écologie, dogmes, agriculture bio, OGM, nucléaire

 

 


Il faudrait consommer moins, mais la sobriété n'est pas naturelle.

 

Notre consommation épuise les ressources de la planète ; les océans, les mines, les forêts...

Il faudrait consommer moins, être plus sobres (dans le club restreint des pays développés).

Mais la sobriété n'est pas naturelle.

Parce que l'évolution a retenu des mécanismes qui incitent à rechercher sans cesse le plaisir, comme en procure l'obtention d'un bien désiré.

Pourrait-on bâtir une économie sobre, produisant peu, consommant peu, sans risque de chaos économique et social ?

 

 

Le réchauffement climatique progresse, les ressources de la planète s'épuisent...

On tente de répondre à ces menaces par des moyens techniques – énergies renouvelables, isolation thermique, efficacité énergétique, etc. Ils ne suffisent pas.

Nous avons su relever les défis passés, les famines, les pestes, etc. car il s'agissait de problèmes techniques, extérieurs à nous. Mais nous sommes maintenant face à un défi nouveau ; il ne s'agit plus (seulement) de technique, il s'agit aussi de lutter contre nous-mêmes, contre nos excès, de changer nos modes de vie ; il s'agit de cesser de rêver d'une nouvelle voiture encore plus suréquipée, ou de ne pas renouveler sa garde robe toutes les quatre saisons.

C'est plus difficile que de faire isoler des combles.

Pour avoir quelques chances de réussir à changer nos comportements il est nécessaire de mieux en comprendre les origines, en connaître la part innée, difficile à changer, et la part culturelle... difficile à changer aussi.

Il faudrait consommer moins... mais peut-on changer "le fond de l'humaine nature" ?

Quand nous consommons le PIB augmente.

Les émissions de CO2 aussi.

Le PIB a une liaison intime avec les émissions de CO2, et donc avec le réchauffement climatique. Ce n'est pas un secret, elle s'affiche en public ; quantité de selfies les montrent main dans la main, cheek to cheek. En voici un instantané, où la mise au point a été faite sur la crise financière et économique qui a éclaté en 2008 :

croissance durable, décroissance, PIB et émissions de cO2

Source :
d'après http://unstats.un.org/ (United Nations Statistics division) - "GDP, at constant 2005 prices"
et d'après http://www.oecd-ilibrary.org/ - "Emissions of carbon dioxide"
Indice base 100 en 2004 pour les deux variables.

 

• Les émissions de CO2 suivent fidèlement les évolutions du PIB ; quand la consommation augmente, les émissions augmentent, et inversement. Cette liaison est illustrée par la crise de 2008 qui a creusé deux profondes balafres sur les courbes.

La consommation n'est pas CO2-free.

Le pouvoir d'achat, moteur de la consommation, n'est pas CO2-free.

C'est pourquoi les émissions mondiales de CO2 augmentent, dopées par la consommation croissante de populations plus nombreuses et ayant plus de pouvoir d'achat. L'effet du pouvoir d'achat se voit par exemple dans des régions ayant des épisodes de fortes chaleurs – en Chine, en Inde, en Indonésie, etc. Dans ces régions les pouvoirs d'achat augmentent, la demande de climatiseurs (entre autres) augmente, la demande d'électricité augmente, et les émissions de CO2 augmentent (en 2019 l'électricité mondiale était produite à plus de 60 % par des énergies fossiles). Le World Energy Outlook 2017 prévoit et avertit que pour répondre à la demande croissante d'électricité "la Chine doit augmenter ses capacités électriques d'ici 2040 de l'équivalent de l'infrastructure électrique des États-Unis aujourd'hui, et l'Inde d'une capacité équivalente à celle de l'Union Européenne aujourd'hui".

« Le monde va subir une crise du froid »
(Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie) ("The Future of Cooling" - 2018 - Agence Internationale de l’Energie (AIE)).

C'est encore le pouvoir d'achat qui permet d'avoir des logements plus grands, parfois une résidence secondaire, d'avoir plusieurs voitures par ménage, d'acheter de nouveaux vêtements à la mode avant d'user les anciens, ou de gaspiller la nourriture, ou de passer des vacances à l'autre bout du monde ; et c'est encore l'augmentation du pouvoir d'achat qui permet aux pays émergents de consommer de plus en plus de viande.

Les solutions techniques ne suffisent pas, énergies renouvelables ou autres, il faut aussi que chacun s'implique, que ceux qui ont la chance de pouvoir consommer trop... consomment moins. Ce n'est pas gagné. Car tout le monde souhaite que les émissions de CO2 diminuent ; mais personne ne souhaite réduire son train de vie.

C'est pourquoi nous sommes capables de "marcher pour le climat" le matin en réclamant une réduction des émissions de CO2 – et de manifester l'après-midi pour réclamer la croissance... qui augmentera les émissions de CO2 !

