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Écologie et environnement

Mythes et réalité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pollution et dangers des énergies. Centrales au charbon, énergie nucléaire

En résumé...

L'énergie est vitale. Nous savons bien que produire de l'énergie a un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en pollution, en maladies, en morts. Mais lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons surtout "dangers de l'énergie nucléaire civile". Parce que les titres des journaux enflent sans mesure dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale.

L'énergie nucléaire est-elle dangereuse ? Certainement... mais pas plus que toutes les énergies que nous utilisons ; en fait moins. Le charbon pollue l'atmosphère de CO2 et de microparticules, le bois de microparticules, les barrages se rompent, le gaz explose, le pétrole se répand en marées noires... Tous comptes faits, l'énergie la moins dangereuse est... l'énergie nucléaire. Au palmarès du danger et de la pollution, le vrai champion c’est le charbon. Pourtant le charbon est le premier producteur d’électricité sur la planète.

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent). » (Académie de médecine)

Face au risque faible, éventuel, d’un accident dans une centrale nucléaire – demain, ou après-demain, ou jamais, qui serait local – il faut aussi considérer les nuisances du charbon et autres combustibles fossiles, qui sont globales par la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique ; leurs victimes sont certaines et non éventuelles, dès aujourd’hui et chaque jour qui passe.

Fermer une centrale nucléaire entraîne inévitablement des morts supplémentaires, en raison du charbon additionnel qui sera extrait et brûlé ; c’est en quelque sorte une forme de sacrifices humains, offerts aujourd’hui au Moloch atome en espérant se protéger de ses colères éventuelles demain.

 

 

 


Les dangers de l'énergie. Dangers du charbon, dangers de l'énergie nucléaire

Texte

 

Il faut répéter l'essentiel en ce qui concerne l'énergie :

L'énergie est vitale. La qualité première d'une énergie est qu'elle puisse assurer les besoins de la planète entière. Toutes les autres considérations sont secondes. L'énergie peut être chère, même dangereuse, ce sont de vrais problèmes ; mais ils sont secondaires comparés au manque d’énergie, qui signerait la disparition de la plus grande partie de l'humanité, de ses modes de vie, de ses civilisations.

La qualité seconde d'une énergie est qu'elle émette peu de CO2. L'énergie peut être chère, même dangereuse, ce sont de vrais problèmes ; mais ils sont secondaires comparés aux menaces du réchauffement climatique.

Les dangers des énergies

Nous savons bien que produire de l'énergie a un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en maladies, en morts, en dommages pour l'environnement.

On a vu que l'énergie aujourd'hui provient majoritairement des énergies fossiles, 80 % environ, et particulièrement du charbon. Le charbon est l'énergie qui connaît la plus forte croissance en valeur absolue. Il est urgent de s'inquiéter des dangers des énergies fossiles en général, du charbon en particulier.

Les figures suivantes montrent les dangers de diverses énergies.
(Les conséquences des émissions de CO2 et du changement climatique ne sont pas comptées.)

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources :
Énergie et environnement – Bernard Durand – Grenoble sciences
Les coûts externes de l’électricité – A. Rabl, J. V. Spadaro

 

• Charbon et fioul "sales" correspondent à des centrales anciennes, encore largement en service.

• Charbon et fioul "propres" (c'est-à-dire moins sales…) correspondent à des centrales récentes, équipées de dispositifs de réduction des émissions de particules fines, SO2, NOx...

• Le nucléaire et l'éolien sont les énergies les moins dangereuses.

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources : Electricity generation and health, Anil Markandya & Paul Wilkinson, The Lancet, 2007; 370: 979–90

 

Les dangers du charbon

Les figures précédentes montrent que le charbon, l'énergie qui connaît la plus forte croissance, est aussi l'une des énergies les plus dangereuses et polluantes qui soient.

