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Transition énergétique et réchauffement climatique

 

La transition énergétique, c'est essentiellement réduire la consommation d'énergies fossiles.

Réduire notre consommation d'énergie ne suffit pas, il faut aussi développer d'autres énergies pour remplacer les énergies fossiles.

Par exemple les énergies renouvelables.

Mais les chercheurs du Giec, de l'IEA, etc., nous alertent : les énergies renouvelables intermittentes ne suffisent pas pour remplacer les énergies fossiles.

Pour réussir il faut développer toutes les énergies bas-carbone. Y compris l'énergie nucléaire.

Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de snober une énergie bas carbone.

La transition énergétique en Allemagne n'a pas réduit les émissions de CO2.

 

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ?

Le public a maintenant reconnu que le réchauffement climatique est l'ennemi public No 1. Une pétition lancée fin 2018, dénonçait le réchauffement climatique comme étant "l'affaire du siècle" ; elle a recueilli plus de 2 millions de signatures.

L'objectif premier de la transition énergétique était justement de s'attaquer à cette "l'affaire du siècle", de limiter le réchauffement climatique, cet ennemi public No 1.

Mais les priorités se sont brouillées. Il serait devenu aussi important de sortir du nucléaire que de lutter contre le réchauffement climatique. Il faudrait maintenant et lutter contre le réchauffement climatique et sortir du nucléaire...

Nous avons maintenant deux ennemis publics No 1 sur les bras !

Nous n'avons plus "l'affaire du siècle", nous avons "les affaires du siècle".

Il faut choisir ; par quelle affaire commencer ? Dans un monde idéal on peut résoudre tous les problèmes à la fois, tout de suite. Dans le monde réel il faut trancher, il faut choisir, il faut une stratégie, un plan de bataille, sinon c'est l'assurance de perdre toutes les batailles. C'est l'histoire de ce garçon qui courait deux lièvres à la fois et n'en attrapa aucun. Dans le monde réel il y a rarement la solution parfaite ; il faut trancher quand même ; le Titanic n'avait pas assez de canots de sauvetage, il a fallu trancher.

Les réponses des chercheurs

Pourrait-on sortir du nucléaire tout en limitant le réchauffement climatique ? Pouvons-nous nous permettre le luxe de snober une énergie bas carbone ?

Les chercheurs du Giec, de l'IEA, etc., répondent...

 

Le Giec a évalué l'évolution des températures selon des scénarios incluant des paramètres d'évolution techniques, de consommation, d'acceptabilité sociétale.

Dans les scénarios qui permettent de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° à la fin du siècle, la part du nucléaire augmente, selon les scénarios, de 98 à 501 % en 2050 par rapport à 2010. (Résumé à l’intention des décideurs - GIEC 2018)

 

« Nous devons regarder toutes les technologies propres. Le solaire et l’éolien sont importantes. Mais nous pensons que le nucléaire et le CCS sont aussi importantes. Nous ne pouvons avoir le luxe de choisir notre technologie préférée ». (Fatih Birol Directeur général de l’AIE - 2019 - Voir aussi : Energy Technology Perspectives 2017 – Analysis - IEA)

Pour limiter le réchauffement climatique,
l'énergie nucléaire aussi est nécessaire.

 

 

Le nucléaire est indispensable pour limiter le réchauffement climatique parce qu'il est capable de produire massivement une énergie bas carbone, pilotable :

émission CO2 électricité, nucléaire et autres

 

 

Source : base carbone Ademe - 2019

(Ces chiffres intègrent les émissions directes et indirectes ; indirectes, c'est-à-dire par exemple l'exploitation des mines, la construction des centrales ou des panneaux photovoltaïques, etc.)

Le nucléaire émet 10 fois moins de CO2 que le photovoltaïque.

Les énergies renouvelables aussi produisent une énergie peu carbonée ; mais elles ne suffisent pas. Elles n'ont pas les épaules assez solides pour faire le job, pour remplacer et les énergies fossiles et le nucléaire. (Voir sur ce site Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?

Nous sommes prévenus

On ne pourra pas dire que nous ne savions pas.

Les chercheurs nous ont prévenus.

Les chercheurs nous ont prévenus que le réchauffement climatique est "l'affaire du siècle".

