écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


Le mythe du naturel...
Nous pouvons nous défendre des erreurs de la nature, nous l'avons déjà fait.

 

 

La nature invente le virus ;

... l'homme invente le vaccin.

La nature invente les pestes des cultures ;

... l'homme invente les pesticides.

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Le mythe du naturel

Les hommes ont toujours ressenti qu'ils étaient le jouet de forces, mystérieuses, inquiétantes, qui les dépassent. Pour les premiers peuples autrefois, c'est la nature tout autour qui les dominait ; les montagnes, les fleuves, la mer... Ils étaient le jouet des tempêtes, des ouragans, et des orages effrayants, éclairs et tonnerre. C'est pourquoi la nature était respectée et crainte. La superstition et l'idolâtries régnaient, on adorait un arbre sacré, on fuyait une montagne maudite...

Plus tard, la nature idolâtrée a été concurrencée par l'invention des dieux uniques qui seuls méritaient respect et crainte. Mais les dieux uniques n'ont pas réussi à nous rassurer, il y a encore des orages, des tremblements de terre qui frappent au hasard, des épidémies... Les forces extérieures sont toujours aussi mystérieuses, toujours aussi redoutables, toujours aussi dévastatrices. C'est pourquoi l'idolâtrie de la nature revient, c'est la nouvelle religion de ceux qui n'en ont plus, c'est le retour aux anciens commandements ; "La nature tu respecteras", "La nature tu suivras".

"Respecter la nature", cela veut dire que l'on pardonne tout à la nature, même ses dérapages. Les catastrophes naturelles ? Mais c'est naturel, pas de quoi en faire une affaire. Qui se souvient encore du tsunami de décembre 2004 en Asie du SE qui a fait 225 000 victimes ?

À quoi est associé le nom "Fukushima" ? à un tsunami qui a fait plus de 20 000 victime ? Non un tsunami c'est naturel, on oublie.

On n'en fait pas une affaire.

Le nom "Fukushima" est associé à un accident nucléaire qui a fait à peu près zéro mort dû au nucléaire.

Et ça, on en fait tout une affaire.

"Suivre la nature", cela veut dire laisser croître nos fruits et légumes "naturellement", sans artifices, sans engrais ni pesticides, puisque c'est ainsi que croît la végétation dans la nature.

 

Il faut "suivre la nature". Mais que savons-nous vraiment de la nature ?

Champ de blé agriculture conventionnelle

La nature bien entretenue, ces champs colorés de cultures variées, ces jardins, cette pelouse parfaite, ce petit sentier qui serpente entre les bosquets, ces forêts apprivoisées, avec petits chemins et aires pour pique-nique... nous appelons cela la nature... mais non, cela n'a rien à voir avec la nature ; la "vraie" nature, la nature primitive et sauvage, est enchevêtrement de ronces et de branches pourrissantes, boue et eau croupie, insectes répugnants et bêtes visqueuses.

Laissons une terre à l'abandon, aux soins de la nature, que viendra-t-il ? Un champ de blé ? Non, il viendra des broussailles, des épines et des chardons, c'est cela qui est naturel, pas le champ de blé.

La nature n’existe plus ! Un champ de blé, même bio, est artificiel.

Un champ cultivé, même bio, n'est pas naturel. L'agriculture elle-même n'est pas naturelle. Adam et Ève ne cultivaient pas, ne s'échinaient pas sur la charrue. Les premiers hommes chassaient, cueillaient, ils ne cultivaient pas ; il ne savaient pas qu'il était "naturel" de défricher, bêcher, arroser, désherber, ils ne savaient pas qu'il était naturel de gagner son pain à la sueur de son front.

Peu leur importait, le pain n'avait pas encore été inventé.

En supposant que le mode de vie des chasseurs-cueilleurs fût l'exemple à suivre, le "must" du "naturel", et que notre mode de vie aujourd'hui ne le soit plus, quel serait ce fameux moment où les choses auraient basculé, ce moment où le mode de vie serait devenu artificiel, non naturel ? Était-ce quand on a inventé le feu ? Quand on a inventé l'agriculture ? Quand on a construit une première hutte, fondé un premier village, une première ville ? Quand on a utilisé des pesticides naturels ? Quand on a utilisé des pesticides de synthèse ? Quand on a sélectionné des graines prometteuses ? Quand on a créé des OGM prometteurs ?

