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Agriculture bio, pesticides et OGM. Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?

 

 

Nourrir l'humanité : vers de nouvelles agricultures ?

Article premier, il faut nourrir l'humanité, toute l'humanité même les pays pauvres, et mettre fin aux famines.

Article second, il faut se préparer à nourrir plus de neuf milliards de Terriens.

L’agriculture conventionnelle a rempli l'article premier du contrat, elle a fait le job, les famines ont en grande partie disparu. Bravo !

Mais, l’agriculture conventionnelle n'est pas exempte d'effets indésirables, comme peuvent en avoir les vrais médicaments (les médicaments homéopathiques n'ont pas d'effet, même pas d'effets indésirables). Elle utilise des pesticides qu'une propagande lancinante accuse de tous les maux de la terre. Mais, aucun autre type d'agriculture ne prétend ne pas en utiliser. Si c'était le cas, ce serait ignorance ou mensonge.

L'agriculture bio tente de faire croire qu'elle n'utilise pas de pesticide, beaucoup de consommateurs s'y laissent prendre. C'est seulement tout en bas du contrat, en petits caractères, que l'on découvre qu'en effet, dogmatiquement, elle n'utilise pas de pesticides de synthèse ; mais que d'un autre côté elle s'autorise tous les poisons de la chimie de la vie, ils sont innombrables et particulièrement toxiques, ce sont même les pires armes de guerre possibles. En outre, elle a oublié l'article premier : l’objectif de nourrir toute l’humanité a disparu. L'article second aussi.

Pour l'article second les chercheurs s'activent. Ils explorent de nouvelles méthodes agricoles utilisant moins d'artifices, moins d'intrants – avec mesure mais avec réalisme, sans les interdire dogmatiquement. Ils explorent l'agriculture "raisonnée", "intégrée", "de préservation", "l'agro-écologie", "l"éco-agriculture", "la révolution doublement verte", "l'agriculture à haute valeur écologique", "agriculture à haute qualité environnementale", "l'agriculture écologiquement intensive", "l'agro-écologie écosystémique", "l'écologie agronomique", "l'agriculture multi-fonctionnelle" etc. Cette multitude d'appellations ne signifie pas qu'il y a une multitude de solutions, elle signifie au contraire qu'il n'y a pas encore de solution pleinement convaincante, que nous n'en sommes qu'au stade de l'exploration, du tâtonnement.

Il faut également avoir conscience que ces nouvelles agricultures ne sont pas de l'agriculture biologique, une confusion qui se lit assez souvent. Le dogmatisme de l'agriculture bio (pas d'intrants dits"chimiques") a fait ses "preuves", il condamne le bio à de faibles rendements qui ne permettent pas de satisfaire aux deux articles de base énoncés plus haut. Les nouvelles agricultures tentent d'y satisfaire sans dogmatisme. Elles se veulent respectueuses de l'environnement autant que possible, mais ne s'interdisent pas les aides techniques et chimiques quand nécessaire, il suffit de balayer quelques exemples pour s'en rendre compte.

L’agriculture raisonnée tente de réduire le nombre de traitements et les doses appliquées. L'agriculture conventionnelle le fait déjà ! Quel agriculteur serait "non raisonné", au point de jeter son argent à tout va en pesticides pour les épandre inutilement à tout vent ? La difficulté est de trouver la limite, le juste moment pour traiter, avec la juste quantité. L'agriculture raisonnée tente d'apporter des outils pour juger de ce moment, mais ne cache pas les difficultés et les risques. Il faut avoir entendu les agriculteurs pour comprendre l'angoisse de ne pas se tromper, de manquer le bon moment du juste traitement, au risque de perdre une partie de la récolte.

Par ailleurs, l’agriculture raisonnée, ne s’interdit pas de cultiver des OGM.

La production intégrée ne s'interdit pas les pesticides chimiques lorsque c'est nécessaire.

Le programme de la FAO "Produire plus avec moins" accepte « l'emploi judicieux de pesticides » et indique que « les engrais organiques ne sont pas toujours disponibles en quantité voulue » et que parfois, « un recours complémentaire aux engrais minéraux est nécessaire ». Ce programme s'appuie également sur de nouvelles variétés, dont des variétés obtenues par mutations induites par rayonnements – ce que les écologistes appellent des "OGM cachés".