Les chercheurs nous ont prévenus que l'énergie nucléaire est nécessaire pour résoudre l'affaire du siècle.

... Mais la voix des chercheurs est couverte par le vacarme militant dénonçant le risque nucléaire.

Il y a en effet un risque... plus précisément, il y a un risque nucléaire... qui est du même niveau que les risques de l'éolien (Voir sur ce site Les risques des différentes énergies - La "taxe énergie", en vies.).

Mais sans nucléaire il y a les risques d'un réchauffement climatique accéléré.

Il faut choisir entre un risque et un risque.

Le risque perçu

Il faudrait développer le nucléaire, mais le nucléaire effraye... Nous avons été traumatisés par des accidents nucléaires, même s'ils ont été rares. Le risque d'un accident nucléaire nous terrifie. On imagine un accident soudain, brutal, bouleversant toute une région en un instant, provoquant le déplacement d'un million de personnes dans l'urgence.

Les risques du réchauffement climatique, au contraire, nous laissent indifférents. Pourtant, le réchauffement climatique provoquera lui aussi l'évacuation de millions de personnes. Un agriculteur d'une Provence surchauffée sera amené à évacuer sa terre, il deviendra un réfugié climatique. Puis un autre suivra, puis un autre. Un million de cas semblables, cela fait une catastrophe ; mais dans ce cas nous ne le ressentons pas comme tel. Cette somme de drames individuels, anonymes, privés, répartis dans le temps sur tout un territoire, n'est pas perçue comme une catastrophe, ne soulève pas d'émotion ; car c'est la part raisonnable de notre cerveau qui permet de les relier entre eux et de prendre conscience que cela est vraiment une catastrophe. Mais cette prise de conscience rationnelle ne soulève pas d'émotion ; tandis qu'un accident touche immédiatement la part sensible en nous et nous bouleverse.

C'est pourquoi nous percevons différemment ces catastrophes, alors que pourtant elles ont les mêmes conséquences dans un premier temps : des millions de déplacés. Le risque perçu nous mène en bateau sur l'ampleur réelle et les conséquences réelles des risques.

Le risque nucléaire est
hypothétique, local.
Les nuisances du réchauffement climatique sont
certaines, globales, planétaires.

Les réponses de quelques états pour la production d'électricité

Les politiques énergétiques des états sont souvent... de la politique !

Elles s'inspirent plus du ressenti subjectif des élus, reflet plus ou moins vrai de celui des électeurs, que des résultats des chercheurs. La jeune écologiste Greta Thunberg a raison de dénoncer les dirigeants de la planète qui ne tiennent pas compte des résultats scientifiques ; il faut en effet dénoncer ces dirigeants qui refusent l'énergie nucléaire.

La France a sacrifié la centrale nucléaire de Fessenheim ; elle a choisi d'augmenter les émissions de CO2 en sacrifiant une énergie bas carbone, pilotable. Elle a choisi par ignorance des avertissements du GIEC, et / ou par faiblesse face à une minorité dogmatique ; pour avoir la paix et / ou pour gagner quelques voix aux élections. Quoi qu'il en soit, ce fut une faute contre le climat (Juin 2020).

Dans le même temps, de l'autre côté du Rhin, l'Allemagne mettait en service la centrale au charbon de Datteln, pour compenser l'arrêt de centrales nucléaires fermées par ignorance et / ou par faiblesse face à une minorité dogmatique (mai 2020). Une autre faute contre le climat.

Ces deux fautes sont des atteintes à l'environnement, ce sont des écocides idéologiques.

Voyons quelques-unes des politiques mises en œuvre pour un volet important de la transition énergétique, la production d'électricité.

Transition énergétique en Finlande : énergies bas-carbone

La Finlande a vraiment pour objectif de réduire les émissions de CO2 : elle développe toutes les énergies bas-carbone, hydraulique par exemple, mais aussi l'énergie nucléaire. La Finlande construit un réacteur EPR, deux autres réacteurs sont en projet. (Le sujet n'est pas de savoir si l'EPR était le bon choix technique, économique, sécuritaire ; le sujet est d'être cohérent : puisque le réchauffement climatique global est l'affaire du siècle, l'ennemi public No 1, alors le nucléaire, EPR ou autre, est nécessairement un élément de la solution.)