Qui peut dire ce qui est naturel, et ce qui ne l'est pas ? La notion de naturel est culturelle, de contour variable selon les époques et les lieux, arbitraire, sans fondement. Un outil est-il naturel ? Un râteau est-il naturel ? La nature n'en fit jamais. Un râteau en bois est-il naturel ? Un râteau en fer, un râteau en fibre de carbone, sont-ils naturels ? Un médicament est-il naturel ? Un OGM ?

Un courant de pensée a traversé les millénaires : ce qui est naturel vient de Dieu ou de Dieu-Nature, et cela est bon ; mais tout ce qui vient des hommes contre nature et maléfique.

Tertullien de Carthage, Père de l'Église (v. 155 – 235) :

« Ce que Dieu n'a pas produit ne saurait lui plaire ; à moins que ce ne soit par impuissance qu'il n'ait pas fait naître les brebis couleur de pourpre, ou de toute autre couleur. S'il a pu le faire et ne l'a point fait, c'est donc qu'il ne l'a point voulu : or ce que Dieu n'a pas voulu, est-il donc permis de le faire ?

Jean-Jacques Rousseau :

« tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme »

Si Dieu, ou Nature, n'a pas créé d'OGM, c'est Qu'il ne l'a pas voulu. Est-il permis de créer ce que Dieu n'a pas voulu ? Évidemment non ! Deux millénaires ont passé, mais les vandales volontaires qui fauchent les OGM ont les mêmes certitudes naïves que Tertullien et raisonnent encore avec exactement la même "logique" : les OGM sont œuvres du diable Monsatan, ils ne sont pas créés par Dieu-Nature, il n'est donc pas permis d'en faire, pas plus que faire des brebis couleur de pourpre. CQFD.

Donc on fauche.

La nature crée épidémies et famines – l'homme invente vaccins et pesticides

Il y a plus de deux millénaires Hésiode chantait les douces collines « la terre, la toute belle aux seins épanouis ». Le culte païen d'une mythique Nature belle et bonne (alias Gaïa, Pachamama, Terre-Mère, Terre Sacrée, etc.) est toujours vivant. On rêve de "Vivre selon la nature", "respecter la nature", "vivre en harmonie avec la nature".

... Mais la nature elle-même, est-elle harmonieuse ? Elle l'est parfois ; mais elle est aussi famines et épidémies ; faut-il les subir tête basse sans réagir, dans un respect religieux de Nature et de ses colères ? Mais non, au contraire, redressons la tête, révoltons-nous ! Nous pouvons nous défendre des vices et des erreurs de la nature – nous l'avons déjà fait ; nous pouvons même faire mieux que la nature – nous l'avons déjà fait.

La nature peut encore sévir, inventer de nouvelles épidémies. Ce n'est pas le retour au "bon" vieux temps qui nous en protègera, mais au contraire les techniques des hommes, les vaccins, la médecine "chimique", le génie génétique...

La nature invente le virus ;
l'homme invente le vaccin.

 

pesticides pour combattre les pestes et ravageurs

La nature peut encore sévir, par la sécheresse, le gel... La famine peut encore revenir sous l'assaut des pestes ; c'est pourquoi nous avons créé les pesticides. Mais les pesticides ne seraient pas naturels.

les pesticides ne seraient pas naturels...

... Pas aussi naturels qu’une famine.

 

La nature invente les pestes ;
l'homme invente les pesticides.

 

La nature crée la surpopulation – l'homme invente la contraception

Tertullien de Carthage, vers l'an 200, déplorait – déjà ! – la surpopulation : « Nous sommes un fardeau pour le monde [...] la nature va nous manquer. » Toutefois, Tertullien notait que la nature, prévoyante, avait créé des "remèdes" pour contenir l'excès de population :

« Il est bien vrai que les pestes, les famines, les guerres, les gouffres qui ensevelissent les cités, doivent être regardés comme des remèdes, espèce de tonte pour les accroissements du genre humain. »

Des remèdes 100 % naturels, bio, sans chimie.

