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OGM et Mutagenèse, transgenèse, TIS, NPBT, CRISPR-Cas9

Des mutants dans les assiettes !

On a vu deux types de nouvelles variétés de plantes.

- Les nouvelles variétés dites naturelles, obtenues par croisements plus ou moins artificiels. Ce sont des variétés artificielles, on ne le sait pas assez, elles sont non contrôlées, on ne le sait pas assez.

- Les OGM. Ce sont des variétés artificielles, on le sait, elles sont contrôlées, on ne le sait pas assez.

Il existe un autre mécanisme produisant de nouvelles variétés : les mutations.

Les mutations spontanée sont l'outil à tout faire de la nature, clef à molette et couteau suisse réunis. Elles ont créé la grippe espagnole, mais aussi le riz, tant d'autres fruits et de plantes, on dit même qu'elles auraient créé les hommes.

« Les mutations spontanées sont le moteur «naturel» de l'évolution, et la ressource dans laquelle les sélectionneurs puisent pour acclimater les plantes cultivées et «créer» des variétés améliorées. Sans les mutations, il n'y aurait ni riz, ni maïs, ni autres plantes cultivées. » (FAO)

Ces mutations spontanées surviennent au hasard, sous l'effet de diverses agressions naturelles du génome : par les rayons cosmiques, par les rayonnements ultraviolets du soleil (ceux qui font de si beaux bronzages et des cancers si laids) – ou même par les rayonnements internes de l'organisme, puisque, rappelons-le, les organismes vivants, nous-mêmes, sont naturellement radioactifs (carbone 14 et autres) ; ou encore par agression chimique interne des fameux "radicaux libres". Une mutation, c'est un "bug" dans l'ADN, le programme de la cellule. Le plus souvent, le programme buggué plante, le mutant buggué meurt. Mais si on est patient, un bug chanceux peut créer un mutant qui se révèle un peu meilleur que l'original – par hasard. C'est ainsi que la nature évolue, elle marche au bug ! (On peut imaginer la curiosité des directeurs informatique accablés de bugs coûteux : enfin une histoire de bug profitable !). Mais il faut être vraiment très patient en attendant le bug chanceux, des siècles, des milliers d'années. (Déception des directeurs informatique). La nature, elle, a le temps, elle compte en milliards d’années.

L'agriculture avançait ainsi, au bug, par des mutations naturelles favorables que les agriculteurs avaient le flair de repérer dans les champs, puis sélectionnaient. C'est ainsi qu'entre la téosinte, l'ancêtre du maïs, et le maïs d'aujourd'hui, le poids d'un épi est passé de moins de 1g à plus de 100g. Aucune technologie de pointe n'était nécessaire, mais il fallait donner beaucoup de temps au temps. Mais depuis les années 1940, nous savons accélérer le temps : il n'est plus besoin d'attendre des rayons cosmiques aléatoires, nous savons maintenant produire des rayonnements par nos propres moyens [1]. Depuis plus d'un demi-siècle, de nombreuses nouvelles variétés ont été créées de cette façon, par mutagenèse induite par nos propres rayonnements. Ces variétés nées de nos rayonnements contrôlés seraient-elles moins naturelles que celles qui naissent dans les champs sous l'action des rayonnements ultraviolets naturels et aléatoires du soleil ? (Ces mêmes rayonnement solaires naturel qui sont causes des mutations qui finissent en cancer de la peau.).

Une nouvelle technologie qui existe depuis des milliards d'années !

Les mutations spontanées que les hommes ont su exploiter depuis 10 000 ans n'ont jamais inquiété le moindre écologiste – les écologistes n'existaient pas encore. La mutagenèse induite non plus n'inquiétait pas les écologistes – ils n'en savaient rien ; les mutants ne figuraient même pas au menu du fameux Grenelle de l’environnement. Comme tout le monde, les écologistes avaient vaguement entendu parler de Darwin, de mutation, d'évolution, de sélection naturelle, etc. ; mais ils n'avaient pas réalisé que tout cela n'était pas seulement des chapitres de cours pour lycéens en SVT, "Sciences et Vie de la Terre", ils n'avaient pas réalisé que les mutations existent, on les a vues, on peut même les forcer.

Ils en ont pris conscience vers 2009, avec perplexité, à propos d’une nouvelle variété de tournesol résistant à un herbicide. Une plante qui résiste à un herbicide, rien de neuf sous le soleil, c'est ce que font les plantes OGM Roundup Ready vendues par Monsanto, que chaque Vert considère comme une ennemie personnelle. Mais, surprise !, cette nouvelle variété de tournesol n'avait pas été obtenue par Monsanto, ni par transgenèse, mais par mutagenèse, comme a toujours fait la nature. Bref, c'était une variété naturelle. Quel choc pour José Bové ! Il avait peut-être séché ses cours de SVT, il déclarait qu'il s'agissait d'une « nouvelle technologie ». Une "nouvelle technologie" qui existe depuis des milliards d'années ! Il fallait oser, il a osé. Quant à la mutagenèse induite qui existe depuis 80 ans, c'est aussi nouveau que le rock and roll, le Twist Again, et les pattes d'eph.