... Ça s'appelle de l'inconscience.

Il est vrai que quelques "leaders" donnent l'exemple, promettant à la fois et la croissance et la réduction des émissions de CO2 – le beurre et l'argent du beurre.

"Messieurs et chers électeurs, je vous promets une croissance forte !

Mais aussi je vous promets de réduire le prix de l’essence !

Mais aussi je vous promets de réduire les émissions de CO2 et le réchauffement climatique !"

... Ça s'appelle de la démagogie.

Troquer du pouvoir d'achat contre du temps libre ?

Pour limiter les émissions de CO2 et moins puiser dans les ressources de la terre il faudrait consommer moins.

Mais comment consommer moins si le pouvoir d'achat ne diminue pas ?

Consommer moins en économisant ? La consommation ne sera que retardée.

Faire des dons ? La consommation sera faite par d'autres.

Cacher son argent sous le matelas ? Il sera découvert un jour ou l'autre.

Le pouvoir d'achat est fait pour ça, pour être consommé, tôt ou tard, transformé en biens ou services, par nous, nos héritiers, ou à défaut par quelque brave personne dévouée de bonne volonté, on trouvera facilement des volontaires. (Voir sur ce site Les économies n'existent pas ; le pouvoir d'achat sera dépensé tôt ou tard)

C'est-à-dire que pour consommer moins il n'y a pas d'autre façon que de disposer de moins de pouvoir d'achat (dans les pays développés). Ce n'est pas une perspective très sexy. Aucun parti n'oserait proposer "Nous vous promettons de gagner moins, d’avoir des voitures plus petites… votez pour nous." ! Déroute électorale garantie !

... A moins peut-être de proposer un troc ?

"Nous vous promettons de gagner moins, d’avoir des voitures plus petites… mais aussi de travailler moins… votez pour nous." !

Proposer une réduction du pouvoir d'achat contre une autre richesse, contre du temps libre. Moins de pouvoir d'achat mais plus de temps pour la passion, l'émotion, l’échange, le sexe, plus d’appétit de connaissance, de soi, des autres, du monde, du présent, du passé, du futur. Moins de vêtements à la mode contre plus de temps pour enfin lire tous ces livres que nous avons achetés et à peine ouverts ; et pour en discuter avec d'autres. Plus pauvre en objets mais plus riche en qualité de vie ; plus de liens et non plus de biens ; croître en sagesse plus qu'en richesse...

Le problème est que pour souhaiter croître en sagesse plus qu'en richesse il faut déjà avoir acquis un minimum de richesse, ce qui écarte les pauvres et émergents.

Et pour souhaiter croître en sagesse plus qu'en richesse il faut avoir déjà acquis un minimum de sagesse... ce qui écarte encore beaucoup d'autres participants éventuels à la réduction du pouvoir d'achat.

Il est vrai que nous aimons le temps libre, le dolce far niente, et nous le chantons : « Le travail c'est la santé, ne rien faire, c'est la conserver… » ; mais combien de temps sans rien faire ? Un moment, ça va, mais deux moments ? Le problème est qu'avec moins de pouvoir d'achat il peut être difficile de meubler les heures de loisir, qui peuvent devenir des heures d'ennui. Pascal déjà avait compris que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » ; il est vrai que seuls les moines et les prisonniers en sont capables. Et cela, explique Pascal, parce que nous avons besoin d’oublier « le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près ». De sorte que pour oublier il nous faut nous agiter, bouger, nous divertir – ou même travailler, le travail étant un divertissement, au sens où il nous distrait de penser à notre condition souffrante et mortelle. Combien de travailleurs font mine d’attendre la retraite avec impatience… mais la redoutent aussi.

« Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin. [...] Travaillons sans raisonner, c'est le seul moyen de rendre la vie supportable. » (Voltaire - Candide).

Nous sommes accros à la consommation

Pour l'instant on ne voit pas que les populations seraient massivement prêtes à troquer du pouvoir d'achat contre du temps libre. Parce que cela implique de consommer moins, être sobre.

Sommes-nous capables d'être sobres ?

Observons le passé pour avoir des éléments de réponse. (« Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé. Créés par les hommes animés des mêmes passions, [les mêmes] événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats. » (Nicolas Machiavel))

 

Le passé montre que jusqu'à ce jour les hommes n'ont jamais été sobres – sauf les pauvres évidemment.

