Une écologie réaliste

Sans dogmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ligne bleue

Les petits gestes pour sauver la planète... ont de petits effets

 

Le petit geste pour sauver la planète, c'est le lexomil vert qui donne bonne conscience en procurant le sentiment du devoir accompli.

Mais il a peu d'effet.

 

Nous sommes sincèrement disposés à faire quelques gestes pour sauver la planète [1].

pays émergents, sans dent

Des gestes... oui mais des petits gestes !

Nous sommes verts, mais nuance vert pâle ; "écolos ma non troppo". Nous sommes disposés à fermer le robinet pendant qu’on se brosse les dents, même si au hit-parade des petits gestes qui ne servent à rien, celui-là est dans le top-ten, presque en pool-position… Parce que ce filet d’eau économisée n’est rien par rapport aux 1 000 litres d’eau nécessaires pour produire un litre de lait, aux 2 700 litres pour un tee-shirt en coton, aux 15 000 litres pour un kilo de bœuf.

En outre, tout le monde ne peut pas se permettre ces petits gestes recommandés – couper la veille de la télévision, fermer le robinet pendant qu’on se brosse les dents, etc. Comment feront-ils pour couper la veille d'une télévision qu'ils n'ont pas, pour fermer le robinet qu'ils n'ont pas, tous ceux qui n’ont pas d'électricité, pas d’eau courante, pas d’eau potable, pas de robinet, pas de brosse pour se laver les dents, et parfois même plus de dents ? Ils sont des milliards, leur problème est d'avoir enfin l'eau courante, l'électricité, la télévision ; et un dentier.

 

Le "petit geste pour sauver la planète"... c'est le Lexomil vert

On recommande quantité de "petits gestes pour sauver la planète". Par exemple débrancher son chargeur de téléphone portable... Ce "petit geste" permettrait d'économiser en une journée l'énergie dépensée par une voiture moyenne... pendant une seconde... Pourquoi tourner un regard inquisiteur vers ce pauvre chargeur de téléphone portable... pourquoi ne pas recommander de rouler en voiture une seconde de moins chaque jour ?

Le petit geste pour sauver la planète, c'est le lexomil vert qui apaise en donnant le sentiment du devoir accompli (mais non remboursé par la sécurité sociale). Il donne bonne conscience en faisant oublier les grands gestes qu'il faudrait vraiment faire. Le conducteur de SUV qui débranche son chargeur de téléphone portable fait son petit geste et a le sentiment d'avoir sauvé la planète comme un vrai Bruce Willis ; et apaisé, le soir il s'endort la conscience en paix. Le lendemain il repartira dans son SUV.

 

Mais, dira-t-on, un petit geste multiplié des millions de fois, finira par avoir des effets considérables. les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Oui, c’est vrai, mathématiquement.

Mais c’est faux ! mathématiquement.

C’est vrai mathématiquement en absolu ; les petits gestes méga-économisent des millions de tonnes de pétrole chaque année…

Mais c’est faux mathématiquement, en relatif ; nous méga-économisons des millions de tonnes – alors que nous giga-consommons des milliards de tonnes. Les petits ruisseaux font les grandes rivières en effet – mais même les plus grandes rivières sont peu de chose face à l'immense océan dans lequel elles disparaissent ; l'océan de notre consommation.

Par exemple, nous trions nos déchets. Bravo ! Ce petit geste permet d’économiser 1,8 million de tonnes de CO2 en une année en France. Des millions de tonnes ! C'est énorme ! ... En réalité, cette "énorme" économie correspond à... moins de trois heures d’émission de CO2 en Chine.

Les poubelles multicolores des pays développés ne sauveront pas la planète.

 

Le tri se nourrit même de nos absurdités.

Par exemple, nous achetons de l'eau en bouteille – généralement sans nécessité puisque nous avons le plus souvent un robinet fournissant une eau potable contrôlée.

Puis nous sommes ensuite très fiers de trier les bouteilles vides, avec le sentiment du devoir accompli...

Trier les bouteilles vides c'est bien. Utiliser l'eau du robinet c'est mieux.

 

Pendant ce temps, de l'autre côté de la terre, des milliards de terriens n'ont pas de robinet, pas d'eau, pas d'eau potable – cause de millions de décès par an, surtout des enfants.

Il faudrait 10 milliards de dollars par an pour mettre fin à cette tragédie, estime l'UNDP.

C'est une somme importante... qui est pourtant bien inférieure à ce que ceux qui ont un robinet avec de l'eau potable, qui ont du pouvoir d'achat, dépensent chaque année en eau embouteillée – sans nécessité.

Trier les bouteilles en plastique, c'est bien.
L'eau potable pour tous, c'est mieux.

Ces commentaires ne signifient pas qu'il est inutile de trier ni de débrancher son chargeur de téléphone. Ils sont un avertissement pour être plus attentifs aux ordres de grandeur, afin de concentrer nos efforts sur des cibles permettant des effets importants. Pas le chargeur de téléphone, mais le SUV.

