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ligne bleue

La transition énergétique ; moins de nucléaire contre plus de CO2 ? La transition énergétique en Allemagne, France, Chine...

En Bref

 

La transition énergétique : est-ce pour émettre moins de CO2, où pour sortir du nucléaire ?

 

Est-il possible de sortir du nucléaire civil, et en même temps réduire les émissions de CO2 ?

 

Faut-il se féliciter que la Chine, le premier émetteur de CO2 au monde, construise des dizaines de centrales nucléaires – ou faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle continue à utiliser du charbon ?

 

L'Allemagne émettait beaucoup plus de CO2 par habitant que la France.
Une transition énergétique après, des milliards d'euros investis après, l'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... et continue à émettre beaucoup plus de CO2 par habitant que la France ! Un énorme gâchis.

 

 

Transition énergétique : lutter contre le réchauffement climatique et en même temps sortir du nucléaire ?

Énergies renouvelables ou énergies bas-carbone ?

L'objectif premier de la transition énergétique était de lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de CO2. Les nouveaux héros des temps modernes étaient des héros verts en bleu de travail qui bâtissaient un avenir rose pour tous. Ils construisaient de merveilleuses éoliennes, installaient de merveilleux panneaux photovoltaïques, isolaient merveilleusement les maisons. La transition énergétique c'était économiser l'énergie (dans les pays déjà riches) et développer partout les énergies bas-carbone. Une précision de vocabulaire est nécessaire ici :

- Les énergies bas-carbone émettent peu de CO2.
- Parmi les énergies bas-carbone, il y a les énergies renouvelables.
- Parmi les énergies bas-carbone, il y a aussi le nucléaire.

 

Pour lutter contre le réchauffement climatique, ce qui importe est de développer les énergies bas-carbone, toutes les énergies bas-carbone.

 

Mais la finalité première de la transition énergétique s'est brouillée. Il faudrait maintenant marier la lutte contre le réchauffement climatique et la sortie du nucléaire.

Est-il vraiment possible de sortir du nucléaire, "et en même temps", de sortir du nucléaire ? Les énergies renouvelables ont-elles les épaules assez solides pour faire le job à elles seules ?
Les scénarios climatiques, l'outil de base pour ces questions, donnent la réponse, sur laquelle s'appuient le Giec, l'IEA, etc. : les énergies renouvelables ne suffisent pas pour limiter le réchauffement climatique à un niveau supportable, il faut aussi exploiter l'énergie nucléaire.

Mais les politiques énergétiques des états... sont des politiques, elles ne s'inspirent pas toujours des résultats des chercheurs. On peut en examiner quelques-unes.

Transition énergétique en Finlande : énergies bas-carbone

La Finlande a vraiment pour objectif de réduire les émissions de CO2 : elle développe toutes les énergies bas-carbone, hydraulique, biomasse, etc., mais aussi l'énergie nucléaire. La Finlande construit un réacteur EPR, deux autres réacteurs sont en projet. (Le sujet n'est pas de savoir si l'EPR était le bon choix technique, économique, sécuritaire ; le sujet est d'être cohérent : si le réchauffement climatique global est l'ennemi public No 1, alors le nucléaire est un élément de la solution.)

Transition énergétique en Chine : on fait ce qu'on peut

La Chine utilise encore énormément d'énergies fossiles, en majorité du charbon ; 90 % d'énergies fossiles dans le mix énergétique chinois en 2013 ! Mais la Chine se soigne, en développant toutes les énergies bas-carbone, autant que possible. Elle est déjà première au monde en production d'énergie éolienne, elle a construit le barrage des Trois Gorges, le plus puissant du monde – contre l'opposition des Verts qui là-bas sont jaunes.

Mais la cure sera longue. La Chine est réaliste, elle sait que les éoliennes ne suffiront pas, ni les centrales photovoltaïques : ces nouvelles énergies renouvelables ne comptent que pour 1 % environ dans le mix énergétique du pays en 2013. C'est pourquoi, le nucléaire aussi est mis à contribution : mi-2017, 20 réacteurs nucléaires étaient en construction, d'autres en projet. (The World Nuclear Industry Status Report 2017).


