Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles

 

La population augmente... il faut produire plus de nourriture.

Mais la terre agricole disparaît, mangée par l'artificialisation des sols, par l'asphalte et le béton.

Il faut produire plus... mais avec moins de terre !

Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...

Sinon il faudra déforester. C'est déjà commencé.

 

La révolution verte a multiplié les rendements, a presque supprimé les famines.
… Mais en conséquence, la population convenablement nourrie a augmenté.
… Mais en conséquence il faut produire encore plus de nourriture [1].

Nous sommes pris dans un engrenage qui ne peut être arrêté, il n'y a pas de retour en arrière possible, il faudra réussir à nourrir deux milliards de bouches en plus.

« La première Révolution Verte, celle des années 1950 et 1960, avait permis de doubler la production alimentaire mondiale [...]
La tâche qui nous attend sera plus dure, il faudra obtenir, d’ici à 2050, un milliard de tonnes de céréales de plus par an. » (Jacques Diouf lance un appel pour une deuxième Révolution Verte - Jacques Diouf, Directeur général de la FAO - 2006)

Pour produire plus de nourriture, il suffirait de cultiver plus de terre

La façon la plus simple de produire plus de nourriture serait de cultiver plus de terre.

Le problème est que presque toutes les terres qui peuvent être exploitées le sont déjà ; pire encore, elles disparaissent peu à peu.

« une augmentation notable de la production est nécessaire pour que le secteur réponde à la demande croissante d’aliments destinés aux humains ou aux animaux et de matières premières à usage industriel. Or, les quantités disponibles de terres et d’eau diminuent dans beaucoup d’endroits du monde. » ("Perspectives Agricoles de l’OCDE et de la FAO 2016-2025" - 2016)

Les terres agricoles disparaissent, enfouies sous les constructions envahissantes d'une population qui augmente.

Là ou poussait le blé, les pavillons poussent.

Il y a quelques siècles, les New-yorkais campaient dans leur tipi au bord de l'Hudson, et les Champs-Élysées furent tracés au milieu des champs et des bois. Maintenant il n'y a plus là que gratte-ciels et immeubles, et tous les services autour, routes, commerces, bureaux, écoles, usines, etc. La terre a disparu.

Il faudrait réagir, arrêter le grignotage des terres agricoles. Mais quoi ? Interdire les banlieues à petits pavillons, développer la ville verticale ?

En outre, cette population qui augmente a plus de pouvoir d'achat, elle peut se permettre d'avoir des logements plus grands [2], avec moins de personnes par logement [3]. La ville qui s'agrandit mange la campagne, les champs et les potagers, et non seulement elle s'agrandit, mais elle s'agrandit plus vite en surface – en logements, commerces, routes, etc. – qu'en population.

agriculture biologique, terres cultivables dans le monde, population mondiale

Source : D'après données Banque Mondiale.

Il faut produire plus, mais avec moins de terre.

La population qui augmente a besoin de plus de pain...
... mais elle a moins de terre pour produire plus de pain.

 

La terre devient rare, c'est pourquoi le "vampire du milieu", la Chine, pauvre en terres arables, achète ou loue des terres là où c'est encore possible, en Afrique, en Amérique du Sud, en France aussi...

Les biocarburants

La terre manque pour nourrir l'humanité... Et pourtant, une partie des terres cultivables est utilisée pour produire des biocarburants, à base de maïs par exemple. Il faut alors trouver de nouvelles terres pour cultiver du maïs, à partager équitablement entre les SUV et les hommes... et on coupe la forêt.

... Et vers qui se tournent les regards accusateurs ?

Non pas vers les SUV, mais vers les pauvres bougres, les exécutants, ceux qui gagnent leur maïs quotidien avec une tronçonneuse.

Les boucs émissaires ont été inventés pour ça.

Si on ne peut pas cultiver plus de terre, augmentons les rendements

« Il ressort des projections que la demande alimentaire supplémentaire sera satisfaite grâce à des gains de productivité, les superficies cultivées et les effectifs d’animaux ne changeant guère. L’amélioration des rendements devrait assurer 80% de l’augmentation de la production de végétaux. » ("Perspectives Agricoles de l’OCDE et de la FAO 2016-2025" - OECD/FAO, 2016)

Améliorer les rendements ? Mais...

