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Pour vraiment nourrir toute l'humanité à venir
Pour vraiment sortir du réchauffement climatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?
Cas de l'Allemagne et de la France.

 

 

La transition énergétique, c'est essentiellement remplacer les énergies fossiles par des énergies bas-carbone.

Idéalement, les énergies fossiles seront remplacées par des énergies renouvelables.

Mais le Giec, l'IEA, etc., nous alertent, les énergies renouvelables ne suffisent pas, il faut développer toutes les énergies bas-carbone, y compris l'énergie nucléaire.

L'expérience de la transition énergétique ratée de l'Allemagne le confirme.

La transition énergétique en France : pour la production d'électricité, c'est déjà fait !

La transition énergétique en Chine : faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle ferme tous ses chantiers nucléaires ?

Ou faut-il féliciter la Chine de réduire ses émissions de CO2 ?

 

 

L'objectif premier de la transition énergétique était de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de CO2 de la production d'électricité, des transports, du chauffage des appartements, etc. Les nouveaux héros des temps modernes étaient les héros verts en bleu de travail qui bâtissaient un avenir rose. Ils construisaient de merveilleuses éoliennes, installaient de merveilleux panneaux photovoltaïques, isolaient merveilleusement les maisons. La transition énergétique c'était économiser l'énergie (dans les pays déjà riches, les autres n'ont rien à économiser) et développer les énergies renouvelables.

Mais la finalité première de la transition énergétique s'est brouillée. Il faudrait maintenant marier la lutte contre le réchauffement climatique et la sortie du nucléaire. C'est une embrouille, parce que des deux-là ne vont pas ensemble. C'est une embrouille, parce que des deux-là ne vont pas ensemble. La carpe nucléaire est même l'une des meilleures ennemies du chaud lapin réchauffement climatique.

 

► À quoi aura servi de sortir du nucléaire quand la planète aura brûlé ?

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ?

Les réponses des chercheurs

Peut-on sortir du réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ? Dit autrement, les énergies renouvelables ont-elles les épaules assez solides pour faire le job à elles seules ? Le Giec, l'IEA, etc., nous alertent ; selon les modèles climatiques, les outils de base pour ces questions :

On ne peut éviter le réchauffement climatique sans utiliser aussi l'énergie nucléaire.

 

« Dans la majorité des scénarios de stabilisation à faible concentration de carbone (entre 450 et 500 ppm éqCO2 environ, niveaux pour lesquels il est au moins à peu près aussi probable qu’improbable que le réchauffement se limite à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels), la part de l’approvisionnement en électricité sobre en carbone (ce qui comprend les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire et le CSC, y compris la BECSC) augmente par rapport à la proportion actuelle d’environ 30 % à plus de 80 % en 2050 et à 90 % en 2100, et la production d’électricité à partir de combustibles fossiles sans CSC est presque entièrement abandonnée d’ici 2100 ». (GIEC - Changements climatiques 2014 Rapport de synthèse)

 

« L’électricité décarbonée est la clef de voûte de la transition énergétique. Le secteur électrique mondial peut parvenir à des émissions de CO2 nettes nulles d’ici 2060 dans le scénario 2DS, au moyen du déploiement à plus grande échelle d’un portefeuille de technologies propres et d’une production électrique issue à 74 % des renouvelables (dont 2 % de bioénergie durable avec CSC [BECSC]), à 15 % du nucléaire, à 7 % de centrales électriques alimentées par des combustibles fossiles et équipées de dispositifs CSC, le reste provenant de la combustion du gaz naturel ». (IEA - Energy Technology Perspectives 2017)

 

« Nous ne pouvons augmenter la production d'énergie, tout en réduisant les émissions de CO2, que si les nouvelles centrales cessent d'utiliser l'atmosphère comme une poubelle. [...]
Dans le monde réel, il n’existe pas de voie crédible pour stabiliser le climat sans que l’énergie nucléaire ne joue un rôle substantiel » (Lettre ouverte à ceux qui influencent la politique environnementale mais sont opposés au nucléaire - 2013 - Limitons le réchauffement climatique grâce au nucléaire, proposent quatre scientifiques américains" - une Traduction française)