La Chine est championne du monde du charbon.
Mais elle se soigne.
Elle est championne du monde de l'éolien.
Elle construit les plus gros barrages du monde.

Et elle construit aussi des réacteurs nucléaires.

La Chine lutte contre le CO2 ;
sans tabou.

 

Faut-il aller manifester devant l'ambassade de Chine pour qu'elle ferme tous ses chantiers nucléaires ?
Ou faut-il féliciter la Chine de réduire ses émissions de CO2 [00]?

Transition énergétique en France : on ne sait pas

Si l'objectif est de réduire les émissions de CO2, alors, que les Français se réjouissent, elle est déjà née la transition énergétique, jouez hautbois, résonnez musettes. En France, la transition énergétique est née dans les années 1970, lorsque l'électricité y est devenue principalement nucléaire, et presque CO2-free. Il ne reste que 6 % de combustibles fossiles dans l'électricité française (52 % en Allemagne en 2015).
Mais alors, pourquoi veut-on encore une transition énergétique en France ? Que veut-on de mieux ? Y aurait-il d'autres objectifs plus importants que de limiter le réchauffement climatique ? En effet, pour les anti-nucléaires (ce qui ne signifie pas "écologistes") l'important est de sortir du nucléaire, quitte à laisser la maison brûler en regardant ailleurs [0]. Des écologistes partagent ce choix, mais pas tous. L'"Association des Ecologistes Pour le Nucléaire" est une association verte pour le nucléaire ; comme l'explorateur des pôles Jean-Louis Etienne ; et Nicolas hulot a hésité, hésite peut-être encore :

« J’ai toujours été plus modéré que les anti-nucléaires primaires qui avaient des avis beaucoup plus tranchés. Moi, j’ai eu du mal – et j’ai encore du mal, d’ailleurs – à me faire un avis sur comment on va se passer du nucléaire sans amplifier, immédiatement, les gaz à effet de serre et se mettre dans un péril énergétique. » (2011)

Les "antinucléaires primaires" dont parle Nicolas hulot choisissent la fermeture des centrales nucléaires, en la payant au prix du réchauffement climatique ! Parce que le cas d'école du remplacement d'une centrale nucléaire par des éoliennes peut être schématisé de la façon suivante :

 

- On ferme une centrale nucléaire de 1 000 MW qui n'émet pratiquement pas de CO2.

- On construit des éoliennes pour une capacité nominale de 1 000 MW.

- Mais il faut aussi penser aux jours sans vent. Il faut aussi d'autres sources d'énergie, non intermittentes ; et puisque le nucléaire est tombé à l'eau, que reste-t-il dans le bateau ? Il reste les bonnes vieilles énergies fossiles. Les cas de l'Allemagne et de la France sont alors très différents. En Allemagne, il suffit de maintenir en service les (nombreuses) centrales fossiles existantes. Mais en France, où il n'y a presque plus de centrales fossiles... il faudra donc en construire ! Et bonjour le réchauffement climatique.

- Dans tous les cas, compte tenu du facteur de charge des éoliennes – environ un quart – le résultat sera équivalent à des éoliennes fournissant 1 000 MW un quart du temps, et une centrale à combustible fossile de 1 000 MW fonctionnant les trois quarts du temps.

 

Et la lumière clignotante des éoliennes sera ! Un quart oui, trois quart non.

Moins de nucléaire en France c'est plus de CO2. Le Giec nous a déja prévenus, et nos décideurs en ont été avertis personnellement :

« Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. » (Lettre d'un groupe international d'experts au Président Macron - 3 juillet 2017)

 

La sortie du nucléaire est pavée d'illusions.

Transition énergétique en Italie : sortir du nucléaire

Pour l'Italie, "transition énergétique" rime avec "sortir du nucléaire".

