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Les dangers de l'énergie. Charbon et énergie nucléaire

En résumé...

L'énergie est vitale. Nous savons bien que produire de l'énergie a un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en maladies, en morts, en dommages pour l'environnement. Mais lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons surtout "dangers de l'énergie nucléaire civile". Parce que les titres des journaux enflent sans mesure dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale.

L'énergie nucléaire est-elle dangereuse ? Certainement... mais pas plus que toutes les énergies que nous utilisons ; en fait moins. Le charbon empoisonne l'atmosphère de CO2 et de microparticules, le bois de microparticules, les barrages se rompent, le gaz explose, le pétrole se répand en marées noires... Tous comptes faits, l'énergie la moins dangereuse est... l'énergie nucléaire. Au palmarès du danger et des nuisances, le vrai champion – mais discret et modeste, il ne s’en vante pas – c’est le charbon. Pourtant le charbon est le premier producteur d’électricité sur la planète.

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent). » (Académie de médecine)

Face au risque faible, éventuel, d’un accident dans une centrale nucléaire – demain, ou après-demain, ou jamais, qui serait local – il faut aussi considérer les nuisances du charbon et autres combustibles fossiles, qui sont globales par la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique ; leurs victimes sont certaines et non éventuelles, dès aujourd’hui et chaque jour qui passe.

Fermer une centrale nucléaire entraîne inévitablement des morts supplémentaires, en raison du charbon additionnel qui sera extrait et brûlé ; c’est en quelque sorte une forme de sacrifices humains, offerts aujourd’hui au Moloch atome pour se protéger de ses colères éventuelles demain.

 

 

 


Les dangers de l'énergie. Dangers de l'énergie nucléaire, dangers du charbon

Texte

 

Il faut répéter l'essentiel en ce qui concerne l'énergie :

1] L'énergie est nécessaire.

2] L'énergie est nécessaire, vitale.

3] L'énergie est nécessaire, vitale. L'économiser est nécessaire, mais non suffisant pour accompagner le développement des énormes pays pauvres et émergents.

L'énergie est vitale. Toutes les autres considérations sont secondes. L'énergie peut être chère, même dangereuse, ce sont de vrais problèmes ; mais ils sont secondaires comparés au manque d’énergie, qui signerait la disparition de la civilisation.

Il y a beaucoup de disputes sur le vrai coût des énergies, nouvelles énergies renouvelables, nucléaire, etc.
Mais c'est un faux débat.
Le vrai problème n'est pas le coût de l'énergie, mais sa capacité à répondre aux nécessités.

La qualité première d'une énergie est qu'elle puisse produire suffisamment pour la planète entière.

La qualité première d'une énergie est qu'elle émette peu de CO2.

Laquelle est vraiment première ?

Personne ne le sait encore. Personne ne sait si la civilisation disparaîtra d'abord par manque d'énergie, ou d'abord par les bouleversements du changement climatique. Les mythiques nouvelles énergies renouvelables piétinent à 1 % environ. Ce 1 % peut-il croître suffisamment, suffisamment vite, avant que la planète brûle ?

À moins qu'il n'existe d'autres types d'énergie pour enrayer ces catastrophes...

L'énergie est dangereuse

Nous savons bien que produire de l'énergie a un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en maladies, en morts, en dommages pour l'environnement. Mais lorsque nous pensons "dangers de l'énergie", nous pensons surtout "dangers de l'énergie nucléaire civile" [0]. Parce que les titres des journaux enflent sans mesure dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale.

Pourtant, toutes les énergies sont dangereuses, pas seulement l'énergie nucléaire. Le charbon empoisonne l'atmosphère de CO2 et de microparticules, le bois de microparticules, les barrages se rompent, le gaz explose, le pétrole se répand en marées noires...

On a vu que l'énergie du futur, pendant encore des dizaines d'années, viendra essentiellement des énergies fossiles, et particulièrement du charbon. Il est donc important de s'inquiéter des dangers des énergies fossiles en général, du charbon en particulier.

