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ligne bleue

La voiture électrique… marche aussi au charbon ! Efficacité énergétique, effet rebond

 

 

 

Pour la Chimène électrique toute la galaxie verte a les yeux de Rodrigue.

En effet, la voiture électrique n’a pas de pot d’échappement crachant du CO2 ; elle fleure bon l’herbe des prés et les fleurs des champs, les papillons volettent en dansant autour d’elle…

Pourtant, la voiture électrique a un pot d'échappement ! C’est la grosse cheminée d'une centrale électrique, au charbon, au gaz, au pétrole.

La voiture électrique marche aussi au charbon !

… Sauf en France où l'électricité est principalement nucléaire.

Mais 66 % de l'électricité mondiale proviennent d'énergies fossiles.

 

 

La voiture électrique déplace le problème du CO2, mais elle ne le supprime pas.

Pour la presse et le public, la transition énergétique dans les transports, c'est essentiellement la voiture électrique.
En effet, une voiture électrique n’a pas de pot d’échappement crachant du CO2 ; elle fleure bon l’herbe des prés et les fleurs des champs, les papillons volettent en dansant autour d’elle…

Le problème… est qu’il n’y a pas de mines d’électricité ; il faut pédaler, dépenser de l'énergie, pour produire de l'électricité.

Le problème encore, est que ce qui pédale le plus pour produire de l'électricité... ce sont les énergies fossiles ! 66 % d'énergies fossiles dans l'électricité mondiale, dont 41 % de charbon (2014). Les fameuses nouvelles énergies renouvelables comptent très peu.

La voiture électrique a un pot d'échappement ! C’est la grosse cheminée d'une centrale électrique, au charbon, au gaz, au pétrole. La voiture électrique déplace le problème du CO2, mais elle ne le supprime pas ; elle ne pollue pas l’air de la ville où elle circule, c'est positif ; mais elle pollue quand même la planète. Cette pollution dépend de l'électricité utilisée :

émissions de CO2 des voitures électriques, influence de l'énergie nucléaire

 

D’après ADEME & vous - Stratégie & études N° 21 - 21 juillet 2009
et Econologie : Europe: émissions de CO2 par pays et par kWh électrique

 

•  "Électricité tout fioul ou charbon", c'est à peu près le cas en Chine ou en Inde par exemple.

 

La voiture électrique roule globalement aux énergies fossiles... Sauf en France !, où l'électricité ne provient pas des énergies fossiles.

On a raison de soutenir la voiture électrique en France ;
à condition d'être cohérent en soutenant aussi la production électrique nucléaire.

La voiture électrique n’est propre que pour ceux qui ne voient pas plus loin que le bout du tuyau d'échappement, sans distinguer au loin la cheminée de la centrale qui produit l'électricité.

La voiture électrique en Allemagne-lignite, c'est une aberration écologique.
La voiture électrique en Chine-charbon, c'est aussi une aberration écologique. Toutefois, la pollution de certaines villes chinoises est telle que la voiture électrique serait bienvenue... mais n'y changerait peut-être rien. Cette pollution en effet ne vient pas essentiellement de la circulation, mais aussi et surtout de l'environnement industriel... dont la production d'électricité par le charbon. Utiliser plus de voitures électriques... c'est demander plus aux centrales au charbon alentour.

La voiture électrique roule à 66 % aux énergies fossiles.

Voiture électrique = électricité = fossile = CO2
... Sauf en France !, ou voiture électrique = électricité presque sans fossile = peu de CO2

Même les verts ont découvert que la voiture verte n'est pas verte :

« Tout d’abord écartons un mythe. Si une voiture électrique n’émet pas directement de CO2, la production d’électricité, elle, est toujours source d’émissions de CO2. Et cela peut même conduire à des situations pires qu’avec un seul véhicule thermique, en fonction de la source d’énergie à l’origine de la production d’électricité. » (France Nature Environnement ; FNE est une fédération qui rassemble près de 3000 associations de protection de la nature et de l’environnement en France métropolitaine et en Outre-mer.)

