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Pour vraiment nourrir toute l'humanité à venir
Pour vraiment sortir du réchauffement climatique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L'énergie de demain ; énergies renouvelables, charbon, nucléaire ?

 

La demande d'énergie augmente.

Le potentiel des énergies renouvelables ne leur permet pas de remplacer les énergies fossiles.

Que reste-t-il ?

Il reste fossiles et nucléaire.

Sachant que l'énergie fossile la plus abondante, c'est le charbon. Quand nous aurons bu la dernière goutte de pétrole, respiré la dernière bouffée de gaz, il y aura encore du charbon.

 

 

Les nouvelles énergies renouvelables

Environ 80 % de l'énergie consommée sur la planète provient des énergies fossiles.

On espère beaucoup des nouvelles énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque...) pour prendre la relève. Mais pour l'instant, elles ne sont pas à la hauteur. Il faut zoomer pour les apercevoir, comme on fait avec Google Map, elles comptent pour moins de 2 % de l'énergie consommée sur la planète. On peut, comme imageait le Général de Gaulle, sauter sur sa chaise comme des cabris en criant renouvelable ! renouvelable ! renouvelable ! ; mais il ne suffit pas de sauter sur sa chaise, les nouvelles énergies renouvelables sont confidentielles, et le resteront sauf révolution technologique.

Parce qu'elles sont intermittentes, aléatoires, pouvant produire beaucoup, parfois trop, mais parfois incapables de produire suffisamment quand on en a besoin. Le TGV, les hôpitaux, etc., doivent fonctionner en tout temps, même les nuits sans vent, les nouvelles énergies renouvelables seules ne peuvent pas le garantir. Dans ces moments, elles doivent laisser la place à d'autres énergies, fossiles par exemple.

Parce qu'elles sont terriblement coûteuses quand on compte tous les coûts externes, dont le doublement du parc renouvelable par un parc de puissance équivalente d'énergies de secours fiables, fossiles par exemple, pouvant produire à toute heure du jour et de la nuit, quel que soit le temps.

En dépit de ces handicaps, pour des raisons plus idéologiques que rationnelles, les énergies renouvelables se développent. Mais jusqu'à quel point pourront-elles croître ? les hommes résisteraient-ils longtemps à la tentation dans un monde où il y aurait beaucoup d'énergies renouvelables coûteuses et non pilotables, des forêts d'éoliennes, pendant que dormiraient sous terre des énergies fossiles peu coûteuses inexploitées ?

Il ne faut pas rêver, les hommes tels-qu'ils-sont craqueraient, et quoi qu'il en déplaise, qu'il m'en déplaise, ils continueraient à forer et à piocher ! Attention, ceci n'est PAS un plaidoyer pour que l'on consomme toutes les énergies fossiles ; c'est un plaidoyer pour qu'enfin gouvernants et gouvernés ouvrent les yeux. Soyons réalistes, les hommes tels-qu'ils-sont sont pleins de bonnes intentions, ils souffrent de voir la planète souffrir... mais ce n'est pas pour autant qu'ils renonceront à une seule feuille de leur portefeuille pour se priver volontairement d'exploiter d'abord ce qui est le plus économique, ce que nous avons sous la main, ou sous le pied. Sous le pied, il y a encore gaz, pétrole, charbon... et il faut le noter, ce qui est le plus abondant, c'est le charbon.

KingCoal, le roi charbon

 

Estimation des réserves mondiales conventionnelles d’énergie :

Pétrole 47 ans
Gaz naturel 64 ans
Charbon 156 ans
Uranium 50 – 80 ans

- selon le rythme actuel des consommations (qui dans les faits continue d’augmenter à raison de 3 % par an environ)

- à un coût économiquement "acceptable" (comparable à celui que l’on paie aujourd’hui)

- en considérant des réacteurs de deuxième génération dans le cas de l'uranium, c'est-à-dire sans envisager le cas des surgénérateurs.

 

 

Le charbon est calamiteux, on l'a vu. Mais attention !, sous son extérieur noir il a des charmes irrésistibles : son abondance et son petit prix. L'Allemagne n'y résiste pas, la Chine non plus ni Trump. Si nous continuons à fantasmer sur les énergies renouvelables, en ignorant l'évidence qu'elles ne peuvent remplacer les énergies fossiles à elles seules, alors il ne restera un jour que des énergies renouvelables, et la dernière énergie fossile non encore épuisée, le charbon. Kingcoal prendra le pouvoir, en dépit de tous ses défauts, en dépit de l'opprobre universel.

