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Réchauffement climatique et économies d'énergie

 

 

La fracture planétaire - Économiser est un sport de riche

Nous consommons trop d’énergie fossile ? Nous rejetons trop de CO2 ? Alors la solution est toute trouvée… "Il suffit" de faire des économies, é-co-no-mi-ser !

En réalité, s'il existait un logiciel de détection automatique des idées fausses, une sorte de sérum de vérité 2.0, nous saurions tout de suite que "nous consommons trop", est une idée fausse. Ce qui est vrai, c'est que les pays développés consomment trop ; mais qui aurait le mauvais goût d'accuser les milliards de démunis des pays pauvres ou émergents de trop consommer ? Il y a encore 1,3 milliard de personnes qui attendent que la fée électricité illumine enfin leur logis. Vingt fois la population française.

C'est-à-dire que les économies d'énergie et de consommation sont un privilège rare, réservé aux happy few, les passagers de première classe du navire planète qui ont la chance de pouvoir déjà satisfaire leurs besoins essentiels. Ils sont peu nombreux, ceux qui ont un billet pour les ponts supérieurs, moins de deux milliards, essentiellement dans les pays développés [1]. Les économies d'énergie sont un sport de riches.

Une fracture planétaire sépare ces deux mondes, les passagers de première classe et les cinq milliards de passagers de troisième classe qui voyagent dans les ponts inférieurs. La grille qui séparait les premières et troisièmes classes sur le Titanic existe encore ; elle ne sépare plus les classes d'un même pays, elle sépare maintenant des classes de pays. Pour les pays de troisième classe la fameuse société de consommation n'est encore qu'un mirage, ils n'ont rien à économiser et rêvent au contraire de consommer.

C'est ainsi qu'est délimité le cadre global de la réduction des émissions de CO2 :

- Les pays développés consomment trop.

- Les pays émergents... émergent, ils consomment encore peu, mais de plus en plus.

La solution saute aux yeux : il "suffirait" que ceux qui consomment trop réduisent leur consommation, dans la joie et la bonne humeur, pour permettre à ceux qui doivent se développer de consommer plus. Une histoire de vases communicants :

Il "suffirait" que chaque passager de première classe économise "deux à trois", dans la joie et la bonne humeur, pour permettre à cinq passagers de troisième classe de consommer chacun "un" en plus.

On comprend bien que cela implique, une baisse du niveau de vie des pays développés. Est-ce réaliste ? Les passagers de première classe sont-ils disposés à faire un geste pour aider les passagers de troisième classe ? L'histoire du Titanic permet d'en douter. Aujourd'hui encore, les passagers de première classe – c'est nous – n'ont aucune intention de sacrifier quoi que ce soit de leur standing et de leurs privilèges pour qui que ce soit, au contraire ; de quoi rêvent-ils, que réclament-ils à leurs gouvernements ? Ils ne réclament pas des économies, mais le contraire, ils réclament de la croissance ! D'ailleurs, les économes, ils les traitent de radins, ils s'en moquent. Voyez Harpagon, champion de la spécialité, des siècles après ils en rigolent encore ! Un arrière descendant d'Harpagon émigré aux États-Unis, l'oncle Picsou, fait beaucoup rire lui aussi, surtout les maîtres-nageurs.

Les économies n'existent pas

Économiser, ce n'est que différer une dépense.
les économies n'existent pas !

En supposant même que les passagers de première classe fassent des économies, que se passerait-il ? Rien ! Parce que même lorsque l'on fait des économies... on ne fait pas d'économies ! Que faisons-nous lorsque nous avons économisé quelques sous ? Quelques-uns peut-être, suivant l’exemple d’Harpagon et de sa chère cassette, iront les enterrer dans le jardin. Mais tout le monde n’a pas de jardin. On peut raisonnablement estimer que dans la plupart des cas, les économies seront utilisées, plus tard. Économiser, ce n'est que différer une dépense, ou la déporter, plus tard, sur une autre dépense.

Les économies n'existent pas !

À quoi sert d'aller au travail à vélo si les économies de carburant ainsi réalisées sont utilisées pour s'offrir un voyage en voiture pendant le Week-end ? À part que le vélo, c'est bon pour la santé.

Ce n'est pas la vertu sportive et/ou écologique des consommateurs qui importe pour la planète, mais leur pouvoir d'achat ; au-delà de la satisfaction des besoins essentiels, le pouvoir d'achat est un pouvoir de nuisance pour la nature. Les écologistes vraiment pratiquants, ce sont les pauvres, les petits revenus, les petits dépensiers. Ils sont sobres par nécessité.

