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Le contre sens sur le lobbying - L'exemple de Greenpeace, une multinationale du lobbying

 

Le principal outil du lobbyisme, ce n'est pas (seulement) des valises de dollars, des cadeaux, des pots-de-vin, c'est surtout la parole.

C'est pourquoi le lobbying idéologique est tout-puissant, car il a la bonne clef, celle des médias. Il suffit de montrer patte et parole verte pour que les portes des télévisions s'ouvrent toutes grandes aux militants, qui répétent jour après jour, inlassablement, leur vérité unique.

Aucun lobbying économique, aucune société multinationale, aussi riche à milliards soit-elle, ne peut espérer lutter contre cette formidable emprise médiatique, qui lave les cerveaux plus vert que vert.

 


 

 

Greenpeace, une multinationale du lobbying !

Avec les meilleures intentions du monde, des défenseurs de la nature soutiennent des propositions qui nous entraînent vers d'autres catastrophes si nous ne réagissons pas.

 

Ils veulent faire interdire tous les pesticides… ignorant les famines d’hier quand tout le monde mangeait bio.

Combien faudrait-il de terres en plus, d'autres planètes en plus, pour nourrir toute l'humanité d'aujourd'hui sans pesticides ?

En attendant d'avoir d'autres planètes sous la main on a déjà commencé à abattre nos forêts, en Amazonie ou ailleurs, pour "gagner" de nouvelles terres à cultiver.

Ils coupent la tête des OGM sur pied… par ignorance du formidable potentiel des biotechnologies, ou par refus a priori.

Ils s'opposent au développement du riz doré, qui peut sauver des millions d'enfants de carence en vitamine A.

Ils veulent des énergies renouvelables – il faut en effet les développer autant que possible. Mais ils veulent seulement des énergies renouvelables – ce qui est une catastrophe, car les énergies renouvelables seules n'ont pas un potentiel suffisant pour relever le défi du réchauffement global.

Ils veulent des biocarburants... qui mangent une part de la terre agricole, que l'on ne peut récupérer qu'en déforestant encore plus.

 

Ces propositions simplistes nous entraînent vers des catastrophes ; pourtant, ce sont elles et les organisations qui les portent qui ont envahi les médias. Peut-être parce qu'elles sont simplistes.

Greenpeace par exemple a su se vendre auprès des médias et du public, qui aiment les contes et les images de petits (mais malins) dans leur petit canot, qui terrassent les gros méchants (et balourds) dans leur gros baleinier [1-0] ; un thème vieux comme l’humanité, et très vendeur. David contre Goliath ; Astérix contre les Romains ; le Petit Poucet contre l’ogre ou le petit agriculteur contre l'ogre Monsanto…

Greenpeace s'est ainsi forgé l'image du chevalier blanc qui défend le peuple des manipulations du "lobbying des grosses sociétés multinationales. En réalité, la vraie manipulation vient de ceux qui, comme Greenpeace, possèdent la bonne clef, celle des médias : ils disposent du soft power, le pouvoir d'influer sur les esprits. La vraie puissance du lobbying est là, elle n'est pas dans les milliards, mais dans la parole.

Lobbying économique, lobbying idéologique

Un lobbyiste est un "agent d'influence". Le mot lobbyiste fait penser d'abord à des manipulateurs qui agissent dans l'ombre pour influencer dans le sens de leurs intérêts économiques. Mais c'est une vue étroite du lobbying, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. La publicité aussi est un agent d'influence, un lobbying qui vient nous influencer jusque dans nos salons via télévision et journaux. Et il y a aussi et surtout tous les agents qui influencent pour des intérêts à taux zéro, qui ne rapportent rien de matériel. Le seul intérêt qu'ils recherchent, mais qui est très puissant pour eux, est "seulement" la diffusion de leurs convictions ; cela aussi est du lobbying, du lobbying idéologique. La défense de la cause animale est un lobbyisme, ou l'opposition à l'avortement ou au nucléaire civil [1-01].

Même un prêtre, un imam, un rabbin, sont des lobbyistes [1-1] ; eux aussi défendent leurs convictions et leurs intérêts, qui ne se comptent pas en euros, mais en âmes conquises. Le Vatican, Jérusalem, La Mecque, en connaissent le taux de change, mais pas la City.

