Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ligne bleue

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles

 

La population augmente... il faut produire plus de nourriture.

Mais la terre agricole disparaît, mangée par l'artificialisation des sols, par l'asphalte et le béton.

Il faut produire plus... mais avec moins de terre !

Il faut donc inventer des agricultures plus performantes, augmenter les rendements...

Sinon il faudra déforester.

... C'est déjà commencé.

 

La révolution verte a multiplié les rendements, a presque supprimé les famines.
… Mais en conséquence, la population convenablement nourrie a augmenté.
… Et continue à augmenter ; il y aura bientôt deux milliards de bouches à nourrir en plus.

… Il faut donc produire encore plus de nourriture.

On peut imaginer aussi de manger autrement, manger moins de viande par exemple, et de ne plus gaspiller la nourriture, même si dans l'histoire on n'a encore jamais vu les hommes changer massivement, rapidement, de comportements. Vœux pieux ou vraie solution ? (Voir sur ce site "Il faudrait manger moins de viande")

En attendant un homme nouveau non-gaspilleur consommant peu de viande, il est prudent de se préparer sérieusement à produire plus de nourriture.

« La première Révolution Verte, celle des années 1950 et 1960, avait permis de doubler la production alimentaire mondiale [...]
La tâche qui nous attend sera plus dure, il faudra obtenir, d’ici à 2050, un milliard de tonnes de céréales de plus par an. » (Jacques Diouf lance un appel pour une deuxième Révolution Verte - Jacques Diouf, Directeur général de la FAO - 2006)

Nous sommes ainsi entraînés dans un engrenage, une fuite en avant, une course entre l'augmentation de production et l'augmentation de population. [1-1].

Ce n'est pas la première fois que l'humanité est prise dans un engrenage, dans un piège dont elle ne peut plus sortir. L'invention de l'agriculture fut l'un de ces premiers pièges : l'agriculture produisant plus de nourriture permit une croissance de la population... et interdit tout retour en arrière, tout retour à la vie naturelle des chasseurs-cueilleurs.

Pour produire plus de nourriture, il suffirait de cultiver plus de terre

La façon la plus simple de produire plus de nourriture serait de cultiver plus de terre.

Le problème est que presque toutes les terres qui peuvent être exploitées le sont déjà ; pire encore, elles disparaissent peu à peu.

« une augmentation notable de la production est nécessaire pour que le secteur réponde à la demande croissante d’aliments destinés aux humains ou aux animaux et de matières premières à usage industriel. Or, les quantités disponibles de terres et d’eau diminuent dans beaucoup d’endroits du monde. » ("Perspectives Agricoles de l’OCDE et de la FAO 2016-2025" - 2016)

Les terres agricoles disparaissent, enfouies sous les constructions envahissantes d'une population qui augmente.

Là ou poussait le blé, les pavillons poussent.

Il y a quelques siècles, les New-yorkais campaient dans leur tipi au bord de l'Hudson, et les Champs-Élysées furent tracés au milieu des champs et des bois. Maintenant il n'y a plus ni arbres ni herbe, la terre a disparu, il n'y a plus que gratte-ciels et immeubles.

Il faudrait réagir, arrêter le grignotage des terres agricoles. Mais quoi ? Interdire les banlieues à petits pavillons, développer la ville verticale ?

La ville s'agrandit, elle mange la campagne, les champs, les potagers, pour loger une population croissante. En outre, cette population qui augmente a plus de pouvoir d'achat, elle peut se permettre d'avoir des logements plus grands [2], avec moins de personnes par logement [3]. C'est pourquoi la ville s'agrandit plus vite en surface qu'en population.

L'équivalent de la surface d'un département disparaît en dix ans, en France, sous l'asphalte et le béton.

agriculture biologique, terres cultivables dans le monde, population mondiale

Source : D'après données Banque Mondiale.

 

Il faut plus de pain pour nourrir une population qui augmente...

... mais il y a moins de terre pour produire plus de pain.

Il faut produire plus avec moins de terre.

 

La terre devient rare, c'est pourquoi le "vampire du milieu", la Chine, pauvre en terres arables, achète ou loue des terres là où c'est encore possible, en Afrique, en Amérique du Sud, en France aussi...

Ne pas gaspiller la terre

Puisqu'il y a de moins en moins de terre à cultiver il serait sage de ne pas gaspiller le peu qu'il en reste. Pourtant, nous gaspillons la terre en l'utilisant massivement pour des usages non alimentaires.

