Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Transition énergétique et réchauffement climatique

 

La transition énergétique, ce serait, entre autres, remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables.

Mais les chercheurs de Giec, de l'IEA, etc., nous alertent : les énergies renouvelables intermittentes ne suffisent pas pour limiter le réchauffement climatique.

Pour réussir il faut développer toutes les énergies bas-carbone.

Dont l'énergie nucléaire, qui est une énergie bas carbone.

La transition énergétique en Allemagne n'a pas réduit les émissions de CO2.

 

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ?

Le public a maintenant reconnu que le réchauffement climatique est l'ennemi public No 1. Un récente pétition qualifiant le réchauffement climatique de "l'affaire du siècle", a recueilli plus de 2 millions de signatures.

L'objectif premier de la transition énergétique était justement de s'attaquer à cette "l'affaire du siècle", de lutter contre ce réchauffement climatique, cet ennemi public No 1.

Mais les priorités se sont brouillées. Il serait devenu aussi important de sortir du nucléaire que de lutter contre le réchauffement climatique. Il faudrait maintenant et lutter contre le réchauffement climatique et sortir du nucléaire...

Nous avons maintenant deux ennemis publics No 1 sur les bras !

Nous n'avons plus "l'affaire du siècle", nous avons "les affaires du siècle".

Il n'y a plus de priorité, par quoi commencer ?

On aimerait pouvoir résoudre tous les problèmes sans priorité, ne pas être limité à traiter d'abord l'un plutôt que l'autre. Ce serait peut-être possible, dans un monde parfait (encore que dans un monde parfait il n'y aurait même pas de problème à résoudre...). Mais dans le monde réel, les problèmes existent, nombreux, souvent contradictoires, il faut choisir, trancher, même s'il est douloureux de trancher, Le Titanic n'avait pas assez de canots de sauvetage, il a fallu trancher.

Entre réchauffement climatique assuré et risque nucléaire il faut trancher. Sinon c'est affronter les multiples difficultés de la réalité sans stratégie, sans plan de bataille, C'est l'assurance de perdre toutes les batailles.

À quoi aura servi de sortir du nucléaire quand le réchauffement climatique aura rendu la planète invivable ?

Les réponses des chercheurs

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ? Dit autrement, les énergies renouvelables ont-elles les épaules assez solides pour faire le job, pour remplacer les énergies fossiles à elles seules sans l'aide du nucléaire ?

Les chercheurs du Giec, de l'IEA, etc., répondent :

 

« Dans la majorité des scénarios de stabilisation à faible concentration de carbone (entre 450 et 500 ppm éqCO2 environ, niveaux pour lesquels il est au moins à peu près aussi probable qu’improbable que le réchauffement se limite à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels), la part de l’approvisionnement en électricité sobre en carbone (ce qui comprend les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire et le CSC, y compris la BECSC) augmente par rapport à la proportion actuelle d’environ 30 % à plus de 80 % en 2050 et à 90 % en 2100, et la production d’électricité à partir de combustibles fossiles sans CSC est presque entièrement abandonnée d’ici 2100 ». (GIEC - Changements climatiques 2014 Rapport de synthèse)

 

« L’électricité décarbonée est la clef de voûte de la transition énergétique. Le secteur électrique mondial peut parvenir à des émissions de CO2 nettes nulles d’ici 2060 dans le scénario 2DS, au moyen du déploiement à plus grande échelle d’un portefeuille de technologies propres et d’une production électrique issue à 74 % des renouvelables (dont 2 % de bioénergie durable avec CSC [BECSC]), à 15 % du nucléaire, à 7 % de centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles et équipées de dispositifs CSC, le reste provenant de la combustion du gaz naturel ». (IEA - Energy Technology Perspectives 2017)

 

[CSC = Capture et Séquestration de Carbone.
Scénario 2DS = 2 Degrés Scénario = scénario permettant de limiter le réchauffement climatique à 2°C.]

Pour limiter suffisamment le réchauffement climatique,
il faut utiliser aussi l'énergie nucléaire.

 

 

On ne pourra pas dire que nous n'avions pas été prévenus, que nous ne savions pas.