Et les batteries ! Des milliards de tonnes de batteries, qui vieillissent vite.
Globalement, la voiture électrique n’est pas la "madame propre" qu'on veut nous vendre – cher ; elle sent au contraire pollution et réchauffement climatique. En outre, en raison des mauvaises performances des batteries, les voitures électriques sont petites et de faible autonomie : elles sont essentiellement adaptées à une petite utilisation urbaine [0], en été [1].

La véritable transition énergétique dans les transports

La véritable transition énergétique dans les transports, ce n'est pas la voiture individuelle, électrique ou non, c'est d'abord les transports en commun.

À quoi sert de développer et subventionner des « bobomobiles », des voitures miniatures électriques personnelles miniatures, qui ne servent qu'en ville, là où il y a déjà un covoiturage massif – ça s'appelle bus, RER, métro, tramways... Ces transports en commun permettent réellement, déjà, de faire des économies de pollution et d’énergie. Veut-on vraiment des villes où des tramways quasi vides circulent au milieu d'une nuée de minuscules voitures électriques – pendant que dans les parkings attendent les grosses berlines qui emporteront toute la famille à la campagne le week-end, avec la poussette de la petite dernière ? Et durant ce voyage à la campagne, on passera devant la centrale au charbon et sa grosse cheminée, qui fournit l’électricité aux tramways vides et aux minuscules voitures électriques.

► La voiture électrique ne se substitue pas à la voiture thermique ; elle se traduit par des voitures en plus.

Pour les villes, le réalisme est d'investir massivement dans les transports non personnels, commun ou partagés. C'est seulement en tant que voiture partagée en ville que la voiture électrique a sa place. La voiture particulière qu'elle qu'elle soit, n'a pas sa place en ville.

 

Le vélo est parfaitement adapté à la mobilité citadine. Et pour ceux qui ne veulent pas arriver au bureau trempés de sueur il y a le vélo électrique, pour les côtes. La combinaison "transports en commun qui acceptent le vélo" (mettre son vélo dans le métro), plus "vélo" (électrique ou non), est séduisante.

Pourtant, écoutons les radios, les télévisions, lisons les revues et les journaux… Pour la Chimène électrique tous ont les yeux de Rodrigue. Tous tressent pour elle des couronnes de lauriers verts et chantent en chœur ses louanges, attendant sa venue comme celle du nouveau messie qui nous sauvera de nos péchés de CO2. Serions-nous tous daltoniens, pour ne pas voir que la voiture verte est noire de suie ? (... Sauf en France.)

La voiture n'est qu'une petite partie du problème. Il reste aussi à résoudre le cas du transport des marchandises. On imagine parfois que la solution c'est les "circuits courts". C'est une erreur de perspective.

« ... il ne faut pas confondre le transport par avion de fraises fraiches du Maroc ou de Turquie et celui par cargo de moutons congelés de Nouvelle Zélande ou de bananes des Antilles. Car ce cargo-là consomme beaucoup moins d’énergie et émet beaucoup moins de gaz à effet de serre que la livraison par gros camion du Havre à Rungis, laquelle à son tour consomme moins que la foule de camionnettes qui livrent les petits magasins du centre de Paris… » (Agriculture, alimentation et réchauffement climatique - par Bruno Parmentier)

Efficacité énergétique, effet rebond

La transition énergétique dans les transports c'est aussi améliorer le rendement des moteurs thermiques, afin qu’ils consomment moins.

On est sur la bonne voie, l’efficacité énergétique des moteurs croît au fil du temps. Les véhicules hybrides, thermiques + électriques, permettent de continuer sur cette lancée.
Mais le piège est de croire que ces progrès peuvent résoudre le problème. Ils le ralentissent certainement. Mais la réalité est que plus le rendement des moteurs s’améliore… plus les transports consomment d'énergie ! Plus nous progressons, plus nous reculons.

