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Le mythe du "bon" vieux temps - C'était vraiment mieux avant ?

 

 

La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose

Tout va mal !

Les médias le répètent en boucle, l’air que nous respirons est pollué, l’eau que nous buvons malsaine, notre nourriture empoisonnée, la planète est en ruine… "C'était mieux avant !", il faut vite revenir au bon vieux temps, lorsque la planète bleue était encore verte.
Nous nous laissons influencer par cette profusion de discours angoissants, jusqu'à ne plus voir la réalité qui est en toute évidence sous nos yeux.

Nous ne voyons plus les villes et villages proprets et bien soignés, les massifs fleuris, les petits jardins ; les passants sont convenablement habillés, en bonne santé ; des jeunes, des moins jeunes. Beaucoup de "seniors" – c’est normal, puisque aujourd’hui, en France, on vit en moyenne quatre-vingts ans ; en dépit de l’eau malsaine et de la nourriture empoisonnée.

Autour du village, les champs colorés de cultures variées s'entrecroisent en un vaste tableau bariolé.

L'évidence est que la campagne aujourd'hui est belle, que les rues sont belles. Qui troquerait une rue d'aujourd'hui contre une rue du "bon" vieux temps (ici de Beauvais) ?

« Les rues qu’on n’éclaira qu’en 1765, valaient encore moins que les maisons. Rarement pavées, boueuses, étroites, encombrées par les auvents, les étals et les bornes, elles offraient, comme en bien d’autres villes, le spectacle d’une malpropreté qui, à distance, nous paraît répugnante. On n’en donnera que cette preuve : l’inlassable répétition, d’année en année des mêmes ordonnances de police par le bailli de l’évêché-comté-pairie, chargé de toutes les questions de voirie. Les bouchers jetaient régulièrement à la rue les "entrailles et boyaus" des bêtes abattues ; rôtisseurs, pâtissiers et poissonniers les imitaient. Des volailles et des porcs erraient, cherchant leur nourriture dans les tas de fumier que chacun entretenait devant sa porte dans l’espoir d’engraisser un jardin. Trop souvent, le bailli interdit aux Beauvaisiens de "faire leurs ordures dans les rues", d’y "jeter tant de nuit que de jour ordures et immondices, urine et excréments". Un règlement de 1665 enjoignait aux propriétaires de construire des lieux d’aisances, mais permettait à ceux qui ne disposaient pas d’un "espace suffisant" de se procurer un "vaisseau" et d’aller, "chaque semaine", le "vuider en la rivière" [2]. »

Quant aux passants dans cette rue répugnante du "bon" vieux temps, nous rêvons qu’ils étaient de beaux et vigoureux gaillards, solides, fortifiés par une vie saine au grand air, par une alimentation naturelle qu’aucun pesticide encore n’avait contaminée. Hélas…

« L’ignorance quasi totale d’hygiène personnelle et collective faisait que l’eau et la nourriture étaient sources constantes de contamination…
Ces conditions sanitaires primitives déclenchaient continuellement des infections bactériennes gastriques, dont la plus redoutable était la dysenterie, qui emportait de nombreuses vies sans distinction de sexe ni d’âge, en l’espace de quelques heures ou de quelques jours. Provoquées par un régime alimentaire déséquilibré chez les riches et par la consommation de nourriture avariée ou insuffisante chez les pauvres, les problèmes gastriques de tous ordres étaient chroniques. La fréquence de vers intestinaux… était une maladie lente et répugnante qui minait la population et la maintenait en mauvaise santé…
On oublie que peu d’adultes étaient à la fois en bonne santé et séduisants, sans parler de l’odeur ni de la saleté qui étaient tout à fait courantes… Hommes et femmes ont souvent dû avoir des haleines fétides à cause des dents gâtées, de maux d’estomac constants dont on trouve mention dans de nombreuses archives, tandis qu’ulcères purulents, eczéma, croûtes, plaies suppurantes et autres maladies de peau étaient monnaie courante et duraient souvent des années [3]. »

Disettes et famines

La nourriture du bon vieux temps ? On mangeait d’abord la soupe ; et ensuite… ensuite rien ! La viande ? presque jamais. De la bonne soupe ? même pas. De la soupe en abondance ? même pas. La disette et la famine étaient toujours là en embuscade, profitant du moindre épisode trop pluvieux, trop sec, trop froid, trop chaud…

« Si la malnutrition est endémique dans les couches modestes de la population, et surtout de la population rurale, on ne signale que trois disettes graves entre la famine de 749-750 et celle de 840. » (Charlemagne, Jean Favier – Fayard.)