L’Italie est sortie du nucléaire. Pas du tout grâce aux énergies renouvelables ni aux économies d’énergie. Tout simplement, l’Italie achète du gaz russe, du pétrole libyen, du charbon ailleurs. En 2014, près de 80 % de l'énergie primaire italienne provenait d'énergies fossiles. Greenpeace s'était battue pour que l'Italie sorte du nucléaire... elle découvre maintenant que le pays émet énormément de CO2 ; Greenpeace, qui n'avait rien vu venir, qui croyait qu'il suffisait de dire stop au nucléaire pour respirer l'air pur du grand large, en est fort dépitée. Les Grünen allemands sont en train de vivre la même expérience amère. Lors de la réunion du G8 à l’Aquila en Italie, en 2009, Greenpeace a organisé des opérations spectaculaires pour protester contre le CO2 qu'elle avait contribué à favoriser : plus de 100 activistes occupant simultanément quatre centrales au charbon à travers l’Italie. ... L'Italie continue à émettre beaucoup de CO2.

 

La sortie du nucléaire est pavée d'illusions.

Transition énergétique au Danemark : le vent d'ici et l'eau d'ailleurs

Le Danemark a un énorme potentiel de vent, qu'il exploite avec des milliers d'éoliennes sur mer et sur terre. Mais le vent volage a besoin de tuteur, pour prendre la relève lorsqu'il est épuisé et s'arrête pour reprendre son souffle. Par chance, le Danemark a un tuteur, l'eau et le relief de la Norvège voisine, qui lui fournit de l'électricité hydroélectrique lorsque le vent s'évanouit.

Les éoliennes danoises sont sous perfusion d'eau de Norvège.

Même avec ces éoliennes, même avec cette perfusion, le Danemark est l'un des plus gros émetteurs de CO2 par personne en Europe ; 6,8 tonnes en 2013, contre 5,1 en France.

La transition énergétique en Allemagne : peut-on sortir du nucléaire, et en même temps, sortir du réchauffement climatique ?

L'Allemagne aussi a du vent, comme le Danemark, le fameux vent du nord qui chasse l'été les Allemands des bords de la Baltique et les pousse jusqu'à la Méditerranée. L'Allemagne a décidé d'exploiter ce vent du nord pour faire tourner des éoliennes. Elle est maintenant l'un des premiers producteurs d'énergie éolienne au monde ; bravo !

Le coup de génie marketing des Grünen a été d'offrir les éoliennes en zakouski – elles sentent bon le vent du Nord, laissant croire que le plat principal est du même vent et de la même eau. Les Grünen français sont émerveillés, les yeux pleins d'étoiles semblant des éoliennes ; ils n'ont pas réalisé que le plat principal c'est fossile à la sauce lignite.

Lorsque le vent du nord faiblit – ça arrive même sur les bords de la Baltique – il faut un tuteur pour que les trains roulent encore et que les réfrigérateurs ronronnent. Mais l'Allemagne n'a pas l'eau de la Norvège, elle n'a pas de tuteur hydroélectrique comme dans le cas du Danemark. Alors, pour compenser les humeurs du vent, elle utilise ce qu'elle a sous la main, ou sous le pied : le lignite, une spécialité locale, un charbon de très mauvaise qualité, extrêmement polluant, émettant CO2 et particules fines.

On peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages. La mine de Garzweiler est un ogre qui dévore tout sur son passage. Il a déjà gobé cinq villages, sept sont en cours d’évacuation, une quinzaine d’autres attendent leur tour. 42 000 personnes – plus leurs morts, on évacue aussi les cimetières – doivent ainsi être déplacées dans les quinze prochaines années. Le charbon et le lignite sont un désastre écologique et sanitaire, et pas seulement en Allemagne ; le nuage de pollution qu'ils génèrent ne s'arrête pas à la frontière : le vent d'est est mauvais pour la santé en France.

