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L’irrésistible croissance des émissions de CO2 et du réchauffement climatique...

 

 

« Quand il est urgent, c'est déjà trop tard. » (Talleyrand)

Les émissions mondiales de CO2 croissent :

évolution des émissions de CO2 dans le monde

 

Sources : The Global Carbon Project

 

• L'inflexion très nette en 2008-2009 correspond à la crise financière et économique en cette période ; c'est l'empreinte visible, en creux, que la croissance est la meilleure amie du CO2 et du réchauffement climatique.

Moins de croissance = moins de CO2.

Puis la crise a été surmontée, lentement, et les émissions de CO2 ont repris, lentement. Depuis 2016 elles repartent franchement.

Nous souhaitons plus de croissance et de pouvoir d'achat, c'est humain... mais il faut être conscient que la croissance n'est pas CO2-free – même pas en développant les énergies renouvelables, on en reparlera.

Derrière ces émissions de CO2 le réchauffement climatique couvait. Encore imperceptible il y a peu de temps, il se manifeste clairement maintenant, les catastrophes annoncées sont devenues réalité : canicules, sécheresses, ouragans, inondations etc., toutes dopées au réchauffement climatique.

Il faut réagir, vite, c'est urgent.

C'est peut-être même déjà trop tard. Car l'inertie du système climatique est grande. La durée de vie dans l'atmosphère du principal gaz à effet de serre, le CO2, est de plusieurs dizaines d'années. C'est-à-dire que le réchauffement climatique constaté ce soir, ne vient pas du charbon que j'ai brûlé ce matin ; il vient du CO2 qui a déjà été émis depuis des années, qui se trouve encore dans l'atmosphère, en excès.

Si à partir d'aujourd'hui on ne consommait plus un seul gramme d'énergie fossile... l’effet serait le même que lorsqu’un supertanker lancé à pleine vitesse freine de ses supers quatre fers, ou que lorsque le Titanic tentait d'éviter l’iceberg : il n’y aurait pas d’effet ! Pas immédiatement, pas assez vite, trop tard ! Le Titanic a coulé, et pour les dizaines d'années à venir, la messe climatique est déjà dite, il y aura réchauffement.

La quadrature du cercle des bonnes idées

On n’a pas eu le mauvais goût de demander aux pauvres de rester pauvres.

La bonne nouvelle est que la réaction est déjà commencée. Le fameux protocole de Kyoto (décembre 1997). Le protocole demandait une réduction des émissions de CO2, c'était une bonne idée. Toutefois il le demandait seulement aux pays développés, on n’avait tout de même pas eu le mauvais goût de demander aux pauvres de rester pauvres et de ne pas se développer. C'était une autre bonne idée.

La mauvaise nouvelle est que ces bonnes idées, toutes bonnes une par une, se télescopent. Comment réduire les émissions de CO2 quand cinq milliards de pauvres et émergents doivent se développer ? C'est la quadrature du cercle des bonnes idées.

Le maximum syndical

La conférence sur le climat qui s’est tenue à Copenhague en décembre 2009, une de plus, n'a pas trouvé la solution. Ce fut pourtant une conférence de très haut standing, le salon où il fallait être, 130 chefs d’État ou de gouvernement y sont allés. On espérait "la dernière chance de sauver la planète", c'était "Hopenhague". Mais ce fut "Flopenhague", parce qu’il s’agit d’un formidable problème :

« Le train de l'humanité et son panache de CO2, mais aussi le nombre de ses voyageurs qui augmente de 1,5 million d'âmes chaque semaine, accélère sa course. Depuis l'an 2000, les émissions de gaz à effet de serre par rapport à la décennie précédente ont triplé : de 1 % chaque année à 3,4 %. […]
Il s'agit de freiner en quelques minutes un train qui fonce vers l'abîme tout en changeant en pleine course le moteur et le carburant de la locomotive, mais aussi en improvisant de nouveaux brevets et des technologies alternatives. Le tout en convainquant les passagers confortablement installés sur leurs sièges que ce chambardement à froid est pour leur bien ! » « Des passagers qui ont encore la tête ailleurs, du côté de la crise économique et du chômage. » (Rendez-vous avec la planète - Le Nouvel Observateur, semaine du 03 décembre 2009, par Daniel Cohn-Bendit, Guillaume Malaurie, Vincent Jauvert)