Transition énergétique en Chine : on fait ce qu'on peut

La Chine est le premier émetteur de CO2 au monde. (Les États-Unis restent les premiers émetteurs par habitant.)

Mais la Chine se soigne, en développant les énergies renouvelables. Elle est maintenant première au monde en production d'énergie éolienne ; elle a construit le barrage des Trois Gorges, le plus puissant du monde – contre l'opposition des Verts qui là-bas sont jaunes dit-on ; et elle se couvre de panneaux photovoltaïques.

La Chine est réaliste, elle sait que les éoliennes ne suffiront pas, ni les centrales photovoltaïques. C'est pourquoi la Chine prévoit la construction d'une centaine de réacteurs d'ici 2035, au rythme de six à huit par an.

 

Faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle ferme tous ses chantiers nucléaires ?
Ou faut-il féliciter la Chine de réduire ses émissions de CO2 en remplaçant le charbon par du nucléaire? 

 

Curieusement, les anti-nucléaires les plus farouches n'abordent pas cette question. Peut-être sont-ils secrètement soulagés que les Chinois fassent le job pour sortir du charbon, tant que le nucléaire reste loin de leur back yard.

La Chine est championne du monde du charbon.
Mais elle se soigne.
Elle est championne du monde de l'éolien.
Elle est championne du monde de l'énergie photovoltaïque.
Elle construit les plus gros barrages du monde.

Et elle construit aussi des réacteurs nucléaires [1].

Les produits "made in China" que nous achetons en masse seront de moins en moins carbonés, de plus en plus fabriqués avec de l'électricité bas carbone. Les anti-nucléaires verront-ils cela comme une bonne nouvelle écologique ?

 

La transition énergétique en France

La France a commencé sa transition énergétique dans les années 1970 avec le développement de l'électricité nucléaire.

Résultat : l'électricité française est maintenant presque CO2-free. En 2018 il ne restait que 7 % de combustibles fossiles dans l'électricité française (45 % en Allemagne).

 

La transition énergétique en France...
... c'est déjà fait !
(Pour la production d'électricité.)

 

La France émet relativement peu de CO2 par personne ; tout le monde devrait être content.

Mais non !

Les écologistes français froncent les sourcils : "il n'y a pas assez d'énergies renouvelables en France. Regardez l'Allemagne, voyez comme elle produit beaucoup plus d'énergies renouvelables que nous, suivons son exemple". C'est pourquoi ils veulent une nouvelle transition énergétique en France ; ils veulent fermer les centrales nucléaires et recouvrir les collines de la doulce France d'éoliennes et de centrales photovoltaïques.

Mais à quoi sert de remplacer une énergie bas carbone par d'autres énergies bas carbone – autre que gagner quelques voix aux élections ?

Une éolienne en France c'est comme la pluie sur la mer, ça ne sert à rien en ce qui concerne le réchauffement climatique.

Le problème ici est que les écologistes se trompent d'objectif écologique.

L'objectif n'est pas "plus de renouvelables" ;
il est "moins de fossiles pour moins de CO2".

Les écologistes agissent comme s'ils ignoraient que le réchauffement climatique est "l'affaire du siècle"...

Transition énergétique en Italie : sortir du nucléaire

Greenpeace manifestait.

L'Italie est sortie du nucléaire par la loi, en 1987.

Maintenant l'Italie achète du gaz russe, du pétrole libyen, du charbon ailleurs, et de l'électricité nucléaire française.

... Greenpeace manifeste encore.

La sortie du nucléaire est pavée d'illusions.

Transition énergétique au Danemark : le vent d'ici et l'eau d'ailleurs

Le Danemark a un énorme potentiel de vent, qu'il exploite avec des milliers d'éoliennes sur mer et sur terre. Mais le vent volage a besoin de tuteur, pour prendre la relève lorsqu'il s'arrête pour reprendre son souffle. Par chance, le Danemark a un tuteur, l'eau et le relief de la Norvège voisine, qui lui fournit de l'électricité hydroélectrique lorsque le vent s'évanouit.

