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Le bon vieux temps… mythes et réalité

 

 

La planète bleue n'était pas verte et la vie n'était pas rose

L’herbe est moins verte chez le voisin !

Tout va mal !

L’air que nous respirons est pollué, l’eau que nous buvons malsaine, notre nourriture empoisonnée, la planète est en ruine… Les médias le répètent en boucle, il faut vite revenir au bon vieux temps, lorsque la planète bleue était encore verte.

Pourtant… autour de moi, je découvre un village propret et bien soigné, des massifs fleuris, des petits jardins. Les passants sont convenablement habillés, en bonne santé ; des jeunes, des moins jeunes. Beaucoup de "seniors" – c’est normal, puisque aujourd’hui, en France, on vit en moyenne quatre-vingts ans ; en dépit de l’eau malsaine et de la nourriture empoisonnée.

Autour du village, des cultures prometteuses colorent les champs, qui s'entrecroisent en un vaste tableau abstrait bariolé.

Se pourrait-il que je me trouve par hasard dans le seul petit village de la planète épargné par le désastre ? Partout l’environnement serait en ruine, sauf ici autour de moi ? Aurais-je bénéficié d’une chance extraordinaire ?
Des chercheurs se sont penchés sur ces questions. Ils ont enquêté, dans des pays développés, dans des pays émergents... Ils ont découvert que partout dans le monde, presque tous croient bénéficier de la même chance extraordinaire ! Partout ou presque, les personnes interrogées ont répondu en majorité qu'elles aussi vivent dans un petit village épargné ; en ajoutant qu'ailleurs, hors de leur endroit privilégié, l'environnement se dégrade [1].

Étrange... L'herbe serait moins verte chez le voisin ?
C’est tellement contraire aux envies et jalousies qui nous rongent, pour que cela mérite d’être analysé.

En première analyse, mis à part le cas particulier des daltoniens, il n'est pas possible que chacun trouve son herbe plus verte que celle des voisins : de proche en proche, où serait alors l'herbe moins verte ? Serions-nous tous daltoniens ? La contradiction est la même que lorsque 80 % des automobilistes estiment conduire mieux que la majorité des automobilistes : ceux qui conduisent moins bien seraient donc une majorité… de 20 % !

En seconde analyse, nous sommes influençables. Les médias nous vendent le blues d'avant, sur le refrain de "tout va mal aujourd'hui, tout allait mieux avant" – et nous nous laissons influencer : nous finissons par acheter le "tout va mal", sans voir ce qui est en toute évidence sous nos yeux. L'évidence est que la campagne aujourd'hui est belle, que ma rue aujourd'hui est belle, et à aucun prix je ne voudrais la troquer contre une rue du "bon" vieux temps (ici de Beauvais) :

« Les rues qu’on n’éclaira qu’en 1765, valaient encore moins que les maisons. Rarement pavées, boueuses, étroites, encombrées par les auvents, les étals et les bornes, elles offraient, comme en bien d’autres villes, le spectacle d’une malpropreté qui, à distance, nous paraît répugnante. On n’en donnera que cette preuve : l’inlassable répétition, d’année en année des mêmes ordonnances de police par le bailli de l’évêché-comté-pairie, chargé de toutes les questions de voirie. Les bouchers jetaient régulièrement à la rue les "entrailles et boyaus" des bêtes abattues ; rôtisseurs, pâtissiers et poissonniers les imitaient. Des volailles et des porcs erraient, cherchant leur nourriture dans les tas de fumier que chacun entretenait devant sa porte dans l’espoir d’engraisser un jardin. Trop souvent, le bailli interdit aux Beauvaisiens de "faire leurs ordures dans les rues", d’y "jeter tant de nuit que de jour ordures et immondices, urine et excréments". Un règlement de 1665 enjoignait aux propriétaires de construire des lieux d’aisances, mais permettait à ceux qui ne disposaient pas d’un "espace suffisant" de se procurer un "vaisseau" et d’aller, "chaque semaine", le "vuider en la rivière" [2]. »

