écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


Pollution et dangers des énergies. Centrales au charbon, énergie nucléaire [0]

 

 

L'énergie a un prix, en euros ou autres devises, et aussi en pollution, en maladies, en morts.

L'énergie nucléaire présente des risques, comme n'importe quelle énergie.

En fait, moins que n'importe quelle autre énergie.

Mais le ressenti émotionnel des populations – et également de nombre de décideurs qui sont des hommes et des femmes comme les autres – ne coïncide pas avec la réalité.

 

 

 


 

Les dangers de l'énergie. Dangers du charbon, dangers de l'énergie nucléaire

 

Les dangers des différentes énergies - La "taxe énergie", en vies

Nous savons bien que toutes les énergies ont un prix, non seulement en euros ou autres devises, mais aussi en pollution, en maladies, en morts. Les barrages se rompent, le gaz explose, le pétrole se répand en marées noires, le feu de bois émet des particules fines, les énergies fossiles polluent et réchauffent l'atmosphère... Les diagrammes suivants permettent de comparer le nombre des décès résultant la construction et de l'exploitation des installations. Ce nombre comprend les effets de la pollution de l'air, les accidents, y compris en amont, dans les mines par exemple ; les accidents nucléaires de Tchernobyl ou Fukushima sont comptés. Dans le cas du photovoltaïque, les dangers proviennent essentiellement de la phase de construction, et non de l'exploitation ; ils correspondent aux dangers de la production de l'électricité nécessaire à la fabrication des panneaux. Ils sont particulièrement élevés lorsque les panneaux sont fabriqués en Chine, en raison de la pollution des centrales électrique au charbon en Chine.

Toutefois, les conséquences des émissions de CO2 et du changement climatique ne sont pas comptées, ce qui charge encore plus la barque des énergies fossiles.

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

 

Pour apercevoir le cas des énergies les moins dangereuses et les moins émettrices de CO2, il faut une loupe à fort grossissement. Le diagramme suivant montre les détails que l'on peut voir alors :

 

risques, charbon, nucléaire, éolien et énergies renouvelables

Sources :
Ademe - Base carbone - 2019
Mortality rate worldwide in 2018, by energy source

 

 

Les risques du nucléaire sont du même niveau que ceux de l'éolien.

 

(Et le nucléaire émet 10 fois moins de CO2 que le photovoltaïque. )

Et pourtant, nous sommes prêts à dépenser des flots de milliards pour remplacer nos centrales nucléaires par des éoliennes... Parce que ce que nous craignons viscéralement, c'est l'énergie nucléaire. Lorsque nous pensons "risques de l'énergie", nous ne pensons pas charbon, gaz pétrole, nous pensons "risques de l'énergie nucléaire civile" (curieusement, le nucléaire militaire ne soulève ni peur, ni débat, ni passion...). Les titres des journaux enflent dès le moindre incident nucléaire, dès qu'un boulon se dévisse, dès qu'un rayon alpha ou oméga s'évade d'une centrale et part en cavale ; et nous sommes effrayés.

C'est pourquoi il existe énormément de littérature, recherches, articles, commentaires, sur le thème : "combien l'énergie nucléaire a-t-elle coûté de décès ?"

Il est rare de se poser la question inverse : "'énergie nucléaire permettant de remplacer des centrales fossiles qui sont particulièrement meurtrières, combien l'énergie nucléaire a-t-elle épargné de décès ?"

Une réponse : entre 1971 et 2009, plus de deux millions de vies ont été sauvées par l'énergie nucléaire.

L'énergie nucléaire sauve des vies.

(Prevented mortality and greenhouse gas emissions from historical and projected nuclear power - Environmental Science & Technology, Kharecha, P. A., & Hansen, J. E. - 2013)

 

 

► « Au fond, être antinucléaire, est-ce être écologiste, ou est-ce juste être... antinucléaire ? » (J. M. Jancovici)

Les dangers du charbon

 

Nous savons que le charbon est une énergie calamiteuse, pourquoi ne pas l'interdire, et n'en parlons plus ? On peut évidemment rêver de remplacer le charbon par des énergies renouvelables. Mais c'est un rêve. On a vu que les énergies renouvelables ne suffisent pas pour remplacer les énergies fossiles ; l'Allemagne en fait la démonstration, elle augmente la part des énergies renouvelables, elle diminue celle du nucléaire... tandis que la part des énergies fossiles reste pratiquement constante ! (Voir La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?)