Partout et toujours, lorsqu'ils en avaient les moyens, les puissants ont consommé à outrance, nourriture, sexe, apparat, luxe (et guerre, qui était un passe-temps comme un autre pour les seigneurs). Tout ce qui était disponible était transformé tout de suite en parures, ripailles, fêtes, châteaux, armes... On a vu la débauche de luxe dans les tombes des pharaons, dans les palais et les orgies de la Rome antique, chez les satrapes de Perse, chez les papes de la Renaissance, chez les maharadjas en Inde, dans les cours royales et princières [0], dans le faste de la cour de l'Empereur de Chine, qui éblouit tant Marco Polo [1]. Même l’âge de la pierre avait déjà son luxe, les tombes "princières" en témoignent, contenant des objets précieux pour l'époque.

Nous sommes les frères – et les soeurs – de ces princes princesses et maharajas, nous avons les mêmes envies de luxe et de superflu [2] qu'eux, il ne nous manque que leur compte en banque. On critique la société de consommation "moderne" ; mais l'envie de consommer n'est pas moderne, elle a toujours existé, elle est vieille comme l'humanité, c'est ce que dit l'histoire. Ce qui est moderne ce n'est pas l'envie de consommer, c'est que maintenant des milliards de moteurs, actionnés directement ou indirectement par des énergies fossiles, peuvent satisfaire un peu de milliards d'envies ; ces milliards de peu font quand même énormément plus que le luxe extravagant de quelques puissants autrefois.

Tout au long de l'histoire des "lois somptuaires" ont tenté de canaliser les débauches de consommation. En 215 avant J.C. la loi Oppia restreignait à Rome la parure et le luxe des femmes et… l’usage des "deux chevaux" ; la loi défendait "d'aller en voiture traînée de deux chevaux, à Rome et dans les environs, à la distance de deux mille pas".

Aujourd'hui on propose de limiter l’usage, non des "deux chevaux", mais des 4X4. Sans succès. Rares sont ceux qui restent sobres alors qu'ils ont les moyens de "s'éclater".

Au contraire les sobres, on les traite de radins, on s'en moque ; voyez Harpagon, champion de la spécialité, des siècles après on en rigole encore !

Ce petit survol permet de prendre conscience que les racines de la surconsommation sont profondes, qu'il ne suffira pas de bonnes paroles, de sermons, pour que les hommes cessent de rêver d'avoir encore plus que le suffisant qu'ils ont déjà. Les constructeurs de SUV ont encore de beaux jours devant eux.

Peut-on changer "le fond de l'humaine nature" ?

Toutes les religions d'hier et d'aujourd'hui ont perçu cette propension à consommer sans limites, l'ont condamnée. Elles ont sermonné les hommes, pour qu'ils ne se laissent plus aller à ces instincts, pour qu'ils changent de comportements, elles ont même inventé de multiples artifices pour les combattre : carêmes, ramadans, jours maigres, jeûnes, ordres mendiants, ermites, ascétisme... sans succès. Les régimes alimentaires au printemps pour se préparer à affronter la plage en maillot de bain sont plus efficaces que les carêmes pour modérer les excès de table.

Pour donner de parfaits exemples de sobriété, les religions ont inventé les moines ermites du désert, ces bienheureux qui vivent du vent du sable et de la rosée du matin. Ils sont rares aujourd'hui, c'est une espèce en voie de disparition, on n’en rencontre presque plus dans le désert.

Des ermites de ville ont pris la relève ; il s'agit de quelques écologistes qui passent réellement de l'idée de sobriété à l'acte. Ils tentent eux aussi de vivre comme des moines – ou presque. Mais leur vocation ne va pas jusqu'à l’ascèse surhumaine de saint François, leur saint patron [3], qui avait épousé « Madame la pauvreté », qui vécut de rien, et en mourut. Ils sont eux aussi une espèce rare, trop peu nombreux pour changer l'avenir de la planète.

D'autant plus que ces ermites nouveaux ont un gros problème : convaincre leurs proches, leur conjoint, leurs enfants, leurs ados surtout !, de vivre eux aussi comme des moines – dans la joie et la bonne humeur ; ce n’est pas gagné ! En face il y a la concurrence du téléphone portable, des vêtements à la mode, du deux-roues super-génial [4].

Les sages aussi nous ont donné leurs conseils. Diogène en son tonneau, ou Lao-Tseu, vers 600 av. J.C. qui disait déjà : « Celui qui sait se contenter de peu est toujours satisfait. ». Lucrèce confirmait : « Vivons content de peu car de ce peu jamais il n'y a disette. »

Les Soviétiques avaient essayé de mettre en oeuvre ces bonnes paroles. Ils avaient bien vu que l'homme actuel ne se contente pas de peu. Alors ils ont entrepris de créer cet "homme nouveau" qui se contenterait de ce peu dont jamais il n'y a disette. Il espéraient réussir avec de beaux discours. Ça n'a pas marché ; ni avec de beaux discours, ni par d'autres moyens plus énergiques.

Les sages, les saints, les militants, prêchent les vertus de la sobriété. Mais ces belles paroles concernent les sages, les saints, les militants, pas le commun des mortels. Rares sont ceux qui sont prêts à cocufier saint François en le trompant avec « Madame la pauvreté », son épouse spirituelle.

