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Pollution et dangers des énergies. Centrales au charbon, énergie nucléaire [0]

 

 

Nous savons bien que consommer de l'énergie a un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en pollution, en maladies, en morts.

Mais lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons seulement "dangers de l'énergie nucléaire civile" (curieusement, le nucléaire militaire ne soulève ni peur, ni débat, ni passion...).

L'énergie nucléaire est dangereuse en effet... comme n'importe quelle activité, n'importe quelle énergie. Mais, accidents comptés, l'énergie nucléaire, n'est pas plus dangereuse que l'éolien, et beaucoup moins que les énergies fossiles.

Mais le ressenti émotionnel des populations – et également de nombre de décideurs qui sont des hommes et des femmes comme les autres – ne coïncide pas avec la réalité.

 

 

 


 

Les dangers de l'énergie. Dangers du charbon, dangers de l'énergie nucléaire

 

Les dangers des différentes énergies - La "taxe énergie", en vies

Nous savons bien que toutes les énergies ont un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en pollution, en maladies, en morts. Les barrages se rompent, le gaz explose, le pétrole se répand en marées noires, le feu de bois émet des particules fines, les énergies fossiles polluent et réchauffent l'atmosphère... Les diagrammes suivants permettent de comparer les dangers de ces diverses énergies ; on y trouve, par unité indiquée, en abscisse les émissions de CO2 et en ordonnée le nombre de décès. Le nombre des décès comprend les effets de la pollution de l'air, les accidents, y compris en amont, dans les mines par exemple ; les accidents nucléaires de Tchernobyl ou Fukushima sont comptés évidemment. Toutefois, les conséquences des émissions de CO2 et du changement climatique ne sont pas comptées, ce qui charge encore plus la barque des énergies fossiles.

Le second diagramme est un agrandissement du groupe des énergies les moins dangereuses et les moins émettrices de CO2.

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

 

Détails pour les énergies les moins dangereuses et les moins émettrices de CO2 :

 

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources :
Ademe - Base carbone - 2019
Mortality rate worldwide in 2018, by energy source

 

 

Le nucléaire est l'énergie qui est à la fois la moins dangereuse et la moins émettrice de CO2.

 

Ces diagrammes permettent de comprendre que :

« Malgré les trois accidents nucléaires majeurs enregistrés, l'énergie nucléaire a évité environ 1,84 million de décès dans le monde dans la période 1971-2009. Au bout du compte, elles sauvent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de fois plus de vies qu'elles n'ont pu causer de morts » (notre-planete.info - à propos de l'article : Kharecha, P.A., and J.E. Hansen, 2013 : Prevented mortality and greenhouse gas emissions from historical and projected nuclear power. Environ. Sci. Technol)

(Il s'agit ici des millions de personnes épargnées du fait d'une moindre pollution globale de l'air.)

 

« On peut considérer qu'à l'heure actuelle l'énergie nucléaire épargne 85 000 vies humaines par an si l'on suppose que les centrales nucléaires remplacent des centrales au charbon et 29 000 vies par an si elles se substituent à des centrales au gaz naturel. » (Conseil de l'Europe - Commission de la science et de la technologie - Rapport Emissions de particules fines et santé humaine - 1998)

 

L'énergie nucléaire est dangereuse, comme toutes les énergies... mais pas plus que l'éolien, accidents comptés. Pourtant, lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons seulement "dangers de l'énergie nucléaire civile". Les titres des journaux enflent dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale ; et nous sommes effrayés.

Les dangers du charbon

 

Nous savons que le charbon est une énergie calamiteuse, pourquoi ne pas l'interdire, et n'en parlons plus ? On peut évidemment rêver de remplacer le charbon par des énergies renouvelables. Mais c'est un rêve. On a vu que les énergies renouvelables ne suffisent pas pour remplacer les énergies fossiles ; l'Allemagne en fait la démonstration, elle augmente la part des énergies renouvelables, elle diminue celle du nucléaire... tandis que la part des énergies fossiles reste pratiquement constante ! (La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?)

En outre, on oublie trop facilement que le charbon est abondant, qu'il fournit presque un tiers de l'énergie primaire mondiale et 40 % de l'électricité mondiale (2015). Si nous ne nous préparons pas sérieusement à affronter la croissance des besoins en énergie – et on ne s'y prépare pas – le charbon pourrait finir par jouer un rôle encore plus important, quoi qu'il en déplaise. Parce que quand nous aurons bu la dernière goutte de pétrole, respiré la dernière bouffée de gaz, il y aura encore du charbon sous les pieds.