 

danger du charbon • Le charbon tue 10 à 15 000 personnes par an, directement dans des accidents de mine [1].
• Mais ces accidents ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le charbon tue aussi – et bien davantage – indirectement. Les mineurs qui échappent aux éboulements et au grisou courent encore le risque de mourir de silicose ou pneumoconiose, ou autre ; « Un ordre de grandeur de 500 000 morts différées par an à l’échelle mondiale paraît donc assez probable [2]. »

   Mineur, chair à charbon...

• Les mineurs ne sont pas les seules victimes du charbon. Le public aussi. Car le charbon empoisonne l'air – notre air. En brûlant il émet soufre, microparticules, cendres, métaux lourds tels que mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité dans l'environnement qu’une centrale nucléaire de puissance comparable ! (REVUE TRIMESTRIELLE DE L'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE ATOMIQUE – Energy for Tomorrow – vol42-2 - Juin 2000 - Page 45 ). Une centrale à charbon de 1000 mégawatts électriques émet 500 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium par an (Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker – page 159)

   Le charbon est plus nucléaire que le nucléaire !

• On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon serait responsables de 700 000 morts par an, dont 400 000 pour la Chine seulement [3]

 

 

La taxe charbon existe déjà !
Elle se paye en maladies et en vies.

  écologie pollution charbon L'exploitation du charbon aux États-Unis serait responsable de problèmes de santé et d'environnement pour un coût caché de 300 à 500 milliards de dollars par an (Full cost accounting for the life cycle of coal – ANNALS OF THE NEW YORK ACADEMY OF SCIENCES - 2011).
Les centrales électriques au charbon seraient responsables de plus de 13 000 décès chaque année aux États-unis. (Clean Air Task Force, The Toll From Coal – que l'on peut traduire par "La taxe charbon").

Le site Health & Environment Alliance évalue à 43 milliards € la facture sanitaire annuelle du charbon pour l'Europe (2009).

Respirer nuit à la santé !

Greenpeace estime que les centrales au charbon seraient silencieusement responsables de la perte de 240 000 années de vie [4] par an, en Europe. Globalement, selon Greenpeace, les centrales au charbon tuent plus que les accidents de la route. (Silent Killers - (Les tueurs silencieux) - juin 2013)

danger du charbonRencontre du quatrième type, lorsque le père Noël descend par la cheminée... il croise la mort qui en sort :

« "Avec les centrale à charbon, la mort passe par la cheminée", déclare Gerald Neubauer, expert des questions énergétiques pour Greenpeace Allemagne. »

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. Après tout, ce qui nous importe à tous c'est la protection de l'environnement » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag).

Greenpeace et les Grünen savaient donc que la mort passe par les cheminées du charbon. Ils ont réagi en développant les énergies renouvelables, bravo ; mais aussi en sortant du nucléaire, et c'est ainsi que les centrales allemandes au lignite continuent à tourner à plein régime, continuent à cracher CO2, particules fines, et autres poisons. 1 partout, match nul, l'Allemagne n'a pas réduit ses émissions de CO2.

 

Tonton, pourquoi tu tousses ?
C'est à cause du lignite des Grünen mon enfant...

 

On s'est beaucoup ému du nuage de Tchernobyl qui ne s'était pas arrêté à la frontière.
Mais personne ne proteste, personne ne s’inquiète du nuage de microparticules de l’Allemagne charbonneuse, qui traverse le Rhin et est responsable de 1000 morts par an en France.

Les Allemands sont les premières victimes de leur lignite. Mais le nuage empoisonné de l’Allemagne charbonneuse… ne s’arrête pas à la frontière, s'il en fut jamais [4-3]. On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon en Europe est responsable d’environ « 23 000 morts prématurées en Europe chaque année ». Mais pas seulement dans les pays pollueurs ! la France, presque charbon-free grâce au nucléaire, est touchée elle aussi « par cette pollution venue d’ailleurs, principalement d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Pologne, de l’Espagne et de la République tchèque, avec 1 200 décès prématurés. » (Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année - LE MONDE, 2016)

Peut-être verrons-nous un jour, dans les communes de France, de nouveaux monuments à la mémoire des victimes de l'écologie :