Les organisations telles que Greenpeace, le WWF, etc. sont elles aussi des lobbyistes. Greenpeace se décrit elle-même comme un "agent d'influence", un groupe de pression, à l'échelle d'une multinationale :

« Greenpeace est un réseau d'organisations indépendantes présentes dans 55 pays. […]

Le budget total de Greenpeace était de 346 millions d'euros à fin 2015. » (connaitre greenpeace - vie associative)

« Informations & Pressions […]

Il s'agit ensuite de faire pression sur les décideurs, élus, responsables administratifs ou chefs d'entreprises afin qu'ils prennent mieux en compte ces revendications. […]
Ce travail de lobbying revêt plusieurs aspects : rencontre avec les collaborateurs des cabinets ministériels, participation aux réunions de concertation avec les administrations centrales, informations et débats avec les élus et les partis politiques, participation aux auditions dans le cadre des commissions parlementaires, confrontations avec les dirigeants d'entreprises. » (connaître Greenpeace - valeurs - maintenant sur Web archive)

Bref, Greenpeace est une multinationale du lobbying ! Les militants s'indignent du "lobbying des multinationales""... alors qu'ils sont eux aussi des lobbyistes ! Généralement le public n'y voit aucune contradiction, n'y voit que du feu !

Le taux de change dans l’au-delà

L’argent ? La belle affaire ! Il est vrai que l'intérêt économique est un moteur puissant des actions humaines, souvent de mauvaises actions. Mais l'argent est peu de chose face à d’autres ressorts, bien plus puissants encore ; l'idée de liberté par exemple, et tant d’hommes se sont sacrifiés pour cette simple idée, sans aucune subvention de l’État. Ils ont donné leur vie sans demander le moindre argent ; d'autant qu'on ne sait pas quelle est la monnaie utilisée dans l'autre monde – sesterce, yen, euro, ou pétales de roses – ni quel est le taux de change.

Nous avons raison de ne pas croire sur parole les boniments du vendeur qui vante son produit – plus ou moins de bonne foi. Mais pourquoi sommes-nous si naïfs en buvant sans modération les discours idéologiques des militants ? Parce que les militants ne vantent et ne vendent aucun produit ? Mais si ! Ils vendent leur idéologie, avec des boniments de vendeurs – plus ou moins de bonne foi.

Greenpeace est une multinationale du lobbying. On peut même souligner qu'elle est peut-être la seule multinationale au monde qui n'a aucune autre activité que le lobbying. Greenpeace ne fabrique aucun objet, ne rend aucun service : Greenpeace "fait" dans le lobbying, uniquement dans le lobbying. Mais Greenpeace tient à souligner qu'il s'agit de lobbying idéologique – comme si le lobbying idéologique était moins "lobbying" et plus présentable que le lobbying économique. Greenpeace se drape ainsi d'une farouche indépendance à l'égard de l'argent – "cachez cet argent que je ne saurais voir" :

« Notre totale indépendance constitue, dans ces négociations, un atout majeur. » ("négociation" est mis ici pour le « travail de lobbying » décrit plus haut.) 

« Nous refusons les subventions d'État et les contributions d'entreprises, ce qui nous permet de garder une totale liberté de parole et d'action en tout lieu et en toute circonstance. »

Il faut entendre le mot "indépendance" ici selon la langue de bois militante :

Un Prix Nobel, le meilleur expert au monde dans son domaine serait-il sollicité par une entreprise désireuse de profiter de son expertise ? Alors on l'accuse de conflit d'intérêts, ne pas être indépendant.

Un militant porte-t-il un jugement définitif sur un sujet quelconque, pesticide, OGM, nucléaire, etc. ? Alors il faudrait le croire sur parole, sur sa bonne mine, car il est indépendant – lui ; in-dé-pen-dant !

C'est ainsi que nous tombons dans le piège du lobbying "Canada dry", le lobbying trompeur des organisations qui ont la couleur d’une organisation indépendante, l’odeur d’une organisation indépendante… Indépendante de l'argent – plus ou moins [1-2] – mais totalement dépendante d’une idéologie. La pire dépendance.