C'est pourquoi il faut s'informer sérieusement des dangers du charbon, énergie importante aujourd'hui, qui le sera peut-être encore demain.

 

Respirer nuit à la santé !

danger du charbon

• Le charbon tue 10 à 15 000 personnes par an, directement dans des accidents de mine [1].

• Mais ces accidents ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le charbon tue aussi indirectement – et bien davantage. Les mineurs qui échappent aux éboulements et au grisou courent encore le risque de mourir de silicose ou pneumoconiose, ou autre ; « Un ordre de grandeur de 500 000 morts différées par an à l’échelle mondiale paraît donc assez probable [2]. »

 

Mineur, chair à charbon...

 

• Les mineurs ne sont pas les seules victimes du charbon. Le public aussi. Car le charbon empoisonne l'air – notre air. En brûlant il émet soufre, microparticules, cendres, métaux lourds tels que mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité dans l'environnement qu’une centrale nucléaire de puissance comparable ! (REVUE TRIMESTRIELLE DE L'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE ATOMIQUE – Energy for Tomorrow – vol42-2 - Juin 2000).

Une centrale à charbon de 1000 mégawatts électriques émet 500 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium par an (Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker – page 159)

 

Le charbon est plus nucléaire que le nucléaire !

 

• On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon serait responsables de 700 000 morts prématurés par an, dont 400 000 pour la Chine seulement [3]

 

En nombre de décès, le charbon coûte des centaines de Tchernobyl par an.

 

 

La taxe charbon existe déjà !
Elle se paye en maladies et en vies.

  écologie pollution charbon L'exploitation du charbon aux États-Unis serait responsable de problèmes de santé et d'environnement pour un coût caché de 300 à 500 milliards de dollars par an (Full cost accounting for the life cycle of coal – ANNALS OF THE NEW YORK ACADEMY OF SCIENCES - 2011).
Les centrales électriques au charbon seraient responsables de plus de 13 000 décès chaque année aux États-unis. (Clean Air Task Force, The Toll From Coal – que l'on peut traduire par "La taxe charbon").

Le site Health & Environment Alliance évalue à 43 milliards € la facture sanitaire annuelle du charbon pour l'Europe (2009).

Greenpeace estime que les centrales au charbon seraient silencieusement responsables de la perte de 240 000 années de vie  par an, en Europe. Globalement, selon Greenpeace, les centrales au charbon tuent plus que les accidents de la route. (Silent Killers - (Les tueurs silencieux) - juin 2013))

 

Rencontre du quatrième type

danger du charbonLorsque le père Noël descend par la cheminée... il croise la mort qui en sort :

« "Avec les centrale à charbon, la mort passe par la cheminée", déclare Gerald Neubauer, expert des questions énergétiques pour Greenpeace Allemagne. »

Greenpeace et les Grünen savaient que le charbon tue. Pourtant ils ont choisi le charbon :

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag).

Il aurait été fair play d'indiquer qu'on ne signale aucun "effet destructeur" de l'atome en Allemagne, alors que les effets destructeurs du charbon et du lignite allemand sont considérables : 1140 décès par an en Allemagne, et 2490 décès "exportés" chez les voisins (En Europe, la pollution au charbon a engendré 23.000 décès prématurés en un an).

C'est en raison de ce choix des Grünen que les centrales allemandes au lignite tournent à plein régime, crachant CO2, particules fines, et autres poisons.

 

Tonton, pourquoi tu tousses ?
C'est à cause du lignite des Grünen mon enfant...

 

On s'est beaucoup ému du nuage de Tchernobyl.
Mais personne ne proteste, personne ne s’inquiète du nuage de microparticules venant de l’Allemagne charbonneuse, qui traverse le Rhin et est responsable de 1000 morts par an en France.