Nous utilisons des terres cultivables pour produire des biocarburants, à base de maïs, colza, tournesol, huile de palme... Il faut alors de nouvelles terres pour cultiver assez de maïs pour nourrir à la fois les hommes et les SUV... mais où trouver ces terres ? En déforestant ?

Ou encore, nous installons des panneaux photovoltaïques, qui volent le soleil de la terre. Une étude récente promeut une électricité sans nucléaire et sans émission de CO2 en France. Il lui faudrait 30 000 éoliennes et 100 000 hectares de panneaux photovoltaïques, soit la surface du département de la Gironde… La France a-t-elle tant de labourages et pâturages à sacrifier au lobby anti-nucléaire ? (C'est en effet seulement pour faire plaisir au lobby anti-nucléaire qu'il faudrait étaler 100 000 hectares de panneaux sur nos pâturages, puisque cela ne fait rien gagner en émissions de CO2 – l'électricité française étant déjà bas carbone, grâce au nucléaire.) (voir sur ce site La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?).

Si on ne peut pas cultiver plus de terre, augmentons les rendements

« Si le monde ne connaissait aucun gain de rendement des cultures et des pâturages et aucune modération de la demande alimentaire, les terres agricoles augmenteraient de 3,3 milliards d'hectares [d'ici 2050], éliminant pratiquement les forêts du monde et savanes. » (CREATING A SUSTAINABLE FOOD FUTURE - 2018 - Rapport du WRI, World Resource Institute, avec les contributions techniques de - United Nations Environment - UNDP, United Nations Development Programme - cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement - Inra, Institut national de la recherche agronomique - La banque mondiale.)

 

Il faut donc augmenter les rendements. Cette conclusion surprend, tant nous entendons tous les jours des critiques de l'agriculture intensive, de ses rendements trop élevés. Comment améliorer les rendements alors que les agriculteurs font déjà tout ce qu'ils peuvent ; on leur reproche même – à tort ou à raison, on en reparlera – d'en faire trop, d'utiliser trop d'engrais, de pesticides, et autres artifices.

Serait-il possible d'augmenter les rendements tout réduisant l'utilisation des engrais et des pesticides ?

Avec le plan Écophyto la France a essayé – et a échoué. A ré-essayé avec Écophyto II et a ré-échoué ; et persévère avec Écophyto II+. (Voir sur ce site "Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides (bio ou non bio) ?")

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent [4]. » (Variation sur le thème "Errare humanum est, perseverare diabolicum", attribuée à Einstein).

 

Pour l'instant on ne réussit pas à augmenter les rendements, tout en réduisant l'utilisation des engrais et pesticides, et sans utiliser les nouvelles variétés les plus performantes.

On a alors essayé d'autres méthodes pour produire plus. Par exemple en développant la culture des variétés les plus productives connues. On a ainsi développé la culture du palmier à huile, qui a les meilleurs rendements d'une huile recherchée par l'industrie agroalimentaire et pour produire des biocarburants dits verts.
On reproche à ce palmier de prendre la place de la forêt. C'est vrai, des régions entières, dans les Philippines et ailleurs, ont été déforestées pour lui faire de la place. C'est pourquoi des organisations en demandent l'interdiction ou le boycott.

On comprend cette réaction instinctive. Mais il faut aussi penser au coup d'après : que se passerait-il en Europe si l'huile de palme était interdite ? La demande d'huile alimentaire ne disparaîtrait pas pour autant ; il faudrait alors la satisfaire par des huiles, de maïs, de colza, etc., cultivées localement. Il faudrait donc trouver de nouvelles terres à cultiver, plus même que celles libérées par l'abandon des palmes, puisque les huiles de maïs, de colza, ont des rendements moindres que ceux de l'huile de palme. Mais en Europe ces nouvelles terres n'existent plus, toutes sont déjà exploitées au maximum.

Alors des regards gourmands se tourneraient avec convoitise vers d'autres espaces, par exemple l'Amazonie. Peut-être pas pour cultiver du maïs ou du colza, on déporterait là-bas de préférence les cultures les mieux adaptées à ces terres et ce climat. C'est déjà commencé.

Pour éviter une déforestation due au palmier à huile en Indonésie, on serait ainsi amené à déforester des surfaces plus importantes ailleurs.

On voit clairement que le palmier détruit la forêt, les photos des palmeraient le montrent.