"Tombé pour sortir du nucléaire".
"Tombé pour le lignite allemand".

pollution du charbon en Chine Les Chinois, de fins connaisseurs en matière de pollution par le charbon, confirment : ce n’est pas une bonne idée de promener les enfants autour d’une centrale au charbon. Le peuple chinois commencent même à protester, c'est une nouveauté ; il commence même à être écouté des dirigeants, c'est presque une révolution.
Les Japonais aussi protestent contre le nuage de pollution chinoise qui ne s'arrête pas à la frontière, il traverse même la mer du Japon. (Les particules fines chinoises deviennent un sujet de tensions avec le Japon - LE MONDE | 14.03.2014).
Les français sont plus laxistes envers les particules allemandes qui traversent le Rhin : aucune protestation.

Les dangers du nucléaire

Le charbon cumule tous les défauts : il pollue, il émet beaucoup de CO2, il est dangereux, et son plus gros défaut, il est abondant et économique, donc attirant. Ce qui explique que sa consommation ait crû de 94 % entre 1980 et 2010, et qu'il compte pour près de 30 % de toute l'énergie primaire consommée sur la planète.

L'idéal serait évidemment de n'utiliser que des énergies qui soient à la fois peu émettrices de CO2 et peu dangereuses. L'énergie hydroélectrique et les nouvelles énergies renouvelables, éolien, solaire, etc., sont de bons candidats à première vue, comme il apparaît sur les diagrammes donnés plus haut. Toutefois, ces énergies ont une limite : la production hydroélectrique plafonnera tôt ou tard, quand tous les sites exploitables seront équipés ; quant aux mythiques nouvelles énergies renouvelables, elles piétinent à 1 % environ de l'énergie mondiale, et sont soumises aux caprices du vent et du soleil. Ces énergies doivent être développées, mais elles n'ont pas la capacité de produire assez massivement pour satisfaire les besoins.

Il reste l'énergie nucléaire.

- Elle est peu dangereuse, comme il apparaît sur les figures ci-dessus.

- Elle émet peu de CO2.

- Elle est capable de produire massivement, tout le temps, sans problèmes d'intermittence.

Mais l'énergie nucléaire fait peur. Lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons surtout "dangers de l'énergie nucléaire civile" [5]. Les journalistes le savent, ils exploitent le filon de la peur et le renforcent, les titres des journaux enflent sans mesure dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale. Et il y a les accidents nucléaires. Un accident nucléaire marque infiniment plus profondément les esprits qu'une catastrophe naturelle ou un accident industriel "classique", même bien plus meurtriers. La peur de l'énergie nucléaire demeure, en dépit de toutes les études qui mesurent qu'elle est l'une des moins dangereuses.

L’"Étude bibliographique sur la comparaison des impacts sanitaires et environnementaux de cinq filières électrogènes (nucléaire, charbon, gaz, hydraulique, éolien)", conclut au « net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz », en raison « essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale (CROUAIL P., LE DARS A., SCHNEIDER T., BONNERY C., GRYGIEL J.M. – CEPN-R-267, 2000) 

dangers charbon et nucléaire

 

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent) ». (Académie nationale de médecine, 2003 – Choix énergétiques et santé – Recommandations – Académie nationale de médecine, 2003)

Tout cela est très surprenant pour une grande partie du public, dont le ressenti émotionnel est très éloigné de ce qui est mesuré sur le terrain : "et Tchernobyl alors ?"