« La France, pays privilégié s'il en fut, aura connu dix famines générales au Xe siècle, vingt-six au XIe, deux au XIIe, quatre au XIVe, sept au XVe, treize au XVIe, onze au XVIIe. » (Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme)

C'était le bon vieux temps... des disettes et des famines. Les témoignages de ces carences se retrouvent partout. La hauteur des portes d’alors, qui nous oblige aujourd’hui à nous baisser, trahit la petite taille de nos grands-pères [3-1] ; dans la chorale d’enfants que dirigeait Bach, les garçons restaient jusqu’à quinze ou seize ans, signe d’une puberté bien plus tardive qu’aujourd’hui – entre autres pour des raisons de malnutrition…

Le pain qu'on trempait dans la soupe du bon vieux temps, ce n’était pas notre bon "pain à l'ancienne" (qui n’a rien d’ancien, on crée de nouvelles variétés de blé pour le fabriquer). Il était fait alors d’un mélange de seigle essentiellement, de froment, d’orge, qu'on ne cuisait que toutes les deux à trois semaines – d'où l'idée géniale de le tremper dans la soupe pour le ramollir.

Allez, vous prendrez bien un dernier petit quignon rassis pour la route ?

Embonpoint ou obésité ?

Une poule au pot le dimanche ? … Ce n'était qu'une promesse. Mais en des temps plus reculés encore, six siècles avant Jésus-Christ, un luxe aussi extravagant qu’une poule au pot ne pouvait même pas être promis, il ne pouvait même pas être imaginé ; dans la Grèce de Solon, il était autorisé de faire bombance les jours de fête en mangeant du pain de froment – sans poule au pot ; les autres jours, il fallait se contenter de la maza, la galette d’orge – sans poule au pot. Un régime très sain, aucun risque d’obésité. Le mot même d'obésité n’existait pas, il n'y avait alors que de l'embonpoint – ne pas confondre ! Quelques rares privilégiés seulement avaient cette chance extraordinaire d'être en bon point – une condition enviable et admirable.

« Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire. » (La Fontaine Le Loup et le Chien)

Hibernatus, le retour !

Si l’on remonte plus loin dans le passé, vers des temps que nous croyons plus bucoliques encore, quand il n’y avait même pas de ville, seulement la nature, les fleurs et les petits oiseaux, nous avons un témoin en chair et en os – surtout en os – pour nous en parler : Ötzi, "l’homme des glaces", retrouvé en 1991, momifié, dans un glacier à la frontière entre l’Autriche et l’Italie. Ses restes ont parlé : ils ont confessé que ses poumons étaient encrassés par la fumée du feu de bois. Ses viscères ont également avoué qu'il avait bu de l'eau contaminée par des matières fécales…

Ah ! la saine vie champêtre de nos ancêtres ! Feu de bois et eau pure des petits ruisseaux !

Imaginons que l’on retrouve un jour un Hibernatus de la Beauvais du XVIIe siècle, parfaitement conservé dans je ne sais quelles glaces, et qu’on puisse le ramener à la vie… Son vieux monde lui reviendrait en mémoire, lorsqu'il vivait naturellement (mal), se chauffait naturellement (mal), mangeait naturellement (mal) ; lorsqu'il avait l'estomac naturellement pourri par une nourriture sans variété, mal conservée dans la chaleur de l’été sans réfrigérateur ; lorsqu'il puait naturellement de la bouche ; lorsqu'il était mort naturellement (mal), à quarante ans, sans dents depuis longtemps.

[...]

Qui veut troquer un seul aujourd’hui contre deux hier ?

Il n’est pas question de dire qu’aujourd’hui tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais qui accepterait de troquer un seul aujourd’hui, même imparfait, contre deux bons vieux temps ?

[...]

 



[2] 100 000 provinciaux au XVIIe siècle – Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730 – Pierre Goubert, professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne – Champ historique – Flammarion – 1977

 

[3] Lawrence Stone de l’université de Princeton. Cité par Bjørn LOMBORG - L'écologiste sceptique - Le véritable état de la planète - Le Cherche midi éditeur.

 

[3-1] Il y a toutefois encore des retards ici ou là ; les Coréens du Nord mesurent 8 cm de moins que les Coréens du Sud.

 

 

bon vieux temps, disette et maladies

 

 

Que la planète bleue soit verte, c'est urgent !

Oui, mais les recettes vertes ne suffiront pas.
► Le réchauffement climatique, c'est déjà commencé, c'est urgent.
   Mais les énergies renouvelables ne suffiront pas.
► Le défi alimentaire pour nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt, c'est urgent.
   Mais l'agriculture biologique ne suffira pas.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.
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Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie - Réchauffement climatique - c'est urgent !

Également en version numérique Kindle ou EPUB (Kobo)

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique

Le livre "Changement climatique - Transition énergétique  : C'est urgent !" est le sous-ensemble du livre complet qui traite du problème du réchauffement climatique.


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Petits billets de mise en bouche

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Les petits gestes pour sauver la planète ... Ont de petits effets !