Le charbon est-il dangereux ?

La réponse est dans les tableaux suivants.
(Les conséquences des émissions de CO2 et du changement climatique ne sont pas comptées.)

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources :
Énergie et environnement – Bernard Durand – Grenoble sciences
Les coûts externes de l’électricité – A. Rabl, J. V. Spadaro

 

• Charbon et fioul "sales" correspondent à des centrales anciennes, encore largement en service.

• Charbon et fioul "propres" (c'est-à-dire moins sales…) correspondent à des centrales récentes, équipées de dispositifs de réduction des émissions de particules fines, SO2, NOx...

• Le nucléaire et l'éolien sont les énergies les moins dangereuses.

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources : Electricity generation and health, Anil Markandya & Paul Wilkinson, The Lancet, 2007; 370: 979–90

 

 

Le charbon, l'énergie qui connaît la plus forte croissance, l'énergie du futur,
est aussi l'une des plus dangereuse et des plus polluantes qui soient.

 

danger du charbon • Le charbon tue 10 à 15 000 personnes par an, directement dans des accidents de mine [1].
• Mais ces accidents ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le charbon tue aussi – et bien davantage – indirectement. Les mineurs qui échappent aux éboulements et au grisou courent encore le risque de mourir de silicose ou pneumoconiose, ou autre ; « Un ordre de grandeur de 500 000 morts différées par an à l’échelle mondiale paraît donc assez probable [2]. »

   Mineur, chair à charbon...

• Les mineurs ne sont pas les seules victimes du charbon. Le public aussi. Car le charbon empoisonne l'air – notre air. En brûlant il émet soufre, microparticules, cendres, métaux lourds tels que mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité dans l'environnement qu’une centrale nucléaire de puissance comparable ! (REVUE TRIMESTRIELLE DE L'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE ATOMIQUE – Energy for Tomorrow – vol42-2 - Juin 2000 - Page 45 ). Une centrale à charbon de 1000 mégawatts électriques émet 500 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium par an (Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker – page 159)

   Le charbon est plus nucléaire que le nucléaire !

• On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon serait responsables de 700 000 morts par an, dont 400 000 pour la Chine seulement [3]

 

Nous payons déjà une taxe charbon… En maladies et en vies.

  écologie pollution charbon

L'exploitation du charbon aux États-Unis serait responsable de problèmes de santé et d'environnement pour un coût caché de 300 à 500 milliards de dollars par an (Full cost accounting for the life cycle of coal – ANNALS OF THE NEW YORK ACADEMY OF SCIENCES - 2011).
Les centrales électriques au charbon seraient responsables de plus de 13 000 décès chaque année aux États-unis. (Clean Air Task Force, The Toll From Coal – que l'on peut traduire par "La taxe charbon").

Le site Health & Environment Alliance évalue à 43 milliards € la facture sanitaire annuelle du charbon pour l'Europe (2009).

Respirer nuit à la santé !

Greenpeace estime que les centrales au charbon seraient silencieusement responsables de la perte de 240 000 années de vie [4] par an, en Europe. Globalement, selon Greenpeace, les centrales au charbon tuent plus que les accidents de la route. (Silent Killers - (Les tueurs silencieux) - juin 2013)

danger du charbonRencontre du quatrième type, lorsque le père Noël descend par la cheminée... il croise la mort qui monte :

« "Avec les centrale à charbon, la mort passe par la cheminée", déclare Gerald Neubauer, expert des questions énergétiques pour Greenpeace Allemagne. »

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. Après tout, ce qui nous importe à tous c'est la protection de l'environnement » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag).

Greenpeace et les Grünen savaient donc que la mort passe par les cheminées du charbon. Ils savaient, mais ils ont quand même choisi de laisser la mort passer.

C'est ainsi que les centrales allemandes au lignite tournent à plein régime, continuent à cracher CO2, particules fines, et autres poisons.

 

Tonton, pourquoi tu tousses ?
C'est à cause du lignite des Grünen mon enfant...