Mais les agriculteurs font déjà tout ce qu'ils peuvent ; on reproche même à l'agriculture intensive "conventionnelle" d'en faire trop, d'utiliser trop d'engrais, de pesticides, et autres artifices.

Peut-on, en agriculture intensive, réduire l'utilisation des engrais et des pesticides sans réduire la production ?

Avec les plans Écophyto, puis Écophyto II, puis Écophyto II+, la France a essayé, a échoué, a réessayé, a ré-échoué... et persévère... (Voir "Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides (bio ou non bio) ?")

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent [4]. » (attribué à Einstein, on ne prête qu'aux riches).

La question des risques des pesticides est discutée dans le chapitre "Les risques des pesticides : les études contredisent les croyances".

 

Améliorer les rendements ? Mais... on reproche déjà à l'agriculture intensive "conventionnelle" de rechercher les meilleurs rendements. Par exemple en cultivant le palmier à huile, champion de rendement d'une huile recherchée par l'industrie agroalimentaire et pour produire des biocarburants dits verts ; 50 % de l'huile de palme importée en Europe sert à produire des biocarburants.
On reproche à ce palmier de prendre la place de la forêt ; en effet des régions entières, dans les Philippines par exemple, ont été déforestées pour lui faire de la place. C'est pourquoi des organisations en demandent l'interdiction ou le boycott.

On comprend le raisonnement. Mais ce n'est pas aussi simple ; il faut aussi penser au coup d'après : que se passerait-il si l'huile palme était interdite ? La demande d'huile ne disparaîtrait pas pour autant. Cette demande serait alors satisfaite par d'autres huiles, de maïs, de colza, etc. qui ont des rendements moindres que ceux de l'huile de palme. Il faudrait donc trouver encore plus de terre... et des regards gourmands se tourneraient avec plus de convoitise encore vers ce qui reste de forêt.

L'huile de palme... détruit la forêt ;
mais moins que ce que feraient d'autres cultures à huile ;
... et donc, globalement, l'huile de palme épargne la forêt.

 

Pourtant, les consommateurs "responsables" vérifient soigneusement les étiquettes des produits qu'ils achètent, vérifient qu'il n'y a pas d'huile de palme, seulement des huiles de plus faible rendement, maïs, colza, arachide, etc. Ils croient sauver la forêt.

Améliorer les rendements... Mais jusqu'où ?

Nous rêvons de grandes prairies piquetées d'un bétail heureux.

Mais le manque de terre – et donc le prix élevé des terres qui en résulte – a conduit à développer des "agricultures" controversées, pour produire le maximum sur le minimum d'espace. On a ainsi inventé les fermes-usines et l'agriculture hors-sol.

Le développement des agricultures "de luxe", de faible rendement, qui ont besoin de plus de terre, conduit à se débrouiller pour produire plus, par tous les moyens, sur ce qui reste de terre.

Parce qu'en fin de compte, il faut bien réussir à nourrir tout le monde.

Améliorer les rendements en subventionnant les engrais ?

Mais "heureusement" il existe encore des régions, en Afrique par exemple, qui utilisent peu d'intrants, peu d'engrais par exemple.

N'est-ce pas un exemple à suivre ?

Hélas non ; car c'est aussi dans ces régions que la production vivrière est insuffisante :

« Une utilisation judicieuse d’intrants chimiques, notamment d’engrais, permettrait d’accroître sensiblement la production vivrière en Afrique subsaharienne. » (Jacques Diouf, Directeur général de la FAO - 2007)

« La situation est particulièrement alarmante en Afrique, où les chiffres de la faim sont les plus élevés au monde. Comme solution, l’agriculture intelligente reste un passage obligé. Encore faudrait-il que le taux d’utilisation d’engrais sur le continent, le plus faible au monde même si depuis 2008, évolue énormément. Les entraves à cette faible utilisation sont nombreuses, le financement en tête. » (Afrique-Engrais : des financements pour rattraper les retards - AFRIMAG - 2019)

C'est pour cette raison que des chercheurs demandent que les engrais soient subventionnés dans les pays de l'Afrique subsaharienne :