La sobriété sans nécessité est-elle même possible ? Imaginons une personne à gros revenu qui déciderait de vivre frugalement dans une petite chambre sous les toits sans ascenseur. Outre la bizarrerie de la situation, que ferait cette personne de tous ses revenus non dépensés ? Elle pourrait en faire des dons par exemple... qui seraient ainsi dépensés quand même, par d'autres. Les économies n'existent vraiment pas ! Et si cette personne est mariée, avec des enfants... comment fera-t-elle partager sa sobriété à sa famille ? Récriminations et divorce en vue !

"Avez-vous de l'énergie à déclarer ?"

Pour qui tiendrait quand même à faire des économies (en attendant de les dépenser d'une façon ou d'une autre), il reste à choisir ce qu'il faudrait économiser. Nous savons qu'il est important d'économiser l'énergie ; économiser le charbon, le pétrole, l'électricité, etc. Mais nous sommes peu conscients qu’il y a de l'énergie aussi dans la plupart des produits que nous consommons. Il y a de l'énergie sournoise, tapie partout, dans le béton, l’acier, le verre, le coton, un pot de yaourt, etc. Même dans un recueil de poésies il y a l'énergie concrète de sa matière et de sa fabrication. La moitié seulement de l’énergie consommée en France est de l’énergie honnêtement déclarée et comptabilisée en tant que telle : le chauffage des appartements, l'éclairage, les transports… L'autre moitié est de l'énergie clandestine, enfouie dans tout ce que nous consommons ; "Avez-vous de l'énergie à déclarer ?" L'énergie clandestine est celle qui est brûlée dans l’exploitation des mines, la transformation des matières premières, la fabrication, le transport, le conditionnement des produits, etc. Il y a des kg d’équivalent carbone dans chaque kg de produit manufacturé ; il y a du charbon dans mon pantalon – 7 kg de CO2 émis pour fabriquer et distribuer mon pantalon. Mon PC super léger pèse 350 kg ! 350 kg de CO2. Il y a aussi du pétrole dans mon bifteck : 2 à 3 kg d'équivalent pétrole dans un kilo de bœuf. Un Européen moyen, pèse environ deux tonnes ; deux tonnes de CO2 par an, seulement pour sa nourriture.

Nous mangeons du pétrole [2] !

Il faut donc prendre conscience que pour "économiser l'énergie", il ne suffit pas de consommer moins d’énergie visible et déclarée, de l’essence, du fioul, du charbon, il faut aussi consommer moins de tout ; moins de kilomètres en voiture ou en avion évidemment, mais aussi moins de bibelots et de pantalons…

 



[1] On objectera que la pauvreté existe aussi dans les pays développés. C'est vrai, mais cette pauvreté d'ici est un mirage désirable qui attire des pauvres d'ailleurs. Un travailleur en France ne gagnant que le SMIC est 10 fois moins pauvre, ou 10 fois plus riche, qu'un habitant de République centrafricaine où le revenu national brut par habitant en 2013 était de moins de 2$ par jour. Sans compter les amortisseurs sociaux. C'est pour cela que tant de pauvres d'ailleurs prennent le risque de traverser la Méditerranée au péril de leur vie.
[2] Aux États-Unis, il faut dépenser dix calories de carburant fossile pour produire une calorie de nourriture.

 

 

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L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.


Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie et environnement - Mythes et réalité

 

écologie, environnement, mythes et réalité

Le livre est disponible en version numérique :

- Format Kindle : Écologie et environnement - Mythes et réalité

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Les fichiers numériques peuvent être lus sur PC, iPhone, iPad... via des applications Amazon ou Google télécheargeables gratuitement.
Ils peuvent également être lu sur des liseuses de livres électroniques (ebooks).
Le livre "Transition énergétique et changement climatique" (format Kindle seulement), est un sous-ensemble du livre complet, "Écologie, environnement... Mythes et réalité".


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Présentation rapide

Nous sommes maintenant conscients, presque tous, de l'urgence écologique, convaincus qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, l'ennemi public No1. Mais nous n'avons pas encore tous pris conscience qu'il est nécessaire de lutter par tous les moyens.

La combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée. Autrefois il n'y avait que quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi produire plus de baies et plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents... Un énorme défi ! qui nécessite précaution, respect de l'environnement, mais aussi réalisme, sans frilosité passéiste ; nous ne pouvons nous permettre le luxe de rejeter des techniques seulement par dogme – pesticides et engrais de synthèse, OGM, énergie nucléaire, etc. Le danger est dans le climat anti-science et les peurs irrationnelles, il est de se recroqueviller et se réfugier dans l'impasse de la recherche d'un mythique bon vieux temps perdu. "C'était mieux avant". Le mythique bon vieux temps était celui des disettes et des famines ; le vrai bon vieux temps, c'est aujourd'hui.

L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.



 

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Mise à jour : 20 juin 2017

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