En outre, on oublie trop facilement que le charbon est abondant, qu'il fournit presque un tiers de l'énergie primaire mondiale et 40 % de l'électricité mondiale (2015). Si nous ne nous préparons pas sérieusement à affronter la croissance des besoins en énergie – et on ne s'y prépare pas – le charbon pourrait finir par jouer un rôle encore plus important, quoi qu'il en déplaise. Parce que quand nous aurons bu la dernière goutte de pétrole, respiré la dernière bouffée de gaz, il y aura encore du charbon sous les pieds.

C'est pourquoi il faut s'informer sérieusement des dangers du charbon, énergie importante aujourd'hui, qui le sera peut-être encore demain.

 

Respirer nuit à la santé !

danger du charbon

• Le charbon tue 10 à 15 000 personnes par an, directement dans des accidents de mine [1].

• Mais ces accidents ne sont que la partie visible de l’iceberg. Le charbon tue aussi indirectement – et bien davantage. Les mineurs qui échappent aux éboulements et au grisou courent encore le risque de mourir de silicose ou pneumoconiose, ou autre ; « Un ordre de grandeur de 500 000 morts différées par an à l’échelle mondiale paraît donc assez probable [2]. »

Un accident de mine par ci, une détresse pulmonaire ou une silicose par là, causent au total un nombre considérable de victimes, elles se comptent par millions. Mais ces victimes éparpillées dans l'espace et le temps ne soulèvent pas d'émotion.

 

Mineur, chair à charbon...

 

• Les mineurs ne sont pas les seules victimes du charbon. Le public aussi. Car le charbon empoisonne l'air – notre air. En brûlant il émet soufre, microparticules, cendres, métaux lourds tels que mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité dans l'environnement qu’une centrale nucléaire de puissance comparable ! (REVUE TRIMESTRIELLE DE L'AGENCE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE ATOMIQUE – Energy for Tomorrow – vol42-2 - Juin 2000).

Une centrale à charbon de 1000 mégawatts électriques émet 500 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium par an (Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker – page 159)

 

Le charbon est plus nucléaire que le nucléaire !

 

• On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon serait responsables de 700 000 morts prématurés par an, dont 400 000 pour la Chine seulement [3]

 

En nombre de décès, le charbon coûte des centaines de Tchernobyl par an.

 

 

La taxe charbon existe déjà !
Elle se paye en maladies et en vies.

  écologie pollution charbon L'exploitation du charbon aux États-Unis serait responsable de problèmes de santé et d'environnement pour un coût caché de 300 à 500 milliards de dollars par an (Full cost accounting for the life cycle of coal – ANNALS OF THE NEW YORK ACADEMY OF SCIENCES - 2011).
Les centrales électriques au charbon seraient responsables de plus de 13 000 décès chaque année aux États-unis. (Clean Air Task Force, The Toll From Coal – que l'on peut traduire par "La taxe charbon").

Le site Health & Environment Alliance évalue à 43 milliards € la facture sanitaire annuelle du charbon pour l'Europe (2009).

Greenpeace estime que les centrales au charbon seraient silencieusement responsables de la perte de 240 000 années de vie  par an, en Europe. Globalement, selon Greenpeace, les centrales au charbon tuent plus que les accidents de la route. (Silent Killers - (Les tueurs silencieux) - juin 2013))

 

Rencontre du quatrième type

danger du charbonLorsque le père Noël descend par la cheminée... il croise la mort qui en sort :

« "Avec les centrale à charbon, la mort passe par la cheminée", déclare Gerald Neubauer, expert des questions énergétiques pour Greenpeace Allemagne. »

Greenpeace et les Grünen savaient que le charbon tue. Pourtant ils ont choisi le charbon :

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag).

 

 

Les Grünen ont choisi de cacher le réchauffement climatique sous le tapis.

Ils ont choisi le charbon.