Avec le même temps de retard, la Confédération paysanne et autres organisations vertes exigeaient « la réintégration des plantes mutées dans le champ d’application de la législation sur les OGM ». (Communiqué de presse du 20 mai 2009).

Les RE-intégrer ? Mais toutes nos plantes sont nées naturellement de mutations depuis des milliards d'années, et n'ont jamais été intégrées dans aucune législation sur les OGM ! Nous-mêmes, qui nous nous autoproclamons le chef d'œuvre ultime des mutations, dans quelle législation doit-on nous intégrer ?

Les Vandales Volontaires, les faucheurs volontaires, ont du pain sur la planche.
Mais après leur passage, il n’y aura plus de pain sur la table…

Tout ce que nous mangeons résulte de mutations.

Supposons un instant que les vœux de la confédération paysanne soient exaucés. Quelle chance pour les Vandales Volontaires, les faucheurs d'OGM ! Plein emploi garanti pour eux pour les siècles des siècles, sans passer par pôle emploi, ils ne connaîtront pas la crise. Parce que « Établir une liste des variétés de plantes améliorées par mutagénèse reviendrait, à quelques exceptions près, à établir une liste de toutes les variétés de plantes cultivées dans le monde. » (Pr. Graham Schole de l’Université de la Saskatchewan au Canada). Des milliards de champs à faucher ! Bien entendu, il faudrait aussi fermer les rayons et les magasins bio, puisque dans la plupart de leurs produits il y a ces fameux mutants. En 2008, la FAO recensait 2 672 variétés végétales mutantes officiellement diffusées (contre 2 250 en 2000). La précision "officiellement" signifie qu'en réalité, on ne connaît pas précisément la part véritable de ces mutants, puisque, étant considérés comme naturels, ils ne sont soumis à aucune obligation de traçabilité ; ces chiffres correspondent à des déclarations volontaires de la part de producteurs.

Des mutants dans la nature

Il y a "pire" encore : un jour, les faucheurs d'OGM finiront par découvrir qu'il existe aussi des animaux modifiés, des mutants animaux, des insectes qui sont relâchés par milliards dans la nature.
Il s’agit d’insectes utilisés pour lutter contre des nuisibles par la Technique de l’Insecte Stérile, la TIS :

« Cette technique consiste à reproduire des quantités énormes d'insectes cibles dans une "usine" et de stériliser les mâles en les exposant à des doses suffisantes de radiations. […]
La technique a auparavant été utilisée pour éradiquer la lucilie bouchère en Afrique du Nord au début des années 90. […] A l'apogée de l'opération en Afrique du Nord, 40 millions de mouches provenant du Mexique, le seul endroit où il était possible de se les procurer, étaient ainsi lâchées chaque semaine. » (La Technique de l'insecte stérile – Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture)

« Les gouvernements du Guatemala, du Mexique et des États-Unis d’Amérique irradient chaque semaine quelque deux millions de mâles de mouches méditerranéennes des fruits avant de les lâcher dans la nature pour qu’ils s’accouplent. Un autre ravageur, le ver à vis parasite, a ainsi été éradiqué aux États-Unis et dans une grande partie de l’Amérique centrale. » (Guerre aux moustiques – Organisation Mondiale de la santé - 2009)

« Un programme pluriannuel du Gouvernement du Sénégal, [...] est en train d'éradiquer progressivement la mouche tsétsé à l'aide de la 'Technique de l'insecte stérile' (TIS). » (Sénégal : première victoire à l'horizon dans la lutte contre la mouche tsétsé - FAO - janvier 2014)

Avez-vous entendu parler de ces mutants ? Non ? C’est normal, ils ne soulèvent ni commentaire ni alarme, puisqu’ils sont obtenus par le mécanisme naturel de mutations, et sont donc considérés comme naturels. On dit même qu'utiliser ces mutants serait de la lutte biologique !

Avez-vous vu le film "La mouche" cette histoire de mouche géante terrifiante, à la suite d’une manipulation ratée ? Rassurez-vous, c'est un film, ça n’a rien à voir.

Autres techniques

Les techniques progressent rapidement, de plus en plus rapidement puisqu'elles se hissent de plus en plus haut en s'appuyant sur les épaules des techniques précédentes. Par exemple, les NPBT (new plant breeding techniques), dont CRISPR-Cas9, permettent "d'éditer" les gènes facilement, rapidement, précisément, comme les éditeurs de texte permettent d'éditer un texte. Elles permettent des interventions "chirurgicales" précises sur les gènes, de corriger un gène comme on corrige une faute d'orthographe, ou de remplacer un gène par un autre, comme on remplace un mot par un autre.
On peut créer ainsi, rapidement, de nouvelles variétés qui n'ont que leur propre ADN, mais qui a été "édité" : un de leurs propres gènes a été modifié comme il aurait pu être modifié au hasard d'une mutation naturelle. À la différence près que la technique permet une modification limitée, précise, connue. C'est l'équivalent d'une mutation naturelle à la demande, sans attendre des millénaires, et surtout sans les hasards de la nature et leurs risques. La nature, en mieux.