En effet, Tchernobyl a été une effroyable catastrophe, qui a soulevé une émotion intense partout dans le monde.
Le bilan humain de la catastrophe est toujours discuté, en raison de cette émotion, cette mauvaise conseillère qui paralyse la raison. Le puissant lobby idéologique antinucléaire entretient cette émotion en publiant des chiffres effrayants, issus du chapeau des convictions et des phobies des militants : des centaines de milliers de décès et même plus. Ce sont ces chiffres délirants que l'on retrouve quasi systématiquement dans la presse.
Mais pourquoi écouter les états d'âme des militants, au lieu de se fier aux chercheurs ? Les informations, les mesures, existent. Des milliers d'études ont été faites, des milliers de publications sont disponibles, signées par des médecins, des épidémiologistes, les meilleurs connaisseurs en le domaine. La liste de ces études n'a rien de secret, elle figure dans la base de données PubMed. Des centaines d’experts et de chercheurs indépendants ont analysé et synthétisés cette masse d'informations, dans le cadre du "Forum Tchernobyl", regroupant huit organisations de l'ONU – dont l'OMS, Organisation Mondiale de la Santé [6]. Est-il raisonnable de n'écouter que les croyances des militants, et d'ignorer la synthèse de centaines d’experts et de chercheurs indépendants ? Peut-on croire que ces chercheurs seraient tous membres d'un complot universel pour nous tromper en vue d'on ne sait quel intérêt ? Il est plus raisonnable de considérer que cette diversité est garante que les résultats communs ne reflètent pas une pensée partisane unique, une idéologie unique ; seulement les faits reconnus par tous. Dans le cadre du Forum Tchernobyl, l'Agence internationale de l'énergie atomique estimait en 2005 que Tchernobyl pourrait être responsable de 9 000 décès par cancer sur le temps d'une génération (CHERNOBYL: LOOKING BACK TO GO FORWARD - P 96). Ces estimations sont en totale contradiction avec les hécatombes effroyables annoncées par les militants unicolores – les seules que nous retenons pourtant, parce que justement elles sont effroyables et frappent davantage l'imagination.

9 000 décès en une génération, c’est énorme. Mais les fumées du charbon sont responsables de 700 000 morts par an... mais personne ne qui se préoccupe des victimes du charbon ?
Face aux résultats des chercheurs indépendants du Tchernobyl forum, indépendants d'idéologie, les opposants au nucléaire font dans la surenchère. En 2011 Corinne Lepage, député européenne, annonçait pour Tchernobyl : « 9 millions de victimes ! », sans autre précision sur ce que seraient ces "victimes". Neuf millions de morts ? ?
Même Greenpeace n’aurait pas osé pousser le scoop aussi loin !

Une étude récente portant sur 110 000 liquidateurs de Tchernobyl, relève 137 cas de leucémies, dont 19 attribuables à leur intervention (Lydia Zablotska et al., Environmental Health Perspectives, 8 novembre 2012). Où sont les 9 millions de "victimes" ? Peut-être faut-il considérer que tous les lecteurs qui seront traumatisés par l’annonce anxiogène de madame Corinne Lepage doivent eux aussi être comptabilisés en tant que "victimes" de Tchernobyl ? Madame Lepage serait ainsi responsable de nouvelles victimes de la catastrophe de Tchernobyl ? Il ne s'agit pas ici d'une simple boutade ; crier au loup peut être plus stressant et plus funeste que ce que peut faire le loup.
Il semble bien établi que les conséquences réelles de l'accident de Tchernobyl aient été amplifiées par le stress nourri et propagé par une désinformation anxiogène irresponsable, qui a par exemple conduit à des dizaines de milliers d’interruptions volontaires de grossesse en Europe. Les populations étaient ballotées entre la défiance (fondée) à l’égard des fausses informations officielles soviétiques, et l’angoisse (infondée) devant le déferlement des rumeurs militantes apocalyptiques, tout aussi fausses que "l'information" soviétique  [7].

« Ce qui s’est passé après l’accident de Tchernobyl montre de façon éclatante le risque d’une surestimation du danger [55-57]. Partant du principe que toute irradiation est dangereuse, on a évacué plus de 200?000 personnes dont la plupart, si elles étaient restées sur place, n’auraient pas reçu davantage que des habitants de certaines régions d’Europe où le sol est riche en radioéléments naturels. » (Le débat sur les effets des faibles doses : de l’épidémiologie à la biologie, 2007 - Environnement, Risques & Santé. Volume 6, Numéro 1, 59-67, Janvier-Février 2007, Point de vue – professeur Maurice Tubiana, de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences)

