pesticide et santé, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, précise :

« Aux Etats-Unis on observe globalement un déficit du nombre de cancers d’environ 10 % chez les agriculteurs et leurs conjoints comparés à la population générale. Cette sous-incidence concerne des cancers liés au tabac (poumons, œsophage, vessie) mais également les cancers du foie, du colon et des reins. On observe une sur-incidence des cancers cutanés et des lèvres (exposition au soleil), de l’estomac, du cerveau, de la prostate, des lymphomes, des myélomes multiples et de certaines leucémies (10). Ces variations sont probablement multifactorielles, avec un rôle possible des contacts avec les animaux (virus), la sur-incidence des lymphomes étant également retrouvée chez les personnels des abattoirs et les bouchers. » (Sénat le 29 avril 2010)

La Mutuelle Sociale Agricole (MSA) a lancé en 2005 l’étude Agrican (AGRIculture et CANcer), suivant 180 000 personnes affiliées à la MSA. L'étude Agrican détecte elle aussi que les agriculteurs sont plus touchés par certains cancers que la population générale. Mais le résultat fondamental est que globalement la mortalité par cancer est nettement moindre dans la population suivie comparativement à la population générale : respectivement -30 % pour les hommes, -24 % pour les femmes.

Un extrait des résultats en ce qui concerne l'incidence de différents cancers :

Agrican pesticides cancer

 

D’après ENQUÊTE AGRICAN AGRICULTURE & CANCER - novembre 2014

• En rappelant que la mortalité par cancer des hommes suivis est de 30 % inférieure à la même mortalité pour la population générale.

 

Le rapport du Sénat : "Pesticides : vers le risque zéro", octobre 2012, rapporte les résultats de l’étude Agrican ; toutefois, étrangement, la note de synthèse du rapport, qui sera souvent le seul document à être lu, ne dit rien de ce résultat fondamental qui bouscule les idées reçues, les angoisses reçues :

Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs,
ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général

En résumé :

A] - Oui, les pesticides sont responsables de quelques cas de cancers parmi les professionnels.

B] - Toutefois cet effet n'empêche pas que les agriculteurs vivent plus longtemps et ont moins de cancers, toutes localisations confondues, que la population générale.

Ce serait ignorance ou malhonnêteté de citer A] en zappant B].

Les dangers des pesticides pour la population générale

pesticides chimie

La chasse à la sorcière chimie dans la population générale est ouverte. On la traque et on la découvre partout ; dans les peintures, les colles, les crèmes de beauté... Les chasseurs de sorcières sont particulièrement à l'affut de pesticides dans notre nourriture. Quand ils imaginent en avoir débusqué ils font le buzz, tel Tartarin de Tarascon, en racontant leurs exploits dans la presse, partout où les lecteurs ont la naïveté de prendre des récits de chasseurs au premier degré ; "un lièvre gros comme ça !". Nos aliments seraient ainsi des concentrés de "résidus chimiques", nos menus seraient des "Menus toxiques", nos repas seraient "Notre poison quotidien", parce que les agriculteurs seraient "à la solde de l’industrie chimique". Bref, la sorcière édentée qui offrait une pomme empoisonnée à Blanche-Neige existe, on la rencontre tous les jours, c'est la sorcière chimie qui nous offre des pommes empoisonnées aux pesticides.

 

Manger nuirait gravement à la santé !
Ève a eu tort de croquer la pomme [032] !
Blanche-Neige a eu tort de croquer la pomme [033] !

D'où vient cette terreur des pesticides ? Les chercheurs auraient-ils découvert des indices nombreux et concordants de ravages dus aux pesticides dans nos aliments ? Pas du tout ; au contraire, ils recommandent de consommer cinq fruits et légumes par jour – même avec pesticides !