 

évolution de l'efficacité énergétique et de la consommation en carburant des transports

 

D'après :

Key World Energy Statistics from the IEA - 2013 et WEO 2008

L’efficacité énergétique en France - octobre 2012

 

Le paradoxe s'explique simplement. Une voiture moderne consomme en effet beaucoup moins qu’une voiture d’il y a cinquante ans, mais en précisant : à puissance égale. Or, nos grands-pères rêvaient petitement de 2CV Citroën, Fiat 500, 4CV Renault... et même de si petits rêves, peu d'entre eux avaient les moyens de les réaliser. Nos rêves ont grandi, les voitures aussi. Nous rêvons maintenant de SUV de deux tonnes, 150 chevaux, avec climatisation [2], et beaucoup réalisent leur rêve. En outre, nous sommes plus nombreux, nous faisons plus de kilomètres, et il y a de plus en plus de familles qui ont une voiture, ou deux, ou même trois, pendant que des millions de camions transportent un flot toujours croissant de marchandises. Et la Chine qui roulait à bicyclette compte maintenant des millions d'automobilistes, tandis que d'autres millions de Chinois pédalent très fort pour avoir une automobile eux aussi.

On observe le même paradoxe en ce qui concerne l'isolation des habitations : elles sont de mieux en mieux isolées, ce qui va dans le bon sens ; mais pour autant, la consommation d’énergie pour le chauffage ne diminue pas. Car les appartements d’aujourd’hui sont plus nombreux et plus grands ; de sorte que l’ensemble de ces grands appartements mieux isolés… nécessite autant d’énergie que les petits appartements moins bien isolés d’il y a cinquante ans. On a constaté en outre que les personnes qui vivent dans des appartements mieux isolés en profitent pour gagner en confort en chauffant plus leur logement. Il s'agit là d'un comportement bien connu : lorsqu'une ressource devient plus facilement accessible... on l'utilise plus facilement, on en consomme davantage. C'est "l'effet rebond". Le Centre d’analyse stratégique (organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre) s’en inquiète dans une note de février 2013 : Comment limiter l’effet rebond des politiques d’efficacité énergétique dans le logement ? :

« L’effet rebond désigne l’annulation des gains de performance énergétique obtenus par la diffusion du progrès technique, du fait d’une utilisation accrue des ressources. Il constitue un obstacle majeur aux politiques de croissance dite de “croissance verte”. »

Traduction : on isole mieux sa maison et on en profite pour mieux se chauffer au même prix, pas pour économiser de l'énergie.

C'est l'effet rebond qui fait que les évolutions technologiques des écrans d’ordinateur et de télévision ont été réduites à néant par l’accroissement du nombre et de la taille des écrans. C'est le même effet rebond qui fait que l'amélioration des rendements des avions de ligne a été annulée par le développement des compagnies low cost et l'augmentation du nombre des passagers.
Etc.

 

Le rendement des moteurs s’améliore...
... Mais les émissions mondiales de CO2 ont crû de 126 % entre 1973 et 2011 dans le secteur du transport.

Les appartements sont mieux isolés...
... Mais les émissions de CO2 ont crû de 10 % en France entre 1990 et 2007 dans le secteur de l’habitat.

Plus nous progressons, plus nous reculons !

 

 



[0] "Utilisation urbaine". Imaginons en effet une petite voiture électrique (elles sont toutes petites) qu'une petite famille parisienne (petite pour pouvoir entrer dans la petite voiture électrique) veut utiliser pour aller en vacances au bord de la Méditerranée. Combien de jours faudra-t-il avant de plonger dans la grande bleue ? Non seulement l'autonomie des batteries est faible, mais en outre il faut des heures pour les recharger... Les stations-service seront peut-être amenées à s'associer à des chaînes hôtelières, pour que les clients passent les nuits en attendant les recharges.
[1] Quand il fait jour, chaud, qu’il ne pleut pas : pas de chauffage, ni anti-buée, ni essuie-glace, ni phares allumés ; et oublions la climatisation…
[2] La climatisation de la 2CV, c'était cette fenêtre rabattable que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, qui se rabattait inopinément sur les doigts ou les coudes.

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pour feuilleter écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm. quelques autres extraits

- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...

 

 

 
 
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Mise à jour : 14 février 2019

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