« Pour produire suffisamment d’aliments il faudra aussi augmenter considérablement les rendements des cultures vivrières en Afrique subsaharienne, où ils stagnent depuis les années 1960 (Fig. 1) alors que la population devrait y doubler d’ici 2050. Fort heureusement ces rendements peuvent y être encore facilement augmentés en accroissant les intrants (engrais, eau, semences et matières organiques si disponibles et transportables). […] en Afrique Sub-Saharienne il faut au contraire en apporter [des engrais] nettement plus qu'aujourd’hui. Cela est malheureusement très généralement méconnu. (Subventionnons les engrais pour les productions alimentaires nationales dans les pays de l’Afrique subsaharienne et les pays les moins développés pour stabiliser le climat et éradiquer la faim - Arthur Riedacker Co prix Nobel IPCC - Directeur de recherche honoraire de l’INRA - 2016)

Souhaitons que le dogmatisme anti-engrais ne vienne pas accroître les difficultés de l'Afrique.

La déforestation, solution facile

L'huile palme détruit ou sauve la forêt?

S'il n'est pas possible de cultiver plus de terre ni d'augmenter les rendements par des moyens classiques, alors la solution simple et facile est de gagner de nouvelles terres en abattant la forêt... c'est déjà commencé ; dans la forêt amazonienne, en Afrique équatoriale, en Asie... En France ce n'est plus possible, c'est déjà fait, on a déjà abattu nos forêts il y a des siècles pour en faire des plaines de blé.

 

décroissance des surfaces de forêt monde

 

Plus d'un million d'arbres sont abattus chaque jour en Amazonie.

La terre manque en Europe ou en Asie... et par conséquence la forêt disparaît en Amazonie. Cet enchaînement de cause à effet ne semble pas évident. Pourtant :

- Les terres déjà défrichées ne parviennent pas à satisfaire tous les besoins agricoles.

- Alors on se tourne vers la forêt, on coupe.

- Car les transports faciles et trop peu coûteux font que les champs de maïs, de blé, de riz, sont des vases communicants avec les forêts ; une production insuffisante dans les champs entraîne quasi automatiquement l'amputation de l'Amazonie.

Les terres gagnées sur la forêt sont largement utilisées pour produire du soja, pour nourrir le bétail ; c'est pourquoi certains proposent de manger moins de viande pour sauver la forêt. Soit... mais comment faire ? Suffit-il de le demander gentiment et poliment ? Et... qui ira demander aux Indiens de manger moins de viande ? (Voir "Il faudrait manger moins de viande).

 

Les forêts disparaissent... et pourtant la superficie de terre arable n'augmente même pas, elle est restée globalement constante depuis 1970. Les surfaces gagnées par la déforestation servent juste à compenser les pertes dues à la bétonnisation. Et sur cette surface constante, déforestation comprise, c'est l'augmentation des rendements qui permet la nécessaire augmentation de production pour nourrir une population qui augmente.

Une agriculture de moindre rendement compenserait encore moins la bétonnisation, compenserait encore moins l'augmentation de population, obligerait encore plus à déforester.

Inventer nouvelles agricultures

Pour nourrir le monde sans raser la forêt il faut donc absolument inventer de nouvelles agricultures, mais sans se tromper d'objectif ; il ne s'agit pas de développer des agricultures gaspillant la terre, des agricultures de luxe pour quelques privilégiés, au risque de laisser la foule des petits sur le bord du chemin. Il faut donc oublier les dogmes, les idéologies, les préjugés, les idées reçues, il s'agit d'être réaliste et de produire durablement assez de nourriture saine, contrôlée, de qualité, pour répondre aux besoins de neuf milliards de Terriens. Il faut inventer de nouvelles agricultures, de nouvelles variétés, plus performantes, pouvant produire plus sur moins de terre. (Voir L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité (sans déforestation) ?)

