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Les petits gestes pour sauver la planète produisent... de petits effets

 

 

Petits gestes pour sauver la planète, mythes et réalité

Nous sommes sincèrement disposés à faire quelques gestes pour sauver la planète.

pays émergents, sans dent

Des gestes... oui mais des petits gestes !

Nous sommes verts, mais nuance vert pâle ; "écolos ma non troppo". Nous sommes disposés à fermer le robinet pendant qu’on se brosse les dents. Même si au hit-parade des petits gestes qui ne servent à rien, celui-là est dans le top-ten, presque en pool-position… Parce que ce filet d’eau économisée n’est rien par rapport aux 1 000 litres d’eau nécessaires pour produire un litre de lait, aux 2 700 litres pour un tee-shirt en coton, aux 15 000 litres pour un kilo de bœuf.

Et puis, comment feront-ils pour couper la veille d'une télévision qu'ils n'ont pas, fermer le robinet, les milliards qui n’ont pas d’eau courante, pas d’eau potable, pas de robinet, pas de brosse pour se laver les dents, et parfois même plus de dents ? Leur problème est d'avoir enfin l'eau courante, un dentier, et la télévision.

 

Une année de tri sélectif en France
=
2 heures et 25 minutes d’émission de CO2 de la Chine.

Une ancienne campagne du gouvernement français, en 2006, prétendait que « il n’y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à les faire ». Pourtant, la réalité est que les petits gestes... ne sont que de petits gestes ! Même multipliés, ils ne produisent relativement que de petits effets. Par exemple, nous trions nos déchets. Bravo ! Ce petit geste permet d’économiser 1,8 million de tonnes de CO2 en une année en France. Des millions de tonnes ? Mais c'est énorme ! Bravo encore. Mais lorsqu'on évalue ce ce résultat à l'échelle de la planète, il devient relativement ridicule : cette économie correspond à 2 heures et 25 minutes d’émission de CO2 en Chine [1].
Ceci n'est pas un encouragement à ne pas trier. C'est un encouragement à élargir la réflexion au delà de son petit pays développé et de ses petites poubelles multicolores, jusqu'aux énormes des pays émergents.

Les poubelles multicolores des pays développés ne sauveront pas la planète.

 

Le tri se nourrit même de nos absurdités.
Par exemple, nous achetons de l'eau en bouteille – sans nécessité puisque nous avons généralement un robinet fournissant une eau potable. Mais de l'autre côté de la terre, des milliards de terriens n'ont pas de robinet, pas d'eau, pas d'eau potable – cause de centaines de milliers de décès par an.
Il faudrait 10 milliards de dollars par an pour mettre fin à cette tragédie, estime l'UNDP [2]. C'est beaucoup. Pourtant, ce n'est que la moitié de ce que les pays riches dépensent chaque année, inutilement, en eau embouteillée.
Et nous trions ensuite les bouteilles en plastique avec le sentiment du devoir accompli...

Trier les bouteilles en plastique, c'est bien.
L'eau potable pour tous, c'est mieux.

Le Lexomil vert

Un autre petit geste recommandé, et qui pourtant ne sauvera pas la planète : débrancher son chargeur de téléphone portable... En une journée on économiserait ainsi l'énergie dépensée par une voiture moyenne... pendant une seconde... On peut aussi recommander de rouler en voiture une seconde de moins chaque jour...

Le "petit geste pour-sauver-la-planète", c'est le Lexomil vert, qui apaise en donnant le sentiment du devoir accompli ; efficacité garantie, même s'il n'est pas encore remboursé par la sécurité sociale…

De la même façon, utilisons des ampoules basse consommation, c'est un de ces petits gestes écologiques recommandés par Thierry Thouvenot et Gaëlle Bouttier-Guérive (Planète Attitude ; Les gestes écologiques au quotidien - publié sur l'initiative du WWF-France).
Et le soir, après avoir acheté une ampoule basse consommation, nous avons le sentiment d'avoir sauvé la planète comme un vrai Bruce Willis, et on s’endort la conscience en paix.

À moins que l'on ne fasse des cauchemars ! Parce que ces ampoules dites vertes, contiennent du mercure. Si vous venez d'acheter des ampoules basse consommation, si vous ne voulez avoir aucun regret ni cauchemar, surtout ne lisez pas l'avis de l'Institut National de Santé Publique du Québec : Avis scientifique sur les risques pour la santé de l’exposition au mercure lors du bris d’ampoules fluo-compactes :

« 1. Ne pas utiliser d’aspirateur pour nettoyer les débris. En effet, cela peut contribuer à répandre le mercure à travers la pièce en plus de contaminer l’aspirateur.
2. Aérer la pièce en ouvrant la fenêtre et quitter la pièce pendant 15 minutes avant de procéder au nettoyage.
a. Ne pas utiliser d’aspirateur ou de balai pour nettoyer les débris de l’ampoule fluocompacte sur une surface dure.
b. Ramasser d’abord les morceaux de verre et le socle de l’ampoule cassée (de préférence, porter des gants pour éviter de se blesser avec les morceaux de verre brisés) et les placer dans un contenant hermétique (contenant de verre ou de plastique ou sac de plastique).
c. Utiliser du ruban gommé, du ruban d’emballage ou du ruban-cache pour récupérer les petits morceaux de verre restants et la poudre.
d. Nettoyer la surface contaminée avec un essuie-tout humide.
e. Placer tous les débris, incluant les matériaux ayant servis au nettoyage dans le contenant hermétique.
4. Ouvrir la fenêtre pour aérer la pièce lors de quelques nettoyages subséquents avec l’aspirateur.
5. Sortir les débris à l’extérieur de la maison (particulièrement s’il ne s’agit pas d’un contenant de verre hermétique).
6. Continuer à aérer la pièce pendant plusieurs heures. »