 

La promotion de l'agriculture biologique aussi est un lobbying. La FNAB, Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, décrit clairement ses activités de lobbying politique :

« 5- Agir pratiquement et politiquement pour empêcher le développement des Organismes Génétiquement Modifiés et toutes nouvelles techniques de biotechnologies à usage agricole. » (Charte des valeurs de la FNAB et son réseau Adoptée en Assemblée Générale le 5 avril 2016)

« La FNAB, par ses actions transversales sur les politiques publiques travaille à une plus grande visibilité et reconnaissance de la Bio dans la législation agricole. [...]
La FNAB promeut le développement des soutiens à l’agriculture biologique dans les dispositifs publics. » (FNAB - Nos actions - Politiques agricoles)

Il s'agit ici du lobbyisme classique dont le but est de favoriser un bisness, puisque bisness il y a, le bisness de l'agriculture bio. Il peut s'y mêler aussi une composante de lobbying idéologique, quelques acteurs étant sincèrement persuadés des bienfaits du bio. Lobbyisme économique et idéologique se mêlent et s'additionnent alors, joignant l'utile à la bonne foi.

"Tremblez bonnes gens, les pesticides vous tuent - mais vous avez encore une chance de sauver votre peau en achetant mes produits bio".

Sur ce lobbyisme bio, voir par exemple Agriculture bio : réseaux et lobbying Ainsi que Pesticides dans les salades - Générations futures noircit le tableau - revue Que Choisir - 2015.
On discutera plus longuement de l'agriculture bio dans le chapitre ad hoc.

Le soft power des militants

Nous croyons que le principal outil du lobbyisme c'est des valises de dollars, des cadeaux, des pots-de-vin. Cela existe sans doute. Mais l'outil principal du lobbying c'est la parole. C'est pourquoi le lobbying idéologique des militants est tout-puissant, car il a la bonne clef, celle des médias, et maintenant des réseaux sociaux. Il n'est pas besoin de valises de dollars, il suffit de montrer patte et parole Verte pour que les portes des télévisions s'ouvrent toutes grandes.
A-t-on jamais entendu à la télévision un chercheur indépendant (indépendant d'idéologie) exposer les bénéfices des OGM aujourd'hui, leurs promesses pour demain, ou s'interroger sur la capacité de l'agriculture biologique à nourrir l'humanité à venir ? Ou pire encore !, un représentant de Monsanto interviewé au journal de 20h ? !

C'est ainsi, non par l'argent, non par les arguments, mais par le nombre, par la répétition, par leur omniprésence médiatique, que les militants prennent le pouvoir. Le pouvoir sournois par le contrôle des esprits, le soft power. Pouvoir d'autant plus redoutable que nous n'avons pas conscience d'en être victime – ni donc aucune velléité de résistance ou de révolte. Aucun lobbying économique, aucune société multinationale, aussi riche à milliards soit-elle, ne peut espérer lutter contre la formidable emprise médiatique des écologistes, qui lave les cerveaux plus vert que vert de tout esprit critique. Les entreprises sont obligées de suivre en inventant le greenwashing, les partis politiques prennent le train en marche en enfilant des survêtements verts masquant leur tenue habituelle. Même l'Église catholique romaine a lancé le label "Église Verte", avec site Internet (vu en février 2018) ; peut-être pour faire oublier le fameux : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la, soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre... » (Genèse 1:28).

Le zapping du prédicateur

Le matraquage médiatique et le soft power sont des mots nouveaux pour exprimer des réalités anciennes. Au Moyen Âge il n’existait ni radio ni télévision, mais il existait aussi efficace peut-être, le prédicateur… De noir vêtu, il tonnait du haut de sa chaire, et faisait autant que télévisions et journaux réunis ; plus peut-être, car on ne pouvait pas zapper le prédicateur, il était la chaine unique. L’envie de zapper devait pourtant être forte, car le programme était toujours le même : "Tout va mal, et c’est de votre faute, votre très grande faute". Le pauvre fidèle écoutait, tête courbée, frissonnant d’effroi dans l’attente des affreux châtiments inéluctables. Savonarole avait terrorisé les Florentins en dépeignant les tourments qui les attendaient en enfer. Jusqu’à ce que les Florentins, excédés, le brûlent place de la Signoria ; zapping ultime.
Mais à quoi bon, quand il n’y a qu’une chaîne ? Le même programme revenait inlassablement : la peste ? les hommes responsables [2] ! Les tremblements de terre ? les hommes responsables [3] ! La sécheresse ? les hommes encore !