Les propositions de nouvelles agricultures sont nombreuses. L'agriculture "raisonnée", "intégrée", "de préservation", "l'agro-écologie", "l'éco-agriculture", "la révolution doublement verte", "l'agriculture à haute valeur écologique", "agriculture à haute qualité environnementale", "l'agriculture écologiquement intensive", "l'agro-écologie écosystémique", "l'écologie agronomique", "l'agriculture multi-fonctionnelle" etc. L'agriculture bio – à supposer qu'elle soit une "nouvelle agriculture" alors qu'elle était l'agriculture d'autrefois quand la famine régulait la population – ne fait pas partie de cette liste : elle a de faibles rendements.

Cette multitude d'appellations ne signifie pas qu'il y a une multitude de solutions, elle signifie au contraire que nous n'avons pas encore de solution pleinement satisfaisante.

Il y a de grandes différences entre ces diverses propositions.

La France soutient l'agroécologie. Il s'agit d'une agriculture élitaire : « Les agriculteurs gagnent plus en produisant moins mais mieux ». ((Qu'est-ce que l'agroécologie ? FNE France Nature Environnement). Cette agriculture ne sauvera pas la forêt.

Le cas de l'agriculture de conservation, promue par la FAO

De son côté, la FAO promeut une "agriculture de conservation" qui préserve les sols, entre autres en évitant le labour. Le labour est pratiqué depuis des siècles pour lutter contre les adventices (les "mauvaises herbes") ; mais il a l'inconvénient de traumatiser les sols et les bestioles qui y vivent, vers de terre et autres. D'où l'idée géniale de ne pas labourer, en laissant les vers de terre travailler la terre à la place des tracteurs.

Mais cela n'est possible que parce qu'il existe de nouveaux moyens de lutte contre les adventices : les herbicides, particulièrement le glyphosate, permettant de détruire les adventices avant le semis sans recourir au labour. C'est seulement ainsi, grâce au glyphosate, que l'agriculture de conservation a pu voir le jour : « parce que le glyphosate était disponible ». (Usages et alternatives au glyphosate dans l'agriculture française - INRA - 2017).

La liste des avantages éologiques de l'agriculture de conservation est impressionnante. Elle

Favorise la flore microbienne dans les sols.

Favorise la macro-faune souterraine (vers de terre, arthropodes).

 

Les vers de terre applaudissent l'agriculture de conservation.

Ils redoutent l'interdiction du glyphosate.

 

Favorise la circulation de l’eau et réduit les problèmes d’excès d’eau et d’asphyxie des cultures en période humide.

Favorise les insectes dont certains sont des auxiliaires des cultures.

Favorise la diversité cultivée dans les couverts d’interculture, avec souvent des plantes à fleurs diverses favorables aux insectes pollinisateurs.

Appuie le stockage de carbone.

Tous ces avantages écologiques seront anéantis si la cabale anti-glyphosate réussit à faire interdire le glyphosate : « Il n’y a pas d’alternative efficace au glyphosate pour entretenir une parcelle dans la durée sans travailler le sol. » (Ibid)

Il vient alors naturellement la question : pourquoi se condamner à perdre les avantages écologiques de l'agriculture de conservation en s'acharnant contre le glyphosate ?

Parce que le glyphosate serait dangereux ?

En effet, le CIRC, Centre International de Recherche sur le Cancer, a classé le glyphosate dans le groupe 2A, "probablement cancérogène pour l’homme".

Mais d'un autre côté, les agences de sécurité sanitaire de pratiquement tous les pays ont évalué que le glyphosate, correctement utilisé, ne présente pas de risque.

Qui se trompe ?

Personne ne se trompe. Chacun fait son métier.

Un danger n'est pas un risque.

Parce que le CIRC évalue le danger des substances, tandis que les agences sanitaires évaluent les risques, lesquels sont une fonction du danger et de l'exposition à ce danger. Le CIRC l'explique clairement :

« La classification indique le degré de certitude des indications selon lesquelles un agent peut provoquer le cancer (techniquement appelé "danger"), mais il ne mesure pas la probabilité qu'un cancer surviendra (techniquement appelé "risque") en raison de l'exposition à l'agent. » ("Monographies du CIRC" - CIRC)

Les tsunamis sont dangereux, mais en Île-de-France les risques sont extrêmement faibles.

De façon similaire le glyphosate est dangereux, mais le public y est extrêmement peu exposé, et les risques sont extrêmement faibles.