 

Il faut donc développer les énergies renouvelables, mais elles ne suffisent pas. Le réchauffement climatique n'est plus une vague hypothèse futuriste, c'est maintenant la réalité ; il faut changer de logiciel pour affronter cette nouvelle réalité, dans toutes les équations, dans tous les discours, il faut remplacer "énergies renouvelables" par "énergies bas-carbone". L'énergie nucléaire est aussi une énergie bas-carbone.

 

► Il faut changer de logiciel ;

il ne suffit pas de développer les énergies renouvelables, il faut développer toutes les énergies bas-carbone.

 

Les énergies renouvelables ne suffisent pas lorsque le vent et le soleil font défaut (ce qui arrive toutes les nuits pour le soleil) ; il faut alors faire appel à des centrales pilotables pouvant produire à la demande à tout moment par tous les temps. Si on n'a pas de centrales nucléaires sous la main il n'y a pas d'autre solution que de pousser les feux des centrales fossiles !

Un pays qui possède déjà beaucoup de centrales fossiles peut donc développer les nouvelles énergies renouvelables, mais en prenant soin de conserver les centrales fossiles existantes. C'est le cas de l'Allemagne.

Un pays qui possède peu de centrales à combustibles fossiles peut développer les nouvelles énergies renouvelables, mais en prenant soin, de construire parallèlement des centrales fossiles de secours. Ce serait le cas de la France qui aurait renoncé à ses centrales nucléaires. Dans un tel cas, la construction massive d’éoliennes entraînerait nécessairement la construction de centrales thermiques et des émissions accrues de CO2.

Nous sommes avertis de cette situation :

« Sans moyen de stockage de l’électricité à grande échelle », on ne peut « éviter que l’intermittence de ces sources d’énergie [les nouvelles renouvelables] ne conduise à utiliser des combustibles fossiles lorsqu'elles ne fournissent pas l'énergie demandée. » (Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - Académie des Sciences française, 2015)

« Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. L'Allemagne en est l'illustration parfaite. Ses émissions n'ont pratiquement pas changé depuis 2009. » (Lettre d'un groupe international d'experts au Président Macron - 3 juillet 2017)

Les réponses des états pour la production d'électricité

Le Giec, l'IEA, etc., nous alertent : les énergies renouvelables ne suffisent pas. Et pourtant, la COP21 a ignoré les rapports des chercheurs, a fait l'impasse sur la question du nucléaire, aboutissant ainsi à des accords qui ne prennent en compte qu'une partie de la réalité, et seront donc inefficaces. L'inefficacité est constatée et dénoncée, mois après mois :

« Climat : selon l’ONU, il faudrait tripler les efforts pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement.

Les engagements des Etats, à supposer qu’ils soient tenus, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle. » (Le Monde - Novembre 2018)

Les accords de la COP21 sont enthousiasmants, comme étaient les résolutions du parti communiste de l'ex URSS... et ils sont tout aussi irréalistes. On peut se demander comment il se fait que de telles réunions – Grenelle de l'environnement, COP21, congrès communiste, ou autre – avec tant de participants, accouchent d'engagements irréalistes. Il est possible d'y voir la conséquence des convictions enthousiastes des participants, qui font peu de cas des réalités techniques et humaines.

 

Les politiques énergétiques des états... sont souvent... de la politique ; elles s'inspirent plus du ressenti subjectif des électeurs que des résultats objectifs des chercheurs. Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour résoudre les problèmes avec réalisme. Voyons quelques-unes de ces politiques, en ce qui concerne le premier volet de la transition énergétique, la production d'électricité.

