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Réchauffement climatique et économies d'énergie

 

 

"Il suffirait" que les hommes soient raisonnables, économes, non gaspilleurs...

Mais est-il raisonnable d'espérer que les hommes deviennent raisonnables ? Ils ne le furent jamais !

"Il suffirait" de faire des économies, il faut é-co-no-mi-ser !

Économiser ? Le mot "économiser" est trompeur, économiser ce n'est que différer une dépense, mais elle se fera plus tard.

Les économies n'existent pas.

Quant aux pays qui émergent de la pauvreté il serait indécent de leur demander d'économiser.

 

Plus de pouvoir d'achat, avec ou sans économies c'est tôt ou tard plus de produits achetés, c'est globalement plus de CO2 émis car il y a du CO2 dans tous les produits, c'est finalement plus de réchauffement climatique.

Le pouvoir d'achat est le moteur du réchauffement climatique.

Mais les hommes-tels-qu'ils-sont, qui ne sont ni raisonnables ni économes, demandent toujours plus de croissance et de pouvoir d'achat.

 

 

La lutte contre le réchauffement climatique n'est pas seulement le problème technique du développement des énergies bas carbone, énergies renouvelables ou nucléaire, du développement des transports en commun, etc.

Le réchauffement climatique, c'est aussi une affaire d'hommes, de leur bonne volonté. Combien de discours enthousiastes sur le thème : "il suffirait" que les hommes deviennent raisonnables, économes, non gaspilleurs... et la terre pourrait ainsi faire vivre durablement et décemment neuf milliards de cyclistes économes mangeant surtout des graines.

Peut-être... Mais, est-il raisonnable d'espérer que les hommes deviennent raisonnables ? Ils ne le furent jamais ! On espère quantité de choses merveilleuses comme le Prince Charmant, la vie après la mort (c'est selon l'âge de qui espère...) ; mais dans le monde réel espérer ne suffit pas, il faut résoudre les problèmes "ici et maintenant" avec ce que nous avons sous la main, les homo-tels-que-nous-sommes, ni raisonnables ni économes, lents et lourds au changement, accrochés à nos habitudes, pleins de bonne volonté éventuellement mais avec si peu de volonté. L'homo-ecologicus-nogaspillus n'existe pas. Les optimistes diront qu'il n'existe pas encore. Mais existera-t-il avant que nous soyons carbonisés ?

En outre, dans le monde réel les situations sont diverses. La mère des illusions dans les pays développés est d'ignorer que la majorité des Terriens vivent dans des pays qui émergent de la pauvreté : on ne peut pas leur demander les mêmes efforts qu'aux privilégiés des pays développés ; on ne peut pas leur demander, à eux qui sont déjà des professionnels de la sobriété, de devenir plus sobres que sobres.

Économiser est un sport de riche - La fracture planétaire

Nous consommons trop d’énergie fossile ? Nous rejetons trop de CO2 ? Alors la solution est toute trouvée… "Il suffit" de faire des économies, é-co-no-mi-ser !

S'il existait un logiciel de détection automatique des idées fausses, une sorte de sérum de vérité 2.0, nous saurions tout de suite que "nous consommons trop", est une idée fausse. Ce qui est vrai, c'est que les pays développés consomment trop ; mais qui aurait le mauvais goût d'accuser les milliards de démunis des pays pauvres ou émergents de trop consommer ? Il y a encore 1,3 milliard de personnes qui attendent que la fée électricité illumine enfin leur logis. Vingt fois la population française.

C'est-à-dire que les économies d'énergie et de consommation sont un privilège rare, réservé aux happy few, les passagers qui ont trouvé dans leur berceau un billet de première classe pour voyager sur le navire-planète. Les billets de première classe sont rares, moins de deux milliards, essentiellement dans les pays développés [1]. Une fracture planétaire les sépare ces passagers privilégiés des cinq milliards de passagers de troisième classe qui voyagent dans les ponts inférieurs, qui émergent de la pauvreté et n'ont encore rien à économiser. Ils consomment encore peu chacun, mais chaque jour un peu plus.

Économiser est un sport de riches.

Mais alors, comment économiser l'énergie globalement sur la planète ? Il y aurait bien une solution... Il "suffirait" que chaque passager de première classe qui consomme trop, accepte de réduire son pouvoir d'achat, dans la joie et la bonne humeur, pour compenser la sortie de la pauvreté des passagers de troisième classe.

Faut pas rêver. Les passagers de première classe sont-ils disposés à faire, de bonne grâce, un geste pour aider les passagers de troisième classe ? La façon dont sont accueillis ceux qui réussissent à traverser la Méditerranée permet d'en douter. La fameuse grille qui séparait les premières et troisièmes classes sur le Titanic existe encore ; maintenant c'est la Méditerranée tout entière. Les passagers de première classe, qui sont du bon côté de la grille, n'ont aucune intention de sacrifier quoi que ce soit de leur niveau de vie, de leur standing et de leurs privilèges pour qui que ce soit. Au contraire ! De quoi rêvent-ils, que réclament-ils à leurs gouvernements ? Ils ne réclament pas une baisse de pouvoir d'achat, mais le contraire, ils réclament de la croissance ! D'ailleurs, les économes, ils les traitent de radins, ils s'en moquent. Voyez Harpagon, champion de la spécialité, des siècles après ils en rigolent encore ! Un arrière descendant d'Harpagon émigré aux États-Unis, l'oncle Picsou, fait beaucoup rire lui aussi, surtout les maîtres-nageurs.

Les économies n'existent pas

Économiser, ce n'est que différer une dépense.
les économies n'existent pas !