 

La jeune écologiste Greta Thunberg dénonce les dirigeants de la planète qui ne tiennent pas compte des résultats scientifiques. Elle a raison. La plupart des responsables ont bien entendu le premier message des chercheurs, "il y a risque de réchauffement climatique" ; mais bien peu ont aussi entendu la suite, les conclusions du GIEC, de l'AIE : "on ne peut ralentir suffisamment le réchauffement climatique sans l'aide de l'énergie nucléaire. [0]"

L'énergie nucléaire ne permettra peut-être pas d'éviter tous les dommages du réchauffement climatique, et cela parce que nous avons trop tardé à développer le nucléaire ; le réchauffement climatique en a profité pour prendre une avance qu'il est difficile de rattraper maintenant.

Mais sans nucléaire nous en subirons certainement tous les dommages.

On oppose à cela le risque nucléaire.

Le risque est réel.

Mais il faut soupeser lucidement ce risque, hypothétique, local, limité – face aux nuisances certaines, globales, planétaires, du réchauffement climatique. (Voir Les risques des différentes énergies - La "taxe énergie", en vies.)

On peut même aller plus loin ; refuser le nucléaire, contre l'avis des chercheurs, pourrait être considéré comme écocide, puisque c'est se priver d'un moyen de lutte contre la principale menace écologique du siècle, le réchauffement climatique. Dont on ne pourra pas dire plus tard que nous ne savions pas.

 

Cela ne signifie pas qu'il faille négliger les énergies renouvelables ; il faut les développer. Mais le problème est qu'elles ne suffisent pas. Lorsque le vent et le soleil font défaut (ce qui arrive tous les jours pour le soleil, on appelle ça "la nuit"), il faut alors faire appel à des centrales pilotables, pouvant produire à la demande à tout moment par tous les temps. Si on n'a pas de centrales nucléaires sous la main il n'y a pas d'autre solution que de pousser les feux des centrales fossiles ! (Voir Les nouvelles énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles ?)

 

« Sans moyen de stockage de l’électricité à grande échelle », on ne peut « éviter que l’intermittence de ces sources d’énergie [les nouvelles renouvelables] ne conduise à utiliser des combustibles fossiles lorsqu'elles ne fournissent pas l'énergie demandée. » (Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - Académie des Sciences française, 2015)

 

Un pays qui possède déjà beaucoup de centrales fossiles peut donc développer les nouvelles énergies renouvelables, mais en prenant soin de conserver les centrales fossiles existantes. C'est le cas de l'Allemagne.

Un pays qui possède peu de centrales à combustibles fossiles peut développer les nouvelles énergies renouvelables, mais en prenant soin, de construire parallèlement des centrales fossiles de secours. Ce serait le cas de la France qui aurait renoncé à ses centrales nucléaires. Dans un tel cas, la construction massive d’éoliennes entraînerait nécessairement la construction de centrales thermiques et des émissions accrues de CO2.

 

► Il faut changer de logiciel ;

il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme des cabris en criant renouvelable ! renouvelable ! renouvelable !
Il faut développer toutes les énergies bas-carbone. Dont l'énergie nucléaire.

 

Pourquoi le GIEC et les académies soutiennent-ils l'énergie nucléaire ? Parce qu'ils sont corrompus ? Pas du tout, c'est tout simplement parce qu'ils sont informés, ils savent que le nucléaire peut produire massivement (contrairement aux nouvelles énergies renouvelables), est l'une des énergies les moins dangereuses (moins que le photovoltaïque par exemple), et l'une des moins carbonées (moins que le photovoltaïque par exemple) :

émission CO2 électricité, nucléaire et autres

 

 

Source : base carbone Ademe - 2019

(Ces chiffres intègrent les émissions directes et indirectes (indirectes, c'est-à-dire par exemple l'exploitation des mines, la construction des centrales ou des panneaux photovoltaïques, etc.)

 

 

Le nucléaire émet 10 fois moins de CO2 que le photovoltaïque, 70 fois moins que le gaz.

 

Les réponses des états pour la production d'électricité

Les politiques énergétiques des états sont souvent... de la politique ! Elles s'inspirent plus du ressenti subjectif des électeurs (et des élus), que des résultats objectifs des chercheurs. Ce n'est pas un gage de réussite. Voyons quelques-unes des politiques mises en œuvre pour un volet important de la transition énergétique, la production d'électricité.