Transition énergétique en Finlande : énergies bas-carbone

La Finlande a vraiment pour objectif de réduire les émissions de CO2 : elle développe toutes les énergies bas-carbone, hydraulique, biomasse, etc., mais aussi l'énergie nucléaire. La Finlande construit un réacteur EPR, deux autres réacteurs sont en projet. (Le sujet n'est pas de savoir si l'EPR était le bon choix technique, économique, sécuritaire ; le sujet est d'être cohérent : puisque le réchauffement climatique global est l'ennemi public No 1, alors le nucléaire est nécessairement un élément de la solution.)

Transition énergétique en Chine : on fait ce qu'on peut

La Chine est le premier émetteur de CO2 au monde.

Mais la Chine se soigne, en développant toutes les énergies bas-carbone, autant que possible. Elle est déjà première au monde en production d'énergie éolienne, elle a construit le barrage des Trois Gorges, le plus puissant du monde – contre l'opposition des Verts qui là-bas sont jaunes dit-on.

Mais la cure sera longue. La Chine est réaliste, elle sait que les éoliennes ne suffiront pas, ni les centrales photovoltaïques : ces nouvelles énergies renouvelables ne comptent que pour 1 % environ dans le mix énergétique du pays en 2013. C'est pourquoi, le nucléaire aussi fait partie de la cure : mi-2017, 20 réacteurs nucléaires étaient en construction, d'autres en projet. (The World Nuclear Industry Status Report 2017).


La Chine est championne du monde du charbon.
Mais elle se soigne.
Elle est championne du monde de l'éolien.
Elle construit les plus gros barrages du monde.

Et elle construit aussi des réacteurs nucléaires.

Même si elle part de très loin, la Chine lutte vraiment contre le CO2 ;
sans tabou.

 

Faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle ferme tous ses chantiers nucléaires ?
Ou faut-il féliciter la Chine de réduire ses émissions de CO2 [00]?

Transition énergétique en France : pour la production d'électricité, c'est déjà fait !

En France, il reste encore du travail à faire, dans les domaines des transports, de l'isolation des bâtiments, etc.. Mais dans le domaine essentiel de la production d'électricité, que les Français se réjouissent, elle est déjà née la transition énergétique, jouez hautbois, résonnez musettes. En France, la transition énergétique est née dans les années 1970, lorsque l'électricité y est devenue principalement nucléaire, et presque CO2-free. En 2017 il ne reste que 10 % de combustibles fossiles dans l'électricité française (51 % en Allemagne en 2015).

La transition énergétique en France, pour la production d'électricité... c'est déjà fait !

Mais alors, pourquoi voudrait-on encore une transition énergétique en France ? Y aurait-il d'autres objectifs plus importants que de limiter le réchauffement climatique ?

En effet, ceux qui n'ont pas lu les journaux, qui ne savent rien du festival de catastrophes qui se multiplient d'année en année, sécheresses, incendies, inondation, ouragans... ceux-là ignorent le réchauffement climatique. Ils ne lisent et ne croient que les fantasmes apocalyptiques des sites antinucléaires à propos des dangers du nucléaire, nous y reviendrons. Pour ceux-là, l'objectif est de sortir du nucléaire, quitte à laisser la maison brûler en regardant ailleurs [0]. Ils choisissent la fermeture des centrales nucléaires, même au prix du réchauffement climatique [1] ! Parce que le cas d'école du remplacement d'une centrale nucléaire par des éoliennes peut être schématisé de la façon suivante :

 

- On ferme une centrale nucléaire de 1 000 MW qui n'émet pratiquement pas de CO2.

- On construit des éoliennes pour une capacité nominale de 1 000 MW.

- Mais il faut aussi penser aux jours sans vent. Il faut aussi d'autres sources d'énergie, non intermittentes ; et puisque le nucléaire est tombé à l'eau, que reste-t-il dans le bateau ? Il reste les bonnes vieilles énergies fossiles. Mais en France, où il n'y a presque plus de centrales fossiles... il faudra donc les construire !