Quant aux passants dans cette rue répugnante du "bon" vieux temps, nous rêvons qu’ils étaient de beaux et vigoureux gaillards, solides, fortifiés par une vie saine au grand air, par une alimentation naturelle qu’aucun pesticide encore n’avait contaminée. Hélas…

« L’ignorance quasi totale d’hygiène personnelle et collective faisait que l’eau et la nourriture étaient sources constantes de contamination…
Ces conditions sanitaires primitives déclenchaient continuellement des infections bactériennes gastriques, dont la plus redoutable était la dysenterie, qui emportait de nombreuses vies sans distinction de sexe ni d’âge, en l’espace de quelques heures ou de quelques jours. Provoquées par un régime alimentaire déséquilibré chez les riches et par la consommation de nourriture avariée ou insuffisante chez les pauvres, les problèmes gastriques de tous ordres étaient chroniques. La fréquence de vers intestinaux… était une maladie lente et répugnante qui minait la population et la maintenait en mauvaise santé…
On oublie que peu d’adultes étaient à la fois en bonne santé et séduisants, sans parler de l’odeur ni de la saleté qui étaient tout à fait courantes… Hommes et femmes ont souvent dû avoir des haleines fétides à cause des dents gâtées, de maux d’estomac constants dont on trouve mention dans de nombreuses archives, tandis qu’ulcères purulents, eczéma, croûtes, plaies suppurantes et autres maladies de peau étaient monnaie courante et duraient souvent des années [3]. »

Embonpoint ou obésité ?

La nourriture du bon vieux temps ? On mangeait d’abord la soupe ; et ensuite… ensuite rien ! La viande ? presque jamais. De la bonne soupe ? même pas. De la soupe en abondance ? même pas. La disette et la famine étaient toujours là en embuscade, profitant du moindre épisode trop pluvieux, trop sec, trop froid, trop chaud…

« Si la malnutrition est endémique dans les couches modestes de la population, et surtout de la population rurale, on ne signale que trois disettes graves entre la famine de 749-750 et celle de 840. » (Charlemagne, Jean Favier – Fayard.)

« La France, pays privilégié s'il en fut, aura connu dix famines générales au Xe siècle, vingt-six au XIe, deux au XIIe, quatre au XIVe, sept au XVe, treize au XVIe, onze au XVIIe. » (Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme)

C'était le bon vieux temps... des disettes et des famines. Les témoignages de ces carences se retrouvent partout. La hauteur des portes d’alors, qui nous oblige aujourd’hui à nous baisser, trahit la petite taille de nos grands-pères [3-1] ; dans la chorale d’enfants que dirigeait Bach, les garçons restaient jusqu’à quinze ou seize ans, signe d’une puberté bien plus tardive qu’aujourd’hui – entre autres pour des raisons de malnutrition…

Le pain qu'on trempait dans la soupe du bon vieux temps, non, ce n’était pas notre bon "pain à l'ancienne", qui n’a rien d’ancien (on crée de nouvelles variétés de blé pour fabriquer ce "nouveau" pain à l’ancienne...) ; il était fait alors d’un mélange de seigle essentiellement, de froment et d’orge, cuit pour deux ou trois semaines et donc généralement rassis lorsqu’il était consommé.

Allez, vous prendrez bien un dernier petit quignon rassis pour la route ?

Une poule au pot le dimanche ? … Ce n'était qu'une promesse. Mais en des temps plus reculés encore, six siècles avant Jésus-Christ, un luxe aussi extravagant qu’une poule au pot ne pouvait même pas être promis, il ne pouvait pas être imaginé ; dans la Grèce de Solon, il était autorisé de faire bombance les jours de fête en mangeant du pain de froment – sans poule au pot ; les autres jours, il fallait se contenter de la maza, la galette d’orge – sans poule au pot. Un régime très sain, aucun risque d’obésité. Le mot même d'obésité n’existait pas, il n'y avait alors que de l'embonpoint – ne pas confondre ! Quelques rares privilégiés seulement avaient cette chance extraordinaire d'être en bon point – une condition enviable et admirable.

« Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire. » (La Fontaine Le Loup et le Chien)

Hibernatus, le retour !

