Énergie, climat, alimentation. Adaptation des espèces.

 

 


Les OGM sont bien moins modifiés, mieux connus, mieux contrôlés, et présentent moins de risques que les nouvelles variétés dites "naturelles"

 

La terre manque, il faudrait obtenir le maximum de chaque parcelle de terre cultivée pour éviter de défricher la forêt.

Les techniques du génie génétique permettent d'obtenir des variétés plus performantes.
Mais quelques pays rejettent ces techniques. Ils fauchent. Comment en sommes-nous arrivés là ?

 

Les OGM soulèvent des débats légitimes sur des questions factuelles telles que : sont-ils dangereux, pour l'homme, pour l'environnement ; quelles sont leurs performances, présentes, futures ? etc. Les chercheurs apportent des réponses rassurantes.

Mais ces débats, scientifiques, sont couverts par le vacarme des passions et des violences que soulèvent les activistes anti-OGM ; les OGM sont nés dans une éprouvette, ils ont été conçus par l'homme et non par la Nature Enchantée ; ils n’ont pas le sang bleu de la noble Nature verte. Ils ne sont pas Na-tu-rels.

Il faut donc faucher.

Variétés dites naturelles et OGM : quelles sont les différences ?

Toute variété nouvelle est nouvelle parce que son génome a été modifié ; par définition [1].

Toute variété nouvelle est donc un OGM.
Mais en moins bien que les "vrais" OGM.
Parce que les variétés naturelles présentent des dangers, connus, ayant fait des victimes ; et ne sont même pas testées avant d'être mises sur le marché.

 

Les nouvelles variétés dites naturelles... sont des OGM comme les autres

Autrefois, une variété nouvelle naturelle... était naturelle. Elle naissait au soleil des champs, au hasard d'une mutation naturelle, ou par croisement naturel entre variétés apparentées, sans aucune intervention des hommes.

Le processus était très lent. Alors les hommes ont appris à créer plus rapidement de nouvelles variétés, en sélectionnant les meilleurs spécimens saison après saison, en favorisant des croisements entre variétés voisines ayant chacune des caractéristiques intéressantes.

Maintenant les semenciers proposent chaque année des centaines de variétés nouvelles, créées pour être mieux adaptées à un terrain, à un climat, plus productives, ou plus résistantes à un ravageur naturel, etc.

Comment par exemple créer une variété nouvelle naturelle résistante à un ravageur ?

Il "suffit" de croiser une variété intéressante commercialement, mais non résistante, avec une variété cousine, même non comestible, dont on a constaté qu'elle résistait au ravageur, signe qu'elle comporte donc le gène de résistance recherché ; on espère ainsi retrouver dans le fruit du croisement les caractéristiques de la variété commerciale, augmentées de la résistance recherchée (après de multiples et longues manipulations) ... Et on obtient ainsi une nouvelle variété dotée d'un nouveau gène... c'est-à-dire un OGM !

Les variété nouvelles naturelles... sont des OGM !

C'est le cas de tous les fruits et légumes que nous consommons.

Ces nouvelles variétés dites naturelles que les semenciers créent continument arrivent incognito dans nos assiettes car les variétés nouvelles dites naturelles sont mises sur le marché sans aucun signalement ; nous ne savons pas qu'il s'agit d'une variété nouvelle, une variété modifiée, un OGM.