 

Pour éviter un risque hypothétique, les Grünen ont choisi les dangers certains et actuels du charbon : 1000 décès par an en Allemagne, plus de 2000 décès "exportés" chez les voisins (En Europe, la pollution au charbon a engendré 23.000 décès prématurés en un an - 2016).

 

Tonton, pourquoi tu tousses ?
C'est à cause du lignite des Grünen mon enfant...

 

Les Allemands sont les premières victimes de leur lignite. Mais le nuage empoisonné de l’Allemagne charbonneuse ne s’arrête pas à la frontière, s'il en fut jamais [4].

On s'est beaucoup ému du nuage de Tchernobyl.

Mais personne ne proteste, personne ne s’inquiète du nuage de microparticules venant de l’Allemagne charbonneuse, qui traverse le Rhin et est responsable de plus de 1000 morts par an en France.

On estime que la pollution atmosphérique des centrales au charbon en Europe est responsable d’environ « 23 000 morts prématurées en Europe chaque année ». Mais pas seulement dans les pays pollueurs ! la France, presque charbon-free, est touchée elle aussi, avec 1 200 décès prématurés « par cette pollution venue d’ailleurs, principalement d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Pologne, de l’Espagne et de la République tchèque. » (Le charbon entraîne 23 000 morts prématurées en Europe chaque année - LE MONDE, 2016)

 

Peut-être verrons-nous un jour, dans les communes de France, de nouveaux monuments à la mémoire des victimes d'une écologie qui n'a pas su évaluer les priorités :

"Tombé pour sortir du nucléaire".
"Tombé pour le lignite allemand".

pollution du charbon en Chine Les Chinois, fins connaisseurs en matière de pollution par le charbon, confirment : ce n’est pas une bonne idée de promener les enfants autour d’une centrale au charbon. Le peuple chinois commencent même à protester, c'est une nouveauté ; il commence même à être écouté des dirigeants, c'est presque une révolution.
Les Japonais aussi protestent contre le nuage de pollution chinoise qui ne s'arrête pas à la frontière, il traverse même la mer du Japon. (Les particules fines chinoises deviennent un sujet de tensions avec le Japon - LE MONDE | 14.03.2014).
Les français sont plus laxistes envers les particules allemandes qui traversent le Rhin : aucune protestation.

 

Les risques de l'énergie nucléaire (civile)

Une centrale au gaz ou au charbon est dangereuse tout le temps, même lorsqu'elle ronronne tranquillement, normalement, sans aucun incident ni accident, sans explosion. Elle est silencieusement dangereuse, ordinairement dangereuse, par les fumées, les particules fines, qu'elle émet tout le temps, sans qu'aucune sirène ne sonne l'alerte, sans aucun article dramatique en première page. C'est pourquoi nous ignorons ce danger quotidien.

Les énergies fossiles n'ont pas besoin d'accidents spectaculaires pour faire des victimes ;

elles en font tous les jours, silencieusement, sans aucun battage médiatique.

Une centrale nucléaire, au contraire, ne présente pas de dangers en fonctionnement normal [4-1].

Évidemment, on opposera tout de suite le risque des accidents nucléaires. Il y en a eu en effet, rares, qui ont soulevé des émotions intenses. Il y a eu des victimes, très peu en comparaison de la somme des victimes quotidiennes et ignorées des énergies fossiles ; et peu également en comparaison des victimes des activités industrielles non nucléaires dont nous entendons parler un jour, puis que nous oublions le lendemain ; accidents de mines, de plateformes pétrolières, d'oléoducs, marées noires, accidents d'usines chimiques (Bhopal...), déversement des produits toxiques dans les eaux ou dans les airs, ruptures de barrages, etc.

Pourtant, c'est le nucléaire qui fait peur... Lorsque nous pensons "risques des énergies", nous pensons surtout "risques de l'énergie nucléaire civile". Les journalistes le savent, les titres des journaux enflent dès le moindre incident nucléaire. Un accident nucléaire marque infiniment plus profondément les esprits qu'une catastrophe naturelle ou un accident industriel "classique", même bien plus meurtrier. La peur de l'énergie nucléaire demeure, en dépit de toutes les études qui mesurent qu'elle est l'une des moins dangereuses.