Transition énergétique en Finlande : énergies bas-carbone

La Finlande a vraiment pour objectif de réduire les émissions de CO2 : elle développe toutes les énergies bas-carbone, hydraulique par exemple, mais aussi l'énergie nucléaire. La Finlande construit un réacteur EPR, deux autres réacteurs sont en projet. (Le sujet n'est pas de savoir si l'EPR était le bon choix technique, économique, sécuritaire ; le sujet est d'être cohérent : puisque le réchauffement climatique global est l'ennemi public No 1, alors le nucléaire, EPR ou autre, est nécessairement un élément de la solution.)

Transition énergétique en Chine : on fait ce qu'on peut

La Chine est le premier émetteur de CO2 au monde.

Mais la Chine se soigne, en développant toutes les énergies bas-carbone, autant que possible. Elle est déjà première au monde en production d'énergie éolienne, elle a construit le barrage des Trois Gorges, le plus puissant du monde – contre l'opposition des Verts qui là-bas sont jaunes dit-on.

Mais la cure sera longue. La Chine est réaliste, elle sait que les éoliennes ne suffiront pas, ni les centrales photovoltaïques : ces nouvelles énergies renouvelables ne comptent que pour à peine 3 % dans le mix énergétique du pays en 2017. C'est pourquoi la Chine prévoit la construction d'une centaine de réacteurs d'ici 2035, au rythme de six à huit par an.

 

Faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle ferme tous ses chantiers nucléaires ?
Ou faut-il féliciter la Chine de réduire ses émissions de CO2 en remplaçant le charbon par du nucléaire? 

 

Le silence devant ces questions est la manifestation de la lâcheté naturelle habituelle, honteuse car on ne se l'avoue pas, de laisser les autres faire le boulot pour assurer le bien commun.

La Chine est championne du monde du charbon.
Mais elle se soigne.
Elle est championne du monde de l'éolien.
Elle est championne du monde de l'énergie photovoltaïque.
Elle construit les plus gros barrages du monde.

Et elle construit aussi des réacteurs nucléaires [1].

 

La transition énergétique en France

En France, l'électricité est principalement nucléaire, presque CO2-free. En 2017 il ne restait que 10 % de combustibles fossiles dans l'électricité française (51 % en Allemagne).

 

La transition énergétique en France, pour la production d'électricité...
... c'est déjà fait !

 

La France a déjà décarboné son électricité, elle émet relativement peu de CO2 par personne ; tout le monde devrait être content.

Mais non !

Les écologistes français persistent, ils veulent encore une transition énergétique : ils veulent fermer les centrales nucléaires et recouvrir les campagnes d'éoliennes et de centrales photovoltaïques. Mais pourquoi ? À quoi sert de décarboner une électricité... qui est déjà décarbonée ? Cela peut éventuellement servir à gagner quelques voix aux élections, mais ne sert à rien contre le réchauffement climatique.

 

 

Les milliards de subventions pour les énergies renouvelables en France...
... ne sont pas verts ;
ils ne servent à rien contre le réchauffement climatique.

 

 

Mais ils servent, dit-on pour éviter les risques du nucléaire. Cela pourrait se comprendre... sauf que les risques de l'énergie nucléaire sont inférieurs à ceux de l'énergie photovoltaïque par exemple (Voir sur ce site Les risques des différentes énergies - La "taxe énergie", en vies.)

Transition énergétique en Italie : sortir du nucléaire

L'Italie est sortie du nucléaire par la loi, en 1987. Elle s'est adaptée, pas du tout grâce aux énergies renouvelables ni aux économies d’énergie ; simplement en achetant du gaz russe, du pétrole libyen, du charbon ailleurs. Greenpeace s'était battue pour que l'Italie sorte du nucléaire... puis elle a découvert qu'en 2017, 74 % de l'énergie primaire italienne provenait d'énergies fossiles. Greenpeace, qui n'avait rien vu venir, organise maintenant des manifestations contre ces énergies fossiles... qu'elle a contribué à favoriser.

 

La sortie du nucléaire est pavée d'illusions.