Les variétés dites naturelles sont artificielles

Les techniques évoluent. Les nouvelles variétés naturelles... sont de moins en moins naturelles, elles sont maintenant obtenues par des techniques de plus en plus sophistiquées. Les croisements naturels, "à la papy", c'est fini ! Aujourd'hui, les variétés nouvelles ne sont plus obtenues simplement en laissant se croiser des adultes consentants de variétés voisines, selon leurs désirs ; la plupart des gènes utiles pouvant être importés facilement de cette façon ont déjà été exploités. Il faut maintenant aller chercher des gènes d'intérêt hors de la famille, en forçant la variété à améliorer à se marier avec des variétés sauvages, génétiquement distantes, non interfécondes. Ce sont des mariages arrangés, entre partenaires sans attirance mutuelle, et le moment venu, les conjoints refusent le devoir conjugal. La nuit de noces ne se passe pas joyeusement dans les champs au clair de lune, mais en laboratoire dans des éprouvettes, sous l'œil des sélectionneurs. Les seules fées qui se penchent sur le berceau de ces nouvelles variétés sont les marieurs-chimistes en blouse blanche. Pour obtenir ces croisements entre adultes non consentants les marieurs-chimistes n'utilisent pas d'artifices érotiques, ils violent la nature au marteau-pilon pour ADN : attaques par des produits chimiques toxiques, expositions à des rayonnements X, gestation par autrui [2]. Des acrobaties sexuelles peu naturelles qui sont bien au-delà de ce qu'aucun Kama-sutra aurait pu imaginer.

Les variétés nouvelles dites naturelles ne sont plus "naturelles".

 

 

Les variétés dites "naturelles" sont contaminées par des gènes inconnus !

Les nouvelles variétés dont le processus de création comporte un croisement sont dites naturelles. Elles sont donc automatiquement considérées comme étant sans danger, puisque la nature, c'est bien connu, est sans danger.

C'est pourquoi les variétés dites naturelles sont mises en vente sans contrôle ;

... c'est pourquoi il y a des accidents.

Car tout naturel que soit un croisement, il peut en résulter des plantes naturellement empoisonnées – les champignons vénéneux sont nés de croisements parfaitements naturels.

Parce que lors d'un croisement naturel les gènes fusionnent au hasard, à la grâce de Dieu ou de Nature. Le gène recherché est importé dans la variété d'intérêt, mais le gros problème est que ce gène ne vient pas seul, il est accompagné, au hasard, d'autres gènes qui lui étaient voisins chez le donneur. Des passagers clandestins en quelque sorte.

 

«  [...] pour le chromosome porteur, autour du locus de l’allèle transféré, [...] c’est tout un fragment chromosomique du donneur qui est inséré en même temps que l’allèle transféré. Ce fragment peut représenter jusqu’à 30 % de la longueur du chromosome. » [...]
Au final, c'est en général tout un fragment chromosomique, contenant beaucoup d'autres gènes, qui a été transmis avec le gène d'intérêt, suite à des opérations plus ou moins complexes et aléatoires qui ont demandé beaucoup de temps. » (Comprendre l'amélioration des plantes: Enjeux, méthodes, objectifs et critères de sélection - Par André Gallais - 2015)

 

 

OGM, variété nouvelle naturelle, gène inconnu

 

Un croisement naturel importe des gènes inconnus.

Les nouvelles variétés naturelles sont naturellement contaminées par des gènes inconnus !

 

Les variétés utilisées en bio sont concernées de la même façon  :

 

« La variété de blé Renan, la plus utilisée en agriculture biologique encore aujourd’hui, est issue de processus biotechnologiques très sophistiqués. Ils visaient à transférer les gènes de résistance à diverses maladies et aux nématodes qui font l’intérêt de cette variété et ils ont entraîné des modifications du génome beaucoup plus importantes que ce qu’aurait fait la transgénèse. (Comprendre l'amélioration des plantes: Enjeux, méthodes, objectifs et critères de sélection - 2015 - André Gallais, Professeur émérite d'AgroParisTech, membre de l’Académie d’agriculture).

 

 

Tous cobayes

Mais… Que fait la police ! ? Et le principe de précaution ? Les variétés dites naturelles, même utilisées en bio, sont envahies par des gènes étrangers inconnus ? Il faut réagir, faire quelque chose ! Nos sociétés anxieuses, qui récitent tous les soirs le principe de précaution en guise de prière, devraient prendre la précaution de contrôler ces variétés naturelles. Et pourtant... rien ! Aucun contrôle, aucun test de toxicité n'est effectué avant de mettre une nouvelle variété sur le marché.