« En conclusion, le lien putatif entre pesticides et cancer ne repose sur aucune donnée solide. » ("Les causes de cancer en France", réalisé par l’Académie Nationale de Médecine, l’Académie Nationale des Sciences – Institut de France, le Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS – Lyon), la Fédération Nationale des Centres de Lutte contre le Cancer avec le concours de l’Institut National du Cancer et de l’Institut de Veille Sanitaire – 2007)

« Aucune étude scientifique n’est en mesure aujourd’hui de faire, chez l’homme, un lien entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle qui utilise des produits phytopharmaceutiques et la survenue de maladies. » (Rapport PESTICIDES ET SANTÉ, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - Sénat le 29 avril 2010)

« La consommation de fruits et légumes diminue de manière probable le risque de plusieurs cancers. [...]
Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. » (Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations - Institut National du Cancer - 2009)

« La consommation de fruits et légumes diminue le risque de développer plusieurs cancers. [...]
La présence de pesticides sur certains fruits et légumes soulève fréquemment des questions sur les conséquences possibles en termes de risque de cancers. Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. [...] C’est dans un contexte d’exposition intense aux pesticides (exposition professionnelle notamment) que le risque a été identifié. » (Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - institut National du Cancer - 2015)

pesticides chimie

Ève a eu raison de croquer la pomme ;
même avec la peau !

En résumé :

A] - Oui les pesticides sont responsables de quelques cas de cancer parmi les professionnels.

B] - Mais globalement, les agriculteurs vivent plus longtemps et ont moins de cancers, toutes localisations confondues, que la population générale.

C] - Seuls les professionnels sont concernés par le point A]. Pas les simples consommateurs. Au contraire, les chercheurs recommandent de consommer cinq fruits et légumes par jour, même avec éventuellement la présence de résidus de pesticides.

aspirineCe serait ignorance ou malhonnêteté de citer A] en zappant B] et C]. Ce serait comme présenter un médicament en ne parlant que de ses effets indésirables éventuels : "l’aspirine provoque des ulcères de l'estomac" ; c'est vrai, mais c'est tronqué, c'est trompeur.

 

Qui prend nos pommes pour des poires ?

D'un côté, de bonnes âmes Vertes nous alarment : le Vert est dans le fruit, manger des pommes, des poires, ou des scoubidous, serait un pari risqué.

« Le temps est déjà venu où, au moment des repas, plutôt que de se souhaiter bon appétit, mieux vaut se souhaiter bonne chance. » (Pierre Rabhi)

Traumatisme garanti trois fois par jour, à chaque repas !

On peut énoncer ce paradoxe apparent :
         Moins de pesticides = plus de cancers.
- En effet, moins de pesticides, c’est moins de rendement.
- C’est donc des fruits et légumes plus coûteux.
- C’est donc une moindre consommation de fruits et légumes par les familles aux revenus limités. - C’est donc une moindre protection contre le cancer pour ces familles.
- C’est donc plus de risques de cancer pour ces familles.

Mais d'un autre côté, les chercheurs – qui ne sont pas non plus dépourvus d’âme, ni même de bonne âme – recommandent au contraire de "manger cinq fruits et légumes par jour". "Croquez la pomme", sifflent sur nos têtes ces serpents ensorceleurs.

« Il n’a pas été montré que la consommation de fruits et légumes courants augmente le risque de cancer. » [...]

« La consommation de fruits et légumes diminue de manière probable le risque de plusieurs cancers ». ("Nutrition et cancers - Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids - INCa 2015")

« Une trop faible consommation de fruits et légume est responsable de 1,7 million de décès par an. » (Organisation Mondiale de la Santé - Global status report on noncommunicable diseases - 2010)

Manger des fruits est bon pour la santé.
Ève a eu raison de croquer la pomme !

Qui prend nos pommes pour des poires ?