Transition énergétique au Danemark : le vent d'ici et l'eau d'ailleurs

Le Danemark a un énorme potentiel de vent, qu'il exploite avec des milliers d'éoliennes sur mer et sur terre. Mais le vent volage a besoin de tuteur, pour prendre la relève lorsqu'il est épuisé et s'arrête pour reprendre son souffle. Par chance, le Danemark a un tuteur, l'eau et le relief de la Norvège voisine, qui lui fournit de l'électricité hydroélectrique lorsque le vent s'évanouit.

Les éoliennes danoises sont sous perfusion d'eau de Norvège.

Même avec ces éoliennes, même sous perfusion, le Danemark est l'un des plus gros émetteurs de CO2 par personne en Europe ; 6,8 tonnes en 2013, contre 5,1 en France.

La transition énergétique ratée en Allemagne

L'Allemagne aussi a du vent, comme le Danemark, le fameux vent du nord qui chasse l'été les Allemands des bords de la Baltique et les pousse jusqu'à la Méditerranée. Avec le vent du Nord et des éoliennes l'Allemagne a commencé sa transition énergétique – trente ans après la France, trente ans après que la France eut déjà commencé à réduire considérablement ses émissions de CO2.

Le coup de génie marketing des Grünen a été d'offrir les éoliennes en zakouski – elles sentent bon le vent du Nord, laissant croire que le plat principal sera du même vent et de la même eau. Les Grünen français sont émerveillés, les yeux pleins d'étoiles semblant des éoliennes ; ils n'ont pas réalisé que le plat principal c'est fossile à la sauce lignite.

Lorsque le vent du nord faiblit – ça arrive même sur les bords de la Baltique – il faut trouver autre chose pour que les trains roulent, pour que les réfrigérateurs ronronnent. Mais l'Allemagne ne peut pas faire appel à l'eau de la Norvège comme dans le cas du Danemark. Alors, pour compenser les humeurs du vent, elle utilise ce qu'elle a sous la main, ou sous le pied : le lignite, une spécialité locale, un charbon de mauvaise qualité, extrêmement polluant, émettant CO2 et particules fines.

On peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages. La mine de Garzweiler est un ogre qui dévore tout sur son passage. Il a déjà gobé cinq villages, sept sont en cours de démolition, une quinzaine d’autres attendent leur tour. 42 000 personnes – plus leurs morts, on évacue aussi les cimetières – doivent ainsi être déplacées dans les quinze prochaines années.

énergie fossile en Allemagne, lignite, Garzweiler

 

 

C'est cela la protection de l'environnement façon Verde, c'est ce qu'ils ont choisi en toute conscience :

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag)

 

Échanger les effets destructeurs éventuels de l'atome contre les effets destructeurs certains et quotidiens du charbon, est-ce un bon calcul ? (voir Pollution et dangers des énergies)

Le résultat global, entre l'inconstance du vent du nord et la sortie du nucléaire, est très peu écologique : l'Allemagne qui émettait beaucoup plus de CO2 par habitant que la France... continue à émettre beaucoup plus de CO2 par habitant que la France !

L'Allemagne a choisi de cacher sous le tapis le réchauffement climatique, elle a choisi d'échanger un risque nucléaire local, hypothétique, contre les nuisances globales, planétaires, certaines, du réchauffement climatique. Elle a échangé de s'épargner un risque nucléaire pour elle-même, contre les nuisances du réchauffement climatique, pour elle-même et pour tout le monde.

Le CO2, pas plus que la pollution du charbon, ne s'arrêtent à la frontière ; le vent d'est est mauvais pour la santé, en France.

 

 

Quelques données permettent de vérifier l'échec de la transition allemande.

Question : Quelles est la part des énergies fossiles en Allemagne et en France ?

Réponse :

Part des énergies fossiles en Allemagne en 2018 : 80 %
Part des énergies fossiles en France en 2018 : 47,7 %.

Sources :

Chiffres clés de l’énergie Commissariat général au développement durable - 2019.

Germany 2020 - Energy Policy Review iea.

 

► L'Allemagne utilise beaucoup plus d'énergies fossiles que la France. Dont le terrible lignite.

 

Ces chiffres expliquent l'écart considérable des émissions de CO2 en Allemagne et en France :

Question : Qui émet le plus de CO2 lié à la combustion d'énergie, un Allemand ou un Français ?