« La persistance de mythes et d’idées fausses sur le risque d'irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées [autour de Tchernobyl] un 'fatalisme paralysant'. […]
L’impact de Tchernobyl sur la santé mentale est le plus grand problème de santé publique que l’accident ait provoqué à ce jour. Les habitants des zones touchées ont une perception négative de leur état de santé et de leur situation, exacerbée par un sens exagéré du risque sanitaire que la radio-exposition leur fait courir et par la conviction que leur espérance de vie est réduite. » (OMS, Organisation Mondiale de la Santé, rapport du 5 septembre 2005 "Tchernobyl : l’ampleur réelle de l’accident".)

Voir aussi : A Fukushima, la peur et le stress des radiations rendent malades - slate.fr, 2013)

La désinformation sur la dangerosité réelle des diverses énergies peut conduire à tirer de mauvaises leçons des événements.
La leçon à tirer de l’accident nucléaire de Fukushima pourrait être, tenant compte du besoin vital d’énergie de l’humanité, des limites des énergies renouvelables, des dangers des énergies fossiles, de tirer le maximum d’enseignements de l'accident en ce qui concerne la sécurité. Il pourrait en résulter de nouvelles architectures de centrales, éventuellement plus coûteuses. Mais face au réchauffement climatique des énergies fossiles, et/ou à la famine énergétique des énergies renouvelables, le prix n'est pas un paramètre fondamental.

Mais la réaction pourrait aussi être de céder à la panique, d’arrêter toutes les centrales nucléaires dans le monde.

Fermer une centrale nucléaire est une forme de sacrifice humain : sacrifier aujourd'hui des victimes des énergies fossiles sur l'autel du Moloch atome – en espérant se protéger de ses colères éventuelles demain.

La décision de fermer une centrale nucléaire mérite plus de réflexion qu’une réaction de panique. Parce que même en espérant beaucoup d'économies d'énergie, il faudra bien remplacer une partie au moins de l'énergie de cette centrale, par des énergies renouvelables de préférence. Mais on ne peut que souligner encore les limites des nouvelles énergies renouvelables, et particulièrement le fait qu'elles ont besoin de tuteurs pour les soutenir lorsque le vent manque. Les tuteurs ce sont les énergies fossiles, avec leur cortège de fumées, microparticules, CO2. C'est-à-dire qu'une centrale nucléaire fermée sera remplacée, en partie au moins, par des énergies fossiles, dont on a vu qu'elles étaient plus dangereuses !

Moins de nucléaire = plus d'énergies fossiles = fumées et microparticules dès aujourd'hui = réchauffement climatique demain.

Le différentiel de danger entre l'énergie nucléaire et les énergies fossiles se traduit par cette conséquence surprenante : l'énergie nucléaire épargne des vies.

« En se fondant sur [Un article scientifique paru récemment dans la revue médicale Lancet], on peut considérer qu'à l'heure actuelle l'énergie nucléaire épargne 85 000 vies humaines par an si l'on suppose que les centrales nucléaires remplacent des centrales au charbon et 29 000 vies par an si elles se substituent à des centrales au gaz naturel. » (Conseil de l'Europe - Commission de la science et de la technologie - Rapport Emissions de particules fines et santé humaine - 9 juillet 1998)

« Malgré les trois accidents nucléaires majeurs enregistrés, l'énergie nucléaire a évité environ 1,84 million de décès dans le monde dans la période 1971-2009. » (notre-planete.info - à propos de l'article : Kharecha, P.A., and J.E. Hansen, 2013: Prevented mortality and greenhouse gas emissions from historical and projected nuclear power. Environ. Sci. Technol. Il s'agit des personnes épargnées du fait d'une moindre pollution de l'air.)

Fermer une centrale nucléaire entraîne des morts supplémentaires.
Verra-t-on un jour des zadistes s'installer autour d'une centrale nucléaire menacée de fermeture ?

Il n'y a pas eu de Tsunami à Fukushima !