La voiture électrique marche aussi au charbon !
… Sauf en France où l'électricité est principalement nucléaire.
Mais 68% de l'électricité mondiale proviennent d'énergies fossiles.

Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

Peut-on sortir du nucléaire, et en même temps, sortir du réchauffement climatique ?
La transition énergétique ratée de l'Allemagne démontre que non.

La transition énergétique ; moins de nucléaire contre plus de CO2 ?
L'Allemagne utilise moins d'énergies renouvelables et émet plus de CO2 que la France.

La transition énergétique ratée de l'Allemagne
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Les nouvelles énergies renouvelables ont-elles la capacité de produire 100 % de l'électricité en France ?
Avec quelles contraintes pour les consommateurs ?
Pour quel bénéfice en réchauffement climatique ?

Les énergies renouvelables progressent... moins vite que la consommation d’énergies fossiles !
Les énergies renouvelables progressent.
Mais les énormes pays émergents ont d'énormes besoins d'énergie.
Ce sont les énergies fossiles qui croissent le plus en valeurs absolues.

L'énergie de demain
Y a-t-il une vie après le pétrole ?
Oui, il restera encore du charbon.
Et le peu dont sont capables les énergies renouvelables.

Dangers des énergies, charbon, nucléaire
Pollution et dangers des centrales au charbon, par particules fines et CO2, sont plus importants que pollution et dangers de l'énergie nucléaire.

Déchets nucléaires, déchets toxiques, déchet CO2
LE déchet, l'ennemi public No1, c'est le déchet CO2.
Le déchet CO2 se déverse dans l'égout du CO2 ;
l'égout du CO2, c'est l'atmosphère.
Les déchets ne sont pas là où l'on croit.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir ? ?
L'agriculture bio, de faible rendement, gaspille le premier bien le plus précieux de tous, de plus en plus rare, la terre.  

Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
Sur des étiquettes de pesticides bio :
  Produit "irritant", "nocif", "toxique"... !
  "Ne pas traiter en présence des abeilles"
  "Ce produit peut porter atteinte à la faune auxiliaire"

Les dangers - ou non - des pesticides.
Les agriculteurs, qui manipulent des pesticides à longueur de jour, ont une plus grande espérance de vie et moins de cancers que la population générale.
Les pesticides permettent de nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt.

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?
Les vœux pieux et les plans du gouvernement se succèdent... mais le recours aux pesticides continue à croître. Parce qu'il faut bien manger.

Les OGM Bt permettent de réduire l'utilisation des insecticides...
Nous voulons moins de pesticides ?
Alors utilisons plus d'OGM Bt !
Nous voulons protéger les abeilles ?
Alors utilisons des OGM Bt !

La viande rouge n'est pas verte
La planète pourrait peut-être nourrir neuf milliards de mythiques homo-ecologicus-no-gaspillus, rationnels, non-gaspilleurs, mangeurs de graines et de peu de viande. Mais ces hommes-là n'existent pas.
La planète ne pourra pas nourrir neuf milliards d'hommes tels qu’ils sont, ces amateurs de viande. 

Agriculture bio et biocarburants
Peut-on vouloir plus de bio, plus de biocarburants, et "en même temps" plus d'espaces verts, de forêts vierges, et nourrir la planète, toute la planète ?
Au secours, Monsieur Freud !

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Mutagenèse, transgenèse, OGM cachés, TIS

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D'autres textes sur ce blog
 



Présentation rapide

Nous avons un rêve... que la planète bleue soit verte.

Mais la combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée ; nous serons bientôt neuf milliards.

Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi inventer de nouvelles techniques pour produire plus de baies, plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

C'est urgent.

►L'agriculture biologique peut-elle produire assez de baies pour nourrir les neuf milliards de Terriens que nous serons demain ?

• L'agriculture biologique, de faible rendement, gaspille la ressource la plus précieuse, la terre. Elle aggrave l'urgence alimentaire sur la planète.

• Les pesticides ? Les agriculteurs, particulièrement exposés aux pesticides, ont moins de cancers et vivent plus longtemps que la population générale.

►Les OGM sont plébiscités par les agriculteurs d'Asie, d'Afrique, des Amériques...

• Les OGM demandent moins d'insecticides, économisent la terre par de meilleurs rendements ; ils sont un espoir pour les générations futures.

►Les énergies renouvelables seront-elles le plan B pour prendre la relève du pétrole et du charbon, avant que la planète brûle ?

• Les nouvelles énergies renouvelables croissent moins vite que la consommation d'énergies fossiles ; les ouragans dopés au réchauffement climatique, les sécheresses, les inondations, se multiplient. Les énergies renouvelables ne peuvent pas être le plan B à elles seules.



 

écologie, mythes et réalité, bon vieux temps, famines, maladies, pollution, hygiène, espérance de vie

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Mise à jour : 05 octobre 2017

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