Même dans la forêt de Mowgli on connaissait tous ces conseils et Baloo le chantait :

Il en faut peu pour être heureux

Vraiment très peu pour être heureux

Il faut se satisfaire du nécessaire

Un peu d'eau fraîche et de verdure

Que nous prodigue la nature

Quelques rayons de miel et de soleil.

 

La sobriété n'est pas naturelle

"Il en faut peu pour être heureux"... et pourtant nous sommes éternellement insatisfaits du peu que nous avons, nous réclamons toujours plus, plus de salaire, de pouvoir d'achat, et la sobriété de l'ermite ne nous semble pas naturelle. Elle ne nous semble pas naturelle... parce qu'en effet elle ne l'est pas ! On a découvert que la sobriété est contre nature. Parce que la nature, l'évolution, nous a légué des mécanismes chimiques dans le cerveau qui incitent aux comportements qui produisent de la dopamine, la molécule du plaisir immédiat. Ils sont évidemment nécessaires, si manger ne donnait pas de plaisir on dépérirait. Mais ils peuvent aussi être nuisibles, conduisant à rechercher sans cesse le plaisir, conduisant à l'addiction [5].

Le cerveau s'est construit peu à peu au fil de l'évolution, empilant couche après couche les nouveautés sur les couches plus anciennes. Le vieux cerveau primitif des besoins et des désirs est toujours présent, toujours nécessaire, toujours actif en dessous de la dernière nouveauté, le cortex préfrontal. L'évolution n'a pas su raccorder parfaitement ces différentes couches, il y a des combats, des tempêtes sous un crâne. Le cortex préfrontal tente plus ou moins activement de contrôler les désirs qui montent des couches plus anciennes [5-1], il résiste avec plus ou moins de succès aux automatismes primaires de recherche du plaisir. Les religions, les sages, les philosophes, ont depuis longtemps identifié ces luttes internes et en ont bâti diverses théories – la lutte du bien et du mal, des anges et des démons, du corps matériel et de l'âme...

L'évolution a fait de nous des éternels insatisfaits. La réalisation d'un désir entraîne la production de dopamine, l'hormone du plaisir immédiat ; le plaisir cesse dès que le désir est satisfait ; ce qui déclenche la recherche d'un nouveau plaisir par la satisfaction d'un nouveau désir d'une nouvelle chose que nous n'avons pas encore.

« Tant que demeure éloigné l'objet de nos désirs, il nous semble supérieur à tout le reste ; est-il à nous que nous désirons autre chose." » (Lucrèce)

Comme une drogue ; la dose prise l'effet passe, le désir revient.

Nous sommes shootés à la consommation, au "toujours plus".

C'est pourquoi les conseils des saints et des sages sont si peu suivis.

C'est pourquoi tous les gouvernements du monde courent après la croissance, pour nous fournir notre dose.

 

Peut-on se désintoxiquer ? La cure sera difficile, parce que ces comportements ont des racines profondes, dans nos gènes. Ces comportements étaient adaptés aux temps où l'avenir était toujours incertain, la nourriture jamais assurée, où vivre était d'abord survivre. L'évolution a sélectionné bêtes et hommes qui consommaient leurs proies sans retenue, tout de suite, quand la chasse avait été bonne. Ils se gavaient. Cette adaptation permettait de constituer des réserves de graisse pour résister aux jours sans gibier et aux mois d'hivers. Ne survivaient que ceux qui s'étaient gavés auparavant. Survivre, c'est la base pour le contrôle qualité de la sélection naturelle ; c'est pourquoi les comportements de gavage, qui permettaient de survivre, ont été retenus.

En ces temps anciens de nourriture rare, la sélection naturelle a retenu des comportements court-termistes – la recherche du plaisir immédiat, la gloutonnerie. La surprise est qu'ils ont eu un effet bénéfique sur le long terme, en permettant la survie des espèces. On va voir que ces comportements sont maintenant devenus une menace.

 

Les mécanismes court-termistes fonctionnent encore, nous en avons hérité, transposés au monde de maintenant. La recherche du maximum de nourriture est devenue la recherche du maximum de pouvoir d'achat, c'est pourquoi les employés demandent des augmentations de salaire, c'est pourquoi les patrons les refusent. Le contraire serait surprenant, suspect ; imaginons que notre patron nous appelle dans son bureau et nous reçoive tout sourire :

- Je vous en prie, Monsieur LeChanceux, asseyez-vous, j'ai une excellente nouvelle à vous annoncer.

- Oui ?

- Je vous annonce que vous allez être augmenté.

- Ah ! Merci patron ; c'est sympa de votre part, mais ce n'est pas la peine ; j’ai justement relu Lucrèce hier soir, il m’a convaincu, je me contente de ce peu dont jamais il n'y a disette.