La décision de fermer une centrale nucléaire n'est pas simple à prendre, elle dépend de dangers que l'on ne sait pas quantifier. Est-il urgent d'échanger le risque d'un accident nucléaire éventuel, local et limité, contre le risque d'un réchauffement climatique inéluctable, global, peut-être globalement catastrophique ? Si on ne réduit pas les émissions de CO2 et que la planète brûle, à quoi aura servi de sortir du nucléaire ?

En outre, le ressenti émotionnel des populations – et également de nombre de décideurs qui sont des hommes comme les autres – ne coïncide pas avec la réalité.

fukushima Un accident de mine par ci, une détresse pulmonaire ou une silicose par là, causent au total un nombre considérable de victimes, elles se comptent par millions. Mais ces victimes éparpillées dans l'espace et le temps passent inaperçues.
Ce qui nous terrorise, c'est le risque nucléaire, tel que les médias l'amplifient ; un drame est nucléaire ou il n'est pas, une victime est nucléaire ou elle n'est pas. Les réactions face au tsunami au Japon en mars 2011 l'ont bien montré. Le tsunami a été un désastre total pour une région entière. Tout le monde a vu sur les écrans cette épaisse vague noire qui emportait tout sur son passage, navires, maisons, voiture ; et des cadavres. Elle a détruit les ports, les villes, les infrastructures, ruiné l’économie, fait 20 000 victimes et des centaines de milliers de sans-abri...
Dramatique.
Puis nous avons appris que la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi aussi avait été ravagée par le tsunami, sans toutefois que l'on ait à déplorer des victimes attribuables au nucléaire [8]... Il s'est passé alors une chose étrange... le tsunami a été instantanément effacé de nos mémoires. Que dites-vous ? Une région entière dévastée, 20 000 morts ? Non, on n'est pas au courant. Des centaines de milliers de réfugiés, chassés par un tsunami qui a balayé leurs maisons, leurs villes ? Non, on n'est pas au courant.

fukushimaUn réfugié de Fukushima, c'est forcément un réfugié nucléaire. Fukushima, c'est une catastrophe nucléaire, et rien d'autre. What else ? En frappant "Fukushima" dans le moteur de recherche Google, la première page de réponses pointe exclusivement sur des sites qui ne s'intéressent qu'à la catastrophe nucléaire. Rien concernant les 20 000 morts du tsunami, ni les centaines de milliers de réfugiés du tsunami.

 



[1] En France, lorsque le charbon y était encore exploité, la catastrophe de Courrières dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, fit plus de 1 000 morts en 1906. C’était Zola, c’était Germinal.
[2] On trouvera des précisions sur ces chiffres, et les références des études, nombreuses, qui permettent de les établir, dans les documents :
Les dangers du charbon

Les dangers du charbon (autres que l’effet de serre) - Bernard Durand - 2012.

La France n’est pas épargnée :
« Selon Rosental (30), la silicose a fait officiellement 34 000 morts en France de 1946 à 1987, mais plus probablement environ 100 000 étant donné les difficultés de faire reconnaître cette maladie et la faible couverture sociale des nombreux mineurs immigrés (Polonais, Italiens, Yougoslaves à l’époque). »
« Même en France, où il n’existe plus de mines en activité, il y aurait encore selon Rosental (31) quelques centaines de morts par an dues à des silicoses contractées du temps des exploitations. »
De son côté, l’Insee notait pour la région Nord Pas-de Calais : « Malgré la cessation des activités d’extraction, le régime de sécurité sociale minière suivait encore 20 000 personnes en 1994 pour pneumoconiose. Le nombre de décès dus à cette maladie est estimé à 400 en 1995. »
[3] ibid

 

 