 

On s'est beaucoup ému du nuage de Tchernobyl qui ne s'était pas arrêté à la frontière.
Mais personne ne proteste, personne ne s’inquiète du nuage de microparticules de l’Allemagne charbonneuse, qui traverse le Rhin et est responsable de 1000 morts par an en France.

Les Allemands sont les premières victimes de leur lignite. Mais le nuage empoisonné de l’Allemagne charbonneuse… ne s’arrête pas à la frontière, s'il en fut jamais [4-3]. On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon en Europe est responsable d’environ « 23 000 morts prématurées en Europe chaque année ». Mais pas seulement dans les pays pollueurs ! la France, presque charbon-free grâce au nucléaire, est touchée elle aussi « par cette pollution venue d’ailleurs, principalement d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Pologne, de l’Espagne et de la République tchèque, avec 1 200 décès prématurés. » (Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année - LE MONDE, 2016)

Peut-être verrons-nous un jour, dans les communes de France, de nouveaux monuments à la mémoire des victimes de l'écologie :

"Tombé pour sortir du nucléaire".
"Tombé pour le lignite allemand".

Les Chinois sont de bons connaisseurs en matière de fumées du charbon, ils confirment : ce n’est pas une bonne idée de promener les enfants autour d’une centrale au charbon. Les Japonais aussi confirment, ils protestent contre la pollution chinoise, qui ne s'arrête pas à la frontière et traverse la mer du Japon. (Les particules fines chinoises deviennent un sujet de tensions avec le Japon - LE MONDE | 14.03.2014). Les écologistes français sont plus laxistes envers les particules allemandes qui traversent le Rhin.

Le nucléaire est-il dangereux ?

L'idéal serait évidemment de n'utiliser que les énergies les moins dangereuses. C'est-à-dire, selon le diagramme donné plus haut, les nouvelles énergies renouvelables, éolien, solaire, etc., mais aussi le nucléaire.
On a vu les limites des nouvelles énergies renouvelables. On ne peut compter sur elles que comme de faibles appoints aléatoires, soumis aux caprices du vent et du soleil. Il faut trouver plus sérieux.
Par exemple, le nucléaire.

De nombreuses études confirment que l'énergie nucléaire fait partie de la famille "énergies les moins dangereuses".

L’"Étude bibliographique sur la comparaison des impacts sanitaires et environnementaux de cinq filières électrogènes (nucléaire, charbon, gaz, hydraulique, éolien)", conclut au « net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz », en raison « essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale (CROUAIL P., LE DARS A., SCHNEIDER T., BONNERY C., GRYGIEL J.M. – CEPN-R-267, 2000) 

dangers charbon et nucléaire

 

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent) ». (Académie nationale de médecine, 2003 – Choix énergétiques et santé – Recommandations – Académie nationale de médecine, 2003)

Les études épidémiologiques sur les travailleurs du nucléaire exposés aux rayonnements ionisants montrent des taux de mortalité et de cancers, toutes causes confondues, significativement inférieurs, pour eux, à ceux de la population générale. Ce résultat traduit l’effet bien connu, dit du "travailleur en bonne santé" ; mais il signifie également que cet effet n’est pas contrebalancé par une quelconque dangerosité particulière de l'environnement des centrales nucléaires.

Il vaut mieux travailler dans une centrale nucléaire que dans une centrale au charbon.

En comparant les nuisances et les dangers, actuels et futurs,
la priorité n'est pas de sortir du nucléaire ;
elle est de sortir du charbon.

Tout cela est très surprenant pour une grande partie du public, dont le ressenti émotionnel est très éloigné de ce qui est mesuré sur le terrain : "et Tchernobyl alors ?"