Le problème est que l'on risque de vexer son patron, ce qui n’est jamais souhaitable. Peut-être même nous demandera-t-il, inquiet, si nous allons bien, si nous ne sommes pas surmenés, si nous n’avons pas besoin d’aller voir un bon médecin… Parce qu’il faut bien le reconnaître, refuser un pouvoir d’achat supplémentaire est tout simplement suspect ; c’est un signe d’anomalie, de dérèglement, de maladie – même si ce n’est pas encore pris en charge par la sécurité sociale.

Ce qui est remarquable n'est pas que ceux qui ont de petits salaires réclament des augmentations... c'est que ceux qui ont de gros salaires en réclament aussi ! C'est-à-dire qu'on ne demande pas d'augmentation de salaire parce qu'on est dans le besoin, parce qu'on n'a pas de quoi se nourrir par exemple ; on le demande naturellement, automatiquement, parce que nous sommes toujours en recherche de dopamine, de nouveaux plaisirs, même superflus.

Il faut tenir compte des comportements hérités de la savane, de notre passé de chasseurs-cueilleurs, lorsque l'on prétend proposer des "solutions" pour limiter la surconsommation sur la planète. Sinon, les recommandations pontifiantes, les voeux pieux que nous entendons tous les jours n'ont pas d'effet.

"Il suffirait que les hommes soient sobres" (les femmes aussi)...

... Oui, mais ils ne le sont pas !

La bataille est-elle perdue ? C'est seulement en tenant compte des pesanteurs de la nature humaine qu'il sera peut-être possible de trouver des moyens de les contourner ; sinon, nous risquons en effet de perdre la bataille.

« Les coutumes et les vêtements des hommes changeront,

mais point leurs travers ni le fond de l'humaine nature »

Prix Nobel avec félicitations du jury au sage, ou au philosophe, au psy, qui saurait faire découvrir aux populations que la consommation ne fait pas le bonheur.

Nous somme des inadaptés

La nature a sélectionné des mécanismes pour la survie des chasseurs-cueilleurs : nous en avons hérité. Mais la nature a oublié de réguler ces mécanismes, de sorte qu'ils ne sont plus adaptés aux nouvelles conditions d'aujourd'hui. L'évolution n'avait pas prévu qu'un jour la gloutonnerie ne serait plus nécessaire pour survivre à une période de pénurie, de chasse bredouille. Pourtant, ce jour est venu, il n'y a plus ou presque de pénurie ; mais l'instinct glouton est demeuré.

« L'instinct qui nous pousse à engloutir des aliments très caloriques est profondément inscrit dans nos gènes. Nous pouvons bien habiter aujourd'hui de grands immeubles équipés de réfrigérateurs pleins à craquer, notre ADN croit encore que nous sommes dans la savane. » (Yuval Noah Harari)

Autrefois la chasse produisait peu, les paysans produisaient peu, les artisans produisaient peu.

Tout a changé. Les techniques permettent maintenant de produire une abondance sans commune mesure avec ce que les chasseurs-cueilleurs pouvaient rapporter, même des meilleures chasses. L'instinct glouton peut maintenant s'exprimer presque sans frein, c'est pourquoi, on observe aujourd'hui une épidémie mondiale d'obésité. On mourait autrefois de faim, on meurt maintenant d'obésité, parce que nous ne sommes pas adaptés à ce monde d'abondance. Nous sommes comme nos animaux de compagnie qui deviennent obèses lorsque leur maître n'intervient pas pour limiter leur ration, simulant ainsi les limitations d'une chasse peu fructueuse. Mais nous, nous n'avons pas de maître pour réguler le tas de croquettes dans nos propres assiettes. Longtemps le régulateur fut la rareté de la nourriture, aujourd'hui ça ne fonctionne plus, la nourriture est abondante... et nous devenons obèses.

Nous ne sommes pas adaptés à ce monde d'abondance facile.

La planète non plus, dont les ressources surexploitées s'épuisent.

L'évolution a sélectionné ceux qui consommaient "au maximum".

Mais le maximum n'est plus ce qu'il était.

Maintenant "au maximum" signifie "obésité" pour nous, et "épuisement des ressources" pour la terre.

Sobriété, décroissance, chômage

Même les non-pratiquants ont une bonne image de la sobriété ; l'image de la sagesse, de la maîtrise des désirs. Mais cette bonne image ne suffit pas à susciter des vocations nombreuses, rares sont ceux qui renoncent à la satanique société de consommation et à ses oeuvres.

Les économistes, eux, sont plus réservés ; ils craignent un enchaînement de conséquences conduisant au chaos.

