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ligne bleue

La transition énergétique ratée de l'Allemagne.

 

La transition énergétique, c'est remplacer les énergies fossiles par des énergies bas-carbone.

Idéalement, les énergies fossiles seront remplacées par des énergies renouvelables.

Mais le Giec, l'IEA, etc., nous alertent, les énergies renouvelables ne suffisent pas pour limiter le réchauffement climatique, il faut aussi développer cette autre énergie bas-carbone, l'énergie nucléaire.

L'expérience de la transition énergétique ratée de l'Allemagne le confirme.

 

 

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ?

Énergies renouvelables ou énergies bas-carbone ?

L'objectif premier de la transition énergétique était de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de CO2. Les nouveaux héros des temps modernes étaient des héros verts en bleu de travail qui bâtissaient un avenir rose pour tous. Ils construisaient de merveilleuses éoliennes, installaient de merveilleux panneaux photovoltaïques, isolaient merveilleusement les maisons. La transition énergétique c'était économiser l'énergie (dans les pays déjà riches) et développer partout les énergies bas-carbone. Une précision de vocabulaire est nécessaire ici :

- Les énergies bas-carbone émettent peu de CO2.
- Parmi les énergies bas-carbone, il y a les énergies renouvelables.
- Parmi les énergies bas-carbone, il y a aussi le nucléaire.

 

Pour lutter contre le réchauffement climatique, ce qui importe est de développer les énergies bas-carbone, toutes les énergies bas-carbone.

 

Mais la finalité première de la transition énergétique s'est brouillée. Il faudrait maintenant marier la lutte contre le réchauffement climatique et la sortie du nucléaire. Mais c'est un mariage contre nature, la carpe nucléaire est même l'une des meilleures ennemies du lapin réchauffement climatique.

L'avis des chercheurs

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ? Le Giec, l'IEA, etc., nous alertent ; selon les modèles climatiques, les outils de base pour ces questions :

On ne peut éviter le réchauffement climatique sans utiliser aussi l'énergie nucléaire.

 

« Dans la majorité des scénarios de stabilisation à faible concentration de carbone (entre 450 et 500 ppm éqCO2 environ, niveaux pour lesquels il est au moins à peu près aussi probable qu’improbable que le réchauffement se limite à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels), la part de l’approvisionnement en électricité sobre en carbone (ce qui comprend les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire et le CSC, y compris la BECSC) augmente par rapport à la proportion actuelle d’environ 30 % à plus de 80 % en 2050 et à 90 % en 2100, et la production d’électricité à partir de combustibles fossiles sans CSC est presque entièrement abandonnée d’ici 2100 ». (GIEC - Changements climatiques 2014 Rapport de synthèse)

 

« L’électricité décarbonée est la clef de voûte de la transition énergétique. Le secteur électrique mondial peut parvenir à des émissions de CO2 nettes nulles d’ici 2060 dans le scénario 2DS, au moyen du déploiement à plus grande échelle d’un portefeuille de technologies propres et d’une production électrique issue à 74 % des renouvelables (dont 2 % de bioénergie durable avec CSC [BECSC]), à 15 % du nucléaire, à 7 % de centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles et équipées de dispositifs CSC, le reste provenant de la combustion du gaz naturel ». (IEA - Energy Technology Perspectives 2017)

 

« Nous ne pouvons augmenter la production d'énergie, tout en réduisant les émissions de CO2, que si les nouvelles centrales cessent d'utiliser l'atmosphère comme une poubelle. [...]
Dans le monde réel, il n’existe pas de voie crédible pour stabiliser le climat sans que l’énergie nucléaire ne joue un rôle substantiel » (Lettre ouverte à ceux qui influencent la politique environnementale mais sont opposés au nucléaire - 2013 - Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains" - une Traduction française)

 

Il faut donc développer les énergies renouvelables, mais elles ne suffisent pas pour limiter le réchauffement climatique, il faut aussi développer l'énergie nucléaire, surtout ne pas la réduire.

« Sans moyen de stockage de l’électricité à grande échelle », on ne peut « éviter que l’intermittence de ces sources d’énergie [les nouvelles renouvelables] ne conduise à utiliser des combustibles fossiles lorsqu'elles ne fournissent pas l'énergie demandée. » (Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - Académie des Sciences française, 2015)

« Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. L'Allemagne en est l'illustration parfaite. Ses émissions n'ont pratiquement pas changé depuis 2009. » (Lettre d'un groupe international d'experts au Président Macron - 3 juillet 2017)

La transition énergétique ratée en Allemagne 

Mais les politiques énergétiques des états... sont souvent... de la politique ; elles s'inspirent plus du ressenti subjectif des électeurs que des résultats objectifs des chercheurs. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour résoudre les problèmes. Voyons ce qu'il en est dans le cas de l'Allemagne.