Mais tout a changé maintenant, parce que ces diables d'hommes ont inventé la sorcière chimie, les vaccins contre les épidémies, les engrais et pesticides contre les famines... si bien qu'il n'y a plus assez de pestes et de famines pour contenir "les accroissements du genre humain", il y a pénurie des "remèdes" de Tertullien.

C'est pourquoi la terre est maintenant encombrée d'hommes ; les forêts disparaissent, les hommes sont entassés dans des villes immenses et n'entendent plus les oiseaux chanter. On accuse les hommes d'être les responsables de ce capharnaüm... en oubliant le rôle de la nature. L'un des "buts" fondamentaux de la nature est d'assurer la perpétuation des espèces, et pour cela elle a inventé le désir, puissant, pour qu'un lapinisme forcené compense les ravages des catastrophes naturelles, famines, épidémies, etc. Mais on se défend mieux des ravages de la nature maintenant, tandis que le désir reste le même : la nature avait oublié d'encadrer le désir par une quelconque régulation ; le désir reste toujours aussi puissant alors même qu'il n'est plus nécessaire, lorsque les enfants ne meurent plus, que les épidémies sont maîtrisées, que la nourriture est assurée. Les hommes ont dû déposer des brevets pour compléter le travail imparfait de la nature : pour contenir "les accroissements du genre humain" ils ont inventé la contraception, qui rompt le lien artificiel que la nature avait créé entre plaisir, et procréation.

Quelques chapelles contestent cette contraception. Elle ne serait pas "naturelle"...

La contraception ne serait pas naturelle...

... pas aussi naturelle qu’une famine.

Le scandale du riz doré

Des populations pauvres, en Asie, en Afrique, en Amérique latine, se nourrissent principalement de riz, parfois presque exclusivement de riz. Mais la nature a oublié de mettre assez de vitamine A sans le riz ; ce qui entraîne des carences pour ces populations, avec des conséquences catastrophiques :

« On estime qu'à travers le monde, de 500 000 à 1 million d'enfants [sont atteints]. Parmi eux, près de la moitié deviendra aveugle ou aura une vue très médiocre et une grande proportion mourra. » (FAO)

Face à cette catastrophe, des hommes ont créé le "riz doré", plus riche en vitamine A, qui permettrait de réduire et peut-être éliminer cette carence, et sauver des centaines de milliers d'enfants. Mais, patatrac ! le riz doré est lui aussi œuvre des hommes, il n'est pas naturel, c'est un OGM. Et donc des chapelles de la religion de Nature, (alias Gaïa, Pachamama, Terre-Mère, Terre Sacrée, etc.), Greenpeace par exemple, combattent le riz doré. En 2013, des activistes ont fauché volontairement un essai de riz doré aux Philippines. (Faucheurs de riz doré, faucheurs de vie)

Le riz doré n'est pas naturel...

... pas aussi naturel qu'un enfant qui meurt par manque de vitamine A.

Greenpeace a proposé une solution pour ne pas utiliser le riz doré : "il suffit" de cultiver un potager avec des haricots, des courges, etc., qui apporteront la vitamine. Et voilà !
C'est en Marie-Antoinette dans le texte : "Si vous n'avez pas de riz, mangez des courges".

Marie-Antoinette ne sait pas, Greenpeace non plus, que des familles pauvres n'ont pas de quoi s'offrir des brioches ni un potager et sont dépendantes de ce qui leur assure le plus de calories au moindre prix, le riz.
Les militants de Greenpeace ont les moyens de suivre la fameuse recommandation de "manger cinq portions de fruits et légumes par jour" ; ils ne savent pas que ce n'est pas le cas de tout le monde.