L’"Étude bibliographique sur la comparaison des impacts sanitaires et environnementaux de cinq filières électrogènes (nucléaire, charbon, gaz, hydraulique, éolien)", conclut au « net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz », en raison « essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale (CROUAIL P., LE DARS A., SCHNEIDER T., BONNERY C., GRYGIEL J.M. – CEPN-R-267, 2000) 

dangers charbon et nucléaire

 

« la filière nucléaire s’avère avoir le plus faible impact sur la santé par kWh produit par rapport aux filières utilisant des combustibles fossiles, les biomasses ou l’incinération des déchets (en raison de la pollution atmosphérique qu’elles entraînent) ». (Académie nationale de médecine, 2003 – Choix énergétiques et santé – Recommandations – Académie nationale de médecine, 2003)

« Les analyses quantitatives montrent que les risques associés à une utilisation accrue de l’énergie nucléaire sont plus faibles par des ordres de grandeur que les risques associés aux combustibles fossiles. Aucun système d’énergie n’est sans inconvénient. Nous demandons seulement que les décisions en matière de systèmes énergétiques soient basées sur les faits et non sur des émotions et des biais qui ne s’appliquent pas à la technologie nucléaire du XXIe siècle » (Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains - une Traduction française)

Tout cela est très surprenant pour une grande partie du public, dont le ressenti émotionnel est très éloigné de ce qui est mesuré sur le terrain : Le risque réel est une (petite) chose, le risque perçu est une (énorme) autre chose.

"Et Tchernobyl alors ? Et Fukushima ?", demande le public.

En effet, Tchernobyl a été une effroyable catastrophe, qui a soulevé une émotion intense partout dans le monde.
Le bilan humain de la catastrophe est toujours discuté, en raison de cette émotion, cette mauvaise conseillère qui paralyse la raison. Le puissant lobby idéologique antinucléaire entretient cette émotion en publiant des chiffres effrayants : des centaines de milliers de décès. Des chiffres délirants systématiquement repris par la presse, parce que plus les chiffres sont délirants, plus c'est vendeur.
Mais pourquoi écouter les états d'âme des militants, au lieu de se fier aux chercheurs ? Les convictions proclamées de quelques militants seraient-elles une information plus fiable que des milliers d'études de chercheurs de tous horizons de tous pays ? Les informations, les mesures, existent. Des milliers de publications sont disponibles, signées par des médecins, des épidémiologistes, les meilleurs connaisseurs en le domaine. Ces études n'ont rien de secret, la liste en est donnée dans la base de données PubMed. Des centaines d’experts et de chercheurs indépendants analysent et synthétisent cette masse d'informations dans le cadre du "Forum Tchernobyl", regroupant huit organisations de l'ONU – dont l'OMS, Organisation Mondiale de la Santé. Ces centaines de chercheurs travaillent dans des laboratoires différents, en différents pays, peut-on croire qu'ils seraient tous membres d'un complot universel pour nous tromper en vue d'on ne sait quel intérêt ? Il est plus raisonnable de considérer que leur diversité est garante qu'ils ne reflètent pas une pensée partisane unique, une idéologie unique, et que la synthèse de ces milliers d'études vraiment indépendantes est la meilleure approximation connue des effets de la catastrophe de Tchernobyl que nous puissions avoir [6].

Selon les estimations du Forum Tchernobyl et de l'OMS l'accident de Tchernobyl pourrait être responsable de quelques milliers de victimes à long terme par cancers induits – moins de dix mille sur le temps d'une durée de vie.

L'accident de Tchernobyl peut être responsable de victimes à long terme. On en connaît l'estimation au pire du nombre maximum.

Les centrales au charbon et au lignite elles aussi sont responsables de victimes à long terme, par la pollution et les particules fines. Ces centrales font des victimes en fonctionnement normal, sans accident, tout le temps. Elles en font chaque année en Europe autant que pourrait faire au pire l'accident de Tchernobyl le temps d'une durée de vie.