Nous mangeons sans crainte les fruits et légumes non OGM, nous les croyons créés par la nature depuis la nuit des temps, sans dangers puisque déjà testés par les premiers consommateurs, qui ont déminé le terrain... en effet on ne propose plus d’amanite phalloïde en salade [3]. Merci aux premiers consommateurs-cobayes, qu'ils reposent en paix.

En réalité le danger est encore présent puisque les semenciers créent tous les jours des variétés nouvelles dites naturelles, aux propriétés encore inconnues, mises sur le marché sans tests, sans aucun avertissement. Les tests toxicologiques, ce sont les premiers consommateurs-testeurs-cobayes qui les font, à leurs risques et périls. Vous, moi...

Il y a eu des accidents. Dans ces cas c'est simple, le test est négatif, et la nouvelle variété est retirée du marché.

« La variété [de pomme de terre] Lenape, issue du croisement Solanum tuberosum x Solanum chacoense, s’est avérée renfermer une teneur importante en GA. Sa commercialisation à grande échelle a été évitée, suite à des cas d’intoxication consécutive à l’introduction de la nouvelle variété dans le circuit alimentaire. » (Revue médicale de Liège - LES GLYCOALCALOÏDES DE LA POMME DE TERRE, par P. Bodart, et A. Noirfalise, chargé de Cours, Université de Liège, Faculté de médecine, Service de Toxicologie et Bromatologie)

On cite également le cas de la variété Magnum bonum, responsable d’intoxications en 1986. Depuis 1993, cette variété ne peut plus être commercialisée.

Ces intoxications par des variétés naturelles vous étonnent ? Vous ne l'avez pas lu dans les journaux ? Le télé journal n’en a rien dit ? Rassurez-vous, c'est normal puisqu'il s'agit de variétés dites naturelles, obtenues par croisement ; on ne crie pas au scandale pour les bavures regrettables de la nature. C'est naturel, c'est la vie, on ne peut que subir en silence – disent-ils.

 

Merci aux cobayes qui ont souffert pour nous.

 

Le cas des OGM

On examinera ici essentiellement le cas des plantes OGM, les PGM. Les OGM animaux sont une autre cas, et les malades traités par thérapie génique sont encore une autre catégorie.

Contrairement aux techniques de création des variétés dites naturelles, les techniques du génie génétique permettent de créer de nouvelles variétés de façon précise et contrôlée. Elles permettent d'importer un gène connu, seulement ce gène, dont on s'est assuré qu'il n'entraîne aucune toxicité.

Le résultat est qu'on ne connaît pas de cas de problème de santé dû aux OGM.

« À ce jour, la consommation d’OGM n'a pas provoqué d'effets indésirables connus sur la santé. » (Les organismes génétiquement modifiés (OGM) – Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires - Ministère de la Transition énergétique - 2022)

Les OGM : pas d'effet indésirable connu sur la santé.

Le lobby anti-OGM a réussi l'exploit d'inventer et de faire croire à un danger des OGM... qui n'existe pas ! On ne déplore pas même une migraine due à la consommation d’OGM. On n'a jamais entendu dire "Non, pas ce soir, j'ai mangé des OGM et j'ai un peu de migraine…"

Et pourtant beaucoup craignent encore les OGM.

Nous craignons la nouveauté, mais pas toujours.

Lorsqu'un nouveau pont est mis en service qui peut dire qu'il ne s'écroulera pas ? Pourtant nous n'hésitons pas à le traverser. Parce que nous savons que les ingénieurs ont fait leur boulot, ont testé, vérifié, et nous leur faisons confiance, nous remettons notre vie entre leurs mains en traversant le pont, sans crainte.

De la même façon nous faisons confiance aux ingénieurs chimistes qui produisent des nouveaux médicaments.

Mais nous craignons les OGM.

Les ingénieurs en génie génétique seraient-ils des sous-ingénieurs, incapables de tester vérifier leurs produits ?