Ce qui n'empêche pas de débrancher aussi son chargeur, pour la beauté du geste inutile, pour le panache.

Les petits gestes, quels résultats ?

Marie-Antoinette jouait à l'écolo dans la ferme du Trianon, ce qui ne changeait rien au sort des moutons en général. Les pays développés jouent à l'écolo avec quelques petits gestes pour sauver la planète, ce qui ne change rien au sort de la planète en général : les records d'émissions de CO2 chaque jour dépassés rappellent ce que nous refusons de voir, qu'il faut autre chose que des petits gestes pour sauver notre environnement, ils ne suffisent pas, il faudrait accepter, sinon « du sang, de la peine, des larmes et de la sueur », au moins une remise en cause de notre mode de vie.

Dans quelques années, lorsque nous serons durement touchés, on déplorera peut-être alors notre inconséquence d'aujourd'hui, quand nous fermons les yeux, quand nous dormons dans l'illusion que le réchauffement climatique est soluble dans des petits gestes faciles, dans de petites bonnes volontés de de second ordre [2], sans rien changer de notre façon de vivre.

L'illusion des petits gestes...

 

Les petits gestes peuvent même aggraver la situation. Par exemple nous débranchons nos chargeurs de téléphone et nous éteignons soigneusement la veille de la télévision. Bravo ! Nous avons ainsi économisé un peu d’énergie à notre modeste petit niveau. C’est bon pour la planète, mais en plus, c’est également bon pour notre budget. Nous avons gagné le beurre et l’argent du beurre !

Sauf… sauf que ces quelques sous d’énergie que nous avons économisés sont donc maintenant disponibles dans notre budget ; qu’en ferons-nous ? Les cacher sous le matelas ? Dans la plupart des cas, les économies ainsi réalisées seront utilisées pour d’autres dépenses. Les économies n'existent pas, ce qui est économisé d'un côté sera dépensé d'un autre côté tôt ou tard. Par exemple, on achètera une nouvelle robe ou un nouveau pantalon ; un de plus. (Voir Les économies n'existent pas - Le pouvoir d'achat sera dépensé tôt ou tard

Hélas, un pantalon aussi, comme pratiquement tout ce que nous consommons, c’est AUSSI de l’énergie et donc du CO2 émis.

Un pantalon, c’est d’abord un champ de coton, dans lequel un tracteur a répandu de l’engrais et des pesticides.

Pour faire de l’engrais et des pesticides il faut de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Pour faire avancer le tracteur il faut de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le coton sera récolté, puis transporté. Il faudra encore de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le coton sera filé, puis tissé… il faudra de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le pantalon fabriqué, emballé, sera transporté… il faudra de l’énergie, du pétrole, avec émission de CO2...

Le pantalon sera mis en vente, dans un magasin éclairé, chauffé...

Le pantalon sera acheté...

… puis sera jeté au bout de quelque temps, parce qu'il ne plaira plus, ou ne sera plus à la mode.

Finalement, en France, où l’électricité est principalement nucléaire, avec de faibles émissions de CO2, économiser un peu d’électricité pour investir ensuite dans un pantalon est une vraiment fausse bonne idée ; il peut en résulter plus de CO2 émis sur la planète, en comptant le champ de coton en Asie, la filature Dieu sait où, le cargo sur l’océan, la boutique de pantalon, etc.

Les grands gestes pour sauver la planète

Mais il ne faut pas désespérer, il existe aussi des grands gestes pour sauver la planète. Par exemple traverser l'océan avec des énergies renouvelables. Christophe Colomb l'a fait. Greta Thumberg aussi. C'est simple, il suffit qu'un prince de vos amis vous prête son superbe voilier, puis de payer les billets d'avion pour le retour de l'équipage. Et ne pas oublier d'alerter radios et télévisions pour immortaliser l'exploit. Six traversée de l'Atlantique en avion, pour démontrer qu'on peut traverser l'Atlantique sans prendre l'avion (La traversée de Greta Thunberg en voilier émet-elle plus de CO2 que si elle prenait l'avion ? - et autres).

 



[1] En réalité il ne s'agit pas de sauver la planète, qui n'a pas besoin de nous, mais de sauver notre environnement, et surtout celui des générations à venir.
[2]  Le tri des déchets de notre consommation est évidemment de second ordre par rapport à notre consommation. Le gaspillage des emballages est de second ordre par rapport à ce qu'ils emballent. L'achat local de quelques légumes est de second ordre par rapport à notre consommation globale.

 

 

 

 

accueil pour écologie réaliste, urgence alimentaire, urgence énergétique   facebook


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Une écologie réaliste

Par Pierre Yves Morvan-Ameslon

Versions numériques :
Amazon Kindle
Epub

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique


contact



 

Feuilleter quelques autres pages écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm.