Sobriété = moins de consommation = moins de production = décroissance = compétition = faillites des plus faibles = qui entraînent faillite des autres = effondrement de l’économie = chômage à bord du navire-planète.

Nous sommes condamnés à naviguer entre deux écueils :

Décroissance à tribord ► chômage ► chaos économique et social.

Croissance à babord ► épuisement des ressources et réchauffement climatique ► chaos économique et social.

Les remous gigantesques de la décroissance épouvantent les passagers autant que les officiers sur la passerelle. Tous refusent de s’en approcher, parce que tout le monde sait que personne ne sait les bonnes manœuvres pour les contourner, et aucun capitaine n'est prêt à s'aventurer le premier par crainte que les autres bateaux profitent de ses tâtonnements pour le dépasser.

La sobriété, c'est consommer moins... c'est donc moins de production... donc moins de travail. Travailler moins, avoir plus de temps libre, ce serait bien... dans un monde idéal ; dans un monde idéal où le travail et le temps libre seraient idéalement partagés. Mais dans la réalité, qui accepte de partager ?

Pour rompre le lien entre sobriété et chômage il faudrait inventer – et réussir à faire accepter – un autre monde, un monde de partage ; non pas celui où des travailleurs surmenés, épuisés, au bord du burn-out, côtoieraient des chômeurs angoissés, mais un monde où le travail et les revenus seraient partagés ; tous travailleraient, mais moins, tous gagneraient, mais moins, tous achèteraient, mais moins. L'idéal soviétique.

La vie est compétition

Mais les hommes, la vie plus généralement, ne sont pas partageurs. La vie est le plus souvent compétition, dans les relations entre personnes, entre entreprises (on appelle ça la concurrence), entre états (on appelle ça la guerre) (reconnaître cette compétition n'est pas en faire l'éloge). La compétition animait les hommes de la tribu au temps de la loi du plus fort, pour conquérir le pouvoir et les femelles [6]. Les archéologues ont retrouvé des traces de massacres entre chasseurs-cueilleurs. Les historiens notent que globalement les violences diminuent à mesure que l'histoire avance, mais la compétition demeure, elle anime encore le jeune cadre, impatient de se lever le matin, impatient de se faire valoir à ses yeux et aux yeux des autres, impatient de s'imposer, de gravir les échelons du pouvoir dans son entreprise, impatient de prestige. C'est le même instinct qui se fait entendre lors du brame du cerf pour conquérir une harde. Chacun s'active pour dépasser les autres, pour avoir la plus belle voiture, les plus belles cornes (pour les cerfs).

Quelle entreprise accepterait librement de ne pas utiliser au maximum ses moyens de production pour partager le marché avec ses concurrentes ? Quel employé accepterait de partager son travail et son salaire pour les répartir entre tous ? Partager le travail peut-être, mais le salaire... [7]
Le monde bisounours de libre partage sans compétition n'existe pas, ni dans le monde des entreprises ni dans celui des employés.

Les belles idées de partage, de mise en commun, qui étaient celles du communisme avant qu'il devienne soviétique, n'ont pas résisté à la confrontation avec la réalité ; voyez ce que les hommes en ont fait ! On a voulu plier la nature humaine à la sobriété ; elle n'a pas plié. On a voulu créer un homme nouveau, on a créé des goulags.

Quel que soit le système, le résultat sera ce que les hommes en feront ; le vrai changement serait que les hommes changent ; on n'en voit pas le début.

Organiser la décroissance aujourd'hui, c'est construire une économie nouvelle, mais avec des hommes anciens. Ce n'est pas seulement un problème d'économie, c'est aussi un problème humain, de désirs, de recherche du plaisir immédiat, de compétition, de pulsions qui datent du temps des chasseurs-cueilleurs et même de nos ancêtres animaux.
Si on ignore le facteur humain on ne peut pas comprendre les raisons de l'état du monde aujourd'hui, et encore moins imaginer les voies pour qu'il s'améliore.

La "pauvreté ressentie"

Nous voulons être riches, mais surtout plus riche que le collègue ou le voisin. Et nous sommes frustrés lorsque notre beau-frère réussit mieux que nous.

La frustration se ressent particulièrement dans les pays pauvres aujourd'hui, où les moyens de communication, la télévision, les touristes qui passent, permettent de se comparer à l'opulence des pays développés aussi lointains qu'ils soient – et pas seulement à son beau-frère et à ses voisins. Il en résulte une sensation de "pauvreté ressentie" que les statistiques économiques ne connaissent pas. La pauvreté absolue, celle de ne même pas pouvoir se nourrir suffisamment, a pratiquement disparu ; mais la pauvreté relative, celle qui se ressent par comparaison à d'autres plus privilégiés, augmente.