Heureusement, il y avait une solution : "Tout cela est de votre faute, votre très grande faute, mais maintenant fini de rigoler ! Repentez-vous d’avoir pris du bon temps, faites carême, jeûnez, faites des pèlerinages…"

Aujourd’hui, nous avons laissé d’autres prêcheurs prendre le contrôle de nos esprits. Ils sont verts maintenant, et même si « dans la nouvelle Église de Sciencécologie, il n'y a pas que des Khmers verts et des talibios, des bonimenteurs et des climastrologues » (Olivier Péretié), ils nous servent le même vieux catéchisme : "Tout cela est de votre faute, votre très grande faute, mais maintenant fini de rigoler ! Repentez-vous de vos agapes consuméristes, faites carême de pétrole, utilisez des énergies vertes le vendredi…"

 



[1-0] En réalité, ce n'est pas l'agitation médiatique de Greenpeace qui a sauvé les baleines ; elles ont été sauvées bien avant que naisse Greenpeace... par le gaz et le pétrole ! Lorsqu'ils ont remplacé l'huile de baleine utilisée pour l'éclairage. Le gaz plus écolo que Greenpeace ?
Naturellement, la nouveauté du gaz et du pétrole suscitait des craintes à l'époque, comme toujours les nouveautés ; il est instructif de savoir que la crainte était alors... d'une diminution de la chasse de la baleine : « L'éclairage par le gaz est aujourd'hui répandu à un tel point en Angleterre, pour les rues, les boutiques, les ateliers, les spectacles, les fabriques et les temples, que l'on a craint que cette invention, en diminuant l'usage de l'huile de baleine, ne nuisît aux pêcheries anglaises. » (Journal des savans - janvier 1817 - page 16)
Le bon vieux temps n'était pas vraiment écolo...
[1-01] le nucléaire militaire ne suscite pas de réaction.
[1-1] Le site "famille chrétienne" est stupéfié de le découvrir : L’Église bientôt considérée comme un lobby en France ? - 2016
[1-2] Cette totale indépendance économique que revendique Greenpeace est en réalité loin d'être totale, c'est une indépendance soldée à 66 % pour un gain de 100 %. Il faut bien vivre, pas seulement d’amour et d’eau fraîche, et Greenpeace n’échappe pas à la règle, il faut des sous ; elle consacre « 33 % [de ses ressources] à la collecte de fonds (dont 12 % au programme Direct Dialogue en charge du recrutement de nouveaux donateurs) » (Site de Greenpeace France – janvier 2010). Greenpeace est farouchement indépendante de l'argent – mais pas de l'argent des donateurs. C’est pour ces donateurs, pour qu'ils en aient pour leur argent, que Greenpeace ne manque pas une occasion de "se faire remarquer", comme on dit des garnements turbulents – c'est son fonds de commerce. Les donateurs ne font pas de "don", ils font un achat : "mon argent contre des actions spectaculaires", avec le maximum d'échos dans les médias, toujours convoqués pour applaudir les numéros de cirque des militants.
[2] Si bien illustré par Albert Camus, dans La Peste, par le fameux sermon du père Paneloux : « Mes frères, vous êtes dans le malheur, mes frères vous l’avez mérité. »
[3] « […] d'où vient que la ville a été ainsi ébranlée, […] il reste bien avéré que cela vient des péchés, de l'avarice, des injustices, des prévarications, de l'orgueil, de la sensualité, du mensonge. Et de la part de qui ? de la part des riches. » (Homélie prononcée par saint Jean Chrysostome (344 – 407) après le tremblement de terre d’Antioche)

 

 

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pour feuilleter écologie, illusion, agriculture bio, nucléaire, ogm. quelques autres extraits

- Sur le "bon vieux temps" – qui était le temps des disettes et des famines, et des épidémies.

- Sur le risque alimentaire, l'agriculture bio, la déforestation, les OGM.

- Sur la transition énergétique et le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, le nucléaire...

- Sur le lobbying, qui peut être économique, mais aussi idéologique.

- Sur la surpopulation, la croissance durable, les économies d'énergie...

 

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Mise à jour : 30 janvier 2019

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