En effet, Tchernobyl a été une effroyable catastrophe, qui a soulevé une émotion intense partout dans le monde.
Le bilan humain de la catastrophe est toujours discuté, en raison de cette émotion, cette mauvaise conseillère qui paralyse la raison. Le puissant lobby idéologique antinucléaire entretient cette émotion en publiant des chiffres effrayants, issus du chapeau des convictions et des phobies des militants : des centaines de milliers de décès et même plus. Ce sont ces chiffres délirants que l'on retrouve quasi systématiquement dans la presse.
Mais pourquoi écouter les états d'âme des militants, au lieu de se fier aux chercheurs ? Les informations, les mesures, existent. Des milliers d'études ont été faites, des milliers de publications sont disponibles, signées par des médecins, des épidémiologistes, les meilleurs connaisseurs en le domaine. La liste de ces études n'a rien de secret, elle figure dans la base de données PubMed. Des centaines d’experts et de chercheurs indépendants ont analysé et synthétisés cette masse d'informations, dans le cadre du "Forum Tchernobyl", regroupant huit organisations de l'ONU – dont l'OMS, Organisation Mondiale de la Santé [6]. Est-il raisonnable de n'écouter que les croyances des militants, et d'ignorer la synthèse de centaines d’experts et de chercheurs indépendants ? Peut-on croire que ces chercheurs seraient tous membres d'un complot universel pour nous tromper en vue d'on ne sait quel intérêt ? Il est plus raisonnable de considérer que cette diversité est garante que les résultats communs ne reflètent pas une pensée partisane unique, une idéologie unique ; seulement les faits reconnus par tous. Dans le cadre du Forum Tchernobyl, l'Agence internationale de l'énergie atomique estimait en 2005 que Tchernobyl pourrait être responsable de 9 000 décès par cancer sur le temps d'une génération (CHERNOBYL: LOOKING BACK TO GO FORWARD - P 96). Ces estimations sont en totale contradiction avec les hécatombes effroyables annoncées par les militants unicolores – les seules que nous retenons pourtant, parce que justement elles sont effroyables et frappent davantage l'imagination.

9 000 décès en une génération, c’est énorme. Mais les fumées du charbon sont responsables de 700 000 morts par an... mais personne ne qui se préoccupe des victimes du charbon ?
Face aux résultats des chercheurs indépendants du Tchernobyl forum, indépendants d'idéologie, les opposants au nucléaire font dans la surenchère. En 2011 Corinne Lepage, député européenne, annonçait pour Tchernobyl : « 9 millions de victimes ! », sans autre précision sur ce que seraient ces "victimes". Neuf millions de morts ? ?
Même Greenpeace n’aurait pas osé pousser le scoop aussi loin !

Une étude récente portant sur 110 000 liquidateurs de Tchernobyl, relève 137 cas de leucémies, dont 19 attribuables à leur intervention (Lydia Zablotska et al., Environmental Health Perspectives, 8 novembre 2012). Où sont les 9 millions de "victimes" ? Peut-être faut-il considérer que tous les lecteurs qui seront traumatisés par l’annonce anxiogène de madame Corinne Lepage doivent eux aussi être comptabilisés en tant que "victimes" de Tchernobyl ? Madame Lepage serait ainsi responsable de nouvelles victimes de la catastrophe de Tchernobyl ? Il ne s'agit pas ici d'une simple boutade ; crier au loup peut être plus stressant et plus funeste que ce que peut faire le loup. Il semble bien établi que le principal problème de santé des accidents nucléaires, ce ne sont pas les radiations, c'est le stress, nourri et propagé par une désinformation anxiogène irresponsable, qui a par exemple conduit à des dizaines de milliers d’interruptions volontaires de grossesse en Europe.

« Ce qui s’est passé après l’accident de Tchernobyl montre de façon éclatante le risque d’une surestimation du danger [55-57]. Partant du principe que toute irradiation est dangereuse, on a évacué plus de 200?000 personnes dont la plupart, si elles étaient restées sur place, n’auraient pas reçu davantage que des habitants de certaines régions d’Europe où le sol est riche en radioéléments naturels. » (Le débat sur les effets des faibles doses : de l’épidémiologie à la biologie, 2007 - Environnement, Risques & Santé. Volume 6, Numéro 1, 59-67, Janvier-Février 2007, Point de vue – professeur Maurice Tubiana, de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences)

Le plus grand problème de santé publique de Tchernobyl a été créé par l’anxiété : par la défiance (fondée) à l’égard des fausses informations officielles soviétiques, et par l’angoisse (infondée) devant le déferlement des rumeurs militantes apocalyptiques, tout aussi fausses que l'information soviétique  [7].