Si l’on remonte plus loin dans le passé, vers des temps que nous croyons plus bucoliques encore, quand il n’y avait même pas de ville, seulement la nature, les fleurs et les petits oiseaux, nous avons un témoin en chair et en os – surtout en os – pour nous en parler : Ötzi, "l’homme des glaces", retrouvé en 1991, momifié, dans un glacier à la frontière entre l’Autriche et l’Italie. Ses restes ont parlé : ils ont confessé que ses poumons étaient encrassés par la fumée du feu de bois. Ses viscères ont également avoué qu'il avait bu de l'eau contaminée par des matières fécales…

Ah ! la saine vie champêtre de nos ancêtres ! Feu de bois et eau pure des petits ruisseaux !

Imaginons que l’on retrouve un jour un Hibernatus de la Beauvais du XVIIe siècle, parfaitement conservé dans je ne sais quelles glaces, et qu’on puisse le ramener à la vie… Son vieux monde lui reviendrait en mémoire, lorsqu'il vivait très naturellement, mais très mal ; se chauffait naturellement, très mal ; mangeait naturellement, très peu et très mal ; avait l'estomac pourri par une nourriture sans variété, mal conservée dans la chaleur de l’été sans réfrigérateur ; puait naturellement de la bouche ; il se souviendrait même qu'il était mort naturellement, très mal, à quarante ans, sans dents depuis longtemps.

[...]

Troquer un seul aujourd’hui contre deux hier ?

Il n’est pas question de dire qu’aujourd’hui tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais qui accepterait de troquer un seul aujourd’hui imparfait contre deux bons vieux temps ?

[...]

 



[1] Health of the Planet, Dunlap 1993.
Les Français ne font pas exception. Voir Les perceptions sociales et pratiques environnementales des Français de 1995 à 2011 - octobre 2011, dans la revue du Commissariat général au développement durable.
[2] 100 000 provinciaux au XVIIe siècle – Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730 – Pierre Goubert, professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne – Champ historique – Flammarion – 1977
[3] Lawrence Stone de l’université de Princeton. Cité par Bjørn LOMBORG - L'écologiste sceptique - Le véritable état de la planète - Le Cherche midi éditeur.
[3-1] Il y a toutefois encore des retards ici ou là ; les Coréens du Nord mesurent 8 cm de moins que les Coréens du Sud.

 

 

bon vieux temps, disette et maladies

 

 

L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.


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Écologie et environnement - Mythes et réalité

 

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Le livre est disponible en version numérique :

- Format Kindle : Écologie et environnement - Mythes et réalité

- Format E-pub : ici

Les fichiers numériques peuvent être lus sur PC, iPhone, iPad... via des applications Amazon ou Google télécheargeables gratuitement.
Ils peuvent également être lu sur des liseuses de livres électroniques (ebooks).
Le livre "Transition énergétique et changement climatique" (format Kindle seulement), est un sous-ensemble du livre complet, "Écologie, environnement... Mythes et réalité".


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Présentation rapide

Nous sommes maintenant conscients, presque tous, de l'urgence écologique, convaincus qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, l'ennemi public No1. Mais nous n'avons pas encore tous pris conscience qu'il est nécessaire de lutter par tous les moyens.

La combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée. Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi produire plus de baies et plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents... Un énorme défi ! qui nécessite précaution, respect de l'environnement, mais aussi réalisme, sans frilosité passéiste, sans dogmatisme ; nous ne pouvons nous permettre le luxe de rejeter dogmatiquement pesticides et engrais de synthèse, OGM, énergie nucléaire, etc. Le danger n'est pas dans les techniques nouvelles, il est au contraire dans le climat anti-science et les peurs irrationnelles des nouveautés – qui justement permettent de s'adapter à un monde de plus en plus nouveau ; le danger est de se recroqueviller et se réfugier dans la recherche d'un mythique bon vieux temps. "C'était mieux avant". Le mythique bon vieux temps était celui des disettes des famines et des épidémies ; le vrai bon vieux temps, c'est aujourd'hui.

L'écologie, oui ;
le dogmatisme écologique, non.



 

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Mise à jour : 07 octobre 2015

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