Les éoliennes danoises sont sous perfusion d'eau de Norvège.

Même avec ces éoliennes, même sous perfusion, le Danemark est l'un des plus gros émetteurs de CO2 par personne en Europe ; 6,8 tonnes en 2013, contre 5,1 en France.

La transition énergétique ratée en Allemagne

L'Allemagne aussi a du vent, comme le Danemark, le fameux vent du Nord qui chasse l'été les Allemands des bords de la Baltique et les pousse jusqu'à la Méditerranée. L'Allemagne a commencé sa transition énergétique avec le vent du Nord.

Le coup de génie marketing des Grünen a été d'offrir les éoliennes en zakouski – elles sentent bon le vent du Nord, laissant croire que le plat principal sera du même vent et de la même eau. Les Grünen français sont émerveillés, les yeux pleins d'étoiles semblant des éoliennes ; ils n'ont pas réalisé que le plat principal c'est fossile à la sauce lignite.

Lorsque le vent du nord faiblit – ça arrive même sur les bords de la Baltique – il faut trouver autre chose pour que les trains roulent, pour que les réfrigérateurs ronronnent. Mais l'Allemagne ne peut pas faire appel à l'eau de la Norvège comme dans le cas du Danemark. Alors, pour compenser les humeurs du vent, elle utilise ce qu'elle a sous la main, ou sous le pied : le lignite, une spécialité locale, un charbon de mauvaise qualité, extrêmement polluant, émettant CO2 et particules fines.

On peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages. La mine de Garzweiler est un ogre qui dévore tout sur son passage. Il a déjà gobé cinq villages, sept sont en cours de démolition, une quinzaine d’autres attendent leur tour. 42 000 personnes – plus leurs morts, on évacue aussi les cimetières – doivent ainsi être déplacées dans les quinze prochaines années.

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Tout cela résulte du choix des Grünen :

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag)

 

Toutefois, pour limiter le recours au lignite et au charbon, l'Allemagne s'équipe pour les remplacer par le gaz – tout aussi fossile que le lignite, polluant aussi, mais moins que le lignite.

► L'Allemagne est ainsi engagée dans la construction du gazoduc sous-marin Nord Stream 2 [3] pour recevoir du gaz russe ; la mise en service pourrait se faire dès 2021.

► L'Allemagne négocie la construction de terminaux méthaniers pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL).

Ces installations ont des durées de vie de dizaines d'années.

On peut faire confiance au bon sens des responsables allemands, ils n'ont pas engagé ces travaux coûteux pour des installations qui ont des durées de vie de dizaines d'années... pour ne pas les utiliser ! Si les responsables allemands ont du bon sens, pourquoi en douter, on constate donc que l'Allemagne est engagée dans les énergies fossiles pour des dizaines d'années.

La transition énergétique Allemande en résumé :

- Arrêter le nucléaire.

- Faire croire qu'il sera remplacé par des énergies renouvelables.

- Mais les énergies renouvelables ne suffisent pas. (Voir sur ce site Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles ?)

- Alors on exploite le lignite.

- Alors on construit le gazoduc Nord Stream 2.

- Alors on négocie la construction de terminaux de dégazéification de gaz naturel liquide.

- Alors on met en service la centrale au charbon de Datteln (mai 2020)

Puis un jour, dans quelques dizaines d'années, il faudra envisager enfin une vraie transition énergétique en Allemagne, c'est-à-dire sortir enfin des énergies fossiles. Il faudra remplacer le gaz fossile par autre chose, et démanteler toute cette usine à gaz.

Comment démanteler un gazoduc sous-marin ?

Le public croit que l'Allemagne remplace le nucléaire par des énergies renouvelables.

La réalité est que l'Allemagne remplace le nucléaire par des énergies renouvelables, et par le gaz.

La vraie transition énergétique aurait été de remplacer les centrales au lignite par des énergies renouvelables, et par des centrales nucléaires aussi.

Parce que l'objectif n'est pas de remplacer des centrales fossiles par des centrales fossiles.

Quel bilan ?

 

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire

 

Source : D'après :ag energiebilanzen

 

Ce diagramme montre la chute de la production nucléaire et la croissance spectaculaire de l'électricité renouvelable en Allemagne. Mais il montre aussi que la part des énergies fossiles, qui était élevée... reste élevée ! Avec donc un bilan globalement neutre en ce qui concerne le réchauffement climatique.