 

[   ...   ]

 

Voici comment a évolué la production d'électricité brute en Allemagne par source d'énergie :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Source : ag energiebilanzen

 

clocher éoliennesCe diagramme montre la croissance spectaculaire des énergies renouvelables en Allemagne. Mais cela n'empêchent pas le mauvais bilan écologique de l'Allemagne : la part des énergies fossiles ne baisse pas ! Elle reste pratiquement constante, et élevée. Parce que l'Allemagne a choisi de développer les énergies renouvelables, non pas pour remplacer les énergies fossiles, mais pour remplacer une autre énergie bas-carbone, le nucléaire. De sorte que la moitié de l'électricité allemande qui était d'origine fossile... est encore d'origine fossile.

Ce non-succès a coûté des centaines de milliards d'euros !

 

 

Lignite, Renouvelable, Nucléaire, sont dans un bateau. 
Nucléaire tombe à l'eau.
Qu'est ce qui reste ?
... Mais Renouvelable n'a pas les bras assez costauds pour ramener le bateau à la rive.

 

L'Allemagne a peint en Vert des milliards d'euros. Pour quel résultat – autre que pour quelques votes verts en plus ? Elle n'a pas réduit ses émissions de CO2, mais elle a fait la démonstration que même à flots de milliards les énergies renouvelables n'ont pas la capacité d'enrayer le réchauffement climatique. Si cette démonstration permettait la prise de conscience que les énergies renouvelables ne permettent pas de sortir du réchauffement climatique à elles seules, ces milliards d'euros n'auraient pas été dépensés en vain.

L'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... mais même avec des éoliennes derrière chaque clocher, l'électricité allemande sent mauvais ; elle sent le gaz russe, le charbon d'ailleurs, et une spécialité locale moins touristique que la choucroute et la bière, le lignite. En raison de l'intermittence des énergies renouvelables, l'Allemagne est en effet contrainte de maintenir en service des centrales fossiles, éventuellement en rénovant ou remplaçant les plus anciennes.

« Avec 35% d'énergie [électrique] produite à partir de sources renouvelables, il en reste encore 65% à produire. Il est judicieux de remplacer les anciennes centrales au charbon ou au lignite, néfastes pour l'environnement, par des centrales à charbon et à gaz modernes et efficaces. » (Peter Altmaier, ministre Allemand de l'environnement, en 2012)

« On peut de ce point de vue noter qu’en Allemagne la croissance de l’offre intermittente d'électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite conduisant à des émissions accrues de CO2 et surtout de polluants (oxydes d’azote et de soufre à l’origine des pluies acides…). » (Académie des Sciences française - Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - Académie des Sciences française - 2015 ; Voir aussi : Germany plans to build, revamp 84 power plants-BDEW - Reuters, 23 avril 2012 ; Les centrales à charbon et au gaz en Allemagne : Chiffres clés et état des lieux - octobre 2012)

 

Les cheminées des centrales allemandes toutes neuves fumeront encore dans 40 ans.

 

 

Les éoliennes allemandes sont le cache-sexe du lignite allemand, avec ses particules fines, son CO2, ses ouragans dopés au réchauffement climatique...

 

 

Il faut limiter le réchauffement climatique.

Mais il faut être cohérent.

On ne peut sortir du nucléaire et en même temps sortir du réchauffement climatique.

La transition énergétique ratée de l'Allemagne en est la démonstration en temps réel en grandeur nature.

 

 

 

Électricité allemande : 52 % d'énergie fossile en 2015.
Électricité française : 6 % d'énergie fossile ; sans lignite.

Les arbres d'acier des éoliennes cachent la gigantesque forêt fossile allemande.

 

 

Et si l'Allemagne avait choisi d'être vraiment écologique ?

On estime que l'Allemagne a déjà englouti 300 milliards d'euros dans les rêves des Grünen.

Mais il ne suffit pas de payer pour réaliser ses rêves, les rêves sont hors de prix. Le rêve de sortir à la fois du nucléaire et du réchauffement climatique n'est pas seulement hors de prix, il n'est pas réalisable. Le Giec, l'IEA, etc., nous ont alertés : on ne peut éviter le réchauffement climatique sans utiliser aussi l'énergie nucléaire.
Alors, rêvons, mais avec réalisme... Et si l'Allemagne avait choisi une priorité vraiment écologique : non pas sortir du nucléaire (tant pis pour les votes verts), mais la priorité de sortir du réchauffement climatique ? Avec ces mêmes milliards, sans un sou de plus, cela aurait donné le digramme suivant, où la progression des énergies renouvelable sert à réduire la part des énergies fossiles, et non à compenser la sortie du nucléaire, lequel reste constant (la baisse de production nucléaire du diagramme précédent a été reportée en tant que baisse de production par les énergies fossiles.) :

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Voilà ce qui aurait été une transition énergétique réussie, avec une réduction importante des émissions de CO2.