Mais on ne voit pas "pourquoi" ces palmiers ont été plantés. Il n'existe pas de photos d'un "pourquoi", c'est abstrait. Aucune photo ne peut montrer que ce palmier a été planté "parce que" il fallait répondre à une demande que la terre déjà défrichée ne peut plus satisfaire. L'impact d'une image sur les esprits est bien plus fort qu'un raisonnement, c'est pourquoi on accuse le palmier sans éprouver le moindre doute, car "il n'y a pas photo" ; et on reste dans l'ignorance du pourquoi.

Maintenant les consommateurs "responsables" lisent attentivement les étiquettes, vérifient qu'il n'y a pas d'huile de palme, seulement des huiles de plus faible rendement, maïs, colza, arachide, etc. Ils croient ainsi sauver la forêt, alors que c'est l'inverse.

L'huile de palme... détruit la forêt ;
mais sans huile de palme on en détruirait davantage.

 

... Tout compte fait, l'huile de palme épargne la forêt.

Et il serait possible d'en épargner plus encore en cessant d'utiliser des biocarburants, qu'ils soient à base d'huile de palme, de maïs ou autres.

Améliorer les rendements... Mais jusqu'où ?

Nous rêvons de grandes prairies piquetées d'un bétail heureux.

Mais c'est un rêve. Le manque de terre conduit au contraire à développer des "agricultures" controversées, pour produire le maximum sur le minimum d'espace. On a ainsi inventé les fermes-usines et l'agriculture hors-sol.

On accuse les agriculteurs-industriels qui développent cette agriculture-industrie. En oubliant que tout cela existe... parce que les bouches à nourrir sont de plus en plus nombreuses et que les terres déjà défrichées ne suffisent plus pour les satisfaire toutes de façon "classique".

Le développement des agricultures "de luxe", de faible rendement, qui ont besoin de plus de terre et la rendent encore plus rare et précieuse, peut accentuer ce phénomène. Il faut en effet compenser le "manque à produire" de ces agricultures de luxe en augmentant les rendements par ailleurs, même par des moyens non souhaitables.

Améliorer les rendements en subventionnant les engrais ?

Il existe encore des régions, en Afrique par exemple, qui utilisent peu d'intrants, peu d'engrais par exemple.

N'est-ce pas un exemple à suivre ?

Hélas non ; car c'est aussi dans ces régions que la production vivrière est insuffisante, justement parce qu'elles n'utilisent pas assez d'intrants. Cela résulte d'un mécanisme de base de l'agriculture :

La matière sèche des végétaux comporte, entre autres, de l'azote.

Cet azote provient principalement du sol.

Chaque récolte prélève un peu de l'azote du sol.

Et le sol s'appauvrit peu à peu.

Il faut donc apporter de l'azote pour maintenir la fertilité du sol pour les récoltes suivantes.

Ou alors faire comme autrefois, au début de l'agriculture : la tribu abandonnait les terres appauvries pour défricher un nouvel espace, ce qui se faisait en brûlant le territoire à conquérir. On ne peut plus se permettre ce genre de solution.

C'est pour cette raison qu'il est proposé d'augmenter les intrants, même chimiques, quitte à les subventionner, dans les pays de l'Afrique subsaharienne :

« Une utilisation judicieuse d’intrants chimiques, notamment d’engrais, permettrait d’accroître sensiblement la production vivrière en Afrique subsaharienne. » (Jacques Diouf, Directeur général de la FAO - 2007)

« La situation est particulièrement alarmante en Afrique, où les chiffres de la faim sont les plus élevés au monde. Comme solution, l’agriculture intelligente reste un passage obligé. Encore faudrait-il que le taux d’utilisation d’engrais sur le continent, le plus faible au monde même si depuis 2008, évolue énormément. Les entraves à cette faible utilisation sont nombreuses, le financement en tête. » (Afrique-Engrais : des financements pour rattraper les retards - AFRIMAG - 2019)

C'est pour cette raison que des chercheurs demandent que les engrais soient subventionnés dans les pays de l'Afrique subsaharienne :

« Pour produire suffisamment d’aliments il faudra aussi augmenter considérablement les rendements des cultures vivrières en Afrique subsaharienne, où ils stagnent depuis les années 1960 (Fig. 1) alors que la population devrait y doubler d’ici 2050. Fort heureusement ces rendements peuvent y être encore facilement augmentés en accroissant les intrants (engrais, eau, semences et matières organiques si disponibles et transportables). […] en Afrique Sub-Saharienne il faut au contraire en apporter [des engrais] nettement plus qu'aujourd’hui. Cela est malheureusement très généralement méconnu. (Subventionnons les engrais pour les productions alimentaires nationales dans les pays de l’Afrique subsaharienne et les pays les moins développés pour stabiliser le climat et éradiquer la faim - Arthur Riedacker Co prix Nobel IPCC - Directeur de recherche honoraire de l’INRA - 2016)

La déforestation, solution facile

L'huile palme détruit ou sauve la forêt?