énergie fossile en Allemagne

Les éoliennes allemandes sont sous perfusion de combustibles fossiles,
dont le lignite.

L'Allemagne a également décidé de sortir du nucléaire [1].

Le résultat global est que, entre l'inconstance du vent du nord et la sortie du nucléaire, l'Allemagne qui émettait beaucoup plus de CO2 par habitant que la France... continue à émettre beaucoup plus de CO2 par habitant que la France !

énergies charbon nucléaire

 

52 % d'énergies fossiles dans l'électricité allemande en 2015.
6 % en France.

 

Quelques diagrammes permettent de faire le point.

Question : Quel pays utilise le plus d'énergie renouvelable, l'Allemagne ou la France ?

Réponse :

énergies renouvelables et fossiles, France et Allemagne

 

Sources :
D'après eurostat "Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie" (%)
D'après Données banque mondiale - Consommation d'énergies fossiles (% du total)

 

1] Les énergies renouvelables progressent plus en Allemagne qu'en France.

2] Mais l'Allemagne utilise quand même beaucoup plus d'énergies fossiles que la France. Dont le terrible lignite.

 

Question : Qui émet le plus de CO2 lié à la combustion d'énergie, un Allemand ou un Français ?

Réponse :

transition énergétique Allemagne, CO2

 

source : D'après :CO2 EMISSIONS FROM FUEL COMBUSTION – Highlights - IEA

1] Chaque Allemand émet beaucoup plus de CO2 lié à la combustion d'énergie que chaque Français.
2] Ces émissions de CO2 baissent, en Allemagne et en France.
3] Elles baissent sensiblement au même rythme dans les deux pays. Un peu plus en France.

 

L'Allemagne était et reste un mauvais élève écolo. Un des plus mauvais élèves d'Europe.

On peut faire dire à cette courbe que l'Allemagne est en train de sortir du nucléaire sans beaucoup augmenter ses émissions de CO2. C'est vrai, et des sites militants ne se privent pas de le souligner, comme si c'était un succès, ce qui n'est pas le cas : on précisera plus loin que pour limiter le réchauffement climatique il ne suffit pas de stabiliser les émissions actuelles de CO2. Il faut beaucoup plus, il faut parvenir à une annulation des émissions.

Après des milliards d'euros investis l'Allemagne est maintenant couverte d'éoliennes... et continue à émettre beaucoup plus de CO2 par habitant que la France ! Un énorme gâchis.

N'aurait-il pas été possible d'utiliser écologiquement ces milliards, pour réduire les émissions de CO2, la priorité écologique du siècle ?

L'Allemagne ayant choisi de sortir du nucléaire, voici comment a évolué la production d'électricité brute en Allemagne par source d'énergie :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Source : D'après :ag energiebilanzen

 

clocher éoliennesCe diagramme montre la croissance spectaculaire des énergies renouvelables en Allemagne. Des médias ont titré avec enthousiasme qu'en 2015 un tiers de l'électricité consommée en Allemagne était d'origine renouvelable. Pourquoi s'enthousiasmer ? Ces énergies renouvelables n'empêchent pas le mauvais bilan global de l'Allemagne : la part des énergies fossiles ne baisse pas ! Elle reste pratiquement constante, et élevée. Parce que les énergies renouvelables en Allemagne ne servent qu'à remplacer une autre énergie bas-carbone, le nucléaire. De sorte que la moitié de l'électricité allemande qui était d'origine fossile... est encore d'origine fossile : 52 % d'énergie fossile dans l'électricité allemande en 2015. Même avec des éoliennes derrière chaque clocher, l'électricité allemande sent mauvais ; elle sent le gaz russe, le charbon d'ailleurs, et une spécialité locale moins touristique que la choucroute et la bière, le lignite. C'est la démonstration, en grandeur réelle de l'imposture des bonimenteurs qui font croire qu'il serait possible de réduire les émissions de CO2 et en même temps sortir du nucléaire.