 

Les médias ont besoin de drames

Les études sur les effets indésirables des pesticides, correctement rapportées, devraient rassurer les simples consommateurs puisqu'elles montrent qu'ils n'ont rien à craindre des pesticides. Pourtant ils ne sont pas rassurés. Parce que généralement le public ne connaît pas les études elles-mêmes, mais seulement ce qu'en rapportent les médias. Or, les médias ont besoin de drames pour faire pleurer Margot, et pour vendre. C'est pourquoi beaucoup d'entre eux ne rapportent que le point A] ci-dessus, dramatique à souhait – "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent" – , c'est vendeur [05]. Mais, ignorance ou malhonnêteté, ils ne rapportent pas B] ni C] :

« L'exposition aux pesticides augmente le risque de tumeur cérébrale. » (Site du MDRGF, Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures.)

« Les pesticides semblent provoquer des tumeurs du cerveau. » (Site reporterre.net)

« Pesticides : risques avérés de cancers, malformations... » [1] (LE MONDE - 04.07.2014 - Par Stéphane Foucart)

Aucun de ces titres tronqués, trompeurs, ne précise que les consommateurs n'ont rien à craindre, et que par ailleurs les agriculteurs ont moins de cancers que la population générale. C'est ce qui explique l'extraordinaire décalage entre la réalité relativement rassurante que les chercheurs mesurent, et la peur que les médias propagent : "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent". Margot est terrifiée. C'est ainsi que la peur des pesticides est infusée dans les esprits, plus précisément dans le cerveau reptilien, celui dont dépendent les réactions aux émotions. Mais le cerveau reptilien n'est plus un bon conseiller à l'ère quaternaire. Il craint particulièrement ce qu'il ne connaît pas ; comme les enfants qui se tiennent derrière les jupes de leur mère quand se présente un inconnu – lorsque, selon la mode du jour les jupes ne sont pas trop courtes. C’est notre principe de précaution inné, hérité des dinosaures. Il nous fait craindre d’infimes résidus de pesticides, dont on nous dit qu'ils présentent un risque invisible mais partout présent, incertain mais toujours à craindre ; on ne sait qui sera frappé ni quand. Ces incertitudes sont bien plus angoissantes qu’un accident de la route, même bien saignant, dont on sait tout de suite le résultat. On arrive ainsi à redouter davantage de croquer une pomme que de monter en voiture.

Le cerveau reptilien fonctionne à l'émotion, à la sensation, à la propagande, toutes choses trompeuses ; il ne connaît pas la réflexion, il ne sait pas peser le pour et le contre – la balance n'a été inventée que longtemps après le cerveau reptilien ; il ne retient que les inconvénients qui font peur et ignore les bénéfices considérables que nous devons aux pesticides.

« L’utilisation combinée des pesticides et des engrais a constitué un énorme progrès pour la maîtrise des ressources alimentaires et a permis de multiplier les rendements agricoles par trois par rapport à ce qu’ils étaient dans les années 1960.
L’augmentation de la productivité agricole dans les pays développés a pour corollaire une sécurité alimentaire accrue qui semble aller de soi dans les pays occidentaux alors qu’elle n’existe toujours pas dans de nombreux pays sousdéveloppés. » (Rapport PESTICIDES ET SANTÉ, de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques - Sénat le 29 avril 2010)

Les pesticides ont fait disparaître les famines hors zones de guerre – quand auparavant on rassasiait d'abord les charançons et autres chapardeurs, et après, avec ce qui restait, on nourrissait quelques hommes maigres. Nous ne savons pas remplir sept milliards d'assiettes sans pesticides.

Non seulement nous avons à manger, mais en outre nous mangeons mieux, une manifestation visible étant l'accroissement de la taille des individus [11]. L'espérance de vie augmente également, ainsi que l'espérance de vie en bonne santé perçue.. Les raisons sont évidemment multiples, médecine, accès à l'eau, etc., mais aussi l'amélioration de la diversité, de la qualité et de la quantité de nourriture, amélioration à laquelle participent les pesticides.