Dès l'annonce de la classification du CIRC, les organisations vertes ont bondi sur l'occasion ; par ignorance, feinte ou non, de la différence entre danger et risque, elles ont terrorisé les populations : "on nous empoisonne, le glyphosate nous empoisonne, la preuve, le CIRC l'a dit, le glyphosate est dangereux." C'est ainsi que les organisations vertes risquent de nous faire perdre les avantages écologiques de l'agriculture de conservation et autres variantes sur le même thème.

Ceux qui exigent à cor et à cri la suppression du glyphosate font même de l’esprit, ils ironisent : « Si c’est sans risque, on peut donc boire un verre de glyphosate tous les matins, ce n’est pas un problème ».

Ils démontrent par là, non pas qu’ils ont de l’esprit, mais qu’ils n’ont pas compris la différence entre danger et risque, ni que la mission du CIRC est d'évaluer les dangers et non les risques en exposition courante. Dans leur ignorance ils seront sans doute étonnés d'apprendre que si le CIRC a classé le glyphosate comme "probablement cancérogène pour l’homme", il a aussi classé le saucisson comme "cancérogène pour l'homme" (pas seulement probable comme dans le cas du glyphosate)... et pourtant, le saucisson est encore en vente libre. Il y a même des gens qui en mangent... Peut-être même parmi ceux qui réclament l'interdiction du glyphosate. Mais bon, on savait déjà que l'homme, qui se vante d'être un animal raisonnable, ce qui est vrai, parfois, est d'abord un être d'émotion et de croyance.

 

Les opposants au glyphosate mettent en avant le fait que la société Monsanto, commercialisant le Roundup dont le principe actif est le glyphosate, a été condamnée suite à de graves problèmes de santé d'un utilisateur. Ce serait la preuve des dangers du glyphosate, justifiant son interdiction.

Ils oublient que la science ne se fait pas au tribunal. Rappelons-nous de Galilée.

D'autre part, ce que le tribunal a condamné ce n'est pas le fait que le glyphosate soit dangereux ; personne ne conteste ce point (en distinguant danger et risque). Ce qui a été sanctionné, c'est que la société Monsanto savait que le glyphosate était dangereux, et qu'il y avait un manque d'information sur l'emballage.

En comparaison, le tabac est très dangereux, les victimes sont innombrables, 70 000 par an en France. Les fabricants de tabac ne sont pas condamnés pour autant, car le danger est signalé sur le paquet.

Plus globalement, nous utilisons tous les jours quantité de produits dangereux, tabac, produits d'entretien, de droguerie, médicaments, etc.. Personne ne se risque à prendre un verre d'eau de Javel au petit déjeuner. Ces produits restent en vente libre car les risques sont signalés.

Pour l'instant, aucune agriculture ne peut assurer qu'elle pourra nourrir deux à trois milliards de Terriens en plus sans aller piocher de nouvelles terres dans les forêts.

Toutefois, on est encore loin d'avoir exploité les fantastiques possibilités du génie génétique.

 



[1] On peut imaginer aussi de manger autrement, manger moins de viande par exemple et ne plus gaspiller la nourriture. Vœux pieux ou vraie solution, ce sera discuté dans d'autres chapitres.
[2] On observe aussi durant cette période [entre 1982 et 2003] un décrochage entre l’accroissement de la population et la "consommation" d’espace, traduisant une augmentation annuelle des "besoins" par habitant de 7 m2 : maison individuelle au lieu de l’habitat collectif, surface plus grande des maisons (+ 15 m2 entre 1984 et 2006) et des jardins (510 m2 avant 1974 et 720 m2 après 1999), surfaces en espaces verts et de loisirs, diminution du nombre de personnes par logement entraînant une demande supplémentaire de logements (de 2,9 en 1984 par maison individuelle à 2 en 2006, et de 2,4 en logement collectif à 2) ». (Courrier de l’environnement de l’INRA n° 57, juillet 2009)
[3] Le pouvoir d'achat permet plus de ruptures conjugales avec des logements séparés. Le divorce n'est pas écologique, il consomme de la terre.
[4] Variation sur le thème "Errare humanum est, perseverare diabolicum".

 

 

 

 
 
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Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

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La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

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Mise à jour : 22 novembre 2020