Les Allemands sont les premières victimes de leur lignite. Mais le nuage empoisonné de l’Allemagne charbonneuse ne s’arrête pas à la frontière, s'il en fut jamais [4]. On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon en Europe est responsable d’environ « 23 000 morts prématurées en Europe chaque année ». Mais pas seulement dans les pays pollueurs ! la France, presque charbon-free, est touchée elle aussi, avec 1 200 décès prématurés « par cette pollution venue d’ailleurs, principalement d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Pologne, de l’Espagne et de la République tchèque. » (Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année - LE MONDE, 2016)

Peut-être verrons-nous un jour, dans les communes de France, de nouveaux monuments à la mémoire des victimes d'une écologie qui n'a pas su évaluer les priorités :

"Tombé pour sortir du nucléaire".
"Tombé pour le lignite allemand".

pollution du charbon en Chine Les Chinois, fins connaisseurs en matière de pollution par le charbon, confirment : ce n’est pas une bonne idée de promener les enfants autour d’une centrale au charbon. Le peuple chinois commencent même à protester, c'est une nouveauté ; il commence même à être écouté des dirigeants, c'est presque une révolution.
Les Japonais aussi protestent contre le nuage de pollution chinoise qui ne s'arrête pas à la frontière, il traverse même la mer du Japon. (Les particules fines chinoises deviennent un sujet de tensions avec le Japon - LE MONDE | 14.03.2014).
Les français sont plus laxistes envers les particules allemandes qui traversent le Rhin : aucune protestation.

 

Les dangers de l'énergie nucléaire civile

Une centrale au charbon ou au gaz est dangereuse tout le temps, même lorsqu'elle n'explose pas. Elle est dangereuse même lorsqu'elle fonctionne normalement, sans aucun incident ni accident. Elle est silencieusement dangereuse, par les fumées, les particules fines, qu'elle émet tout le temps, sans qu'aucune sirène ne sonne l'alerte, sans aucun article dramatique en première page. C'est pourquoi nous ne nous inquiétons pas de ce danger quotidien qui fait pourtant tant de victimes.

Une centrale nucléaire, au contraire, ne présente pas de dangers en fonctionnement normal [4-1].

Évidemment, on opposera tout de suite le risque des accidents nucléaires. Il y en a eu en effet, rares, qui ont soulevé des émotions intenses, bien au-delà des dommages réels. Il y a eu des dégâts et des décès, peu en comparaison de ce dont les activités industrielles non nucléaires sont responsables : accidents de mines, explosions et incendies de plateformes pétrolières, d'usines chimiques (Bhopal...), déversement des produits toxiques dans les eaux ou les airs, ruptures de barrages, etc.

Globalement, le risque sanitaire principal des énergies ne vient pas des accidents nucléaires.

Il vient de l'utilisation quotidienne, ordinaire, normale, des énergies fossiles.

Les énergies fossiles n'ont pas besoin d'accidents spectaculaires pour faire des victimes ;

elles en font tous les jours, silencieusement, sans aucun battage médiatique.

Il faut dépasser les émotions des accidents, faire froidement le bilan global des risques et bénéfices, sur la durée, pour comparer l'énergie nucléaire aux autres énergies.

 

L'énergie nucléaire est l'une des moins dangereuses, même en comptant les accidents. Mais aussi rassurants que soient les chiffres, l'énergie nucléaire fait peur. Lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons surtout "dangers de l'énergie nucléaire", plus précisément, "dangers de l'énergie nucléaire civile". Les journalistes le savent, ils exploitent le filon de la peur et le renforcent, les titres des journaux enflent dès le moindre incident nucléaire. Notre radiophobie fait le reste, un accident nucléaire marque infiniment plus profondément les esprits qu'une catastrophe naturelle ou un accident industriel "classique", même bien plus meurtrier. La peur de l'énergie nucléaire demeure, en dépit de toutes les études qui mesurent qu'elle est l'une des moins dangereuses.

L’"Étude bibliographique sur la comparaison des impacts sanitaires et environnementaux de cinq filières électrogènes (nucléaire, charbon, gaz, hydraulique, éolien)", conclut au « net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz », en raison « essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale (CROUAIL P., LE DARS A., SCHNEIDER T., BONNERY C., GRYGIEL J.M. – CEPN-R-267, 2000) 

dangers charbon et nucléaire

 

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent) ». (Académie nationale de médecine, 2003 – Choix énergétiques et santé – Recommandations – Académie nationale de médecine, 2003)

« Les analyses quantitatives montrent que les risques associés à une utilisation accrue de l’énergie nucléaire sont plus faibles par des ordres de grandeur que les risques associés aux combustibles fossiles. Aucun système d’énergie n’est sans inconvénient. Nous demandons seulement que les décisions en matière de systèmes énergétiques soient basées sur les faits et non sur des émotions et des biais qui ne s’appliquent pas à la technologie nucléaire du XXIe siècle » (Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains - une Traduction française)

Tout cela est très surprenant pour une grande partie du public, dont le ressenti émotionnel est très éloigné de ce qui est mesuré sur le terrain : "et Tchernobyl alors ? Et Fukushima ?"