Quant aux épidémies de malaria, dengue, chikungunya, zika... Ce sont les pesticides qui nous en protègent le mieux.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais ils sont d'abord une solution

Il n’est pas question de dire qu’engrais et pesticides – de synthèse ou naturels – sont des produits anodins, qu’on peut les répandre sans compter. Il faut au contraire prendre encore plus conscience que les pesticides sont des produits actifs, comme sont les antibiotiques par exemple, ils ne doivent être utilisés qu'à bon escient. Les antibiotiques c'est pas automatique ; les pesticides non plus. Nous faisons une balance bénéfices / risques dans le cas des médicaments ; nous acceptons le risque de rares effets indésirables éventuels (même si la liste est parfois longue sur les notices), en échange des bénéfices avérés du médicament [3]. Mais nous n'acceptons aucun risque des pesticides, trop diffamés par un intense matraquage médiatique, nous n'avons même plus conscience que nous leur devons nos repas. Nous serons neuf milliards bientôt, personne, pas même Pierre Rabhi, ne sait comment nourrir cette multitude sans pesticides. Il faudra au contraire augmenter encore les rendements sur des terres de plus en plus rares, en exploitant au mieux les nouvelles possibilités techniques, pesticides, nouvelles variétés, dont OGM. La vraie difficulté est qu'il faudrait aussi une évolution des mentalités pour accepter les évolutions techniques – ce n'est pas gagné. La technique évolue plus vite que les mentalités.

Les antibiotiques sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Les pesticides sont parfois un problème ; mais correctement utilisés ils sont d'abord une solution.

Pour l'immense majorité des produits que nous utilisons, la question n'est pas de savoir s’ils présentent des dangers – ils sont tous dangereux – mais de savoir si ces dangers excèdent leurs avantages et bénéfices.

Nos pesticides préférés

Les pesticides nous effraient ; mais pas tous ! Comme notre odorat, qui n'est sensible qu'aux mauvaises odeurs des autres, notre inquiétude n'est sensible qu'aux pesticides des autres, ceux des agriculteurs. Mais curieusement, nous n'hésitons pas à utiliser nous même des pesticides, largement, sans précautions, pour des raisons aussi futiles que sauver une fleur en pot, ou débarrasser la maison de moustiques ou fourmis. Paradoxalement, ces pesticides-là, ne nous font pas peur. Parce que ce sont nos pesticides. Pourtant, ce sont ces pesticides-là qui sont réellement problématiques, parce qu'ils sont directement pchittés et confinés dans l'air de nos habitations.

Quant aux pesticides bio, ceux-là on les aime très fort. Même si ce sont des pesticides, faits pour empoisonner les pestes, nuisibles pour l'environnement...

Pesticides et désinformation

 

[  ...  ]

 

 