« La persistance de mythes et d’idées fausses sur le risque d'irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées [autour de Tchernobyl] un 'fatalisme paralysant'. […]
L’impact de Tchernobyl sur la santé mentale est le plus grand problème de santé publique que l’accident ait provoqué à ce jour. Les habitants des zones touchées ont une perception négative de leur état de santé et de leur situation, exacerbée par un sens exagéré du risque sanitaire que la radio-exposition leur fait courir et par la conviction que leur espérance de vie est réduite. » (OMS, Organisation Mondiale de la Santé, rapport du 5 septembre 2005 "Tchernobyl : l’ampleur réelle de l’accident".)

Voir aussi : A Fukushima, la peur et le stress des radiations rendent malades, slate.fr, 2013 )

Cette désinformation sur la dangerosité réelle des diverses énergies peut nous conduire à tirer de mauvaises leçons des événements.
La leçon à tirer de l’accident nucléaire de Fukushima pourrait être, tenant compte du besoin vital d’énergie de l’humanité, des limites des énergies renouvelables, des dangers des énergies fossiles, de tirer le maximum d’enseignements de l'accident en ce qui concerne la sécurité. Il pourrait en résulter de nouvelles architectures de centrales, éventuellement plus coûteuses. Mais face au réchauffement climatique et à la famine énergétique, le prix n'est pas un paramètre fondamental.

Mais la réaction pourrait aussi être de céder à la panique, d’arrêter toutes les centrales nucléaires dans le monde.

Fermer une centrale nucléaire est une forme de sacrifice humain, comme il s'en faisait autrefois ; sacrifier des victimes aujourd'hui au Moloch atome – en espérant se protéger de ses colères éventuelles demain.

La décision de fermer une centrale nucléaire mérite plus de réflexion qu’une réaction de panique. Une partie de la production arrêtée pourra être remplacée par les nouvelles énergies renouvelables, mais une partie seulement ! Il faudra aussi, nécessairement, utiliser des énergies fossiles, compte tenu des limites et de l'intermittence des nouvelles énergies renouvelables.

Moins de nucléaire = plus d'énergies fossiles = plus de dégâts :

« En se fondant sur [Un article scientifique paru récemment dans la revue médicale Lancet], on peut considérer qu'à l'heure actuelle l'énergie nucléaire épargne 85 000 vies humaines par an si l'on suppose que les centrales nucléaires remplacent des centrales au charbon et 29 000 vies par an si elles se substituent à des centrales au gaz naturel. » (Conseil de l'Europe - Commission de la science et de la technologie - Rapport Emissions de particules fines et santé humaine - 9 juillet 1998)

« Malgré les trois accidents nucléaires majeurs enregistrés, l'énergie nucléaire a évité environ 1,84 million de décès dans le monde dans la période 1971-2009. » (notre-planete.info - à propos de l'article : Kharecha, P.A., and J.E. Hansen, 2013: Prevented mortality and greenhouse gas emissions from historical and projected nuclear power. Environ. Sci. Technol. Il s'agit des personnes épargnées du fait d'une moindre pollution de l'air.)