Oui, mais, répondent les anti-OGM, qui peut prouver qu'il n'y aura jamais de problèmes, à très long terme, dus aux OGM ?

Personne ne peut le prouver. Ni pour les OGM, pour un nouveau pont, de nouveaux médicaments, ou n'importe quoi d'autre.

Personne ne sait garantir – sauf peut-être Madame Irma la voyante – aucune étude ne peut prouver qu'on ne verra jamais de licorne, ou qu'on ne verra jamais quelqu'un marcher sur l'eau. Il faut collecter les témoignages – on en trouve – puis les vérifier, c'est plus compliqué. Aucune étude ne peut prouver qu'il n'y aura jamais de victimes des OGM. On sait simplement que les tests vérifient que les OGM ne comportent pas de dangers, et qu'on n'a jamais vu de malades d'OGM, ni de licorne.

Mais qui sait, peut-être verra-t-on un soir, dans une forêt sombre, une licorne...

En attendant, on prend des précautions. Les OGM sont "soumis à des évaluations des risques stricts". Ils sont contrôlés avant d'être mis sur le marché. Ce qui n'est pas le cas des variétés dites naturelles.

« Le contraste avec l’évaluation à peu près inexistante des risques dus à la consommation des variétés sélectionnées par les méthodes conventionnelles est frappant.
Les dépenses réservées aux recherches sur la biosécurité des OGM sont 20 fois plus élevées que celles appliquées aux plantes traditionnelles dont l’innocuité n’est a priori pas supérieure. […] Il n’est donc pas exagéré de considérer que les OGM constituent la nourriture la plus sûre car la plus surveillée. » (Louis-Marie Houdebine, Unité mixte de recherche Biologie du développement et de la reproduction, Institut national de la recherche agronomique, revue Environnement, Risques & Santé - 2004)

« Si on soumettait la pomme de terre aux tests de toxicité pratiqués aujourd’hui sur les OGM, elle ne serait pas autorisée à la vente, ou seulement sous certaines conditions. » (Gérard Pascal, toxicologue, membre de la commission du génie biomoléculaire - Revue Science et Vie – Nov. 2007 N° 1082 – Manger des OGM est-il dangereux ?)

En résumé :

Les plantes dites "OGM" sont bien moins modifiées, mieux connues, mieux contrôlées, et présentent moins de risques que les variétés nouvelles dites "naturelles".

Les OGM présentent moins de risques
que les variétés dites naturelles.

C'est une règle générale dont on a peu conscience : les techniques apportent plus de sécurité. L'avion est plus sûr que la caravelle de Christophe Colomb ; l'éclairage électrique est plus sûr que la chandelle ; le train est plus sûr que la diligence. Et les OGM sont plus sûrs que les variétés dites naturelles obtenues par croisement.

La chasse à la sorcière OGM est ouverte

Pourtant, les OGM continuent à effrayer.
Autrefois nous avions peur des sorcières. Lorsque l'on remarquait une pauvre femme un peu solitaire, cela sentait le fagot... les derniers bûchers ont éclairé les nuits du siècle des lumières [3-1]. On ne peut plus brûler les sorcières, c'est interdit par la loi. Mais lorsqu'un faucheur volontaire découvre un champ d'OGM, il fauche.

Les superstitions changent, mais la superstition bouge encore.

On ne peut pas brûler les chimistes non plus, cela aussi est interdit par la loi [3-2]. ... Mais quand même, on voit encore ces regards obliques vers les chimistes de Monsanto avec ce drôle d'air, comme on regardait les supposées sorcières autrefois...

L’espéranto du vivant

Les OGM sont accusés d'être des monstres Frankenstein violant les lois de la nature, ne respectant pas une supposée « barrière des espèces » que la nature aurait érigée.