En effet, Tchernobyl a été une effroyable catastrophe, qui a soulevé une émotion intense partout dans le monde.
Le bilan humain de la catastrophe est toujours discuté, en raison de cette émotion, cette mauvaise conseillère qui paralyse la raison. Le puissant lobby idéologique antinucléaire entretient cette émotion en publiant des chiffres effrayants : des centaines de milliers de décès. Des chiffres délirants systématiquement repris par la presse, parce que les chiffres délirants c'est vendeur.
Mais pourquoi écouter les états d'âme des militants, au lieu de se fier aux chercheurs ? Les informations, les mesures, existent. Des milliers d'études ont été faites, des milliers de publications sont disponibles, signées par des médecins, des épidémiologistes, les meilleurs connaisseurs en le domaine. Ces études n'ont rien de secret, la liste en est donnée dans la base de données PubMed. Des centaines d’experts et de chercheurs indépendants ont analysé et synthétisés cette masse d'informations, dans le cadre du "Forum Tchernobyl", regroupant huit organisations de l'ONU – dont l'OMS, Organisation Mondiale de la Santé. Ces centaines de chercheurs travaillent dans des laboratoires différents, en différents pays, peut-on croire qu'ils seraient tous membres d'un complot universel pour nous tromper en vue d'on ne sait quel intérêt ? Il est plus raisonnable de considérer que leur diversité est garante qu'ils ne reflètent pas une pensée partisane unique, une idéologie unique, et que la synthèse de ces milliers d'études vraiment indépendantes est la meilleure approximation connue des effets de la catastrophe de Tchernobyl que nous puissions avoir [6].

Selon les estimations du Forum Tchernobyl et de l'OMS l'accident de Tchernobyl pourrait être responsable de quelques milliers de victimes par cancers induits – moins de dix mille – sur le temps d'une durée de vie. C'est comparable au nombre de victimes des centrales au charbon, en Europe seulement, chaque année !

Ces estimations sont en totale contradiction avec les hécatombes effroyables annoncées par les militants unicolores – les seules que nous retenons pourtant, parce que justement elles sont effroyables et frappent davantage l'imagination.

Par exemple, en 2013 Corinne Lepage, député européenne, annonçait pour Tchernobyl : « 9 millions de victimes ! », sans autre précision sur ce que seraient ces "victimes". Neuf millions de morts ? ?
Même Greenpeace n’a pas osé pousser le scoop aussi loin !

Peut-être faut-il considérer que les lecteurs qui seront stressés par l’annonce anxiogène de madame Corinne Lepage doivent eux aussi être comptabilisés en tant que "victimes" de Tchernobyl ? Madame Lepage serait ainsi responsable de nouvelles victimes de la catastrophe de Tchernobyl ? Il ne s'agit pas d'une simple boutade ; crier au loup peut être plus stressant et plus funeste que ce que peut faire le loup.
Il semble bien établi que les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl aient été amplifiées par le stress nourri et propagé par une désinformation anxiogène irresponsable, qui a par exemple conduit à des dizaines de milliers d’interruptions volontaires de grossesse en Europe.

« Ce qui s’est passé après l’accident de Tchernobyl montre de façon éclatante le risque d’une surestimation du danger [55-57]. Partant du principe que toute irradiation est dangereuse, on a évacué plus de 200 000 personnes dont la plupart, si elles étaient restées sur place, n’auraient pas reçu davantage que des habitants de certaines régions d’Europe où le sol est riche en radioéléments naturels. » (Le débat sur les effets des faibles doses : de l’épidémiologie à la biologie, 2007 - Environnement, Risques & Santé. Volume 6, Numéro 1, 59-67, Janvier-Février 2007, Point de vue – professeur Maurice Tubiana, de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences)

« La persistance de mythes et d’idées fausses sur le risque d'irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées [autour de Tchernobyl] un 'fatalisme paralysant'. […]
L’impact de Tchernobyl sur la santé mentale est le plus grand problème de santé publique que l’accident ait provoqué à ce jour. Les habitants des zones touchées ont une perception négative de leur état de santé et de leur situation, exacerbée par un sens exagéré du risque sanitaire que la radio-exposition leur fait courir et par la conviction que leur espérance de vie est réduite. » (OMS, Organisation Mondiale de la Santé, rapport du 5 septembre 2005 "Tchernobyl : l’ampleur réelle de l’accident".)