- Compte tenu du facteur de charge des éoliennes – environ un quart – le résultat sera équivalent à des éoliennes fournissant 1 000 MW un quart du temps, et une centrale à combustible fossile de 1 000 MW fonctionnant les trois quarts du temps.

 

« Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. » (Lettre d'un groupe international d'experts au Président Macron - 3 juillet 2017)

 

Plus d'éolien en France,
c'est plus de réchauffement climatique.

 

 

Transition énergétique en Italie : sortir du nucléaire

Pour l'Italie, "transition énergétique" rime avec "sortir du nucléaire".

L’Italie est sortie du nucléaire. Pas du tout grâce aux énergies renouvelables ni aux économies d’énergie. Tout simplement, l’Italie achète du gaz russe, du pétrole libyen, du charbon ailleurs. En 2014, près de 80 % de l'énergie primaire italienne provenait d'énergies fossiles. Greenpeace s'était battue pour que l'Italie sorte du nucléaire... elle découvre maintenant que le pays émet énormément de CO2 ; Greenpeace, qui n'avait rien vu venir, qui croyait qu'il suffisait de dire stop au nucléaire pour respirer l'air pur du grand large, en est fort dépitée. Les Grünen allemands sont en train de vivre la même expérience amère. Lors de la réunion du G8 à l’Aquila en Italie, en 2009, Greenpeace a organisé des opérations spectaculaires pour protester contre le CO2 qu'elle avait contribué à favoriser : plus de 100 activistes occupant simultanément quatre centrales au charbon à travers l’Italie. ... L'Italie continue à émettre beaucoup de CO2.

 

La sortie du nucléaire est pavée d'illusions.

Transition énergétique au Danemark : le vent d'ici et l'eau d'ailleurs

Le Danemark a un énorme potentiel de vent, qu'il exploite avec des milliers d'éoliennes sur mer et sur terre. Mais le vent volage a besoin de tuteur, pour prendre la relève lorsqu'il est épuisé et s'arrête pour reprendre son souffle. Par chance, le Danemark a un tuteur, l'eau et le relief de la Norvège voisine, qui lui fournit de l'électricité hydroélectrique lorsque le vent s'évanouit.

Les éoliennes danoises sont sous perfusion d'eau de Norvège.

Même avec ces éoliennes, même sous perfusion, le Danemark est l'un des plus gros émetteurs de CO2 par personne en Europe ; 6,8 tonnes en 2013, contre 5,1 en France.

La transition énergétique ratée en Allemagne

L'Allemagne aussi a du vent, comme le Danemark, le fameux vent du nord qui chasse l'été les Allemands des bords de la Baltique et les pousse jusqu'à la Méditerranée. L'Allemagne a décidé d'exploiter ce vent du nord pour faire tourner des éoliennes. Elle est maintenant l'un des premiers producteurs d'énergie éolienne au monde ; bravo !

Le coup de génie marketing des Grünen a été d'offrir les éoliennes en zakouski – elles sentent bon le vent du Nord, laissant croire que le plat principal est du même vent et de la même eau. Les Grünen français sont émerveillés, les yeux pleins d'étoiles semblant des éoliennes ; ils n'ont pas réalisé que le plat principal c'est fossile à la sauce lignite.

Lorsque le vent du nord faiblit – ça arrive même sur les bords de la Baltique – il faut un tuteur pour que les trains roulent encore et que les réfrigérateurs ronronnent. Mais l'Allemagne n'a pas l'eau de la Norvège, elle n'a pas de tuteur hydroélectrique comme dans le cas du Danemark. Alors, pour compenser les humeurs du vent, elle utilise ce qu'elle a sous la main, ou sous le pied : le lignite, une spécialité locale, un charbon de très mauvaise qualité, extrêmement polluant, émettant CO2 et particules fines.

On peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages. La mine de Garzweiler est un ogre qui dévore tout sur son passage. Il a déjà gobé cinq villages, sept sont en cours de démolition, une quinzaine d’autres attendent leur tour. 42 000 personnes – plus leurs morts, on évacue aussi les cimetières – doivent ainsi être déplacées dans les quinze prochaines années. Le charbon et le lignite sont un désastre écologique et sanitaire, et pas seulement en Allemagne ; le nuage de pollution qu'ils génèrent ne s'arrête pas à la frontière : le vent d'est est mauvais pour la santé en France.

énergie fossile en Allemagne, lignite, Garzweiler

 

 

Les éoliennes allemandes sont sous perfusion de combustibles fossiles,
dont le lignite.

Le charbon est un désastre écologique et sanitaire. Pourtant, les Grünen le préfèrent au nucléaire :

« Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag)

Le résultat global, entre l'inconstance du vent du nord et la sortie du nucléaire, l'Allemagne qui émettait beaucoup plus de CO2 par habitant que la France... continue à émettre beaucoup plus de CO2 par habitant que la France !

 

Quelques diagrammes permettent de vérifier l'échec de la transition allemande.

[   ...   ]

 

Question : Qui émet le plus de CO2 lié à la combustion d'énergie, un Allemand ou un Français ?

Réponse :

transition énergétique Allemagne, CO2

 

source : D'après :CO2 EMISSIONS FROM FUEL COMBUSTION – Highlights - IEA

1] Chaque Allemand émet beaucoup plus de CO2 lié à la combustion d'énergie que chaque Français.
2] Ces émissions de CO2 baissent, en Allemagne et en France.
3] Elles baissent sensiblement au même rythme dans les deux pays. Un peu plus en France.

 

L'Allemagne a peint en Vert des centaines de milliards d'euros, prélevés sur les factures des consommateurs via des taxes particulièrement élevées. Pour quel résultat – autre que pour quelques votes verts en plus ? Pour un résultat écologique nul : les émissions de CO2 ne diminuent pas ! Le contenu moyen en CO2 de l’électricité allemande reste incomparablement plus élevé que celui de l'électricité française : en 2017, 490g CO2/kWh en Allemagne, contre 53g CO2/kWh en France.

 

► La transition énergétique allemande a un effet quasi nul sur le réchauffement climatique.

 

Voici comment a évolué la production d'électricité brute en Allemagne par source d'énergie :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Source : D'après :ag energiebilanzen

 

Ce diagramme montre la croissance spectaculaire de l'électricité renouvelable en Allemagne. Mais la part des énergies fossiles, qui était élevée, reste élevée ! Parce que le renouvelable allemand ne remplace pas les énergies fossiles, mais le nucléaire. La moitié de l'électricité allemande était d'origine fossile... elle est encore d'origine fossile, et les émissions de CO2 ne baissent pas.

 

Lignite, Renouvelable, Nucléaire, sont dans un bateau.
Nucléaire tombe à l'eau.
Qu'est ce qui reste ?
... Mais Renouvelable n'a pas les bras assez costauds pour ramener seule le bateau à la rive.

 

Les énergies renouvelables intermittentes (dites "fatales") peuvent réduire la consommation d'énergies fossiles, (quand elles ne servent pas seulement à compenser une baisse de nucléaire) ; mais elles ne peuvent pas faire de miracles. Sans moyens de stockage massif de l'électricité cette réduction se heurte à un "plancher de verre" : lorsque l'on a fermé toutes les centrales nucléaires et qu'il n'y a ni vent ni soleil, que faire ? Il ne reste qu'à faire tourner des centrales fossiles et émettre du CO2. La hauteur du plancher de verre dépend des facteurs de charge des énergies intermittentes – au mieux 25 % pour une éolienne, 15 % pour le photovoltaïque – et du combustible fossile utilisé, lignite, spécialité locale appréciée en allemagne, ou autre.