Réponse :

transition énergétique Allemagne, CO2

 

source : D'après :CO2 EMISSIONS FROM FUEL COMBUSTION – Highlights - IEA

 

• Chaque Allemand émet beaucoup plus de CO2 lié à la combustion d'énergie que chaque Français.

• Ces émissions de CO2 baissent, en Allemagne et en France, sensiblement au même rythme. Il n'y a pas trace d'une transition énergétique réussie en Allemagne.

 

L'Allemagne a peint en Vert des centaines de milliards d'euros, prélevés sur les factures des ménages. Pour quel résultat – autre que pour quelques votes verts en plus ? Pour un résultat écologique nul : les émissions de CO2 ne diminuent pas ! Le contenu moyen en CO2 de l’électricité allemande reste incomparablement plus élevé que celui de l'électricité française : en 2017, 490g CO2/kWh en Allemagne, contre 53g CO2/kWh en France.

 

► La transition énergétique allemande a un effet quasi nul sur le réchauffement climatique.

 

 

Voici comment a évolué la production d'électricité en Allemagne par source d'énergie :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire

 

Source : D'après :ag energiebilanzen

 

Ce diagramme montre la croissance spectaculaire de l'électricité renouvelable en Allemagne. Mais il montre aussi que la part des énergies fossiles, qui était élevée, reste élevée ! Parce que les énergies renouvelables allemandes servent à remplacer des centrales nucléaires. On remplace une énergie bas carbone par d'autres énergies bas carbone et la part des énergies fossiles reste à peu près constante. Le résultat est que la moitié environ de l'électricité allemande est encore produite par des énergies fossiles.

Les énergies renouvelables intermittentes peuvent réduire les émissions de CO2… lorsqu'elles remplacent des énergies fossiles et non des centrales nucléaires !

Il faut toutefois rappeler et souligner que même lorsqu'elles remplacent des énergies fossiles, les énergies renouvelables ne peuvent pas faire de miracles : sans moyens de stockage massif de l'électricité, les énergies intermittentes ne peuvent pas remplacer totalement les énergies fossiles pilotables. Lorsqu'il n'y a ni vent ni soleil on est en effet contraint de faire appel à des énergies pilotables, nucléaire ou fossiles, ou seulement fossile quand on a cru bon d'arrêter les centrales nucléaires. C'est-à-dire qu'il y a un "plancher de verre" en dessous duquel les énergies pilotables ne peuvent pas descendre, en dessous duquel elles ne peuvent pas être remplacées : elles sont irremplaçables les jours et les nuits sans vent, quand les nouvelles énergies renouvelables sont impuissantes.

 

Lignite, Renouvelable, Nucléaire, sont dans un bateau.
Nucléaire tombe à l'eau. Qu'est ce qui reste ?
... Mais Renouvelable n'a pas les bras assez costauds pour ramener seule le bateau à la rive.

 

C'est pourquoi, pour éviter un blackout du pays, l'Allemagne, tout en développant des énergies renouvelables, s'assure de maintenir en service, rénover, construire, approvisionner, une capacité "flexible" capable d'alimenter le pays entier lorsque les éoliennes sont en berne. Par "flexible", comprenons : des centrales fossiles, gaz, charbon, lignite, que l'on peut faire démarrer à la demande quand nécessaire.

transition énergétique Allemagne, éoliennes

« En Allemagne la croissance de l’offre intermittente d'électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite. » (Académie des Sciences française - Avis sur la transition énergétique - 2015)

► Par exemple la nouvelle centrale au charbon de Datteln, de 1 100 MW, a commencé à produire en 2020.

Elle fumera encore dans quarante ans.

► L'Allemagne est engagée dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 [3] pour recevoir du gaz russe (il est déjà réalisé à 90 %, la mise en service pourrait se faire dès 2021 si elle n'est pas entravée par des différends internationaux).

► L'Allemagne est également engagée dans la construction de terminaux méthaniers pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL).

La durée de vie de ces terminaux va au-delà de 2050.

 

On peut faire confiance au bon sens des responsables allemands, ils n'ont pas engagé ces travaux coûteux pour des installations qui ont des durées de vie de dizaines d'années, 40 ans et plus... pour ne pas les utiliser !