Voir aussi : A Fukushima, la peur et le stress des radiations rendent malades - slate.fr, 2013)

Il n'y a pas eu de Tsunami à Fukushima !

Le ressenti émotionnel des populations – et également de nombre de décideurs qui sont des hommes et des femmes comme les autres – ne coïncide pas avec la réalité.

fukushima Les désastres naturels, tremblements de terre, éruption, tsunami, nous émeuvent évidemment, un certain temps.
Mais ce qui nous terrorise, c'est le risque nucléaire ; un drame est nucléaire ou il n'est pas, une victime est nucléaire ou elle n'est pas. Les réactions face au tsunami au Japon en mars 2011 l'ont bien montré. Le tsunami a été un désastre total pour une région entière. Tout le monde a vu sur les écrans cette épaisse vague noire qui emportait tout sur son passage, navires, maisons, voiture ; et des cadavres. Elle a détruit les ports, les villes, les infrastructures, ruiné l’économie, fait 20 000 morts et des centaines de milliers de sans-abri...
Dramatique. Mais ce n'était qu'une catastrophe naturelle, comme tant d'autres, mineure même comparée au Tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du Sud, qui fit plus de 220 000 morts.

Mais, coup de théâtre, nous avons appris ensuite que la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi avait été touchée. Nucléaire ! Dès ce mot, dès ce moment, le tsunami et ses victimes ont été instantanément effacé de nos mémoires. Quoi ? Que dites-vous ? Une région entière dévastée, 20 000 morts ? Non, on n'est pas au courant. Des centaines de milliers de réfugiés chassés par un tsunami qui a balayé leurs maisons, leurs villes ? Non, on n'est pas au courant. Il n'est resté que la catastrophe nucléaire, alors même qu'il n'y a eu aucune victime nucléaire à déplorer [9] .

fukushimaUn réfugié de Fukushima, c'est forcément un réfugié nucléaire. Fukushima, c'est une catastrophe nucléaire, et rien d'autre. What else ? En frappant "Fukushima" dans le moteur de recherche Google, la première page de réponses pointe exclusivement sur des sites qui ne s'intéressent qu'à la catastrophe nucléaire. Rien concernant les 20 000 morts du tsunami, ni les centaines de milliers de réfugiés du tsunami.

 

Les 20 000 morts du tsunami sont-ils moins importants que les zéros morts de l'accident nucléaire ?

Les 300 à 400 000 sans-abris dont les villes et habitations ont été définitivement détruites par le tsunami sont-ils moins importants que les 150 000 ? déplacés provisoires en raison de l'accident nucléaire ?

 

La panique est mauvaise conseillère

La leçon à tirer de l’accident nucléaire de Fukushima pourrait être, tenant compte du besoin vital d’énergie de l’humanité, des limites des énergies renouvelables, des dangers des énergies fossiles, de tirer le maximum d’enseignements de l'accident pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires. Il pourrait en résulter de nouvelles architectures de centrales, éventuellement plus coûteuses. Mais face au réchauffement climatique des énergies fossiles, et/ou à la famine énergétique des énergies renouvelables, le prix n'est pas un paramètre fondamental.

 

Mais la réaction pourrait aussi être de céder à la panique, d’arrêter les centrales nucléaires.

C'est ce qui s'est passé en Allemagne où l'énergie nucléaire est en partie remplacée par des énergies renouvelables. Énergie bas-carbone des éoliennes contre énergie bas-carbone du nucléaire, match nul ! Le résultat est que les émissions de CO2 en Allemagne ne baissent pas. L'Allemagne a choisi de mettre sous le tapis le réchauffement climatique, elle a choisi d'échanger un risque nucléaire local, hypothétique, contre le danger global, planétaire, certain du réchauffement climatique.