C'est-à-dire que fermer une centrale nucléaire entraîne inévitablement des morts supplémentaires, en raison du charbon additionnel qui sera extrait, de ses fumées et microparticules lorsqu'il sera brûlé, et des dégâts environnementaux liés au changement climatique.
Dès lors, la décision semble simple à prendre. Il s'agit de choisir entre, d'un côté le risque éventuel d’un accident dans une centrale nucléaire, demain, ou après-demain, ou jamais, et qui serait local et limité ; et de l'autre côté, les nuisances certaines et non éventuelles du charbon et autres combustibles fossiles, qui sont globales par la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique, et considérables : des dizaines de milliers de vies par an, pas demain, déjà maintenant.
Mais il y a une grosse difficulté : le ressenti émotionnel des populations – et de nombre de décideurs influencés par l'air du temps – ne coïncide pas avec les considérations de raison.

fukushima Un accident de mine par-ci, une détresse pulmonaire ou une silicose par-là, causent au total un nombre considérable de victimes, elles se comptent par millions. Mais ces victimes éparpillées dans l'espace et le temps passent inaperçues.
Ce qui nous terrorise, c'est ce que l'on nous fait croire de la menace nucléaire ; un drame est nucléaire ou il n'est pas, une victime est nucléaire ou elle n'est pas. Les réactions face au tsunami au Japon en mars 2011 l'ont bien montré. Le tsunami a été un désastre total pour une région entière. Tout le monde a vu sur les écrans cette épaisse vague noire qui emportait tout sur son passage, navires, maisons, voiture ; et des cadavres. Elle a détruit les ports, les villes, les infrastructures, ruiné l’économie, fait 20 000 victimes et des centaines de milliers de sans-abri...
Dramatique.
Puis nous avons appris que la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi aussi avait été ravagée par le tsunami, sans toutefois que l'on ait à déplorer des victimes attribuables au nucléaire [8]... Il s'est passé alors une chose étrange... le tsunami a été instantanément effacé de nos mémoires. Que dites-vous ? Une région entière dévastée, 20 000 morts ? Non, on n'est pas au courant. Des centaines de milliers de réfugiés, chassés par un tsunami qui a balayé leurs maisons, leurs villes ? Non, on n'est pas au courant.

fukushimaUn réfugié de Fukushima, c'est forcément un réfugié nucléaire. Fukushima, c'est une catastrophe nucléaire, et rien d'autre. What else ? En frappant "Fukushima" dans le moteur de recherche Google, la première page de réponses pointe exclusivement sur des sites qui ne s'intéressent qu'à la catastrophe nucléaire. Rien concernant les 20 000 morts du tsunami, ni les centaines de milliers de réfugiés du tsunami.

 



[0] Le nucléaire militaire ne soulève ni débat ni passion.
[1] En France, lorsque le charbon y était encore exploité, la catastrophe de Courrières dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, fit plus de 1 000 morts en 1906. C’était Zola, c’était Germinal.
[2] On trouvera des précisions sur ces chiffres, et les références des études, nombreuses, qui permettent de les établir, dans les documents :
Les dangers du charbon

Les dangers du charbon (autres que l’effet de serre) - Bernard Durand - 2012.

La France n’est pas épargnée :
« Selon Rosental (30), la silicose a fait officiellement 34 000 morts en France de 1946 à 1987, mais plus probablement environ 100 000 étant donné les difficultés de faire reconnaître cette maladie et la faible couverture sociale des nombreux mineurs immigrés (Polonais, Italiens, Yougoslaves à l’époque). »
« Même en France, où il n’existe plus de mines en activité, il y aurait encore selon Rosental (31) quelques centaines de morts par an dues à des silicoses contractées du temps des exploitations. »
De son côté, l’Insee notait pour la région Nord Pas-de Calais : « Malgré la cessation des activités d’extraction, le régime de sécurité sociale minière suivait encore 20 000 personnes en 1994 pour pneumoconiose. Le nombre de décès dus à cette maladie est estimé à 400 en 1995. »
[3] ibid

 

 