[4] Les définitions sont encore floues et discutées. Mais on peut comprendre qu'il est utile de distinguer entre les notions de décès immédiat, de morts prématurées, et d'années de vie perdues à cause des morts prématurées.
[4-3] Le canular du nuage arrêté à la frontière a été inventé à la télévision par Noël Mamère en 1999, 15 ans après la catastrophe, contre toute vérité. Pour ce mensonge, Mr Noël Mamère a été condamné, en 1ère instance, puis en appel, puis en cassation, pour diffamation envers le Pr Pellerin, ancien directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants. Ce qui est stupéfiant, c'est que tout le monde a crû à ce mensonge, y croît encore ; est-ce un chef-d'œuvre de canular, ou la confirmation que nous sommes des proies faciles pour les canulars et les rumeurs ?
[5] Étrangement, le nucléaire militaire ne soulève ni peur, ni débat, ni passion.
[6]  Ce travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Forum Tchernobyl est l'équivalent du travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Giec. La confiance que l'on accorde généralement aux conclusions du Giec peut être accordée, pour les mêmes raisons, aux conclusions du Forum Tchernobyl.
[7]  Il a fallu beaucoup de temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" soviétique était de la propagande. Il faudra sans doute encore du temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" militante... est de la propagande.
[8]  Il n'y a pas eu de victimes aujourd’hui. Mais peut-être y en aura-t-il, innombrables, dans le futur ? Les considérations ci-dessous sur la radioactivité et ses mythes rapportent des mesures permettant d'évaluer plus objectivement cette question.

L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie et environnement - Mythes et réalité

 

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Le livre est disponible en version numérique :

- Format Kindle : Écologie et environnement - Mythes et réalité

- Format E-pub : ici

Les fichiers numériques peuvent être lus sur PC, iPhone, iPad... via des applications Amazon ou Google télécheargeables gratuitement.
Ils peuvent également être lu sur des liseuses de livres électroniques (ebooks).
Le livre "Transition énergétique et changement climatique" (format Kindle seulement), est un sous-ensemble du livre complet, "Écologie, environnement... Mythes et réalité".


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Petits billets de mise en bouche

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Perspectives : les émissions de CO2 augmentent.

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Mais la dépense se fera, tôt ou tard.

Les petits gestes pour sauver la planète ... Ont de petits effets !

La voiture électrique marche aussi au charbon !
… Sauf en France où l'électricité est principalement nucléaire.
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L'énergie de demain
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La transition énergétique ; moins de nucléaire contre plus de CO2 ?
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Déchets nucléaires, déchets toxiques, déchet CO2
Le vrai déchet, LE déchet, c'est le déchet CO2.
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OGM, avantages et inconvénients, pesticides naturels - Les variétés naturelles, même bio, contiennent des pesticides naturels et des gènes inconnus. Mais enfin, les OGM vinrent !

OGM - Les OGM Bt permettent de réduire l'utilisation des insecticides...
Nous voulons moins de pesticides ?
Alors utilisons plus d'OGM Bt !

Mutagenèse, transgenèse, OGM cachés, TIS

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace - Une multinationale du lobbying 

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Mythes et réalité...

Le bon vieux temps - mythes et réalité
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Pesticides contre famines - Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?

Nature, amie ou ennemie ?

L’argent ne fait pas toujours le bonheur... Mais nous ne sommes pas près de muter en homo-ecologicus-no-gaspillus. 


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Présentation rapide

Nous sommes maintenant conscients, presque tous, de l'urgence écologique, convaincus qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, l'ennemi public No1. Mais nous n'avons pas encore tous pris conscience qu'il est nécessaire de lutter par tous les moyens.

La combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée. Autrefois il n'y avait que quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi produire plus de baies et plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents... Un énorme défi ! qui nécessite précaution, respect de l'environnement, mais aussi réalisme, sans frilosité passéiste ; nous ne pouvons nous permettre le luxe de rejeter des techniques seulement par dogme – pesticides et engrais de synthèse, OGM, énergie nucléaire, etc. Le danger est dans le climat anti-science et les peurs irrationnelles, il est de se recroqueviller et se réfugier dans l'impasse de la recherche d'un mythique bon vieux temps perdu. "C'était mieux avant". Le mythique bon vieux temps était celui des disettes et des famines ; le vrai bon vieux temps, c'est aujourd'hui.

L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.



 

 

 

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Mise à jour : 19 juin 2017

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