 



[1] Hiroshima, 6 août 1945. Mais on sait aussi produire des rayonnements contrôlés.

Que la planète bleue soit verte, c'est urgent !

Oui, mais les recettes vertes ne suffiront pas.
► Le réchauffement climatique, c'est déjà commencé, c'est urgent.
   Mais les énergies renouvelables ne suffiront pas.
► Le défi alimentaire pour nourrir les sept milliards de Terriens que nous sommes déjà, les neuf milliards que nous serons bientôt, c'est urgent.
   Mais l'agriculture biologique ne suffira pas.


Par Pierre Yves Morvan-Ameslon
Écolo sensible, mais pas écolo-rêveur.
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Les pages de ce site s'inspirent du livre :
Écologie - Réchauffement climatique - c'est urgent !

Également en version numérique Kindle ou EPUB (Kobo)

écologie, réchauffement climatique, ogm, biologique

Le livre "Changement climatique - Transition énergétique  : C'est urgent !" est le sous-ensemble du livre complet qui traite du problème du réchauffement climatique.


Du même auteur :

Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?
Histoire drôle, mais vraie, de la découverte de l’univers, et des environs

Éditions l’Harmattan.
ISBN : 2-7475-2507-4 • 2002 • 512 pages
Découverte de l'univers... et des environs


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Les pesticides bio... des armes chimiques 100 % bio ! 
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  Produit "irritant", "nocif", "toxique"... !
  "Ne pas traiter en présence des abeilles"
  "Ce produit peut porter atteinte à la faune auxiliaire"

Les dangers - ou non - des pesticides.
Les agriculteurs, qui manipulent des pesticides à longueur de jour, ont une plus grande espérance de vie et moins de cancers que la population générale.
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Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?
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Les OGM Bt permettent de réduire l'utilisation des insecticides...
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Alors utilisons des OGM Bt !

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Présentation rapide

Nous avons un rêve... que la planète bleue soit verte.

Mais la combinaison du nombre des Terriens et de leur prospérité constitue un mélange explosif, et la mèche est allumée ; nous serons bientôt neuf milliards.

Quelques bons sauvages cueillant une poignée de baies dans la forêt, c'est fini. Une poignée de baies, ça va, sept milliards de poignées de baies, bonjour les dégâts ! Le monde change, il ne peut plus être du même Vert d'avant, avec seulement les rayons du soleil pour nous réchauffer, les petits oiseaux pour nous enchanter, des baies bio pour nous régaler. La petite maison dans la prairie c'est le passé à jamais, il faut s'adapter.

S'adapter, c'est ne pas gaspiller les baies, économiser l'énergie, mais cela ne suffit pas ! Il faut aussi inventer de nouvelles techniques pour produire plus de baies, plus d'énergie, pour répondre aux énormes besoins des énormes foules des énormes pays pauvres et émergents.

C'est urgent.

L'agriculture biologique peut-elle produire assez de baies pour nourrir l'humanité, toute l'humanité ?

Les disettes et famines étaient courantes autrefois, quand tout le monde mangeait bio.

L'agriculture biologique, de faible rendement, gaspille la ressource la plus précieuse, la terre. Peut-être faudrait-il taxer cette "externalité négative" ?

Les pesticides ? Les agriculteurs, particulièrement exposés aux pesticides, ont moins de cancers et vivent plus longtemps que la population générale.

Les OGM sont plébiscités par les agriculteurs d'Asie, d'Afrique, des Amériques...

Moins d'insecticides, meilleurs rendements... Un espoir pour les générations futures.

Les énergies renouvelables peuvent-elles être le plan B pour prendre la relève du pétrole et du charbon avant que la planète brûle ?

Les nouvelles énergies renouvelables croissent moins vite que la consommation d'énergies fossiles. Elles ne peuvent pas être le plan B à elles seules.

Quelle est la principale menace ? Est-ce le risque d'un accident nucléaire éventuel, local, ou le réchauffement climatique déjà enclenché, global, catastrophique ?

Ouragans, sécheresses, inondations, etc., c'est déjà commencé, ce n'est que le début.

Il est urgent de cesser de pleurer un mythique "bon" vieux temps qui ne fut jamais bon – et d'affronter les redoutables défis de maintenant ; défi alimentaire, défi énergétique et climatique.



 

 

 

Agriculture biologique, pesticides biologiques

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Agriculture biologique, pesticides biologiques, pesticides synthétiques

 

Mise à jour : 04 octobre 2017

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