[4] Les définitions sont encore floues et discutées. Mais on peut comprendre qu'il est utile de distinguer entre les notions de décès immédiat, de morts prématurées, et d'années de vie perdues à cause des morts prématurées.
[4-3] Le canular du nuage arrêté à la frontière a été inventé à la télévision par Noël Mamère en 1999, 15 ans après la catastrophe, contre toute vérité. Pour ce mensonge, Mr Noël Mamère a été condamné, en 1ère instance, puis en appel, puis en cassation, pour diffamation envers le Pr Pellerin, ancien directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants. Ce qui est stupéfiant, c'est que tout le monde a crû à ce mensonge, y croît encore ; est-ce un chef-d'œuvre de canular, ou la confirmation que nous sommes des proies faciles pour les canulars et les rumeurs ?
[6]  Ce travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Forum Tchernobyl est l'équivalent du travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Giec. La confiance que l'on accorde généralement aux conclusions du Giec peut être accordée, pour les mêmes raisons, aux conclusions du Forum Tchernobyl.
[7]  Il a fallu beaucoup de temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" soviétique était de la propagande. Il faudra sans doute encore du temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" militante... est de la propagande.
[8]  Il n'y a pas eu de victimes aujourd’hui. Mais peut-être y en aura-t-il, innombrables, dans le futur ? Les considérations ci-dessous sur la radioactivité et ses mythes rapportent des mesures permettant d'évaluer plus objectivement cette question.

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Ingénieur
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.

Personne ne conteste l'idée écologiste de respecter et préserver la planète.
Mais la planète est une chose trop importante pour être confiée aux seuls écologistes.


Certaines pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie et environnement - mythes et réalité

Les thèmes simplement abordés ici sont développés dans le livre.

écologie, environnement, mythes et réalité

Le livre est disponible en version numérique :

- Format Kindle : Écologie et environnement - mythes et réalité

- Format E-pub : ici

Ces fichiers numériques peuvent être lus sur PC, iPhone, iPad... via des applications Amazon ou Google télécheargeables gratuitement.
Le Fichier Kindle peut également être lu sur les liseuses kindle/Amazon.
Le livre "Transition énergétique et changement climatique" (format Kindle), est un sous-ensemble du livre complet, "Écologie, environnement... mythes et réalité".


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Nous avons un rêve... celui de vivre sereinement sur une planète durablement accueillante, dans un environnement riant et sain.

Mais le rêve doit savoir s'adapter à un environnement qui change, inéluctablement, sous la pression d'une population mondiale plus nombreuse et moins pauvre.

Les Terriens sont plus nombreux, sept milliards déjà, neuf milliards bientôt ; ils occupent donc plus d'espace, consomment plus de nourriture, plus d'énergie.
Ils sont moins pauvres ; ils occupent donc plus d'espace, consomment plus de nourriture, plus d'énergie.

Le temps où il n'y avait que quelques rares bons sauvages, nus, cueillant une poignée de baies dans la forêt, est fini. Une poignée de baies, ça va, mais sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Il faut s'adapter.

S'adapter, c'est veiller à ne pas gaspiller les baies ; mais c'est aussi en produire plus encore, en augmentant encore les rendements sur des terres de plus en plus rares, concurrencées par les habitations, les routes, etc.
Il faut lancer l'alerte : il ne sera pas possible de produire assez de baies pour neuf milliards de Terriens, par de seuls moyens dits "naturels", l'agriculture biologique, les pesticides biologiques, etc.

S'adapter, c'est économiser l'énergie ; mais c'est aussi en produire plus encore.
Il faut lancer l'alerte : les énergies renouvelables ne peuvent répondre, seules, aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

Le monde change, il ne peut plus être du vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. Car la nature est en faillite depuis longtemps. Le mythique "bon vieux temps", lorsque tout était "naturel", était celui de la misère et du travail harassant, de la peste et des famines, de la pollution de l'eau, de la rage de dents que rien ne soulageait.

Les hommes sauront peut-être répondre aux formidables défis de l'alerte alimentaire, de l'alerte énergétique. Ils ont déjà inventé l'agriculture, créé de nouvelles variétés de plantes, développé la formidable énergie des machines. C'est ce qui permet de faire vivre et mieux vivre des foules croissante. Le bon vieux temps c'est aujourd'hui ; vivement aujourd'hui !

Personne ne conteste la nécessité de respecter et préserver la planète.
Mais la planète est une chose trop importante pour être confiée aux seuls écologistes.



 

 

 

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Mise à jour : 26 juillet 2016

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