Parce que les centrales fossiles allemandes n'ont pas été arrêtées, elles continuent à fonctionner, à polluer (et à tuer). Parce qu'il y a des jours sans vent et des nuits sans soleil. C'est pourquoi, pour éviter un blackout du pays, l'Allemagne doit maintenir en service, rénover, construire, approvisionner, une capacité pilotable capable d'alimenter le pays entier lorsque les éoliennes sont en berne. Par pilotable, comprenons : des centrales fossiles, gaz, charbon, lignite, que l'on peut faire démarrer et moduler à la demande. Le nucléaire aurait pu assurer une partie de cette charge, mais l'Allemagne a cru bon de fermer ses centrales nucléaires.

transition énergétique Allemagne, éoliennes

« En Allemagne la croissance de l’offre intermittente d'électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite. » (Académie des Sciences française - Avis sur la transition énergétique - 2015)

Les arbres d'acier des éoliennes cachent la forêt fossile allemande.

L'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... mais même avec des éoliennes derrière chaque clocher, l'électricité allemande sent mauvais ; elle sent le gaz russe, le charbon d'ailleurs, et la spécialité locale, moins touristique que la choucroute et la bière : le lignite.

 

Électricité allemande en 2018 : 45 % d'énergie fossile.
Électricité française en 2018 : 7,2 % d'énergie fossile.

Électricité allemande en 2017 : 490g CO2/kWh
Électricité française en 2017 : 53g CO2/kWh

... Curieusement, c'est la transition énergétique allemande, avec d'aussi mauvais résultats, que les écologistes français applaudissent.

Et si l'Allemagne avait choisi d'être vraiment écologique ?

On estime que l'Allemagne a déjà englouti 300 milliards d'euros dans les rêves des Grünen. Les rêves sont hors de prix. Ce qui ne garantit même pas qu'ils se réalisent.

Faisons un autre rêve... Et si l'Allemagne avait choisi une priorité vraiment écologique : non pas sortir du nucléaire (tant pis pour les votes verts), mais la priorité de sortir du réchauffement climatique ? Avec ces mêmes milliards cela aurait donné le diagramme suivant, où :

La part du nucléaire reste constante.

Les énergies renouvelables progressent comme dans le diagramme précédent.

Cette progression sert à réduire la part des énergies fossiles, et non celle du nucléaire. (la progression des énergies renouvelable a été reportée en tant que baisse de production des énergies fossiles).

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Voilà ce qui aurait été un bon début de transition énergétique électrique réussie, dont il serait résulté une réduction importante des émissions de CO2.

On pourrait même imaginer un scénario où les énergies fossiles baisseraient encore plus... mais au prix d'une augmentation du nucléaire. Épidémie d'apoplexie chez les Grünen à prévoir ! Pourtant, c'est un scénario déjà en œuvre, en Chine, qui développe hydraulique (barrage des Trois Gorges), éolien, photovoltaïque... et nucléaire ! Tout cela permet de concurrencer le charbon ; faut-il protester ? Quel seraient les arguments du Grünen qui serait tenté d'aller faire la leçon aux Chinois en leur reprochant leur politique énergétique ?

 

Le gouvernement allemand s'était lancé tout schuss dans les énergies renouvelables. Il en découvre maintenant les difficultés et les limites, et doit se résoudre à quelques slaloms, et même à descendre prudemment en chasse-neige. Face aux difficultés de gestion du réseau électrique allemand (en plus du coût élevé de l'électricité pour les particuliers), le Parlement allemand a adopté le 8 juillet 2016 une réforme de la loi sur les énergies renouvelables, visant à en limiter le coût et le développement.

 

 

[1] Globalement, la capacité nucléaire mondiale installée augmente, il y a plus de réacteurs mis en service que de réacteurs arrêtés définitivement. Mi-2017, 53 réacteurs étaient en cours de construction dans le monde.

[3] Nord Stream 1 fonctionne depuis 2012.

 

 
 
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liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici


 

Mise à jour : 11 novembre 2021