Dans le monde réel, les rêves, même les plus beaux et les plus fous, surtout ceux-là, sont contraints de s'ajuster à la réalité, de choisir, c'est-à-dire trancher. L'expérience allemande montre que même à flots de milliards les énergies renouvelables n'ont pas la capacité de contrer le réchauffement climatique à elles seules.

Il faut alerter sur les dangers du réchauffement climatique. Mais il faut être cohérent : on ne peut pas, sans se contredire, dénoncer ces dangers et en même temps soutenir la sortie du nucléaire et le contresens climatique qu'est la transition énergétique allemande.

 

Les éoliennes allemandes sont le cache-sexe du lignite allemand.

 

 

 

Électricité allemande : 52 % d'énergie fossile en 2015.
Électricité française : 6 % d'énergie fossile ; sans lignite.

Les arbres d'acier des éoliennes cachent la gigantesque forêt fossile allemande.

 

 

Sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?

L'Allemagne peint en Vert des milliards d'euros sans réduire ses émissions de CO2 ! Elle fonce quand même dans le mur du réchauffement climatique, nous entraînant avec elle, parce qu'en cette affaire nous sommes tous accrochés comme des wagons, tous lancés sur les mêmes rails : le réchauffement climatique ne s'arrête pas à la frontière.

Faisons un peu d'histoire-fiction, d'uchronie. Et si l'Allemagne avait choisi une autre priorité ? Non pas sortir du nucléaire, mais sortir du réchauffement climatique. Avec le même investissement cela aurait donné le digramme suivant, où la progression des énergies renouvelable sert à réduire la part des énergies fossiles, et non à compenser la sortie du nucléaire (la baisse de production nucléaire du diagramme précédent a été reportée en tant que baisse de production par les énergies fossiles.) :

transition énergétique, réchauffement climatique, Allemagne, nucléaire, charbon, lignite, CO2

 

Si l'Allemagne avait suivi cette voie elle aurait vraiment mérité la médaille écologique qu'on lui décerne à tort aujourd'hui.

On pourrait faire mieux encore, proposer un scénario encore plus révolutionnaire où les énergies fossiles baisseraient encore plus... mais au prix d'une augmentation du nucléaire. Épidémie d'apoplexie chez les Grünen à prévoir ! Pourtant, c'est un scénario déjà en œuvre, en Chine, qui développe hydraulique (barrage des Trois Gorges), éolien, photovoltaïque... et nucléaire ! Tout cela permet de réduire charbon et CO2, faut-il protester ? Quel seraient les arguments du Grünen qui serait tenté d'aller faire la leçon aux Chinois en leur reprochant leur politique nucléaire ?

Le problème de l'intermittence

L'Allemagne continue à utiliser les énergies fossiles. C'était prévu.

« Sans moyen de stockage de l’électricité à grande échelle », on ne peut « éviter que l’intermittence de ces sources d’énergie ne conduise à utiliser des combustibles fossiles lorsqu'elles ne fournissent pas l'énergie demandée. » (Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - 2015)

éoliennes et combustibles fossiles

C'est pour ces raisons que l'Allemagne, même en se couvrant d'éoliennes, maintient en service ses centrales fossiles existantes, et doit en outre – c'est en cours – construire ou moderniser de nouvelles centrales au gaz, au charbon, au lignite.

« On peut de ce point de vue noter qu’en Allemagne la croissance de l’offre intermittente d'électricité d’origine renouvelable a nécessité l’ouverture de nouvelles capacités de production thermiques à charbon (13 GW) ainsi que le développement de l’exploitation du lignite conduisant à des émissions accrues de CO2 et surtout de polluants (oxydes d’azote et de soufre à l’origine des pluies acides…). » (Académie des Sciences française - Avis sur la transition énergétique - dans le cadre du débat sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte" - 2015 - Voir aussi : Germany plans to build, revamp 84 power plants-BDEW - Reuters, 23 avril 2012 - Les centrales à charbon et au gaz en Allemagne : Chiffres clés et état des lieux - octobre 2012)

 

Les cheminées des centrales allemandes toutes neuves fumeront encore dans 40 ans.