En supposant même que les passagers de première classe fassent des économies, que se passerait-il ? Rien ! Parce que même lorsque l'on fait des économies... on ne fait pas d'économies ! Que faisons-nous lorsque nous avons économisé quelques sous ? Quelques-uns peut-être, suivant l’exemple d’Harpagon et de sa chère cassette, iront les enterrer dans le jardin. Mais tout le monde n’a pas de jardin. Dans la plupart des cas les quelques sous économisés petit a petit seront utilisés plus tard pour une grosse dépense. Économiser, ce n'est que différer un pouvoir d'achat.

Les économies n'existent pas !

Le pouvoir d'achat est le moteur du réchauffement climatique

À quoi sert d'aller au travail à vélo si les économies de carburant ainsi réalisées sont utilisées pour s'offrir un voyage en voiture pendant le Week-end ? (À part que le vélo, c'est bon pour la santé.) Qu'importe la vertu écologique de quelques jeunes sportifs quand elle est effacée en un seul petit week-end ? Ce qui importe pour la planète c'est le pouvoir d'achat, qu'il soit dépensé immédiatement, ou différé à la force du mollet ou d'une quelconque autre façon en vue de dépenses futures.

 

La sobriété ne fait pas l'écologiste !

Les écologistes vraiment pratiquants, ce sont les pauvres, ceux qui ont peu de pouvoir d'achat.

Ceux qui ne peuvent même pas faire d'économies !

Ils sont sobres par nécessité.

La sobriété sans nécessité, seulement en faisant des "économies", est une illusion. Imaginons une personne à gros revenu qui déciderait de vivre frugalement dans une petite chambre sous les toits sans ascenseur (genre Harpagon). Si cette personne est mariée, avec des enfants... comment fera-t-elle partager sa sobriété à sa famille ? Récriminations et divorce en vue ! (comme ce fut le cas d'Harpagon avec ses enfants.) Et, que ferait cette personne de tous ses revenus non dépensés ? Que ce soit par dons ou héritage, ils seraient quand même dépensés tôt ou tard, par d'autres. Un pouvoir d'achat est toujours dépensé, tôt ou tard, d'une façon ou d'une autre. Or il y a du CO2 dans tout achat, ou presque.

Le pouvoir d'achat est le moteur du réchauffement climatique.

 

Un exemple remarquable, parmi d'autres : selon l'étude de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), "Le Futur du refroidissement" (mai 2018), l'augmentation du niveau de vie dans les pays du Sud et notamment en Chine, en Inde, en Indonésie, se traduit par une augmentation de demande de climatiseurs, la consommation d'électricité supplémentaire correspondante d'ici 2050 pouvant être égale à la production électrique actuelle des États-Unis et de l'Allemagne réunies. En quantité de CO2 supplémentaire rejeté dans l'atmosphère, c'est comme ajouter une Afrique actuelle au monde. « Le monde va subir une crise du froid », (Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie).

"Avez-vous de l'énergie à déclarer ?"

Il y a du CO2 dans tous les produits.

Nous savons qu'il est important d'économiser l'énergie ; économiser le charbon, le pétrole, l'électricité, etc. Mais nous sommes peu conscients qu’il y a de l'énergie aussi dans presque tous les produits. Il y a de l'énergie sournoise, tapie partout, dans le béton, l’acier, le verre, le coton, un pot de yaourt, etc., même dans un recueil de poésies. La moitié seulement de l’énergie consommée en France est de l’énergie honnêtement déclarée et comptabilisée en tant que telle : le chauffage des appartements, l'éclairage, les transports… L'autre moitié est de l'énergie clandestine, enfouie dans tout ce que nous consommons ; "Avez-vous de l'énergie à déclarer ?" L'énergie clandestine est celle qui est brûlée dans l’exploitation des mines, la transformation des matières premières, la fabrication, le transport, le conditionnement des produits, etc. Il y a des kg d’équivalent carbone dans chaque kg de produit manufacturé ; il y a du charbon dans mon pantalon – 7 kg de CO2 émis pour fabriquer et distribuer mon pantalon. Mon PC super léger pèse 350 kg ! 350 kg de CO2. Il y a aussi du pétrole dans mon bifteck : 2 à 3 kg d'équivalent pétrole dans un kilo de bœuf. Un Européen moyen, pèse environ deux tonnes ; deux tonnes de CO2 par an, seulement pour sa nourriture.

Nous mangeons du pétrole [2] !

"Économiser l'énergie", ce n'est pas seulement consommer moins d’énergie visible et déclarée, de l’essence, du fioul, du charbon, c'est aussi consommer moins de tout ; moins de kilomètres en voiture ou en avion évidemment, mais aussi moins de bibelots et de pantalons…

Quant aux économies d'énergie en isolant mieux les appartements, en augmentant le rendement des moteurs, on a déjà vu que ces économies sont en partie mangées par l'effet rebond.

 



[1] On objectera que la pauvreté existe aussi dans les pays développés. C'est vrai, mais cette pauvreté d'ici est un mirage désirable qui attire des pauvres d'ailleurs. Un travailleur en France ne gagnant que le SMIC est 10 fois moins pauvre, ou 10 fois plus riche, qu'un habitant de République centrafricaine où le revenu national brut par habitant en 2013 était de moins de 2$ par jour. Sans compter les amortisseurs sociaux. C'est pour cela que tant de pauvres d'ailleurs prennent le risque de traverser la Méditerranée au péril de leur vie.
[2] Aux États-Unis, il faut dépenser dix calories de carburant fossile pour produire une calorie de nourriture.

 

 

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- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...

 

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Mise à jour : 27 décembre 2018

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