Plus de cent prix Nobel ont signé une lettre "À l’attention des dirigeants de Greenpeace, des Nations Unies et des Gouvernements à travers le monde". Extraits :

« NOUS APPELONS GREENPEACE à cesser sa campagne contre le riz doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général. […]
Greenpeace a été le fer de lance de l’opposition contre le riz doré, qui a le potentiel de réduire ou d’éliminer la plupart des décès et maladies causés par une carence en vitamine A (CVA), dont l’impact est le plus fort sur les populations les plus pauvres en Afrique et en Asie du Sud-Est.
Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l’humanité ? »

Dengue et malaria

La malaria, un fléau majeur dans les pays du Sud : 229 millions de cas dans le monde en 2019, 400 000 morts (OMS - 2021). C'est pourquoi l'OMS recommande l'utilisation du DDT dans la lutte contre la malaria, en l’absence d’alternative aussi efficace.

Guerre aux moustiques, pas aux pesticides.

Mais le DDT n'est pas naturel ; c'est pourquoi les lobbyistes environnementaux – qui ne vivent généralement pas dans les pays du Sud, sous la menace de la malaria... – s'opposent à son utilisation, même dans la lutte contre la malaria.

Les lobbyistes environnementaux s'opposent de la même façon à l'utilisation de moustiques modifiés pour lutter contre cette autre maladie des pays du Sud, la dengue. Ce sont des moustiques OGM, ils ne sont pas naturels, mieux vaut mourir naturellement de dengue...

Satan est mort - vive Satan

Dieu et Satan ont été mis de côté dans nos sociétés qui se croient laïques. Mais ils ont été remplacés.

Dieu a été remplacé par "Nature". Quant à Satan, il rendait bien service pourtant ; il était là pour expliquer tout ce qui va mal dans le monde. Épidémie ? Satan. Famine ? Satan. Inondation ? Satan. Une pomme croquée ? Satan encore.

Satan a été chassé... Mais le monde va encore mal. Il a y a encore des gens qui tombent malades, c'est scandaleux !, il y a encore des gens qui meurent, c'est intolérable, inadmissible !

Il fallait trouver un autre Satan, un autre responsable. On l'a trouvé, c'est la technique folle des hommes-Folamour qui créent des pesticides-Satan, des OGM-Satan, la 5G-Satan... Un malade ? Ce sont les pesticides-Satan. Un cancer ? Ce sont les OGM-Satan. Etc.

Cette technique folle doit être combattue, quoi qu'il en coûte. Quoi qu'il en coûte aux enfants manquant de vitamine A, quoi qu'il en coûte aux enfants atteints de malaria.

Défendre l’environnement des hommes, ou défendre la nature ?

Nous souhaitons tous que notre planète bleue soit verte. Pas seulement les daltoniens. Nous souhaitons tous défendre l’environnement.

Tous ? Non. Il y a aussi des défenseurs de la nature ; et même si la confusion est courante, ce n'est pas la même chose.

Défendre l’environnement, l'environnement des hommes, c’est aménager la forêt pour en faire un lieu accueillant et agréable aux hommes. On débroussaille les sous-bois, on trace et on entretient de jolis petits sentiers, on installe même quelques bancs publics. La forêt n'est pas importante en elle-même, elle est importante pour améliorer le cadre de vie des hommes.

Défendre la nature, c’est au contraire donner la priorité à la forêt en elle-même. C’est laisser les ronces envahir la forêt, effacer les traces du passage des hommes ; la nature ne serait belle que vierge, lorsqu'elle n'a pas encore connu l'homme. L'homme n’est plus qu’un élément de ce qui existe, parmi d’autres ; rien de plus qu’une rose ou un moustique. « Je ne dirai jamais que j’ai un droit de vivre supérieur à celui d’un moustique » disait Arne Naess, père de la deep ecology.

Cette simple différence de mots, défendre l'environnement ou défendre la nature, n'est pas une finasserie intellectuelle abstraite ; elle a des conséquences concrètes. Pour les défenseurs de la nature le riz doré n'est pas aussi naturel qu'un enfant qui meurt par manque de vitamine A, et les pesticides ne sont pas aussi naturels qu’une famine.

 

 

 

 

 

 
 
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Mise à jour : 24 août 2021