On peut lire ici ou là des articles enthousiastes sur telle ou telle nouvelle agriculture. Mais soyons réalistes : si une seule de ces nouvelles agricultures présentait des avantages manifestes, sans difficultés manifestes, pourquoi ne serait-elle pas largement adoptée ? Lorsqu'une solution fonctionne techniquement et économiquement, elle est adoptée. C'est le cas avec les OGM, massivement adoptés par les agriculteurs lorsqu'ils en ont la liberté ; 160 millions d'hectares, cinq fois la surface agricole de la France, sont cultivés en OGM.

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?

Le Grenelle de l’environnement avait demandé de réduire de moitié l'utilisation des pesticides en France d’ici à 2018. Mais... est-ce possible, avec quelles conséquences ? Rue de Grenelle, personne ne se posait des questions aussi bassement terre-à-terre.

Diverses études on été menées par la suite pour tenter de répondre à ces questions bassement terre-à-terre. Le diagramme suivant résume le problème, en montrant les effets de divers modes de production et d'utilisation de pesticides sur les rendements, dans le cas du blé tendre, celui qui fait notre pain quotidien (IFT = "Indice de Fréquence des Traitements").

 

agriculture, rendements, pesticides

Source : D'après Écophyto R&D : Quelles voies pour réduire l'usage des pesticides - synthèse - 2010

 

• Les divers modes de production sont ainsi définis dans ce même document :

- N0 : "Intensif". On assure la production.

- N1 : "Raisonné". On traite selon l'analyse des circonstances. « Il convient toutefois de ne pas sous-estimer les contraintes de mise en œuvre et les risques d'échec »

- N2a : "Intégré". Combinaison de lutte chimique et non chimique, pour une saison.

- Bio : Avec seulement des pesticides bio.

 

L'INRA résume :

« Une baisse de l'ordre du tiers de l'utilisation des pesticides par rapport à 2006 serait atteignable avec des changements significatifs de pratiques, […] mais une baisse de production de 6% serait observée [en grandes cultures]. […]
« Une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides supposerait une nouvelle conception des systèmes de production, avec des effets significatifs sur le niveau de production et les marges ; elle supposerait également des modifications au niveau des filières et des marchés, et des changements profonds s’inscrivant dans la durée. Par exemple, en grandes cultures, cet objectif supposerait d'allonger les rotations et donc d'introduire de nouvelles cultures dans les assolements : le développement de ces cultures de diversification qui sont, à l’heure actuelle, mal valorisées, nécessiterait une adaptation des filières. » (Ecophyto R&D – Quelles voies pour réduire l'usage des pesticides ? – Janvier 2010)

Traduction :

- Oui, c'est possible, on peut réduire de moitié l'utilisation des pesticides, en France ; impossible n'est pas français, surtout pas rue de Grenelle.

- Oui, c'est possible, mais ce serait ni simple ni sans douleur. Il faudrait une nouvelle conception des systèmes de production ; ce serait un casse-tête, mais peut-être faisable. Il faudrait aussi changer les filières et les marchés pour écouler les nouvelles cultures introduites dans les assolements ; ce serait un casse-tête, mais peut-être faisable.

Mais il faudrait aussi que les consommateurs... consomment ces nouveautés ! Qu'ils changent leurs habitudes alimentaires, et prennent goût à ces nouvelles cultures, lentilles, pois chiches, etc.... C'est le vrai problème.

Il n'est pas certain qu'il soit possible de le résoudre en proposant souvent des lentilles dans les cantines scolaires.

- Oui, c'est possible ; mais il y aurait baisse de productionCe n'est pas le meilleur moyen d'affronter le défi alimentaire sur la planète, de se préparer à nourrir neuf milliards de Terriens.

Et avec les OGM ?

Ce travail de l’Inra soulève une autre remarque :

- Le but est de tenter de réduire l’usage des pesticides (en France).

- Il est acquis, on l'a vu, que les OGM Bt résistant à un insecte permettent de réduire l’usage des insecticides. À priori, c’est donc un des éléments de la solution.