Le gaz

Puisque nous utilisons et utiliseront encore des énergies fossiles le bon sens demanderait d'utiliser la moins polluante, la moins dangereuse entre elles, c'est-à-dire le gaz. Il émet moins de CO2 et autres polluants que le pétrole et le charbon pour fournir la même énergie (le charbon étant LE champion pollueur – demandez aux Chinois). Le gaz pollue moins en CO2, c'est pour cela que des villes sont fières, avec raison, de faire savoir qu'elles mettent en service de nouveaux bus fonctionnant au gaz. Il serait donc logique et écologique d'épuiser d'abord le gaz – dans l'hypothèse ou logique et écologique iraient dans le même sens.

C'est le gaz qui aujourd'hui remplace une partie du charbon dans les centrales électriques aux États-Unis, avec comme résultat une réduction des émissions de CO2, ce qui est exactement la priorité écologique No1 de ce siècle. De 2010 à 2015 aux États-Unis :

 

• La production de gaz a crû.

• La production de charbon a décru.

• Les émission de CO2 dues à la combustion de charbon ont décru.

• Les émission de CO2 dues à la combustion d'énergie ont décru.

gaz de schiste, émissions CO2, réchauffement climatique

Source : D'après iea - CO2 emissions from fuel combustion - Highlights - 2017

 

Remarquons ceci :

• Effet "gaz de schiste" aux États-Unis : les émissions de CO2 dues à la combustion d'énergie baissent nettement.

• Effet "transition énergétique - énergies renouvelables" en Allemagne : les émissions de CO2 ne baissent pas.

► Le gaz de schiste est plus efficace qu'une éolienne pour lutter contre le réchauffement climatique.

Moins de CO2 aux États-Unis – bravo ! Pourtant les Verts protestent ! Parce que ce gaz qui remplace écologiquement le charbon aux États-Unis, c'est du gaz de schiste. Patatrac ! Le gaz de schiste fait partie de la grande galerie verte des Satan rouges, en compagnie du Satan nucléaire, du Satan OGM, du Satan pesticide...

Il est vrai que les Satan ne sont pas sans reproches, comme tout un chacun. Le gaz de schiste a aussi ses travers : il nécessite de nombreux forages locaux dans les zones productrices. Il faut alors choisir le moindre mal, avec bon sens et cohérence : forages locaux, ou réchauffement planétaire ? Il est incohérent de se lamenter des dégâts déjà observés du réchauffement climatique... et de rejeter un des très rares moyens de retarder leur multiplication.

Pendant ce temps... la France – toujours à la pointe du "Je montre le chemin", "Je fais mieux que les autres" – se refuse à même savoir s'il y a du gaz de schiste sous ses pieds ; le lobby idéologique vert s'oppose à de simples sondages d'exploration ; "ignorez ce gaz que je ne saurais voir".

Pendant ce temps, la France regarde passivement le train qui passe... les Américains sont dans le train qui passe.

Pendant ce temps, les États-Unis sont devenus exportateurs de gaz, ils ont construit et construisent des terminaux de liquéfaction en Louisiane, au Texas... Et la France construit à Dunkerque un terminal méthanier de re-gazéification du gaz naturel liquide transporté par bateaux. Honni soit qui mal penserait que ce pourrait être du gaz de schiste américain !

La France a ou n'a pas de gaz, mais elle a des idées, l'idée d'importer du gaz de schiste.

Le scénario noir : le règne du charbon !

La consommation d'énergies fossiles croît.

Le potentiel des énergies renouvelables ne leur permet pas de remplacer les énergies fossiles.

Les réserves fossiles les plus importantes sont sous forme de charbon.

Quand nous aurons bu la dernière goutte de pétrole, respiré la dernière bouffée de gaz, il y aura encore du charbon.

 

"En France nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des idées". Fameux slogan des années 70, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Un jour il n'y aura vraiment pas de pétrole, ni en France, ni ailleurs. Ce jour-là, pourquoi aurions-nous nous plus d'idées que nous n'en avons eues depuis les années 70, en France ou ailleurs ? La famine énergétique planétaire n’aura pas lieu – pas tout de suite – le remplaçant du pétrole est déjà connu : le charbon, l'énergie fossile la plus abondante...

 

Il a encore une vie après le pétrole.

 

Ne soyons pas naïfs, lorsqu'il n'y aura plus rien d'autre, peut-on imaginer un monde avide d'énergie qui laisserait dormir sous ses pieds, sans l'exploiter, du charbon abondant et peu coûteux ? Les énergies renouvelables ? on a vu qu'elles n'ont pas la capacité de remplacer les énergies fossiles.

