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Pesticides, contraception, OGM riz doré... les hommes font mieux que la nature

 

La nature n'est pas une sainte-nitouche

Docteur Jekill et mister Hyde

La nature est généreuse – parfois.
Mais elle est aussi désastres et catastrophes – parfois.
Elle est docteur Jekyll, et en même temps mister Hyde. Elle est amie quand elle est corne d'abondance et sacre du printemps. Mais elle est aussi récoltes ravagées, famines et maladies, tempêtes et ouragans, et le général hiver.

Il est naturel de respecter nature-Jekyll, mais naturel aussi de se défendre des caprices de nature-Hyde. Pourtant, il existe des chapelles qui ne voient dans la nature que le bon docteur Jekill et vouent un culte animiste aux arbres et aux rochers, aux épines et aux chardons. Le mantra du culte est "Vivre selon la nature", "Suivre l'exemple de la nature", "Respecter la nature", etc.

Mais jusqu'où respecter la nature ?

Faut-il abandonner les moissons à l'appétit des ravageurs ? "Après vous, je vous en prie, servez-vous le premier..."

 

L'homme n'est pas un saint

[   ...   ]

 

C'est ainsi que l’histoire de l’humanité et de ses relations avec la nature peut être racontée selon deux versions totalement opposées.

Les uns voient l'histoire d'une nature généreuse, autrefois enchantée mais maintenant dégradée par la cupidité des hommes, où il ne reste que les décombres d’un ancien paradis terrestre. Ceux-là seront évidemment tentés de se tourner vers le passé, de s’accrocher en soupirant aux quelques vestiges encore debout du paradis perdu, de rejeter toutes les inventions des hommes, toute nouvelle évolution, qui ne pourrait qu’entraîner de nouvelles déchéances.

Les autres racontent au contraire l’histoire des efforts et des réussites des hommes pour acquérir les techniques nécessaires pour se protéger des rigueurs d’une nature adverse, défectueuse, dangereuse ; se protéger du froid, des maladies, de la famine… Ils n’hésiteront pas alors à continuer le chantier, pour corriger les imperfections de la nature, l’embellir même, et améliorer le sort des hommes. Ceux-là se tourneront naturellement vers l’avenir, vers le monde de demain qu’il faut édifier jour après jour.

Le bon temps est-il enseveli à jamais sous les décombres du paradis perdu, ou est-il devant-nous, encore à construire ?

Pesticides, contraception, riz doré... les hommes font mieux que la nature

Les questions précédentes sur la nature, la place de l'homme dans la nature, peuvent paraître abstraites, métaphysiques, loin de la vie quotidienne ; et pourtant, ce sont les réponses que chacun leur donne qui déterminent en grande part le refus ou l'acceptation de chacun face aux techniques des hommes. Pourquoi en effet aurions-nous besoin de techniques ? S'il y a besoin de technique, cela signifie que nous ne vivons pas dans une nature parfaite, sans tsunami, sans famines, sans épidémies, etc., cela signifie que nous vivons au contraire dans un monde où la nature est insuffisante et imparfaite, c'est pourquoi nous devons inventer des artifices pour adoucir notre sort : des pesticides contre les famines, des digues contre les tsunamis, des vaccins contre les épidémies.

« Louer [les techniques des hommes] et d'autres similaires, c'est admettre qu'il faut soumettre les voies de la nature et non pas leur obéir ; c'est reconnaître que les puissances de la nature sont souvent en position d'ennemi face à l'homme, qui doit user de force et d'ingéniosité afin de lui arracher pour son propre usage le peu dont il est capable, et c'est avouer que l'homme mérite d'être applaudi quand ce peu qu'il obtient dépasse ce qu'on pouvait espérer de sa faiblesse physique comparée à ces forces gigantesques. Tout éloge de la civilisation, de l'art ou de l'invention revient à critiquer la nature, à admettre qu'elle comporte des imperfections, et que la tâche et le mérite de l'homme sont de chercher en permanence à les corriger ou les atténuer. » (Sur La Nature, John Stuart Mill (1806-1876))

La nature « comporte des imperfections » ? L'interrogation seule est un blasphème pour ceux qui prétendent "vivre selon la nature". Le fondement de leur credo est le mythe de la nature parfaite qu'il faut protéger des techniques et des artifices des hommes... et des femmes aussi. Ce credo conduit à des choix barbares et cruels, dont voici quelques exemples.