On pourrait même imaginer un scénario où les énergies fossiles baisseraient encore plus... mais au prix d'une augmentation du nucléaire. Épidémie d'apoplexie chez les Grünen à prévoir ! Pourtant, c'est un scénario déjà en œuvre, en Chine, qui développe hydraulique (barrage des Trois Gorges), éolien, photovoltaïque... et nucléaire ! Tout cela permet de réduire charbon et CO2, faut-il protester ? Quel seraient les arguments du Grünen qui serait tenté d'aller faire la leçon aux Chinois en leur reprochant leur politique nucléaire ?

 

 

Le gouvernement allemand s'était lancé tout schuss dans les énergies renouvelables. Il en découvre maintenant les difficultés et les limites, et doit se résoudre à quelques slaloms, et même à descendre prudemment en chasse-neige. Face aux difficultés de gestion du réseau électrique allemand (en plus de l'augmentation spectaculaire du prix de l'électricité pour les particuliers), le Parlement allemand a adopté le 8 juillet 2016 une réforme de la loi sur les énergies renouvelables, visant à en limiter le coût et le développement.

 

 



 

 
 
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Mais il ne faut pas trop rêver.


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Pour une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
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Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

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Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
Des pesticides bio sont "irritants", "nocifs", toxiques pour les abeilles et les utilisateurs...

Les dangers - ou non - des pesticides.
Les agriculteurs, qui manipulent des pesticides à longueur de jour, ont une plus grande espérance de vie et moins de cancers que la population générale.
Les pesticides permettent de nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt.

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?
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Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Pour moins de pesticides ? Alors OGM Bt
Pour protéger les abeilles ? Alors OGM Bt
C'est cela l'écologie réaliste.

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La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graines et de peu de viande. Mais ces hommes-là n'existent pas.
Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont.

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Peut-on vouloir plus de bio, plus de biocarburants, et "en même temps" plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir la planète, toute la planète ?
Au secours, Monsieur Freud !

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
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L’argent ne fait pas toujours le bonheur... Mais nous ne sommes pas près de muter en homo-ecologicus-no-gaspillus. 



Présentation rapide

Pour une écologie réaliste

Que la planète bleue soit verte !
Mais il ne faut pas trop rêver.

L'écologie, ce n'est pas seulement le rêve du retour au bon vieux temps des fleurs et des papillons, avec seulement le soleil pour nous réchauffer, de grandes prairies pour galoper, des baies bio pour nous régaler. Nous sommes sept milliards maintenant, une poignée de baies ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts !

L'écologie réaliste c'est aussi, surtout, agir pour demain, pour les générations futures, face aux menaces du réchauffement climatique et du défi alimentaire ; neuf milliards de bouches à nourrir bientôt.

Les ouragans annoncés sont devenus des réalités ; il faut réagir, tout de suite, sans attendre que la planète brûle ; "quand c'est urgent, il est déjà trop tard".
Mais les énergies renouvelables ne suffisent pas pour répondre aux défis énergétiques et climatiques. Que reste-t-il d'autre ?
Il reste fossiles et nucléaire.

Nous sommes de plus en plus nombreux, bientôt neuf milliards, les plus pauvres émergent et se nourrissent mieux, il faut donc produire plus de nourriture, sur une terre plus rare rongée par la bétonnisation.
Il faut donc une agriculture plus performante... sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale ; c'est déjà commencé.
Le génie génétique sera sans doute l'une des bases de la solution.

Les analyses et solutions présentées dans ce livre sont réalistes, moins séduisantes que les rêveries bucoliques genre petite maison dans la prairie avec son petit potager bio, son puits, et une éolienne au fond de la cour ; elles choqueront même des lecteurs bien intentionnés. Mais les rêveries ne nourrissent pas les hommes, ne sauvent pas la forêt, ne ralentissent pas le réchauffement climatique.




 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

écologie, mythes et réalité, transition énergétique, sortir du nucléaire

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écologie, mythes et réalité, sortir du nucléaire, charbon, énergies renouvelables

 

Mise à jour : 30 octobre 2018

écologie, mythes et réalité, sortir du nucléaire, Allemagne, éoliennes, énergies renouvelables, transition énergétique

Table des matières du livre

 

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