Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Économiser, partager, consommer autrement, ne suffit pas,
il faut réduire le pouvoir d'achat

 

 

Il faudrait partager, économiser, consommer mieux, moins.

Mais comment consommer moins si le pouvoir d'achat ne diminue pas ?

Les émissions de CO2 suivent fidèlement les évolutions du pouvoir d'achat.

Économiser ?

Les économies n'existent pas, elles ne font que retarder une dépense.

 

La croissance n'est pas CO2-free

La liaison intime de la croissance économique et des émissions de CO2, et donc du réchauffement climatique, est bien connue, ce n'est pas un secret, elle s'affiche en public ; quantité de selfies les montrent main dans la main, cheek to cheek. En voici un instantané, où la mise au point a été faite sur la crise financière et économique qui a éclaté en 2008 :

croissance durable, décroissance, PIB et émissions de cO2

Source :
d'après http://unstats.un.org/ (United Nations Statistics division) - "GDP, at constant 2005 prices"
et d'après http://www.oecd-ilibrary.org/ - "Emissions of carbon dioxide"
Indice base 100 en 2004 pour les deux variables.

 

 

• La crise de 2008 est nettement visible, en parallèle sur la courbe du PIB et sur celle des émissions de CO2.

Dès que le PIB recommence à augmenter, les émissions de CO2 recommencent à augmenter

► La croissance n'est pas CO2-free !

 

Le PIB reflète grossièrement les évolutions de notre pouvoir d'achat, et les émissions de CO2 en suivent fidèlement les évolutions. Cette relation est inévitable : le pouvoir d'achat permet d'acquérir des biens et des services ; produire et utiliser ces biens et services émet du CO2. Par exemple, dans des régions ayant des épisodes de fortes chaleurs – en Chine, en Inde, en Indonésie, etc. – les personnes qui n'ont pas de pouvoir d'achat... transpirent. Mais le pouvoir d'achat augmente, ce qui se traduit par une augmentation de demande de climatiseurs et moins de transpiration. La fabrication de ces climatiseurs, ainsi que la production d'électricité pour les faire fonctionner, émettront du CO2 (en 2019 l'électricité mondiale était produite à plus de 60 % par des énergies fossiles). Pour répondre à cette demande supplémentaire d'électricité, la Chine aurait besoin d'accroître sa production électrique, d'ici 2040, d'une quantité équivalente à la production actuelle du Japon. (World Energy Outlook - iea 2017 - executive summary).

C'est encore le pouvoir d'achat qui permet d'avoir des logements plus grands, parfois une résidence secondaire, d'avoir plusieurs voitures par ménage, d'acheter de nouveaux vêtements à la mode avant d'user les anciens, ou de gaspiller la nourriture, ou de passer des vacances à l'autre bout du monde, ou qui permet aux pays émergents de consommer de plus en plus de viande.

L'effet du pouvoir d'achat est en outre multiplié par l'augmentation des populations.

Augmentation des pouvoirs d'achat multipliée par augmentation des populations = CO2 = réchauffement climatique.

Nous avons pris conscience de la menace du réchauffement climatique, mais sans prendre conscience du lien avec le pouvoir d'achat, surtout pas avec notre propre pouvoir d'achat.

C'est pourquoi nous sommes capables de "marcher pour le climat" le matin, et de manifester l'après midi pour réclamer la croissance ; sans percevoir la contradiction.

Quelques candidats aux élections montrent la même cécité, promettant à la fois et la croissance et une réduction des émissions de CO2 – le beurre et l'argent du beurre.

- Messieurs et chers électeurs, je vous promets une croissance de 5 % !

- Bravo, vivat !

- Messieurs et chers électeurs, je vous promets de réduire le prix de l’essence !

- Bravo, vivat !

- Messieurs et chers électeurs, je vous promets de réduire les émissions de CO2 et le réchauffement climatique !

- Bravo, vivat !

Ignorance ou hypocrisie ? (Autant pour ces candidats qui font mine de croire en une croissance CO2-free, que pour les électeurs qui font mine de croire ces candidats qui font mine d'y croire.)

Les économies n'existent pas - Le pouvoir d'achat sera dépensé tôt ou tard

Il faudrait consommer moins... Mais cette proposition ne soulève pas un fol enthousiasme. Alors on a inventé une autre idée, plus sexy : "continuons à consommer, il suffit de consommer mieux, autrement".
C'était l'invention de la consommation dite durable.

Il "suffirait" d'un nouveau monde, où les hommes ne remplaceraient pas un vieil appareil encore vaillant par un autre, plus récent et plus aguichant : ils ne jetteraient pas leur vieille machine à laver, ils la garderaient auprès d'eux et la feraient réparer, au lieu de la remplacer par une petite jeune fraîche et pimpante ; ils isoleraient mieux leur logement ; ils prendraient un vélo plutôt que leur voiture, ou prendraient les transports en commun ; ou alors, ils ne voyageraient pas seul dans une voiture de quatre places, ils partageraient. Ce serait un monde merveilleux de sobriété et de partage, peuplé d'hommes merveilleux – et des femmes merveilleuses – qui ne succomberaient plus aux sirènes de la mode et de la publicité, qui cesseraient d'acheter encore de nouveaux vêtements en plus de tous ceux qu'ils ont déjà [1].