À la louche, même si on installe une capacité d'énergies renouvelables intermittentes pouvant alimenter tout le pays en fonctionnement nominal (toutes les capacités renouvelables installées fonctionnant à plein régime – ce qui est un quasi-miracle si cela se produit, un miracle si cela se prolonge) il faudrait quand même recourir à des énergies pilotables, fossiles ou nucléaires, en moyenne pendant 80 % du temps.

Pour faire mieux, ou moins pire, il faut installer de plus en plus d'éoliennes, de centrales photovoltaïques, pour bénéficier d'un effet de foisonnement entre de multiples sources distantes interconnectées – bonjour les paysages. Cette prolifération se traduit par de plus en plus d'épisodes de production excessive d'électricité, à prix négatif parce qu'on ne sait pas quoi en faire, sans que cela empêche des épisodes où la production renouvelable sera insuffisante. Par exemple en cas d'anti-cyclone de Sibérie, soleil pâle pendant des journées courtes, froides, sans vent. Dans ce cas il est inutile de multiplier les capacités d'énergies renouvelables intermittentes, s'il n'y a rien d'autre le pays s'arrête et on grelotte.

C'est pourquoi l'Allemagne, tout en développant des énergies renouvelables, prévoit de maintenir et entretenir une capacité "flexible" d'environ 80 GW, pour alimenter le pays entier lorsque les éoliennes sont en berne. Par "flexible", comprenons : des centrales fossiles, gaz, charbon, lignite, que l'on peut faire démarrer à la demande quand nécessaire. C'est pourquoi un certain nombre de centrales thermiques allemandes sont considérées comme étant nécessaires, ne pouvant être fermées même quand elles ne sont pas rentables.

transition énergétique Allemagne, éoliennes L'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... mais même avec des éoliennes derrière chaque clocher, l'électricité allemande sent mauvais ; elle sent le gaz russe, le charbon d'ailleurs, et une spécialité locale moins touristique que la choucroute et la bière, le lignite.

« Avec 35% d'énergie [électrique] produite à partir de sources renouvelables, il en reste encore 65% à produire. Il est judicieux de remplacer les anciennes centrales au charbon ou au lignite, néfastes pour l'environnement, par des centrales à charbon et à gaz modernes et efficaces. » (Peter Altmaier, ministre Allemand de l'environnement, en 2012)

« On peut de ce point de vue noter qu’en Allemagne la croissance de l’offre intermittente d'électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite conduisant à des émissions accrues de CO2 et surtout de polluants (oxydes d’azote et de soufre à l’origine des pluies acides…). » (Académie des Sciences française - Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - 2015) Voir aussi : Germany plans to build, revamp 84 power plants-BDEW - Reuters, 23 avril 2012 ; Les centrales à charbon et au gaz en Allemagne : Chiffres clés et état des lieux - octobre 2012)

 

 

Les énergies renouvelables allemandes nécessitent d'être secourues par des centrales fossiles.
Les cheminées des centrales fossiles allemandes toutes neuves fumeront encore dans 40 ans.

Électricité allemande en 2017 : 51 % d'énergie fossile.
Électricité française en 2017 : 10 % d'énergie fossile.

 

Il suffit de présenter les choses en annonçant triomphalement que 50 % de l'électricité allemande vient des énergies renouvelables pour enthousiasmer le public. On entend souvent ce discours triomphal dans les médias.

Mais cette présentation fait oublier l'autre face de la réalité... que 50 % de l'électricité allemande est d'origine fossile.

Les arbres d'acier des éoliennes cachent la forêt fossile allemande.
Les éoliennes allemandes sont le cache-sexe des énergies fossiles allemandes.

 

Et si l'Allemagne avait choisi d'être vraiment écologique ?

On estime que l'Allemagne a déjà englouti 300 milliards d'euros dans les rêves des Grünen. Les rêves sont hors de prix, ce qui ne garantit même pas qu'ils se réalisent. Dans le cas présent, le Giec, l'IEA, etc., nous ont déjà alertés : on ne peut éviter le réchauffement climatique sans utiliser aussi l'énergie nucléaire.