 

 

Le roi Pétrole se meurt, vive KingCoal, le roi Charbon.

 

 

Retour vers le futur, nous fonçons à toute vapeur vers le charbon.

À moins de révolution technique, ou de se résigner à vraiment utiliser l'énergie nucléaire.

Il est utile de rappeler que le charbon peut remplacer le pétrole en tout. Il peut être transformé en gaz ou carburant liquide et faire rouler voitures et camions ; pendant l'occupation, les camions en France roulaient au gazogène. Et les nazis ont fait avancer leurs chars au pétrole de charbon pendant la dernière guerre mondiale, lorsqu'ils étaient privés de pétrole. L’Afrique du Sud a également utilisé le pétrole-charbon, en réponse au blocus qui lui était imposé du temps de l’apartheid.

C'était peut-être là un avant mauvais goût de ce qui pourrait se passer un jour, quand il n'y aura plus d'autres énergies fossiles que le charbon.

Le roi-charbon peut tout, mais il a un gros défaut : il pue de la bouche ! Il empeste l’atmosphère de son haleine fétide, il pue le CO2. À quantité égale d’énergie produite, il libère 35 % de CO2 de plus que le pétrole, et 74 % de plus que le gaz. Quant à la filière du charbon liquéfié, elle libère 2 à 3 fois plus de CO2 que l’utilisation directe du pétrole. Outre le CO2, le charbon émet aussi dans l'atmosphère quantité de poisons, soufre, microparticules, mercure, arsenic, sélénium, plomb, et… radioactivité : une centrale à charbon ou à fioul rejette dans l’environnement 10 à 100 fois plus de radioactivité qu’une centrale nucléaire de même puissance !

Le luxe français existe encore

En France pas question de polluer avec du charbon, on ne mange pas de ce pain-là. Une demande d'ouverture de mine de charbon dans le département de la Nièvre avait plongé le gouvernement français dans une grande perplexité : organiser un Grenelle de l’environnement et en même temps autoriser l’ouverture d’une mine de charbon, ça ferait désordre.

Les Français ne retourneront pas au charbon, pas tout de suite, la demande a été refusée en décembre 2009.
... Mais la France a importé 18 millions de tonnes de charbon en 2010, pour ses centrales au charbon...

La France a peu de charbon, mais elle a des idées :
elle a l'idée d'importer du charbon !

Le charbon du voisin est plus Vert.

L'Allemagne laborieuse et tâcheronne ne s'autorise pas l’élégante légèreté du luxe français ; elle fait feu de tout bois, de tout charbon, de tout lignite (le lignite est un charbon de très mauvaise qualité extrêmement polluant). Pour sa transition énergétique et sa sortie du nucléaire, l'Allemagne exploite tout ce qu’elle a sous la main, ou sous le pied, et qui brûle, même si ça ne brûle pas très bien : « Course à la houille en Allemagne – Le pays a décidé d’exploiter trois gisements de lignite jusqu’en 2045 et d’exproprier 42 000 personnes. » (site de Terra eco, « le bimédia francophone du développement durable »)
C'est ainsi que l'on peut voir en Allemagne des mines de lignite à ciel ouvert, à Garzweiler par exemple, avec d’énormes excavatrices de 240 mètres de long, aussi hautes qu'un immeuble de 30 étages.

énergie fossile en Allemagne

L'énergie de demain

Les chapitres précédents permettent d'ébaucher ce que sera l'énergie de demain.

• Des énergies renouvelables (hydraulique, bois...).

Peu.

• Les nouvelles énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque...).

Très très peu. Elles fournissent moins de 2 % de notre énergie aujourd'hui et progressent moins que la consommation d'énergies fossiles.

Il faudra donc, nécessairement, d'autres énergies :

Beaucoup.

• Des énergies fossiles. Elles constituent environ 80 % de l'énergie primaire aujourd'hui.

• De l'énergie nucléaire. Peut-être... on ne sait jamais, les hommes pourraient devenir réalistes.

 




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pour feuilleter écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm. quelques autres extraits

- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...


 

liens externes pour ce sujet 

Manicore, Jean-Marc Jancovici

 

 

écologie, mythes et réalité, transition énergétique, sortir du nucléaire

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écologie, mythes et réalité, sortir du nucléaire, charbon, énergies renouvelables

 

Mise à jour : 12 janvier 2019

écologie, mythes et réalité, sortir du nucléaire, Allemagne, éoliennes, énergies renouvelables, transition énergétique

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