Nous sommes en effet habitués à la transmission verticale des gènes, des parents aux enfants. Les OGM eux, sont souvent obtenus par un "transfert horizontal de gènes", un transfert de gènes d'une espèce à une autre espèce étrangère, sans parenté, génétiquement éloignée. Des maïs OGM ont en effet reçu des gènes de bactéries, cela n'est pas naturel croyons-nous, ce sont des chimères, comme les centaures ou les sirènes qu'inventaient les poètes. En poésie ça va, mais dans la réalité, bonjour les dégâts... Quoique... le centaure mi-homme mi-cheval, c'est bien pratique pour une randonnée à cheval.

Pourtant, le "transfert horizontal de gènes", transfert de gènes d'une espèce à une autre, est un phénomène qui se produit spontanément dans la nature : la nature fabrique naturellement des OGM depuis des millions d’années ! Nous sommes nous-mêmes des OGM puisque 9 % de notre génome résulte de transferts d'origine virale.

Les OGM suivent l'exemple de la nature ;

... en mieux.

Ces échanges de gènes sont possibles parce que le code génétique de l’ADN au cœur de nos cellules est le langage universel de la vie. C’est l’espéranto que tous les êtres vivants comprennent, de la plus humble bactérie, du plus misérable ver de terre, jusqu’à l’homme. Nous fûmes autrefois oiseaux, reptiles, poissons, bactéries, et il en demeure le souvenir au cœur de nos cellules, notre ADN conserve des traces de ces anciennes vies [3-3] ; nous avons 98 % de gènes en commun avec le chimpanzé. Nos cellules savent parler oiseau et dinosaure, mammifère et bactérie, trèfle des champs et fleur des prés. C’est pour cela qu’il est naturel qu’un gène de bactérie puisse s’exprimer dans un plant de maïs [4].

La transgenèse exploite ce langage universel, cette parenté naturelle qui réunit tous les êtres vivants.

Des OGM sont aussi des variétés naturelles... en mieux !

Si les OGM sont capables d'aller chercher des gènes utiles dans des organismes très éloignés, on conçoit bien qu'ils soient capables aussi d'aller chercher des gènes utiles dans des variétés cousines. C'est-à-dire que les techniques OGM permettent aussi de faire exactement la même chose que les méthodes classiques de sélection : doter une plante de gènes empruntés à une variété cousine. C'est-à-dire que les OGM ne sont pas obligatoirement des chimères, ils peuvent aussi être simplement de nouvelles variétés similaires à celles que créent les sélectionneurs tous les jours ; les techniques OGM font la même chose – en mieux, car elles permettent d'importer un gène précis, et non une bande de gènes non identifiés. La pomme de terre Fortuna en est un exemple.

Fortuna résistait au mildiou, cette maladie des pommes de terre qui fut responsable de la terrible famine en Irlande au XIXe siècle. Le mildiou sévit encore.

Fortuna avait des gènes pour se défendre des ravageurs naturels.

Mais elle n'avait pas les gènes de résistance aux Faucheurs Volontaires.

... Elle a été fauchée.

Fortuna avait reçu deux gènes de résistance au mildiou. Ces gènes ne provenaient pas d'organismes étrangers n'ayant rien à voir avec une pomme de terre, ils provenaient de variétés sauvages de pommes de terre sud-américaines ; comme dans un croisement classique – mais sans les risques d'un croisement classique.

Fortuna ne différait pas d'une variété nouvelle dite naturelle. Mais elle était née dans une éprouvette par des techniques OGM. Il n'en fallait pas davantage pour exciter l'ire des Vandales Volontaires. Le projet a dû être abandonné ; BASF, le producteur, a retiré sa demande d'autorisation de culture, considérant que « La poursuite des investissements ne peut être justifiée en raison de l'incertitude de l'environnement réglementaire et les menaces de destructions sur le terrain. »

Les Vandales Volontaires ont gagné, ils chantent victoire ;
les fabricants de pesticides contre le mildiou aussi ;
ils vendront encore des tonnes de pesticides.