La plupart des conducteurs de locomotive ont bien compris qu'il y a un problème, qu’il n’est pas possible d’avoir le beurre et l'argent du beurre, d'avoir à la fois, croissance et progrès social et réduction des émissions de CO2. Mais il faut beaucoup de courage pour l'annoncer aux passagers du train ! D'autant plus qu'il faut aussi leur demander de payer d'avance, de débourser dès aujourd'hui l'argent du beurre de demain.

Les passagers de première classe (dans les pays développés essentiellement, deux milliards), ont bien compris eux aussi qu'il y a un problème, mais ils considèrent que c'est l’affaire du chauffeur de la locomotive, qu'il s'en débrouille seul ; eux-mêmes sont éventuellement disposés à aller jusqu'au maximum syndical écologique, qui est, comme chacun sait, de fermer le robinet lorsqu’on se brosse les dents ; mais pas plus.

Quant aux passagers de troisième classe (dans les pays qui émergent de la pauvreté, ils sont bien plus nombreux, cinq milliards), bien plus nombreux, ils s'activent avec une formidable énergie juvénile pour monter en seconde classe. Le CO2 ne fait pas encore partie de leurs préoccupations.

Le scénario de la dernière chance ? Le scénario "450"

En réalité, les participants à la conférence de Copenhague sont quand même parvenus à une sorte d'accord : ils se sont débarrassés de la patate chaude du réchauffement climatique en faisant tous en chœur le vœu pieux de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C (plus personne ne rêve qu’il n'y aura aucune hausse de température…). La valeur de 2°C serait celle qui permettrait de maîtriser encore les conséquences du réchauffement climatique. Au-delà, c'est l'inconnu, éventuellement dramatique.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE [1]) (ou International Energy Agency (IEA)), est une référence reconnue en la matière. Elle publie chaque année le World Energy Outlook – WEO, qui analyse différents scénarios de l’avenir énergétique de la planète. Ces scénarios diffèrent par des hypothèses techniques, et aussi par des hypothèses de "technologie humaine" : les gouvernements prendront-ils de bonnes décisions écologiques, même si elles demandent des sacrifices ? Les électeurs accepteront-ils ces sacrifices ?

Pour que le réchauffement climatique ne dépasse pas 2°, il faudrait essentiellement que la concentration du CO2 dans l'atmosphère ne dépasse pas 450 ppm à moyen terme. Les scénarios pour y parvenir sont baptisés "scénario 450", ou "2DS", ou "2°C scénario". Leur grande faiblesse est qu'ils nécessitent que les hommes deviennent raisonnables et économes...

Ce n'est pas gagné ! Les émissions de CO2 seraient évidemment bien plus faibles si tous les hommes devenaient des ascètes vivant d'air pur et d'eau fraîche. Mais, faut pas rêver, il faut faire avec ce qu'on a sous la main, les hommes tels qu'ils sont, pleins de bonne volonté, mais avec peu de volonté.

 



[1]  L'agence a été créée lors de la crise pétrolière de 1973-74 ; elle comporte 28 pays membres. « Les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) cherchent à créer des conditions dans lesquelles les secteurs de l'énergie de leurs économies peuvent faire toute la contribution possible au développement économique durable et au bien-être de leur peuple et de l'environnement. »

 

 
 
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pour feuilleter écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm. quelques autres extraits

- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...


 

liens externes pour ce sujet 

Sauvons le climat
Manicore, Jean-Marc Jancovici

écologie, mythes et réalité, croissance des émissions de CO2

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écologie, mythes et réalité, émissions de CO2 des pays émergents

 

Mise à jour : 24 janvier 2019

écologie, mythes et réalité, émissions de CO2, conférence de Copenhague, protocole de Kyoto

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