Les centrales au charbon continuent à fonctionner... En Allemagne elles ont compensé en partie la fermeture de quelques centrales nucléaires. Pour éviter les victimes hypothétiques d'un accident nucléaire hypothétique, on utilise une énergie responsable chaque année de victimes bien réelles, autant qu'aurait pu faire un accident nucléaire hypothétique en des dizaines d'années. C'est ça "l'idée".

Les estimations du Forum Tchernobyl sont en totale contradiction avec les hécatombes effroyables annoncées par les militants – les seules que nous retenons pourtant, parce que justement elles sont effroyables et frappent davantage l'imagination. On a pu lire des articles annonçant "9 millions de victimes" (La leçon de Tchernobyl - Corinne Lepage). On peut considérer que ces articles sont eux-mêmes responsables de nouvelles "victimes" de la catastrophe de Tchernobyl, puisque quelques lecteurs seront stressés par des annonces aussi anxiogènes ; ces victimes sont-elles, elles aussi, comptabilisées en tant que "victimes" de Tchernobyl ? Il ne s'agit pas d'une simple boutade : crier au loup peut créer plus de dommages qu'en pourrait faire le loup. Il semble bien établi que les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl aient été amplifiées par le stress nourri et propagé par une désinformation anxiogène irresponsable, par la défiance (justifiée) à l’égard des fausses informations officielles soviétiques, et par l’angoisse (injustifiée) devant le déferlement des rumeurs militantes apocalyptiques, tout aussi fausses [7] ; ce qui a conduit par exemple à des dizaines de milliers d’interruptions volontaires de grossesse en Europe. On en reparlera.

« Ce qui s’est passé après l’accident de Tchernobyl montre de façon éclatante le risque d’une surestimation du danger [55-57]. Partant du principe que toute irradiation est dangereuse, on a évacué plus de 200 000 personnes dont la plupart, si elles étaient restées sur place, n’auraient pas reçu davantage que des habitants de certaines régions d’Europe où le sol est riche en radioéléments naturels. [...]
Ces craintes ont provoqué des dizaines de milliers d’interruptions volontaires de grossesse » (Le débat sur les effets des faibles doses : de l’épidémiologie à la biologie, 2007 - Environnement, Risques & Santé. Volume 6, Numéro 1, 59-67, Janvier-Février 2007, Point de vue – professeur Maurice Tubiana, de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences)

 

« La persistance de mythes et d’idées fausses sur le risque d'irradiation ont provoqué chez les habitants des zones touchées [autour de Tchernobyl] un 'fatalisme paralysant'. […]
L’impact de Tchernobyl sur la santé mentale est le plus grand problème de santé publique que l’accident ait provoqué à ce jour. Les habitants des zones touchées ont une perception négative de leur état de santé et de leur situation, exacerbée par un sens exagéré du risque sanitaire que la radio-exposition leur fait courir et par la conviction que leur espérance de vie est réduite. » (OMS, Organisation Mondiale de la Santé, rapport du 5 septembre 2005 "Tchernobyl : l’ampleur réelle de l’accident".)

Voir aussi : A Fukushima, la peur et le stress des radiations rendent malades - slate.fr, 2013)

 

Il n'y a pas eu de Tsunami à Fukushima !

Le ressenti émotionnel des populations – et également de nombre de décideurs qui sont des hommes et des femmes comme les autres – ne coïncide pas avec la réalité.

fukushima Les désastres naturels, tremblements de terre, éruption, tsunami, nous émeuvent évidemment – pendant un temps. Mais ce qui nous terrorise durablement, c'est le risque nucléaire ; un drame est nucléaire ou il n'est pas, une victime est nucléaire ou elle n'est pas. Les réactions face au tsunami au Japon en mars 2011 l'ont bien montré. Le tsunami a été un désastre total pour une région entière. Tout le monde a vu sur les écrans cette épaisse vague noire qui emportait tout sur son passage, navires, maisons, voiture ; et des cadavres. Elle a détruit les ports, les villes, les infrastructures, fait plus de 20 000 morts et des centaines de milliers de sans-abri...
Dramatique. Mais ce n'était qu'une catastrophe naturelle, comme tant d'autres, mineure même comparée au Tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du Sud, qui fit plus de 220 000 morts.