Faisons un autre rêve... Et si l'Allemagne avait choisi une priorité vraiment écologique : non pas sortir du nucléaire (tant pis pour les votes verts), mais la priorité de sortir du réchauffement climatique ? Avec ces mêmes milliards cela aurait donné le digramme suivant, où la progression des énergies renouvelable sert à réduire la part des énergies fossiles, et non à compenser la sortie du nucléaire, lequel reste constant (la baisse de production nucléaire du diagramme précédent a été reportée en tant que baisse de production par les énergies fossiles) :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Voilà ce qui aurait été un bon début de transition énergétique électrique réussie, dont il serait résulté une réduction importante des émissions de CO2.

On pourrait même imaginer un scénario où les énergies fossiles baisseraient encore plus... mais au prix d'une augmentation du nucléaire. Épidémie d'apoplexie chez les Grünen à prévoir ! Pourtant, c'est un scénario déjà en œuvre, en Chine, qui développe hydraulique (barrage des Trois Gorges), éolien, photovoltaïque... et nucléaire ! Tout cela permet de réduire charbon et CO2, faut-il protester ? Quel seraient les arguments du Grünen qui serait tenté d'aller faire la leçon aux Chinois en leur reprochant leur politique nucléaire ?

 

 

Le gouvernement allemand s'était lancé tout schuss dans les énergies renouvelables. Il en découvre maintenant les difficultés et les limites, et doit se résoudre à quelques slaloms, et même à descendre prudemment en chasse-neige. Face aux difficultés de gestion du réseau électrique allemand (en plus de l'augmentation spectaculaire du prix de l'électricité pour les particuliers), le Parlement allemand a adopté le 8 juillet 2016 une réforme de la loi sur les énergies renouvelables, visant à en limiter le coût et le développement.

 

 



[00] Globalement, la capacité nucléaire mondiale installée augmente, il y a plus de réacteurs mis en service que de réacteurs arrêtés définitivement. Mi-2017, 53 réacteurs étaient en cours de construction dans le monde.
[0] « Version Jacques Chirac : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »
Version Nicolas Hulot : « La planète est en train de devenir une étuve. »
Version Emmanuel Macron : « On est en train de perdre la bataille. » [contre le réchauffement climatique] - « On ne va pas assez vite. »
[1] Même si quelques-uns on parfois des états d'âme, et hésitent. Par exemple, Nicolas Hulot : « J’ai toujours été plus modéré que les anti-nucléaires primaires qui avaient des avis beaucoup plus tranchés. Moi, j’ai eu du mal – et j’ai encore du mal, d’ailleurs – à me faire un avis sur comment on va se passer du nucléaire sans amplifier, immédiatement, les gaz à effet de serre et se mettre dans un péril énergétique. » (2011)

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Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont

Agriculture bio et biocarburants
Peut-on vouloir plus de bio, plus de biocarburants, et "en même temps" plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir la planète, toute la planète ?
Au secours, Monsieur Freud !

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

OGM - Désinformation
La fausse rumeur du suicides des fermiers indiens

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le bon vieux temps, la nature...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le bon vieux temps... des disettes et famines
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 

Pesticides contre famines
Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?

La nature et les hommes
La nature est abondance parfois, catastrophes naturelles parfois.
L'homme ancien était un prédateur, l'homme moderne canalise la nature et la rend aimable

La nature est imparfaite, les hommes font mieux que la nature!
Les hommes font mieux que la nature, contre les famines, pour la maîtrise de la population. Ils ont créé le riz doré OGM pouvant sauver des millions d'enfants.

L’argent ne fait pas toujours le bonheur... Mais nous ne sommes pas près de muter en homo-ecologicus-no-gaspillus. 




 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

 

 
 
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Mise à jour : 16 avril 2019