S'il n'est pas possible de cultiver plus de terre ni d'augmenter les rendements par des moyens classiques, alors la solution simple et facile est de gagner de nouvelles terres en abattant la forêt... c'est déjà commencé ; dans la forêt amazonienne, en Afrique équatoriale, en Asie... En France ce n'est plus possible, c'est déjà fait, on a déjà abattu nos forêts il y a des siècles pour en faire des plaines de blé.

 

décroissance des surfaces de forêt monde

 

Plus d'un million d'arbres sont abattus chaque jour en Amazonie.

La terre manque en Europe ou en Asie... et par conséquence la forêt disparaît en Amazonie. Cet enchaînement de cause à effet ne semble pas évident. Pourtant :

- Les terres déjà défrichées ne parviennent pas à satisfaire tous les besoins agricoles.

- Alors on se tourne vers la forêt, on coupe.

- Car les transports faciles et trop peu coûteux font que les champs de maïs, de blé, de riz, sont des vases communicants avec les forêts ; une production insuffisante dans les champs entraîne quasi automatiquement l'amputation de l'Amazonie.

Les terres gagnées sur la forêt sont largement utilisées pour produire du soja, pour nourrir le bétail ; c'est pourquoi certains proposent de manger moins de viande pour sauver la forêt. Est-ce réaliste  ? (Voir sur ce site "Il faudrait manger moins de viande").

 

Les forêts disparaissent... et pourtant la superficie de terre arable n'augmente même pas, elle est restée globalement constante depuis 1970. Les surfaces gagnées par la déforestation servent juste à compenser les pertes dues à la bétonnisation. Et sur cette surface constante, déforestation comprise, c'est l'augmentation des rendements qui permet la nécessaire augmentation de production pour nourrir une population en augmentation.

Une agriculture de moindre rendement compenserait encore moins la bétonnisation, ne permettrait pas de nourrir une population qui augmente sans recourir à la déforestation (Voir sur ce site L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité (Sans déforestation)?)

Inventer de nouvelles agricultures

Pour nourrir le monde sans raser la forêt il faut donc absolument inventer de nouvelles agricultures, mais sans se tromper d'objectif ; il ne s'agit pas de développer des agricultures de luxe pour quelques privilégiés, produisant peut-être bien, mais trop peu pour tout le monde. Il s'agit d'être réaliste et de produire durablement assez de nourriture saine, contrôlée, de qualité, pour répondre aux besoins de neuf milliards de Terriens. Il faut inventer de nouvelles agricultures, de nouvelles variétés, plus performantes, pouvant produire plus sur moins de terre. (Voir L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité (sans déforestation) ?)

Les propositions de nouvelles agricultures sont nombreuses. L'agriculture "raisonnée", "intégrée", "de préservation", "l'agro-écologie", "l'éco-agriculture", "la révolution doublement verte", "l'agriculture à haute valeur écologique", "agriculture à haute qualité environnementale", "l'agriculture écologiquement intensive", "l'agro-écologie écosystémique", "l'écologie agronomique", "l'agriculture multi-fonctionnelle" etc. L'agriculture bio – à supposer qu'elle soit une "nouvelle" agriculture alors qu'elle était l'agriculture d'autrefois quand la famine régulait la population – ne fait pas partie de cette liste : elle a de faibles rendements.

Cette multitude d'appellations ne signifie pas qu'il y a une multitude de solutions, elle signifie au contraire que nous n'avons pas encore de solution pleinement satisfaisante.

La France soutient l'agroécologie. Il s'agit d'une agriculture élitaire, de moindre production – elle ne sauvera donc pas la forêt : « Les agriculteurs gagnent plus en produisant moins mais mieux ». ((Qu'est-ce que l'agroécologie ? FNE France Nature Environnement).