 

Le facteur humain

Surpopulation et surconsommation épuisent les ressources
Il y a toujours eu surpopulation.
La population mondiale augmente encore, mais devrait plafonner.
Parce que les hommes ont inventé des mécanismes pour enrayer le lapinisme.

La croissance durable… une grenouille plus grosse que la planète
Une croissance, même durable, c'est laisser à nos enfants une planète sans ressources, mines et puits vides, forêts rasées.
Il faut de la sobriété.
L'éducation, la prise de conscience, sont des illusions.

Il faudrait consommer moins, mais la sobriété n'est pas naturelle.
Il faudrait consommer moins, être sobres.
Mais la sobriété n'est pas naturelle.
L'évolution a fait de nous des éternels insatisfaits, nous désirons à nouveau autre chose dès qu'un désir est satisfait.
Peut-on avoir une société sobre sans décroissance ni chômage?

Économiser, partager, consommer autrement, ne suffit pas !
Les économies n'existent pas !
Que faire du pouvoir d'achat ainsi économisé ?
Il sera dépensé tôt ou tard.

Les petits gestes pour sauver la planète
... Ont de petits effets !

Réchauffement climatique, énergies renouvelables, économies d'énergie...

Peut-on échapper au réchauffement climatique ?
Les émissions de CO2 croissent.
Les gouvernements peuvent-ils changer les choses, ou nous-mêmes ?
Le CO2 demain viendra surtout des pays émergents.

Énergie, réchauffement climatique et croissance
Peut-on réduire le réchauffement climatique, et demander de la croissance, et répondre aux besoins d'énergie et de développement des pays pauvres et émergents?

La voiture électrique est-elle un bon cheval?
La voiture électrique : le CO2 vient de la centrale électrique.
En France, grâce à son électricité nucléaire bas carbone, une voiture électrique moyenne économise du CO2. Pas en Allemagne.
On a raison de soutenir la voiture électrique en France. À condition d'être cohérent en soutenant aussi la production électrique nucléaire.

Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?
Quelle est la priorité ?
Peut-on sortir du nucléaire et en même temps sortir du réchauffement climatique ?
L'échec de la transition énergétique en Allemagne : les émissions de CO2 ne baissent pas.

Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?
Les énergies renouvelables croissent...
... mais moins vite que la demande d'énergie !
C'est pourquoi la consommation d'énergies fossiles augmente encore.

Les énergies renouvelables peuvent-elles fournir un mix électrique 100% renouvelable ?
Avec quelles contraintes pour l'environnement ?
Avec quelles contraintes pour les consommateurs ?

Les énergies renouvelables sont coûteuses,
elles doivent être subventionnées.

Le vent et le soleil sont gratuits...
... mais l'électricité de vent et de soleil doit être subventionnée.

L'énergie de demain
Y a-t-il une vie après le pétrole ?
Oui, il restera encore du charbon.
Et le peu dont sont capables les énergies renouvelables.

Dangers des énergies, renouvelables, nucléaire, charbon...
Le nucléaire est dangereux... à peu près autant que les énergies renouvelables, accidents nucléaires inclus.
... et moins dangereux que le feu de bois !

Les déchets nucléaires ? ... Le vrai problème c'est le déchet CO2
Les pires déchets ne sont pas les déchets nucléaires, ce sont les milliards de tonnes de CO2 relâchées dans l'atmosphère, cause du réchauffement climatique.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir ? ?
L'agriculture bio, de faible rendement, nécessite beaucoup de terre.
Mais la terre manque.
L'agriculture bio pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?
  Oui.
L'agriculture bio peut-elle nourrir toute l'humanité sans conditions et sans déforestation ?
  Non.

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles.
La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

L'agriculture biologique utilise des pesticides
Le pyrèthre, pesticide bio, est dangereux pour les utilisateurs, pour la faune aquatique, pour la faune terrestre, pour les abeilles...
... Qui dit pire ?

Les pesticides sont dangereux, mais présentent peu de risques.
Ils présentent moins de risque que la sédentarité.
Ils sont nécessaires pour nourrir le monde.
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graines et de peu de viande. Mais ces hommes-là n'existent pas.
Il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels-qu'ils-sont

Agriculture bio et biocarburants
Choisir plus de bio, plus de biocarburants,
qui consomment plus de terre,
c'est choisir moins d'espaces verts, moins de forêts, et plus de difficultés pour nourrir toute l'humanité.

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le mythe du "bon" vieux temps
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 
C'était le temps des disettes, famines, de la mort infantile, d'une espérance de vie courte.

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Avons-nous perdu au change ?

La nature et les hommes
Le mythe du bon sauvage respectueux de la nature.

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les ravageurs des cultures ; l'homme invente les pesticides.



 

comments powered by Disqus

 

Mise à jour : 19 novembre 2020