 

 

Le gouvernement allemand s'était lancé tout schuss dans les énergies renouvelables. Il en découvre maintenant les difficultés et les limites, et doit se résoudre à quelques slaloms, et même à descendre prudemment en chasse-neige. Face aux difficultés de gestion du réseau électrique allemand (en plus de l'augmentation spectaculaire du prix de l'électricité pour les particuliers), le Parlement allemand a adopté le 8 juillet 2016 une réforme de la loi sur les énergies renouvelables, visant à en limiter le coût et le développement.

 

 



[00] Globalement, la capacité nucléaire mondiale installée augmente, il y a plus de réacteurs mis en service que de réacteurs arrêtés définitivement. Mi-2017, 53 réacteurs étaient en cours de construction dans le monde.
[0] « Version Jacques Chirac : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. »
Version Emmanuel Macron : « On est en train de perdre la bataille. » [contre le réchauffement climatique] - « On ne va pas assez vite. »
[1] « Nous sommes prêts à accepter un retour temporaire au charbon comme source d'énergie afin d'épargner à l'Allemagne les effets destructeurs de l’atome. » (Jürgen Trittin, chef du groupe des Verts au Bundestag).

Que la planète bleue soit verte, c'est urgent !

Oui, mais les recettes vertes ne suffiront pas.
► Le réchauffement climatique, c'est déjà commencé, c'est urgent.
   Mais les énergies renouvelables ne suffiront pas.
► Le défi alimentaire pour nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt, c'est urgent.
   Mais l'agriculture biologique ne suffira pas.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.
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Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie - Réchauffement climatique - c'est urgent !

Également en version numérique Kindle ou EPUB (Kobo)

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique

Le livre "Changement climatique - Transition énergétique  : C'est urgent !" est le sous-ensemble du livre complet qui traite du problème du réchauffement climatique.


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

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L'Allemagne utilise moins d'énergies renouvelables et émet plus de CO2 que la France.

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Déchets nucléaires, déchets toxiques, déchet CO2
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Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture bio peut-elle nourrir l'humanité ? 
Les famines étaient nombreuses autrefois, quand tout le monde mangeait bio. 

Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
Sur des étiquettes de pesticides bio :
  Produit "irritant", "nocif", "toxique"... !
  "Ne pas traiter en présence des abeilles"
  "Ce produit peut porter atteinte à la faune auxiliaire"

Les dangers - ou non - des pesticides.
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Les pesticides permettent de nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt.

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Présentation rapide

Nous avons un rêve... que la planète bleue soit verte.

Mais la combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée ; nous serons bientôt neuf milliards.

Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi inventer de nouvelles techniques pour produire plus de baies, plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

C'est urgent.

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L'agriculture biologique, de faible rendement, gaspille la ressource la plus précieuse, la terre. Peut-être faudrait-il taxer cette "externalité négative" ?

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Les énergies renouvelables peuvent-elles être le plan B pour prendre la relève du pétrole et du charbon avant que la planète brûle ?

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Quelle est la principale menace ? Est-ce le risque d'un accident nucléaire éventuel, local, ou le réchauffement climatique déjà enclenché, global, catastrophique ?

Ouragans, sécheresses, inondations, etc., c'est déjà commencé, ce n'est que le début.

Il est urgent de cesser de pleurer un mythique "bon" vieux temps qui ne fut jamais bon – et d'affronter les redoutables défis de maintenant ; défi alimentaire, défi énergétique et climatique.




 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

 

 

écologie, mythes et réalité, transition énergétique, sortir du nucléaire

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écologie, sortir du nucléaire, charbon, énergies renouvelables

 

Mise à jour : 21 janvier 2018

écologie, mythes et réalité, sortir du nucléaire, Allemagne, éoliennes, énergies renouvelables, transition énergétique

Table des matières du livre

 

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