Mais ces hommes-là et ces femmes-là n'existent pas – en dehors de quelques moines ermites, qui justement n'ont pas de machine à laver et ne suivent pas la mode.

Et même si ce monde merveilleux de sobriété et de partage existait un jour... et après ?

Après... il resterait sur les bras le pouvoir d'achat économisé, non (encore) dépensé. Qu'en faire ?

Il faut penser au coup d'après, les économies ne resteront pas éternellement dans un bas de laine, elles seront dépensées tôt ou tard, par nous, par nos héritiers, ou par quelque brave personne dévouée de bonne volonté.

Économiser, ce n'est que reculer pour mieux dépenser.

Les moines du Moyen Âge qui avaient fait vœu de pauvreté avaient bien compris le paradoxe : "comment, vivant de peu, ne pas finir par dormir sur un matelas d'économies ?"

La solution était dans la formule d'alors, "Moine pauvre, abbaye riche". Les pauvres moines consommaient peu, mais leurs économies ne s'évaporaient pas sans le paradis des saintes économies, elles devenaient de grandioses abbayes, dont la construction engloutissait énormément de ressources, par exemple le bois de charpente des toitures.

Que faire – autre que des abbayes – d'un pouvoir d'achat non dépensé ?

Quelques-uns peut-être suivront l’exemple du maître en économies, Harpagon, qui enterrait sa chère cassette dans le jardin.

Mais tout le monde n’a pas de jardin.

Les autres, la plupart, résisteront-ils à ces économies qui brûlent les doigts d'être utilisées ? Ou finiront-ils par craquer et par les dépenser en vanités ?

Pour être certains de ne pas recycler les économies en nouvelle consommation, la solution serait peut-être organiser des autodafés les soirs de pleine lune, où chacun jetterait les billets de banque qu'il aurait économisés – genre le "bûcher des vanités" de Savonarole [2].

Économiser, partager, consommer moins et mieux... ?
Et après ?
Que faire après du pouvoir d'achat non dépensé ?

 

Cette analyse n'est pas une incitation à ne pas économiser, c'est une incitation à penser au coup suivant, à ce que l'on fera des économies réalisées.

En allant au travail à vélo on économise... Mais, à quoi bon ce petit geste pour sauver la planète, si les économies de carburant ainsi réalisées sont utilisées pour s'offrir un voyage en voiture pendant le week-end ? (À part que le vélo, c'est bon pour la santé). Qu'importe la vertu écologique de la force du mollet de quelques jeunes sportifs, quand elle est effacée le week-end suivant ?

Les économies n'existent pas.
Économiser, ce n'est que différer un pouvoir d'achat.

En outre, imaginons une personne à gros revenu qui déciderait de vivre sobrement et frugalement dans un tout petit appartement. Pour rien, rien d'autre que pour "sauver la planète" – ce qui n'est pas rien. Si cette personne est mariée, avec des enfants... comment fera-t-elle partager sa sobriété à sa famille ? Récriminations et divorce et en vue ! (ce fut le cas d'Harpagon avec ses enfants, Molière avait déjà compris le problème.)

Et même si par extraordinaire quelqu'un faisait vraiment des économies – un moine ermite retiré en haut d'une montagne, un dépressif las de vivre – son pouvoir d'achat ne disparaîtrait pas pour autant, ses héritiers s'en chargeraient avec plaisir.

Le pouvoir d'achat est toujours dépensé, tôt ou tard.
Économiser, partager, consommer autrement, etc., cela ne réduit pas la consommation.
La consommation n'est limitée que par le pouvoir d'achat.

 

 

 



[1] On a trouvé un bouc émissaire : la publicité. Ce bouc émissaire serait... un serpent, le serpent tentateur qui crée l'envie de consommer, à laquelle notre volonté ne saurait résister. Mais... a-t-on vraiment besoin d'être sollicité pour avoir envie ? La publicité ne crée pas l'envie, l'envie fait partie de la nature humaine – elle existait déjà dans le jardin d'Eden avant même que le serpent s'en mêle. Le passage de l'envie à l'acte, à la consommation, c'est le pouvoir d'achat qui le permet ; la publicité ne fait qu'orienter la consommation vers tel ou tel produit, telle ou telle marque.
[2] Savonarole, un intégriste parmi d'autres, avant lui, après lui.

 

 

 

 
 
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Une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

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Mais la sobriété n'est pas naturelle.
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Que faire du pouvoir d'achat ainsi économisé ?
Il sera dépensé tôt ou tard.

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Mise à jour : 6 janvier 2021