Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Économiser, partager, consommer autrement... et après ? Que faire du pouvoir d'achat ainsi économisé ?

 

 

La planète va mal, les hommes l'épuisent, ils consomment trop.

Mais alors la solution existe : "il suffirait que les hommes changent de comportements, consomment moins".

"Il suffirait"...

Suffit-il d'espérer que les hommes changent de comportement, qu'ils deviennent subitement raisonnables et économes ? Ils ne le furent jamais !

Pour l'instant, ils continuent à implorer toujours plus de croissance et de pouvoir d'achat.

… Et même si les hommes devenaient économes... que feraient-ils de leurs économies ?

… Elles seraient dépensées ; plus tard.

► Les économies ne font que retarder une dépense.

Les économies ne réduisent pas la consommation.

Pour cela, il faudrait réduire le pouvoir d'achat.

Mais qui est prêt à accepter une réduction de son pouvoir d'achat ?

 

Il faudrait consommer moins, économiser - Mais, les hommes peuvent-ils changer ?

La planète va mal, les hommes l'épuisent, ils consomment trop.

Mais alors la solution existe : "il suffirait que les hommes changent de comportements, consomment moins, qu'ils deviennent raisonnables et économes."

Mais... peut-on encore espérer encore que les hommes deviennent un jour raisonnables et économes ? Ils ne le furent jamais ! Il faut faire avec ce que nous avons sous la main, les hommes tels que nous sommes, ni raisonnables ni économes, lents et lourds au changement, accrochés à nos habitudes, pleins de bonne volonté éventuellement mais avec si peu de volonté, et si peu enclins aux économies. D'ailleurs, les économes, on les traitent de radins, on s'en moque ; voyez Harpagon, champion de la spécialité, des siècles après on en rigole encore !

Il faudrait inventer un nouveau monde, qui fonctionnerait autrement... mais avec les mêmes hommes ! Ce serait un monde de sobriété et de partage où les hommes – les mêmes que maintenant – consommeraient autrement, mais mieux ; ils ne remplaceraient pas un vieil appareil encore vaillant par un autre, plus récent et plus aguichant ; ils feraient réparer leur vieille machine à laver bruyante plutôt que la remplacer par une petite jeune toute neuve et toute pimpante ; ils isoleraient mieux leur logement ; ils prendraient un vélo plutôt que leur voiture, ou prendraient les transports en commun ; ou alors, ils ne voyageraient pas seul dans une voiture de quatre places, ils partageraient ; ce serait un monde d'hommes – et des femmes – qui ne succomberaient pas aux sirènes de la mode et de la publicité, qui n'achèteraient pas constamment de nouveaux vêtements [00], etc. Tout cela avec les mêmes hommes que maintenant...

Ce monde de sobriété et de partage n'existe pas, et la principale coupable est la "nature humaine". La notion de nature humaine est abondamment débattue entre philosophes, souvent pour montrer qu'elle n'existe pas. Mais il s'agit ici d'être pragmatique et de reconnaître que certains comportements sont communs à beaucoup d'hommes, c'est ce que nous appellerons ici "nature humaine". Une partie de ces comportements sont des héritages culturels, vieux de siècles, de millénaires, difficiles à déloger ; d'autres sont plus anciens encore, héritages de l'évolution. Ce que l'on constate, c'est que beaucoup d'hommes consomment sans freins vivres et objets tant qu'ils ont les moyens de consommer, aucun excès ne les arrête [1]; tandis que rares sont ceux qui restent sobres alors qu'ils ont les moyens de " s'éclater". On a même tendance, face à un moine ermite, à considérer cette sobriété comme anormale, non conforme à la "nature humaine".

L'évolution nous a légué des mécanismes qui nous poussent à rechercher sans cesse le plaisir, la satisfaction immédiate des besoins et des désirs, à consommer autant que possible tant qu'il y a quelque chose à consommer [2]. Toutes les religions et sagesses d'hier et d'aujourd'hui ont perçu cet instinct, l'ont condamné, ont inventé des artifices plus ou moins efficaces pour le combattre ; les carêmes, les ramadans, les jeûnes du vendredi, les ordres mendiants, les vies monastiques ou érémitiques, la sobriété heureuse, le détachement, l'ascétisme, le frugalisme...

Les carêmes ont été inventés il y a des millénaires, en vain, les hommes n'ont changé en rien. Il serait naïf de croire que maintenant une mystérieuse illumination, un éclair vert éblouissant, va leur apporter une révélation, leur faire prendre conscience aujourd'hui qu'il faut d'urgence se convertir et pratiquer la sobriété volontaire.

Les comportements instinctifs de surconsommation étaient adaptés aux temps où l'avenir était incertain, où vivre était d'abord survivre ; quand la chasse n'était pas fructueuse, que les ressources étaient rares, ne survivaient que ceux qui s'étaient gavés et engraissés au préalable. Dans un groupe de lions, le mâle se gave le premier, laissant aux femelles et aux lionceaux ce qu’il ne peut plus avaler. L'évolution en a sans doute laissé quelques séquences d'ADN dans les gènes des hommes d'aujourd'hui, même s'ils affichent maintenant "Les femmes et les enfants d’abord". Lorsque le Titanic coulait, on n’en était encore qu’à "Les riches et les nantis d’abord".

Ces mécanismes qui remontent à la nuit des temps fonctionnent encore ; un singe sommeille en nous, un lion aussi. Même rassasiés nous en voulons encore, même comblés d'objets et de gadgets inutiles, nous réclamons encore plus de pouvoir d'achat et de croissance... et élisons les gouvernements les mieux disants en ce sens.