Mais, coup de théâtre, nous avons appris ensuite que la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi avait été touchée. Nucléaire ! Dès ce mot, dès ce moment, le tsunami et ses victimes ont été instantanément effacé des mémoires.

 

Quoi ? Que dites-vous ? Une région entière dévastée, 20 000 morts ?

Non, je ne suis pas au courant.

Des centaines de milliers de réfugiés chassés par un tsunami qui a balayé leurs maisons, leurs villes ?

Non, je ne suis pas au courant.

Une catastrophe nucléaire ?

Ah ! ça oui, je sais, je suis au courant.

Pas de victime nucléaire à déplorer [9] ?

Ah ! c'est bizarre, on m'avait dit qu'il y avait eu une hécatombe nucléaire.

fukushimaUn réfugié de Fukushima, c'est forcément un réfugié nucléaire. Fukushima, c'est une catastrophe nucléaire, et rien d'autre. What else ? En frappant "Fukushima" dans le moteur de recherche Google, la première page de réponses pointe exclusivement sur des sites qui ne s'intéressent qu'à la catastrophe nucléaire. Rien concernant les 20 000 morts du tsunami, ni les centaines de milliers de réfugiés du tsunami.

 

Un rapport du Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR) publié le 9 mars 2021 indique :

« Aucun effet néfaste sur la santé des habitants de Fukushima pouvant être directement attribué à l’exposition aux radiations n’a été documenté »

 

Les 20 000 morts du tsunami sont-ils moins importants que les zéros morts de l'accident nucléaire ?

Les 300 à 400 000 sans-abris dont les villes et habitations ont été définitivement détruites par le tsunami sont-ils moins importants que les 150 000  déplacés provisoires en raison de l'accident nucléaire ?

 

La panique est mauvaise conseillère

La leçon à tirer de l’accident nucléaire de Fukushima pourrait être, tenant compte du besoin vital d’énergie de l’humanité, des limites des énergies renouvelables, des dangers des énergies fossiles, de tirer le maximum d’enseignements de l'accident pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires. Il pourrait en résulter de nouvelles architectures de centrales, éventuellement plus coûteuses. Mais face au réchauffement climatique des énergies fossiles, et/ou à la famine énergétique des énergies renouvelables, le prix n'est pas un paramètre fondamental.

 

Mais la réaction pourrait aussi être de céder à la panique, d’arrêter les centrales nucléaires.

C'est ce qui s'est passé en Allemagne où l'énergie nucléaire remplacée en partie par des énergies renouvelables, en partie par des énergies fossiles :

- gaz via gazoduc ;

- ou charbon comme dans la centrale au charbon de Datteln mise en service en 2020.

Le résultat global est que les émissions de CO2 en Allemagne ne baissent pas.

 

 

L'Allemagne a choisi de s'épargner un risque hypothétique pour elle-même...

... contre les nuisances certaines du réchauffement climatique pour tout le monde.

 

 

 

Il est urgent d'analyser les priorités avec réalisme ;

 

combattre en priorité le risque nucléaire, local, hypothétique...

 

... ou les nuisances du réchauffement climatique, globales, planétaires, certaines.

 

 

[0] Cette page tient compte de considérations développées, entre autres, dans ces autres pages :
Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles ?
L'énergie de demain ; énergies renouvelables, charbon, nucléaire ?

[1] En France, lorsque le charbon y était encore exploité, la catastrophe de Courrières dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, fit plus de 1 000 morts en 1906. C’était Zola, c’était Germinal.
[2] Les dangers du charbon (autres que l’effet de serre) - Bernard Durand - 2012.