- Pourtant, cette possibilité n’est pas envisagée dans le travail de l’INRA. Explication dans le rapport : « L'objectif étant d'identifier des stratégies de protection des cultures applicables dès à présent par les agriculteurs, les solutions proposées n'intègrent pas l’utilisation, entre autres, de variétés génétiquement modifiées. »

Les variétés génétiquement modifiées ne seraient pas applicables dès à présent par les agriculteurs ? ! Alors que les surfaces cultivées en OGM dans le monde sont de 160 millions d’hectares, correspondant à environ cinq fois la superficie totale cultivée en France ? !
Faut-il conclure que le Lobby anti-OGM a fauché non seulement les OGM, mais également toute velléité de recherche et d'étude dans le domaine ?

Mythes et réalité

L’objectif du Grenelle de l'environnement était de réduire de moitié l’utilisation des pesticides d'ici à 2018, en France.

La réalité est plus forte que les mythes, il a fallu se rendre à l'évidence : le recours aux pesticides a crû entre 2009 et 2013. Exit les objectifs du Grenelle.

Mais, les mythes sont indestructibles, ils n'ont pas tardé à resurgir : le ministre Stéphane Le Foll a présenté en janvier 2015 un nouveau plan visant... à réduire de moitié l'usage des pesticides... mais cette fois d’ici 2025 !

... À force d'ignorer les contraintes de la réalité ce petit jeu peut durer longtemps.

 

 

petits gestes pour sauver la planète

 

 
 
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Que la planète bleue soit verte, c'est urgent !

Mais il ne faut pas trop rêver, les recettes vertes ne suffisent pas.
 Le défi énergétique et du réchauffement climatique c'est déjà commencé, c'est urgent, les énergies renouvelables ne suffisent pas.
 Le défi alimentaire c'est déjà commencé, c'est urgent, l'agriculture biologique ne suffit pas – au contraire.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.
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Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie - Réchauffement climatique - c'est urgent !

Également en version numérique Kindle ou EPUB (Kobo)

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique

Le livre "Changement climatique - Transition énergétique  : C'est urgent !" est le sous-ensemble du livre complet qui traite du problème du réchauffement climatique.


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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L'agriculture bio, de faible rendement, gaspille le premier bien le plus précieux de tous, de plus en plus rare, la terre.  

Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
Sur des étiquettes de pesticides bio :
  Produit "irritant", "nocif", "toxique"... !
  "Ne pas traiter en présence des abeilles"
  "Ce produit peut porter atteinte à la faune auxiliaire"

Les dangers - ou non - des pesticides.
Les agriculteurs, qui manipulent des pesticides à longueur de jour, ont une plus grande espérance de vie et moins de cancers que la population générale.
Les pesticides permettent de nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt.

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Présentation rapide

Nous avons un rêve... que la planète bleue soit verte.

Mais la combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée ; nous serons bientôt neuf milliards.

Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi inventer de nouvelles techniques pour produire plus de baies, plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

C'est urgent.

►L'agriculture biologique peut-elle produire assez de baies pour nourrir les neuf milliards de Terriens que nous serons demain ?

• L'agriculture biologique, de faible rendement, gaspille la ressource la plus précieuse, la terre. Elle aggrave l'urgence alimentaire sur la planète.

• Les pesticides ? Les agriculteurs, particulièrement exposés aux pesticides, ont moins de cancers et vivent plus longtemps que la population générale.

►Les OGM sont plébiscités par les agriculteurs d'Asie, d'Afrique, des Amériques...

• Les OGM demandent moins d'insecticides, économisent la terre par de meilleurs rendements ; ils sont un espoir pour les générations futures.

►Les énergies renouvelables seront-elles le plan B pour prendre la relève du pétrole et du charbon, avant que la planète brûle ?

• Les nouvelles énergies renouvelables croissent moins vite que la consommation d'énergies fossiles ; les ouragans dopés au réchauffement climatique, les sécheresses, les inondations, se multiplient. Les énergies renouvelables ne peuvent pas être le plan B à elles seules.



 

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écologie, réduction de l'utilisation des pesticides, OGM Bt

 

Mise à jour : 22 mai 2018

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