Vous avez dit "principe de précaution" ? Mais alors, pourquoi – vous allez rire – ces ampoules-armes chimiques sont-elles en vente libre ? Comme un vulgaire fusil d'assaut aux USA ?

 

 

« à côté d'une ampoule fluocompacte qui se brise, l'accident de Three Mile Island est une promenade. » (Iegor Gran)

Mais, dira-t-on, un petit geste multiplié des millions de fois, finira par avoir des effets considérables. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Oui, c’est vrai, mathématiquement.

Mais c’est faux ! mathématiquement.

C’est vrai mathématiquement en absolu ; les petits gestes méga-économisent des millions de tonnes de pétrole chaque année…

Mais c’est faux mathématiquement, en relatif ; nous méga-économisons des millions de tonnes – alors que nous giga-consommons des milliards de tonnes. Les petits ruisseaux font les grandes rivières en effet – mais même les plus grandes se noient et disparaissent dans l'immense océan ; ici l'océan de la consommation globale.

Marie-Antoinette jouait à l'écolo dans la ferme du Trianon, ce qui ne changeait rien au sort des moutons en général. Les pays développés peuvent jouer à l'écolo avec quelques petits gestes pour sauver la planète, ce qui ne change rien au sort de la planète en général.

L'effet pervers des petits gestes est de donner bonne conscience : "J'ai déjà donné".

Les petits gestes peuvent même aggraver la situation. Par exemple, nous utilisons des ampoules basse consommation et nous éteignons soigneusement la veille de la télévision. Bravo ! Nous avons ainsi économisé un peu d’énergie à notre modeste petit niveau. C’est bon pour la planète, mais en plus, c’est également bon pour notre budget. Nous avons gagné le beurre et l’argent du beurre !

Sauf… sauf que ces quelques sous d’énergie que nous avons économisés sont donc maintenant disponibles dans notre budget ; qu’en ferons-nous ? Les cacher sous le matelas ? Dans la plupart des cas, les économies ainsi réalisées seront utilisées pour d’autres dépenses. Les économies n'existent pas, ce qui est économisé d'un côté sera dépensé d'un autre côté tôt ou tard. Par exemple, on achètera un nouveau pantalon ; un de plus.

Hélas, un pantalon aussi, comme pratiquement tout ce que nous consommons, c’est AUSSI de l’énergie et donc du CO2 émis.

Un pantalon, c’est d’abord un champ de coton, dans lequel un tracteur a répandu de l’engrais et des pesticides.

Pour faire de l’engrais et des pesticides il faut de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Pour faire avancer le tracteur il faut de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le coton sera récolté, puis transporté. Il faudra encore de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le coton sera filé, puis tissé… il faudra de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le pantalon fabriqué, emballé, sera transporté… il faudra de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le pantalon sera mis en vente, dans un magasin éclairé, chauffé...

Finalement, en France, où l’électricité est principalement nucléaire, avec de faibles émissions de CO2, économiser un peu d’électricité pour investir ensuite dans un pantalon est une vraiment fausse bonne idée ; il peut en résulter plus de CO2 émis sur la planète, en comptant le champ de coton en Asie, la filature Dieu sait où, le cargo sur l’océan, la boutique de pantalon, etc.

Il existe ainsi toute une collection de petits gestes recommandés. "Il faudrait utiliser plus souvent la bicyclette, et non le 4x4" ; "il faudrait utiliser davantage les transports en commun", "il faudrait couper la veille de la télévision", etc. Ce sont des recommandations de bon sens.

Mais ces recommandations de bon sens ne peuvent avoir que peu effet sur la trajectoire du navire-planète, car elles ne s'adressent qu'à une petite fraction de l'humanité, celle qui a la chance d'être du bon côté de la "fracture planétaire" ; ceux qui ont déjà une télévision, un 4X4, un vélo... Inutile, pour ceux qui attendent encore d'avoir l'électricité, de leur recommander de couper la veille d'une télévision qu'ils n'ont pas.

 



[1] D’après : Eco-Emballages – Chiffres-clés – Le tri des emballages ménagers et COMMISSARIAT GÉNÉRAL AU DÉVELOPPEMENT DURABLE, Les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie dans le monde en 2008, Chiffres & statistiques n° 175 Décembre 2010.
[2] Human Development Report 2006, published for the United Nations Development Programme (UNDP)
Beyond scarcity: Power, poverty and the global water crisis Director and lead author, Kevin Watkins

 

 

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- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...

 

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Mise à jour : 27 décembre 2018

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