Dans notre ADN il y a mécanismes, de vieux instincts, qui nous poussent à surconsommer.

Il faut en être conscient avant de rêver que les hommes vont devenir subitement raisonnables et économes. Ce ne serait pas une révolution, mais une mutation.

Les économies n'existent pas - Le pouvoir d'achat sera dépensé tôt ou tard

On économise... et après ?

Après... il nous reste le pouvoir d'achat économisé !

Tout le monde comprend que si nous économisons nous consommons moins.

Mais il faut aussi penser au coup d'après et comprendre que ce que nous économisons aujourd'hui... sera dépensé demain !

 

Que faire de ce pouvoir d'achat non dépensé qui du fond du porte-monnaie susurre toutes ces choses agréables que l'on pourrait encore acquérir ?

Quelques-uns peut-être, suivant l’exemple d’Harpagon et de sa chère cassette, feront la sourde oreille au porte-monnaie et iront l'enterrer dans le jardin.
Mais tout le monde n’a pas de jardin.

Faudra-t-il organiser des autodafés les soirs de lune nouvelle, où chacun jetterait les billets de banque qu'il n'aurait pas utilisés ?

 

 

Économiser, partager, consommer moins et mieux... ?
Et après ? Que faire du pouvoir d'achat non dépensé ?

En allant au travail à vélo on économise... Mais, à quoi bon ce petit geste pour sauver la planète, si les économies de carburant ainsi réalisées sont utilisées pour s'offrir un voyage en voiture pendant le week-end ? (À part que le vélo, c'est bon pour la santé). Qu'importe la vertu écologique de la force du mollet de quelques jeunes sportifs, quand elle est effacée le week-end suivant ?

Est-il même possible de faire des économies sans projeter un achat plus tard ? Imaginons une personne à gros revenu qui déciderait de vivre sobrement et frugalement dans un tout petit appartement. Pour rien, rien d'autre que pour "sauver la planète" – ce qui n'est pas rien. Si cette personne est mariée, avec des enfants... comment fera-t-elle partager sa sobriété à sa famille ? Récriminations et divorce et en vue ! (ce fut le cas d'Harpagon avec ses enfants, Molière avait déjà compris le problème.)

Et même si par extraordinaire quelqu'un faisait vraiment des économies – un moine ermite retiré en haut d'une montagne, un dépressif las de vivre – son pouvoir d'achat ne disparaîtrait pas pour autant, ses héritiers s'en chargeraient avec plaisir.

De sorte que l'effet des économies sur la consommation... est nul ! Aucune réduction ! Ce qui importe pour réduire la consommation ce n'est pas d'augmenter les économies, mais de réduire le pouvoir d'achat, car il sera dépensé tôt ou tard.

Économiser, partager, consommer autrement, etc., à quoi cela sert-il, si le pouvoir d'achat ne baisse pas ?

Les économies n'existent pas.
Économiser, ce n'est que différer un pouvoir d'achat.

 

Cela n'est pas une incitation à ne pas économiser, c'est une incitation à penser au coup suivant, à ce que l'on fera des économies réalisées.

Le pouvoir d'achat, c'est du CO2

Un pouvoir d'achat est toujours dépensé... et se transforme tôt ou tard en CO2, car il y a du CO2 dans n'importe quel produit. L'augmentation des pouvoirs d'achat, multipliée par l'augmentation des populations, a pour conséquence automatique l'augmentation des émissions de CO2. Par exemple, l'augmentation du pouvoir d'achat dans des régions ayant des épisodes de fortes chaleurs – en Chine, en Inde, en Indonésie, se traduit par une augmentation de demande de climatiseurs. Pour répondre à cette demande supplémentaire d'électricité, la Chine aurait besoin d'accroître sa production électrique, d'ici 2040, d'une quantité équivalente à la production actuelle du Japon. (World Energy Outlook - iea 2017 - executive summary).

Combien faudrait-il d'éoliennes pour alimenter tous ces climatiseurs ?

 

« Le monde va subir une crise du froid »
(Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie – "The Future of Cooling" - 2018 - Agence Internationale de l’Energie (AIE))

 

C'est encore le pouvoir d'achat qui permet d'acheter de nouveaux vêtements avant d'user les anciens, ou de gaspiller la nourriture, ou de voyager, ou qui permet aux pays émergents de consommer de plus en plus de viande.

► Population et pouvoir d'achat sont les moteurs du réchauffement climatique.

 

La plupart des lecteurs reconnaîtront facilement que l'augmentation de la population est un facteur d'accroissement du réchauffement climatique.

Mais ils seront peut-être moins nombreux à reconnaître la part de responsabilité de leur propre pouvoir d'achat (Croissance durable, ou sobriété et décroissance).

 

 

 



[00] On accuse la publicité, qui serait le serpent tentateur qui nous incite à consommer. À-t-on vraiment besoin d'être sollicité pour consommer ? Cette incitation existe déjà naturellement dans notre cerveau. La publicité n'a qu'un rôle secondaire, non pas d'inciter à la consommation, mais d'orienter la consommation vers tel ou tel produit, telle ou telle marque.
[1] On critiques parfois le "luxe tapageur"... mais ce qui est critiqué c'est le tapage, pas le luxe.
[2] À lire : Le bug humain - Sébastien Bohler.

 

 

 

 
 
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Mise à jour : 6 mai 2020