Le cas de l'agriculture de conservation, promue par la FAO

De son côté, la FAO promeut une "agriculture de conservation" qui préserve les sols, entre autres en évitant le labour. Le labour est pratiqué depuis des siècles pour lutter contre les adventices (les "mauvaises herbes") ; mais il a l'inconvénient de traumatiser les sols et les bestioles qui y vivent, vers de terre et autres. D'où l'idée géniale de ne pas labourer, en laissant les vers de terre travailler la terre à la place des tracteurs.

Mais cela n'est possible que parce qu'il existe de nouveaux moyens de lutte contre les adventices : les herbicides, particulièrement le glyphosate, permettant de détruire les adventices avant le semis sans recourir au labour. C'est seulement ainsi, grâce au glyphosate, que l'agriculture de conservation a pu voir le jour : « parce que le glyphosate était disponible ». (Usages et alternatives au glyphosate dans l'agriculture française - INRA - 2017).

La liste des avantages éologiques de l'agriculture de conservation est impressionnante. Elle

Favorise la flore microbienne dans les sols.

Favorise la macro-faune souterraine (vers de terre, arthropodes).

 

Les vers de terre applaudissent l'agriculture de conservation.

Ils redoutent l'interdiction du glyphosate.

 

Favorise la circulation de l’eau et réduit les problèmes d’excès d’eau et d’asphyxie des cultures en période humide.

Favorise les insectes dont certains sont des auxiliaires des cultures.

Favorise la diversité cultivée dans les couverts d’interculture, avec souvent des plantes à fleurs diverses favorables aux insectes pollinisateurs.

Appuie le stockage de carbone.

Tous ces avantages écologiques seront anéantis si la cabale anti-glyphosate réussit à faire interdire le glyphosate : « Il n’y a pas d’alternative efficace au glyphosate pour entretenir une parcelle dans la durée sans travailler le sol. » (Ibid)

Il vient alors naturellement la question : pourquoi se condamner à perdre les avantages écologiques de l'agriculture de conservation en s'acharnant contre le glyphosate ?

Parce que le glyphosate serait dangereux ?

En effet, le CIRC, Centre International de Recherche sur le Cancer, a classé le glyphosate dans le groupe 2A, "probablement cancérogène pour l’homme".

Mais d'un autre côté, les agences de sécurité sanitaire de pratiquement tous les pays ont évalué que le glyphosate, correctement utilisé, ne présente pas de risque.

Qui se trompe ?

Personne ne se trompe. Chacun fait son métier.

Un danger n'est pas un risque.

Parce que le CIRC évalue le danger des substances, tandis que les agences sanitaires évaluent les risques, lesquels sont une fonction du danger et de l'exposition à ce danger. Le CIRC l'explique clairement :

« La classification indique le degré de certitude des indications selon lesquelles un agent peut provoquer le cancer (techniquement appelé "danger"), mais il ne mesure pas la probabilité qu'un cancer surviendra (techniquement appelé "risque") en raison de l'exposition à l'agent. » ("Monographies du CIRC" - CIRC)

Les tsunamis sont dangereux, mais en Île-de-France les risques sont extrêmement faibles.

De façon similaire le glyphosate est dangereux, mais le public y est extrêmement peu exposé, et les risques sont extrêmement faibles.

Dès l'annonce de la classification du CIRC, les organisations vertes ont bondi sur l'occasion ; par ignorance, feinte ou non, de la différence entre danger et risque, elles ont terrorisé les populations : "on nous empoisonne, le glyphosate nous empoisonne, la preuve, le CIRC l'a dit, le glyphosate est dangereux." C'est ainsi que les organisations vertes risquent de nous faire perdre les avantages écologiques de l'agriculture de conservation promue par la FAO.

Ceux qui militent pour l'interdiction du glyphosate font même de l’esprit, ils ironisent : « Si c’est sans risque, on peut donc boire un verre de glyphosate tous les matins, ce n’est pas un problème ».

Ils démontrent par là, non pas qu’ils ont de l’esprit, mais qu’ils n’ont pas compris la différence entre danger et risque, ni que la mission du CIRC est d'évaluer les dangers et non les risques en exposition courante. Dans leur ignorance ils seront sans doute étonnés d'apprendre que si le CIRC a classé le glyphosate comme "probablement cancérogène pour l’homme", il a aussi classé le saucisson comme "cancérogène pour l'homme" (pas seulement "probable" comme dans le cas du glyphosate)... et pourtant, le saucisson est encore en vente libre. Il y a même des gens qui en mangent tous les matins... Peut-être même parmi ceux qui réclament l'interdiction du glyphosate. Mais bon, on savait déjà que l'homme, qui se vante d'être un animal raisonnable, ce qui est vrai, parfois, est d'abord un être d'émotion et de croyance.