 

 

[0] « Les aristocrates, les membres du haut clergé, les princes, les rois ou les riches marchands achètent de l'écureuil [le vair], de l'hermine, du renard, de la belette blanche, de la loutre, du castor, et font venir des forêt plus froides de l'Europe centrale des zibelines. Pour une houppelande, il faut jusqu'à 2 250 peaux d'écureuil ou 500 peaux de zibeline. Quand les princes ou les rois habillent leur "maison" [leurs familiers], ils peuvent acheter, à l'instar du roi de France, sur six mois en 1322... un million de peaux fines. » (Le Moyen Âge - Madeleine Michaud – Eyrolles)

[1] Rare exception, les Mongols de Gengis Khan. L'idéal d’herbe et de vent de Gengis Khan est un vrai manifeste de sobriété écologique : « Je veux instaurer partout le calme d'un cimetière, ôter les villes du plateau de l'Univers, afin que s'étendent partout des steppes infinies où paîtront les chevaux mongols, où se dresseront des campements silencieux, où les mongoles aux poitrines pleines nourriront de leur lait des enfants forts et joyeux. »
  Lorsque Houlagou, petit-fils de Gengis Khan, prit Bagdad en 1258, il fut choqué en découvrant les richesses du palais du calife. Pour convaincre le calife de la vanité de ce luxe, on raconte qu'il le fit enfermer dans une pièce, avec tous ses immenses trésors.
Le calife mourut de faim, convaincu.

[2] On critique parfois le "luxe tapageur"... Ce qui est critiqué c'est le tapage, pas le luxe.

[3] En 1979, Jean Paul II proclama saint François d’Assise patron céleste des écologistes.

[4] Les ados ! Ce fut le grand problème d’Harpagon, champion des économies de consommation, écologiste émérite avant l’heure : il avait des enfants adolescents, qui voulaient bêtement vivre, consommer, s'éclater, comme les autres enfants du siècle.

[5] À lire : Le bug humain - Sébastien Bohler.

[5-1] Avec des dérives, le contrôle devenant obsessionnel comme dans le cas des ascètes, ermites, stylites, fakirs, flagellants, les vœux monastiques de pauvreté et chasteté, etc.

[6] C'est ainsi chez les cerfs, mais pas seulement. Rappelons cette histoire des premiers romains organisant une machination pour enlever les femmes de la ville voisine, les Sabines ; et que toujours les femmes eurent le "privilège" d'être le butin le plus précieux.

[7] Si les individus ne sont pas spontanément enclins au partage, les gouvernements ne pourraient-ils pas créer des conditions favorables ? La France a fait une expérience en fixant la durée légale du travail à 35 heures par semaine, espérant que plus de travailleurs pourraient se partager le gâteau du travail, la part de chacun étant un peu plus petite. Avec des résultats discutés.

 

 
 
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Le facteur humain

Surpopulation - ressources
Une transition démographique est en cours ;
La population était régulée par la famine ;
Elle est maintenant régulée par l'éducation, les systèmes sociaux, la pilule.

La croissance durable… une grenouille plus grosse que la planète
Une croissance, qu'elle qu'elle soit, c'est laisser à nos enfants une planète sans ressources, mines et puits vides, forêts rasées.
La plus belle planète du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

Il faudrait consommer moins, mais peut-on changer "le fond de l'humaine nature" ?
Il faudrait consommer moins, être sobres.
Mais l'évolution n'a pas sélectionné la sobriété, elle n'est pas naturelle.
Pouvons-nous devenir sobres ?
Pourrait-on bâtir une économie sobre, produisant peu, consommant peu, sans risque de chaos économique et social ?

Économiser, partager, consommer autrement, ne suffit pas !
Les économies n'existent pas !
Économiser ce n'est que reculer pour mieux dépenser.
la consommation n'est limitée que par le pouvoir d'achat.
L'illusion de l’éducation et de la "prise de conscience".

Les petits gestes pour sauver la planète
... Ont de petits effets !

Réchauffement climatique, énergies renouvelables, économies d'énergie...

Peut-on échapper au réchauffement climatique ?
Les émissions de CO2 croissent.
Les gouvernements peuvent-ils changer les choses, ou nous-mêmes ?
Le CO2 demain viendra surtout des pays émergents.

Énergie, réchauffement climatique, croissance des pays émergents
Peut-on à la fois réduire le réchauffement climatique, et demander de la croissance, et répondre aux besoins d'énergie et de développement des pays pauvres et émergents ?

La voiture électrique est-elle un bon cheval?
La voiture électrique : le CO2 vient de la centrale électrique.
En France, grâce à son électricité nucléaire bas carbone, une voiture électrique moyenne économise du CO2. Pas en Allemagne.
On a raison de soutenir la voiture électrique en France. À condition d'être cohérent en soutenant aussi la production électrique nucléaire.

Énergie, transition énergétique, énergies renouvelables, sortir du nucléaire, charbon...