La France n’est pas épargnée :
« Selon Rosental (30), la silicose a fait officiellement 34 000 morts en France de 1946 à 1987, mais plus probablement environ 100 000 étant donné les difficultés de faire reconnaître cette maladie et la faible couverture sociale des nombreux mineurs immigrés (Polonais, Italiens, Yougoslaves à l’époque). »
« Même en France, où il n’existe plus de mines en activité, il y aurait encore selon Rosental (31) quelques centaines de morts par an dues à des silicoses contractées du temps des exploitations. »
De son côté, l’Insee notait pour la région Nord Pas-de Calais : « Malgré la cessation des activités d’extraction, le régime de sécurité sociale minière suivait encore 20 000 personnes en 1994 pour pneumoconiose. Le nombre de décès dus à cette maladie est estimé à 400 en 1995. »

[3] ibid
[4] Lors du passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France, les responsables ont aussitôt informé (30 avril 1986) de ce passage, en précisant qu'il avait provoqué une « légère hausse de la radioactivité atmosphérique, non significative pour la santé humaine ». Le lobby anti-nucléaire, furieux que l'on ose dire qu'une radioactivité puis être "non significative pour la santé humaine", a inventé la fable du nuage arrêté à la frontière.
Cette fable, ce canular, ce mensonge, a été inventée par M. Noël Mamère. Pour ce mensonge, M. Noël Mamère a été condamné, en 1ère instance, puis en appel, puis en cassation, pour diffamation envers le Pr Pellerin, ancien directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants. Ce qui est stupéfiant, c'est que presque tout le monde a cru ce canular mensonger - que pesque tout le monde y croit encore.

[4-1] Les travailleurs du nucléaire montrent des taux de mortalité et de cancers toutes causes confondues significativement inférieurs à ceux de la population générale. Ce résultat traduit l’effet bien connu, dit du "travailleur en bonne santé" ; mais il signifie également que cet effet n’est pas altéré par une quelconque dangerosité particulière de l'environnement des centrales nucléaires.
Il vaut mieux travailler dans une centrale nucléaire que dans une centrale au charbon.

[6]  Ce travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Forum Tchernobyl est l'équivalent du travail d'analyse et de synthèse qu'effectue le Giec. La confiance que l'on accorde généralement aux conclusions du Giec peut être accordée, pour les mêmes raisons, aux conclusions du Forum Tchernobyl. Mais on trouvera toujours des petits génies qui en savent plus que des centaines de chercheurs pour en contester les conclusions.
[7]  Il a fallu beaucoup de temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" soviétique était de la propagande. Il faudra sans doute encore du temps pour que les populations se rendent compte que "l'information" militante... est de la propagande.
[9] « Aucune conséquence perceptible des radiations n’est à prévoir parmi le public exposé ou ses descendants » (Rapport UNSCEAR 2013 - Comité Scientifique des Nations unies pour l’Étude des Effets des Rayonnements Ionisants.)
Ce rapport a été rédigé par plus de 80 experts de 18 pays différents. Cette diversité est la meilleure garantie d'un rapport libre et indépendant, fiable.


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Les pires déchets ne sont pas les déchets nucléaires, ce sont les milliards de tonnes de CO2 relâchées dans l'atmosphère, cause du réchauffement climatique.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir – sans déforestation ?
L'agriculture bio, de faible rendement, nécessite beaucoup de terre.
Mais la terre manque.
L'agriculture bio pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?
  Oui.
L'agriculture bio peut-elle nourrir toute l'humanité sans conditions et sans déforestation ?
  Non.

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles.
La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

L'agriculture biologique utilise des pesticides
Le pyrèthre, pesticide bio, est dangereux pour les utilisateurs, pour la faune aquatique, pour la faune terrestre, pour les abeilles...
... Qui dit pire ?

Les pesticides sont dangereux... mais présentent peu de risques.
Ils présentent moins de risque que la sédentarité.
Ils sont nécessaires pour nourrir le monde.
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
Le défi alimentaire pourrait peut-être être résolu si les hommes étaient des homo-ecologicus-no-gaspillus, ne gaspillant pas, mangeant peu de viande.
... Mais ces hommes-là n'existent pas.

Agriculture bio et biocarburants
Agriculture bio et biocarburants consomment trop de terre,
entraînent plus de difficultés pour nourrir toute l'humanité,
et la dispariton de la forêt.

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le mythe du "bon" vieux temps
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 
C'était le temps des disettes, famines, de la mort infantile, d'une espérance de vie courte.

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Avons-nous perdu au change ?

La nature et les hommes
Le mythe du bon sauvage respectueux de la nature.

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les pestes qui ravagent les cultures ; l'homme invente les pesticides.



 

 

 
 
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Mise à jour : 10 mars 2020