 



[0] Cette page tient compte de considérations développées, entre autres, dans ces autres pages :
Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles ?
L'énergie de demain ; énergies renouvelables, charbon, nucléaire ?
[1] En France, lorsque le charbon y était encore exploité, la catastrophe de Courrières dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, fit plus de 1 000 morts en 1906. C’était Zola, c’était Germinal.
[2] On trouvera des précisions sur ces chiffres, et les références des études, nombreuses, qui permettent de les établir, dans les documents :
Les dangers du charbon

Les dangers du charbon (autres que l’effet de serre) - Bernard Durand - 2012.

La France n’est pas épargnée :
« Selon Rosental (30), la silicose a fait officiellement 34 000 morts en France de 1946 à 1987, mais plus probablement environ 100 000 étant donné les difficultés de faire reconnaître cette maladie et la faible couverture sociale des nombreux mineurs immigrés (Polonais, Italiens, Yougoslaves à l’époque). »
« Même en France, où il n’existe plus de mines en activité, il y aurait encore selon Rosental (31) quelques centaines de morts par an dues à des silicoses contractées du temps des exploitations. »
De son côté, l’Insee notait pour la région Nord Pas-de Calais : « Malgré la cessation des activités d’extraction, le régime de sécurité sociale minière suivait encore 20 000 personnes en 1994 pour pneumoconiose. Le nombre de décès dus à cette maladie est estimé à 400 en 1995. »
[3] ibid
[4] Lors du passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France, les responsables ont aussitôt informé (30 avril 1986) d’une « légère hausse de la radioactivité atmosphérique, non significative pour la santé humaine », ce qui était une bonne appréciation de la situation. Le lobby antinucléaire, furieux que l’on dise qu’un nuage radioactif puisse être "non significatif" pour la santé – ce qui était pourtant le cas – a inventé la fable du nuage arrêté à la frontière.
Le canular a été popularisé à la télévision par Mr Noël Mamère en 1999. Pour ce mensonge, M. Noël Mamère a été condamné, en 1ère instance, puis en appel, puis en cassation, pour diffamation envers le Pr Pellerin, ancien directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants. Ce qui est stupéfiant, c'est que presque tout le monde a cru ce canular - que presque tout le monde y croit encore.
[4-1] Les travailleurs du nucléaire montrent des taux de mortalité et de cancers toutes causes confondues significativement inférieurs à ceux de la population générale. Ce résultat traduit l’effet bien connu, dit du "travailleur en bonne santé" ; mais il signifie également que cet effet n’est pas altéré par une quelconque dangerosité particulière de l'environnement des centrales nucléaires.
Il vaut mieux travailler dans une centrale nucléaire que dans une centrale au charbon.
[6]  Ce travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Forum Tchernobyl est l'équivalent du travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Giec. La confiance que l'on accorde généralement aux conclusions du Giec peut être accordée, pour les mêmes raisons, aux conclusions du Forum Tchernobyl.
[7]  Il a fallu beaucoup de temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" soviétique était de la propagande. Il faudra sans doute encore du temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" militante... est de la propagande.
[9] « Aucune conséquence perceptible des radiations n’est à prévoir parmi le public exposé ou ses descendants » (Rapport UNSCEAR 2013 - Comité Scientifique des Nations unies pour l’Étude des Effets des Rayonnements Ionisants.)
Ce rapport a été rédigé par plus de 80 experts de 18 pays différents. Cette diversité est la meilleure garantie d'un rapport libre et indépendant, fiable.

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Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le bon vieux temps, la nature...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le bon vieux temps... des disettes et famines
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?

La nature et les hommes
La nature fait des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes font des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes d'hier étaient insouciants de la nature... L'homme nouveau tente de la préserver.

La nature est imparfaite, les hommes font mieux que la nature!
La nature fait des merveilles... et des catastrophes aussi.
Les hommes font des merveilles... et des catastrophes aussi.
Mais les hommes réussissent à corriger les vices de la nature.

Comment consommer moins ? L'éducation est-elle une illusion ?
Nous sommes accros à la consommation. Peut-on cesser de consommer toujours plus et de gaspiller ? L'éducation est peu de chose face à la nature humaine.



 

 

 
 
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Mise à jour : 8 décembre 2019

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