 

L'action des Vandales Volontaires est d'autant plus absurde que les deux gènes de résistance de Fortuna existent déjà dans des variétés obtenues classiquement par croisements et sélections. Mais il avait fallu 40 ans d'efforts pour obtenir des variétés qui ne comportent chacune qu'un seul gène de résistance au mildiou. L'avantage de Fortuna est qu'elle comportait à elle seule ces deux gènes de résistance, lui assurant une meilleure défense : un ravageur pouvait éventuellement contourner une résistance... mais il était quand même lui-même ravagé s'il ne pouvait pas contourner aussi, en même temps, la seconde résistance. (Voir : Dossier d’information scientifique sur les pommes de terres résistantes au phytophthora)

Les OGM n’ont pas le sang bleu de la noble nature verte

Comment expliquer le rejet des OGM ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Le problème n'est pas que les OGM seraient dangereux – ils sont consommés sans problème par des millions de personnes de par le monde. Le problème est ailleurs : la tare fondamentale des OGM, c'est leur arbre généalogique, c’est leur naissance de basse extraction. Ils ne sont pas nés du soleil et des nuages, de la pluie et du vent, des jours et des saisons, ils sont nés dans une éprouvette, conçus par l'homme et non par la Nature ; ils n’ont pas le sang bleu de la noble nature verte. Ils ne sont pas na-tu-rels.

[  ...  ]

 

 

[1] Variété : « ensemble homogène de plantes clairement identifiées par des caractères morphologiques, physiologiques et génétiques communs qui les distinguent des autres plantes de la même espèce. » (ESPÈCE ET VARIÉTÉ, QUELLES DIFFÉRENCES ? - GNIS - Groupement national interprofessionnel des semences et plants)

[2] Lorsque les deux espèces concernées ne peuvent pas copuler naturellement, on utilise une espèce intermédiaire, une espèce-pont, qui peut copuler d'un côté avec l'une, de l'autre côté avec l'autre – au prix d'artifices techniques. C'est la GPA des plantes. Le blé Renan, le plus utilisé en agriculture biologique, en est un des rejetons.

[3] Il existe donc quantité de plantes que nous ne mettons pas au menu car nous avons appris, aux dépens des premiers consommateurs-cobayes, qu’elles sont toxiques. Des sites Internet en donnent la liste, impressionnante.
Le problème est que les jeunes enfants, pas plus que nos toutous, ne vont consulter les sites Internet avant de tout mettre dans la bouche. Il en résulte de nombreux cas d'empoisonnement de chiens ou de jeunes enfants, par des plantes d’ornement par exemple.

[3-1] Toutefois, en mars 2016 encore, on apprend : "Malawi : sept personnes soupçonnées de sorcellerie brûlées vives par la foule". (la presse)

[3-2]  Lavoisier, le père de la chimie, fut guillotiné en 1794, mais ça n’a rien à voir : Lavoisier avait la double tare, pour ses accusateurs, d’être chimiste, et fermier général, c’est-à-dire collecteur d’impôt.
Le tribunal aurait déclaré à cette occasion  : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes. »
Les anti-OGM aujourd’hui "raisonnent" de la même façon : "La Nature n'a pas besoin de savants ni de chimistes". Ils regardent les chimistes comme un réverbère regarde un chien qui s'approche.

[3-3] Il y a un peu de végétal au fond de nous ; l'hémoglobine qui rougit notre sang est cousine de la chlorophylle qui verdit les champs.

 

[4] Les Grecs avaient déjà imaginé la notion d’OGM, à leur manière poétique. Pasiphaé, épouse de Minos, roi de Crète, devint amoureuse du taureau blanc que Poséidon avait offert à Minos (évidemment suite à diverses péripéties trop longues à décrire ici). Ils s’aimèrent (évidemment suite à diverses péripéties…) et il en naquit un OGM, le Minotaure, mi-homme mi-taureau ; et avec un caractère de cochon.

 


liens externes pour ce sujet 

OGM : environnement, santé et politique

 

LA THÉIÈRE COSMIQUE
Scepticisme scientifique, culture et vulgarisation scientifiques


 

 
 
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Mise à jour : 26 novembre 2022