Pesticides ou famine ?

Clément d’Alexandrie, Père de l'Église, fulminait :

« la coquetterie est une insulte au créateur puisqu’elle vise à améliorer ce que Dieu a fait » [1-1]. (vers l'an 200)

On retrouve cette même fulmination sous cette autre forme :

"Les pesticides chimiques sont une insulte à la nature puisqu’ils visent à améliorer ce que la Nature fait".

 

(... Ce que fait la nature sans pesticide, c'est la famine.)

Contraception ou famine ?

Vers l'an 200, Tertullien de Carthage, autre Père de l'Église, déplorait – déjà ! – la surpopulation : « Nous sommes un fardeau pour le monde [...] la nature va nous manquer. » Toutefois, Tertullien notait que la nature, prévoyante, avait créé des "remèdes", 100 % naturels, pour contenir l'excès de population :

« Il est bien vrai que les pestes, les famines, les guerres, les gouffres qui ensevelissent les cités, doivent être regardés comme un remède, espèce de tonte pour les accroissements du genre humain [1-2]. »

Depuis ce temps on a inventé bien mieux que les famines pour "contenir les accroissements du genre humain". La méthode moderne ce n'est plus la famine, c'est la contraception. Mais, patatrac !, la contraception est technique des hommes, née de la chimie, elle ne serait pas naturelle, pas aussi "naturelle" qu’une épidémie, un tremblement de terre, une famine... et donc des chapelles refusent cette contraception non naturelle.

Le riz doré - OGM pour guérir

Des populations pauvres, en Asie, en Afrique, en Amérique latine, qui consomment surtout du riz, manquent de vitamine A, avec des conséquences catastrophiques :

« On estime qu'à travers le monde, de 500 000 à 1 million d'enfants [sont atteints]. Parmi eux, près de la moitié deviendra aveugle ou aura une vue très médiocre et une grande proportion mourra. » (FAO)

Il existe aujourd'hui au moins une solution : le "riz doré", plus riche en vitamine A, permettrait de réduire et peut-être éliminer cette carence. Une solution pour éviter la mort de centaines de milliers d'enfants, quelle merveilleuse nouvelle ! Mais, patatrac !, le riz doré est lui aussi œuvre des hommes, c'est un OGM, il ne serait pas naturel, pas aussi naturel qu'un enfant qui meurt par manque de vitamine A... et donc des chapelles, Greenpeace par exemple, combattent le riz doré [2].

Selon les chapelles telles que Greenpeace, les OGM, œuvres des hommes, non naturels, doivent être exterminés.

En effet, en août 2013, des faucheurs volontaires ont exterminé un essai de riz doré aux Philippines.

Ces quelques exemples montrent que dans la contestation des nouvelles techniques il ne s'agit pas de dénoncer on ne sait quels dangers jamais observés, surtout pas de se soucier d'améliorer les conditions de vie des hommes, des femmes, des enfants. Il s'agit de défendre une foi ; la foi la bonne nature-Jeykill en se masquant les insuffisances de nature-Hyde.

 



[1-1] Les "Créatures" étant ce qu'elles sont n'ont rien abandonné de leur coquetterie ! Sephora, L'Oreal, etc., ont peu à craindre de la contre-publicité de Clément.
[1-2] Dans un esprit différent, le commandant Jacques-Yves Cousteau a fait une remarque similaire : « Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. A travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. » (Courrier de l'Unesco de novembre 1991)
[2] En 2016, plus de 100 prix Nobel ont signé une lettre "À l’attention des dirigeants de Greenpeace, des Nations Unies et des Gouvernements à travers le monde". Extraits :
« NOUS APPELONS GREENPEACE à cesser sa campagne contre le riz doré en particulier et contre les cultures et les aliments améliorés grâce aux biotechnologies en général. […]
Greenpeace a été le fer de lance de l’opposition contre le riz doré, qui a le potentiel de réduire ou d’éliminer la plupart des décès et maladies causés par une carence en vitamine A (CVA), dont l’impact est le plus fort sur les populations les plus pauvres en Afrique et en Asie du Sud-Est.
Combien de pauvres gens dans le monde doivent mourir avant que nous considérions cela comme un crime contre l’humanité ? »

 

 

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- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...

 

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Mise à jour : 13 novembre 2018

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