 

Les opposants au glyphosate mettent en avant le fait que la société Monsanto, commercialisant le Roundup dont le principe actif est le glyphosate, a été condamnée suite à de graves problèmes de santé d'un utilisateur. Le tribunal aurait ainsi donné la preuve des dangers du glyphosate.

La science ne se fait pas au tribunal. Rappelons-nous de Galilée.

Ce que le tribunal a condamné ce n'est pas le fait que le glyphosate soit dangereux, ce que personne ne conteste (en distinguant danger et risque). Ce qui a été sanctionné, c'est que la société Monsanto savait que le glyphosate était dangereux, mais ne le signalait pas ou trop peu sur l'emballage.

En comparaison, le tabac est très dangereux, 70 000 victimes par an en France. Les fabricants de tabac ne sont pas condamnés pour autant, car le danger est signalé sur le paquet.

Plus globalement, nous utilisons tous les jours quantité de produits dangereux, tabac, produits d'entretien, de droguerie, médicaments, etc.. Personne ne se risque à prendre un verre d'eau de Javel au petit déjeuner (sauf peut-être un certain Trump qui suggérait d'en prendre contre le COVID 19). Ces produits restent en vente libre car les risques sont signalés.

Pour l'instant, aucune agriculture ne peut assurer qu'elle pourra nourrir deux à trois milliards de Terriens en plus sans aller piocher de nouvelles terres dans les forêts.

Toutefois, on est encore loin d'avoir exploité les fantastiques possibilités du génie génétique. Les OGM Bt ont déjà fait la preuve de leurs possibilités en produisant plus avec moins de pesticides. Et la marge de progression de ces techniques, jeunes, est considérable.

 



[1-1] Cet enchaînement, ce cercle vicieux, commence à se briser. Des mécanismes nouveaux apparaissent qui limitent l'accroissement des populations, même lorsque la nourriture est abondante. (Voir sur ce site Surpopulation - ressources).
[2] On observe aussi durant cette période [entre 1982 et 2003] un décrochage entre l’accroissement de la population et la "consommation" d’espace, traduisant une augmentation annuelle des "besoins" par habitant de 7 m2 : maison individuelle au lieu de l’habitat collectif, surface plus grande des maisons (+ 15 m2 entre 1984 et 2006) et des jardins (510 m2 avant 1974 et 720 m2 après 1999), surfaces en espaces verts et de loisirs, diminution du nombre de personnes par logement entraînant une demande supplémentaire de logements (de 2,9 en 1984 par maison individuelle à 2 en 2006, et de 2,4 en logement collectif à 2) ». (Courrier de l’environnement de l’INRA n° 57, juillet 2009)
[3] Le pouvoir d'achat permet plus de ruptures conjugales avec des logements séparés. Le divorce n'est pas écologique, il consomme de la terre.
[4] Variation sur le thème "Errare humanum est, perseverare diabolicum".

 

 

 

 
 
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Une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

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Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir – sans déforestation ?
L'agriculture bio, de faible rendement, nécessite beaucoup de terre.
Mais la terre manque.
L'agriculture bio pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?
  Oui.
L'agriculture bio peut-elle nourrir toute l'humanité sans conditions et sans déforestation ?
  Non.

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles.
La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

L'agriculture biologique utilise des pesticides
Le pyrèthre, pesticide bio, est dangereux pour les utilisateurs, pour la faune aquatique, pour la faune terrestre, pour les abeilles...
... Qui dit pire ?

Les pesticides sont dangereux, mais présentent peu de risques.
Ils présentent moins de risque que la sédentarité.
Ils sont nécessaires pour nourrir le monde.
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
Le défi alimentaire pourrait peut-être être résolu si les hommes étaient des homo-ecologicus-no-gaspillus, ne gaspillant pas, mangeant peu de viande.
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Agriculture bio et biocarburants
Agriculture bio et biocarburants consomment trop de terre,
entraînent plus de difficultés pour nourrir toute l'humanité,
et la dispariton de la forêt.

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Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
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Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les pestes qui ravagent les cultures ; l'homme invente les pesticides.




 

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Mission d'animation des agrobiosciences

 

Mise à jour : 22 février 2021