La transition énergétique : sortir du réchauffement climatique, ou sortir du nucléaire ?
Quelle est la priorité ?
Peut-on sortir du nucléaire et en même temps sortir du réchauffement climatique ?
L'échec de la transition énergétique en Allemagne : les émissions de CO2 ne baissent pas.

Les énergies renouvelables peuvent-elles remplacer les énergies fossiles à elles seules ?
Les énergies renouvelables croissent...
... mais moins vite que la demande d'énergie !
C'est pourquoi la consommation d'énergies fossiles augmente encore.

Les énergies renouvelables peuvent-elles fournir un mix électrique 100% renouvelable ?
Avec quelles contraintes pour l'environnement ?
Avec quelles contraintes pour les consommateurs ?

Nos très chères énergies renouvelables
Le vent et le soleil sont gratuits...
... mais l'électricité de vent et de soleil doit être subventionnée.

L'énergie de demain
Y a-t-il une vie après le pétrole ?
Oui, il restera encore du charbon.
Et le peu dont sont capables les énergies renouvelables.

Dangers des énergies – renouvelables, nucléaire, charbon...
Le nucléaire est dangereux... à peu près autant que les énergies renouvelables, accidents nucléaires inclus.
... et moins dangereux que le feu de bois !

Les déchets nucléaires ? ... Le vrai problème c'est le déchet CO2
Les pires déchets ne sont pas les déchets nucléaires, ce sont les milliards de tonnes de CO2 relâchées dans l'atmosphère, cause du réchauffement climatique.

Urgence alimentaire, agriculture bio, pesticides, OGM...

L'agriculture biologique pourrait-elle nourrir toute l'humanité à venir – sans déforestation ?
L'agriculture bio, de faible rendement, nécessite beaucoup de terre.
Mais la terre manque.
L'agriculture bio pourrait-elle nourrir toute l'humanité ?
  Oui.
L'agriculture bio peut-elle nourrir toute l'humanité sans conditions et sans déforestation ?
  Non.

Pour nourrir les hommes et sauver la forêt il faut augmenter les rendements agricoles.
La population augmente... il faut produire plus de nourriture.
Mais la terre agricole rétrécit, mangée par l'asphalte et le béton.
Il faut donc créer des variétés plus performantes et augmenter les rendements agricoles...
Sinon il faudra piocher de nouvelles terres dans ce qui reste de forêt tropicale.
C'est déjà commencé.

L'agriculture biologique utilise des pesticides
Le pyrèthre, pesticide bio, est dangereux pour les utilisateurs, pour la faune aquatique, pour la faune terrestre, pour les abeilles...
... Qui dit pire ?

Les pesticides sont dangereux... mais présentent peu de risques.
Ils présentent moins de risque que la sédentarité.
Ils sont nécessaires pour nourrir le monde.
Les agriculteurs, qui sont mille fois plus exposés aux pesticides que les simples consommateurs, ont globalement une espérance de vie supérieure à la moyenne du fait d’une sous-mortalité par cancer en général…

Les OGM Bt réduisent l'utilisation des insecticides...
Veut-on moins d'insecticides ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.
Veut-on protéger les abeilles et la biodiversité ? Alors il faut être réaliste et développer les OGM Bt.

La viande rouge n'est pas verte
Le défi alimentaire pourrait peut-être être résolu si les hommes étaient des homo-ecologicus-no-gaspillus, ne gaspillant pas, mangeant peu de viande.
... Mais ces hommes-là n'existent pas.

Agriculture bio et biocarburants
Agriculture bio et biocarburants consomment trop de terre,
entraînent plus de difficultés pour nourrir toute l'humanité,
et la dispariton de la forêt.

OGM, des variétés naturelles comme les autres, en mieux
Les nouvelles variétés "naturelles" contiennent naturellement des pesticides naturels.
Les nouvelles variétés dites "naturelles" contiennent des gènes inconnus, aux effets inconnus.
... Mais enfin, les OGM vinrent !

Lobbying, désinformation, préjugés...

Greenpeace, une multinationale du lobbying
Le lobbying économique existe, mais aussi le lobbying idéologique.

"OGM j'en veux pas", une nouvelle religion ?

Le mythe du naturel...
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose...

Le mythe du "bon" vieux temps
La planète bleue n'était pas verte, la vie n'était pas rose... 
C'était le temps des disettes, famines, de la mort infantile, d'une espérance de vie courte.

Qui veut troquer un seul aujourd'hui contre deux hier ?
Avons-nous perdu au change ?

La nature et les hommes
Le mythe du bon sauvage respectueux de la nature.

Le mythe du naturel...
La nature invente virus et épidémies ; l'homme invente les vaccins.
La nature invente les pestes qui ravagent les cultures ; l'homme invente les pesticides.



 


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Mise à jour : 11 juin 2021