L'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... mais même avec des éoliennes derrière chaque clocher, l'électricité allemande sent mauvais ; elle sent le gaz russe, le charbon d'ailleurs, et la spécialité locale, moins touristique que la choucroute et la bière, le lignite :

 

Électricité allemande en 2018 : 45 % d'énergie fossile.
Électricité française en 2018 : 7,2 % d'énergie fossile.

Électricité allemande en 2017 : 490g CO2/kWh
Électricité française en 2017 : 53g CO2/kWh

 

Les arbres d'acier des éoliennes cachent la forêt fossile allemande.

 

Et si l'Allemagne avait choisi d'être vraiment écologique ?

On estime que l'Allemagne a déjà englouti 300 milliards d'euros dans les rêves des Grünen. Les rêves sont hors de prix, ce qui ne garantit même pas qu'ils se réalisent.

Faisons un rêve, un autre rêve... Et si l'Allemagne avait choisi une priorité vraiment écologique : non pas sortir du nucléaire (tant pis pour les votes verts), mais la priorité de sortir du réchauffement climatique ? Avec ces mêmes milliards cela aurait donné le digramme suivant, où :

La part du nucléaire reste constante.

Les énergies renouvelables progressent comme dans le diagramme précédent.

Cette progression sert à réduire la part des énergies fossiles. (la progression des énergies renouvelable a été reportée en tant que baisse de production des énergies fossiles).

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Voilà ce qui aurait été un bon début de transition énergétique électrique réussie, dont il serait résulté une réduction importante des émissions de CO2.

On pourrait même imaginer un scénario où les énergies fossiles baisseraient encore plus... mais au prix d'une augmentation du nucléaire. Épidémie d'apoplexie chez les Grünen à prévoir ! Pourtant, c'est un scénario déjà en œuvre, en Chine, qui développe hydraulique (barrage des Trois Gorges), éolien, photovoltaïque... et nucléaire ! Tout cela permet de concurrencer le charbon ; faut-il protester ? Quel seraient les arguments du Grünen qui serait tenté d'aller faire la leçon aux Chinois en leur reprochant leur politique nucléaire ?

Sortir du nucléaire ?
Il vaut mieux sortir des fossiles.
Les énergies renouvelables ? Elles ne suffisent pas.
(Voir Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?)

Le gouvernement allemand s'était lancé tout schuss dans les énergies renouvelables. Il en découvre maintenant les difficultés et les limites, et doit se résoudre à quelques slaloms, et même à descendre prudemment en chasse-neige. Face aux difficultés de gestion du réseau électrique allemand (en plus du coût élevé de l'électricité pour les particuliers), le Parlement allemand a adopté le 8 juillet 2016 une réforme de la loi sur les énergies renouvelables, visant à en limiter le coût et le développement.

 

 



[0] On constate toutefois,un frémissement, un début d'attention aux conclusions des chercheurs, plus chez quelques rares responsables que chez les écologistes. Lors d'une réunion des dirigeants européens en décembre 2019 en décembre 2019 le Premier ministre de la république tchèque déclarait : « Sans le nucléaire, ce n’est pas possible [d'atteindre la neutralité carbone en 2050] pour la République tchèque ». De son côté le président Macron déclarait : « Le GIEC l’a reconnu : le nucléaire fait partie de la transition ».
En effet le GIEC l'a reconnu... depuis plus de dix ans !
L'information se transmet à la vitesse de la lumière, à la vitesse d'Internet, depuis l'émetteur jusqu'aux oreilles.
Mais pour cheminer des oreilles à la conscience il lui faut des années ; sans y parvenir toujours.
[1] Globalement, la capacité nucléaire mondiale installée augmente, il y a plus de réacteurs mis en service que de réacteurs arrêtés définitivement. Mi-2017, 53 réacteurs étaient en cours de construction dans le monde.
[3] Nord Stream 1 fonctionne depuis 2012.

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Une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

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Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le mythe du "bon" vieux temps
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 
C'était le temps des disettes, famines, de la mort infantile, d'une espérance de vie courte.

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Avons-nous perdu au change ?

La nature et les hommes
Le mythe du bon sauvage respectueux de la nature.

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les ravageurs des cultures ; l'homme invente les pesticides.




 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

 

 
 
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Mise à jour : 21 novembre 2020

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