[01]  Toutefois, l'affaire n'est pas encore définitivement réglée. En mars 2016, on nous informe que : "Malawi : sept personnes soupçonnées de sorcellerie brûlées vives par la foule".
[03]  Lavoisier, le père de la chimie, fut guillotiné en 1794, mais ça n’a rien à voir : Lavoisier avait la double tare, pour ses accusateurs, d’être chimiste, et fermier général, c’est-à-dire collecteur d’impôt.
Le tribunal aurait déclaré à cette occasion : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes. »
Les anti-pesticides aujourd’hui semblent penser que "La Nature n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Ils regardent les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme on regardait les supposées sorcières autrefois.
[032]  Ce qui lui a causé de gros problèmes ainsi qu'à son compagnon, et aussi à leurs descendants – c'est nous – qui n'y sommes pour rien.
Mais – les textes ne sont pas clairs – sinon elle n'aurait alors peut-être pas eu de descendants.
[033]  Mais contrairement à Eve, ça c'est bien terminé – pour elle, son prince charmant, et leurs descendants.
[05]  Il se peut même que des opposants de bonne foi aux pesticides joignent l'utile à la bonne foi en étant plus ou moins directement liés à des vendeurs de bio qui surfent sur la vague du "sans pesticide" ; "Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent - mais vous avez encore une chance de vous sauver en achetant mes produits bio". Sur ce conflit d'intérêts Verts, voir par exemple Agriculture bio : réseaux et lobbying, insi que Pesticides dans les salades - Générations futures noircit le tableau - revue Que Choisir - 2015.
[1]  Ce titre est une trahison des résultats de l'expertise collective de l'INSERM qu'il prétend rapporter.
- Il ne dit pas qu'il s'agit d'une analyse d'études portant sur des sujets exposés professionnellement. (Avant-propos du rapport, page XI). Le titre occulte que les simples consommateurs ne sont pas concernés.
- Quant à ceux qui sont concernés, les agriculteurs, ce titre laisse supposer le pire : les points de suspension à la fin sont une porte ouverte à l'imagination pour qu'elle élucubre qu'il y a plus et pire encore que ce qui est dit.
- Ce titre occulte que "un déficit de risque était observé dans l’Agricultural Health Study pour l’ensemble des cancers" (page 24 du rapport).
Un titre ne peut pas tout dire, mais il peut tout trahir.
[11]  Rare exception, la Corée du Nord ; 8cm de moins qu'en Corée du Sud.
[3]  On observe toutefois un phénomène irrationnel et inquiétant de refus croissant des médicaments ou de la vaccination. De plus en plus de personnes ne pensent qu'aux effets indésirables, sans voir les immenses bénéfices de la médecine. Les ONG qui se dévouent dans les pays pauvres pour apporter soins et vaccinations sont scandalisées.

La réalité commande.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie - Réchauffement climatique - c'est urgent !

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique

Le livre "Changement climatique - Transition énergétique : C'est urgent !" est le sous-ensemble du livre complet qui traite du problème du réchauffement climatique.

Également disponibles en version numérique


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


contact



 

Feuilleter quelques pages écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm.

 

Petits billets de mise en bouche

Petits billets de mise en bouche

Surpopulation - croissance / décroissance...

Surpopulation et techniques
La terre est surpeuplée depuis des milliers d'années.
La surpopulation est relative, elle résulte d'un déséquilibre entre la population qui consomme et les techniques qui produisent.
Rejeter les techniques qui produisent... produit de la surpopulation !

La croissance durable… une grenouille plus grosse que la planète
Tout est dans le titre

Réchauffement climatique, énergies renouvelables, économies d'énergie...

Émissions de CO2 et réchauffement climatique : bilan et perspectives
Bilan : les émissions de CO2 augmentent.
Perspectives : les émissions de CO2 augmentent.

L'irrésistible croissance des émissions de CO2
"Quand il est urgent, c'est déjà trop tard" (Talleyrand)

Les économies n'existent pas.
"Économiser" signifie "différer une dépense".
Mais la dépense se fera, tôt ou tard.

Les petits gestes pour sauver la planète ... Ont de petits effets !

La voiture électrique marche aussi au charbon !
… Sauf en France où l'électricité est principalement nucléaire.
Mais 68% de l'électricité mondiale proviennent d'énergies fossiles.

Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

Produire une électricité française 100 % renouvelable ; Est-ce possible ? Pour quel bénéfice en réduction des émissions de CO2 ?

Les énergies renouvelables progressent... moins vite que la consommation d’énergies fossiles !
Les énergies renouvelables progressent.
Mais les énormes pays émergents ont d'énormes besoins d'énergie.
Ce sont les énergies fossiles qui croissent le plus en valeurs absolues.

L'énergie de demain
Y a-t-il une vie après le pétrole ?
Oui, il restera encore du charbon.
Et le peu dont sont capables les énergies renouvelables.

La transition énergétique ; moins de nucléaire contre plus de CO2 ?
L'Allemagne utilise moins d'énergies renouvelables et émet plus de CO2 que la France.

Dangers des énergies, charbon, nucléaire
Pollution et dangers des centrales au charbon, par particules fines et CO2, sont plus importants que pollution et dangers de l'énergie nucléaire.

Déchets nucléaires, déchets toxiques, déchet CO2
LE déchet, l'ennemi public No1, c'est le déchet CO2.
Le déchet CO2 se déverse dans l'égout du CO2 ;
l'égout du CO2, c'est l'atmosphère.
Les déchets ne sont pas là où l'on croit.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

Nous mangeons trop de viande - La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graine.
Mais elle ne peut pas nourrir neuf milliards d'hommes tels qu’ils sont

Pesticides, quels dangers ? Inutiles et dangereux, ou nécessaires ?
Les agriculteurs, qui manipulent des pesticides à longueur de jour, ont une plus grande espérance de vie et moins de cancer que la population générale.

L'agriculture bio peut-elle nourrir l'humanité ? Les famines étaient nombreuses autrefois, quand tout le monde mangeait bio. 

Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
On peut lire sur des étiquettes de pesticides bio :
  Produit "irritant", "nocif", "toxique"... !
  "Ne pas traiter en présence des abeilles"
  "Ce produit peut porter atteinte à la faune auxiliaire"

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?

Agriculture bio et biocarburants - Peut-on avoir plus de bio, plus de biocarburants, plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir toute la planète ? La terre devient rare.

OGM, avantages et inconvénients, pesticides naturels - Les variétés naturelles, même bio, contiennent des pesticides naturels et des gènes inconnus. Mais enfin, les OGM vinrent !

OGM - Les OGM Bt permettent de réduire l'utilisation des insecticides...
Nous voulons moins de pesticides ?
Alors utilisons plus d'OGM Bt !

Mutagenèse, transgenèse, OGM cachés, TIS

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace - Une multinationale du lobbying 

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Mythes et réalité...

Le bon vieux temps - disettes et famines
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Pesticides contre famines
Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?

Nature, amie ou ennemie ?

L’argent ne fait pas toujours le bonheur... Mais nous ne sommes pas près de muter en homo-ecologicus-no-gaspillus. 


D'autres textes sur ce blog
 



Présentation rapide

La combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée.

Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est fini, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi produire plus de baies et plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

C'est urgent.

L'agriculture biologique peut-elle produire assez de baies pour nourrir l'humanité, toute l'humanité ?

Les disettes et famines étaient courantes autrefois, quand tout le monde mangeait bio.

L'agriculture biologique, de faible rendement, gaspille la ressource la plus précieuse, la terre.

Elle gaspille sans contrepartie : les agriculteurs, particulièrement exposés aux pesticides, ont moins de cancers et vivent plus longtemps que la population générale.

Les OGM sont plébiscités par les agriculteurs d'Asie, d'Afrique, des Amériques...

Les OGM, de meilleur rendement, économisent la ressource la plus précieuse, la terre.

Les énergies renouvelables peuvent-elles prendre la relève du pétrole et du charbon avant que la planète brûle ?

Les nouvelles énergies renouvelables croissent moins vite que la consommation d'énergies fossiles.

Quelle est la principale menace ? Est-ce le risque d'un accident nucléaire éventuel, local, ou le réchauffement climatique déjà enclenché, global, catastrophique ?

Ouragans, sécheresses, inondations, etc., c'est déjà commencé, ce n'est que le début.

C'est urgent.

Mais il y a de gros malentendus sur ce qu'il est urgent de faire.



 

 

 

écologie, mythes et réalité, dangers des pesticides

comments powered by Disqus

"Vous n'êtes pas inscrit ? Alors clic sur la roue des outils, à droite de la zone des commentaires, et login.

écologie, mythes et réalité, cancers agriculteurs

 

Mise à jour : 30 septembre 2017

Visites depuis le 07 sept 2012

compteur de page

écologie, mythes et réalité, propagande et lobbying antipesticides

Table des matières du livre

 

Voir la page d'index